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Après s être, livré à un examen très-attentif de l'Auvergne, Desmaresl s’occupa de classer par Ages les divers volcans qu’pn^y observe. Il les divisa en trois époques, et rangea dans la première les plus récents, ou ceux dont les cratères sont encore entiers. Les laves que ces volcans ont jetées forment des courants qui se sont répandus dans les plaines voisines, en se moulant sur les inégalités de la surface du sol. Dans la seconde, il comprit ceux où les cratères ont disparu totalement, où les courants sont placés à la,superlicie des plaines élevées, et où différentes portions de ces courants sont séparées par des vallons rnrgcs et profonds. Dans la troisième, enfin, il plaça ceux qui , plus anciens encore que les autres, ne laissent apercevoir aucune trace de cratères ni de scories. Il remarqua, en outre, que les matières qui constituaient ces derniers offraient la plus grande analogie avec certaines roches situées dans d’autres parties de l'Europe, mais^dont l'origine volcanique était contestée par l’école de Ereyberg (*).
La carte d’Auvergne de Desmarest est un ouvrage d'un mérite peu ordinaire. La première chose qu il fit, en entreprenant cette tâche , fut le relèvement trigonométriquo du pays; puis il traça la partie rela-
(') Journ. rie Phys, vol. 'Mil, paires 118 et suivantes Voyez
aussi les Mém. rie rlnsl.. Sciences Alathémal. cl Phys., vol. VI,
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live à l;i géographie physique , (travail dont il s'acquitta avec une exactitude rigoureuse et un talent graphique admirable. Il essaya en même temps .de représenter, sans l’aide des couleurs, une infinité de détails géologiques, tels, entre autres, que les différents Ages Dr et même quelquefois la structure des roches volcaniques, qu'il trouvait moyen de distinguer des roches granitiques et des formations d'eau douce. Ceux qui ontsoigneusementétudié l’Auvergne, et suivi les traces des différents courants de lave qu’on y rencontre, depuis les cratères qui les ont produits jusqu’à leurs limites;**— - qui ont observé les divers chapeaux basaltiques isolés qui s’y trouvent; — les rapports de certaines laves avec les vallées actuelles; — l'absence de ces rapports dans quelques cas; — ceux-là , dis-je , peuvent seuls apprécier l'extrême fidélité de ce travail, que tout, en vérité, concourait à rendre aussi intéressant que possible; car, indépendamment de ce qu’aucune autre région d’une pareille étendue, en Europe, n’offrait peut-être une série de phénomènes aussi variés et aussi magnifiques que l’Auvergne, il a appartenu à Desmaresl de réunir tous les genres d’instruction nécessaires à l'accomplissement d’une tâche aussi difficile, tels que les connaissances mathématiques qu’exige la construction d’une carte, celles qui caractérisent le minéralogiste éminent, et, de plus.
en ai . iv.) DOLOMIKt*. — SIOXTLOSIKR. 1 VI
«ne habileté peu commune en fait de généralisation.
lfalomieu. — Montlositr. — Dolomieu , autre contemporain de Werner, avait trouvé des basaltes prismatiques parmi les' anciennes laves de l’Etna. En 178V, il observa les alternances de laves sous-marines et de couches calcaires que présente le Val di Nbto , en Si- » cite (*), et décrivit, en 1790. les phénomènes du même ggnre qu’on remarque dans le Vieehfm et dans le Tyrol (**). Montlosier publia, eu 1788, un Essai sur Ig Théorie des Volcans d’Auvergne^, ouvrage ou à des observations locales extrêmement exactes se trouvent réunies des vues assez étendues. Cependant , qui le croirait? malgré tant de faits évidents, les disciples de Werner n’en restèrent pas moins disposés à défendre ses opinions envers et contre tous, allant jusqu’à soutenir, dans la plénitude de leur foi , quç l’obsidienne même était un précipité aq «eux. A vcuglés qu'ils étaient par leur vénération pour le grand professeur, ils brûlaient d’impatience de voir la lutte s’ouvrir entre eux * .» .. v' *
et leurs adversaires. De leur côté, les Vulcanistes ne . furent pas longtemps sans éprouver une disposition semblable. Le ridicule et l’ironie devinrent les armes favorites des deux sectes rivales, qui , s'en servant de
i*) Journ. de Phys., torri. XXV, p. 1!ll
iti., tom. xxxvii, pan. ii.â 200
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préférence à de bonnes raisons, finirent par donner a leur controverse un caractère d'amertume dont, jusqu'alors, les questions relatives aux sciences physiques n’avaient, en quelque sorte, offert auetïfi exemple. Desmarcst seul, qui, depuis longtemps, tenait en réserve une ample provision de matériaux pour réfuter cette théorie, restait en dehors de la dispute ; si bien que chaque fois qu'un Neptunislc zélé cherchait à l’engager dans quelque discussion, il se contentait de lui répondre : « Allez et voyeï (*).
lluUon, 1788. — Il serait sans exemple qu'une guerre ayant pour motif quelque matière grave, eût éclaté sur le continent avec l’énergie, pour ne pas dire la fureur, qui caractérisa la lutte dont il s’agit, sans <iue les habitants de Flic voisine delà France v eussent pris part. Quoique en Angleterre les esprits ne fussent pas dominés par 1‘îhfluence personnelle de Werner, ceux <|ue leurs connaissances mirent à môme de s!associer à la discussion, soutinrent le côté faible de la
question, s’efforçant de trouver quelques bonnes raisons pour justifier leur enthousiasme en faveur des erreurs du théoricien allemand. Pour aider le lecteur à
comprendre les motifs particuliers de ceux qui, pous-
sés par l'esprit de parti ou par d’autres vues, entrè-
(*) Cuvier, E^gc de Desmarcst.
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