‹ Principles De GeologieChapitre 70 sur 159 · CII AI*. IV · texte numérisé non relu

CII AI*. IV

IIITTON.

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rcnt (fans la lice, il est nécessaire de mcllre sous scs yeux l’esquisse des opinions professées par Hutton, contemporain du géologue saxon. Hutton avait reçu une éducation conforme à l’état de médecin', qu’il devait embrasser; mais ne se sentant point de goût pour rette profession , il résolut, tout jeune encore, de se contenter de la position modeste, mais indépendante, que lui avait assurée l’héritage de son père , et de s'adonner entièrement à l’étude des sciences. Il résidait à Edimbourg, où il se trouvait entouré de plusieurs hommes d’un mérite éminent, qui touS$ attirés par la simplicité de ses mœurs et la sincérité de son caractère , étaient devenus ses amis. Son amour pour la science, qui ne se démentit jamais, l’engagea à faire de fréquentes excursions dans différentes parties de l’Angleterre et de l’Êcosse, ce qui lui* donna l'occa&iou

d’acquérir une habileté peu commune comme minéralogiste, et d’étendre les grandes et belles idées qu’il avait comme géologue. Il communiquait les résultats de ses observations sans la moindre ré- . serve, et avec l’abandon qui convient à un honupc qui n'a d’autre mobile que l’amour de la vérité. En 1788, lorsque ses idées loi semblèrent assez mûres, il publia sa «Théorie de la Terre (*), » la même que plus

(*) K.l t'hil, Trans.1788. (Transactions philosophique!! d'Iiilirnbourg. )

TIIKOR1K MTTON1KNNK.

( I.IVIll i.

tard. on 179.), il développa d'une manière bien plus complète dans un ..ouvrage séparé. Ce traité est le premier dans lequel il ait été déclaré que la géologie est tout à fait étrangère aux « questions relatives à l'origine des choses; » 1er premier dans lequel on ait tenté d’écarter entièrement toute cause hypothétique, et tâché d’expliquer les anciens changements de l’écorce terrestre par l’action exclusive d'agents naturels. Ilutton s'efforça d'établir pour sa science favorite des principes aussi bien déterminés que ceux que Newton avait appliqués à l'astronomie.; mais, malheureusement , la géologie n otait pas encore assez

avancée pour fournir a aucun naturaliste, quel que lut d'ailleurs son géhic , les données nécessaires à la réalisation d’un tel but.

Théorie ffuttonienne . — « La structure actuelle de *

notre planète^.dit Ilutton . « révèle-les ruines d’un monde ancien. Ajpsi. par exemple, tout atteste que Tes'

couches dont sont formés nos continents ont jadis sé-

journé sous la mer, et que les matériaux dont elles se composent proviennent des débris de continents ’ préexistants. D’un autre côté, non-seulement les forces qui agissent aujourd'hui sont les mômes que celles qui agissaient autrefois, mais, de plus, elles se comportent exactement de la môme manière, détruisant tout, jusqu'aux roches les plus dures, soit par voie de décom-

chap. IV.) TUKORIE UUTTON1ENNE. H5

position chimique, soit à l’aide d’une action mécanique violente, et transportant les matériaux qu’elles ont déplacés, jusqu’à la mer, où ceux-ci se disséminent et donnent naissance à des couches analogues à celles d’autrefois. Bien que sans consistance au moment oùs’opère leur dépôt sur le fond de la mer, les couches ainsi produites subissent plus tard différentes modifications dues à la chaleur volcanique, qui les solidifie, les soulève, les fracture, et les contourne en tous sens. »

Quoique Hutton n’eût jamais exploré de régions de volcans en activité , il ne formait pas le plus léger doute sür l’origine ignée du basalte et de divers autres trapps; il était, en outre, convaincu que plusieurs de ces roches avaient été injectées à l’état de fusion, dans des fissures de couches anciennes, et il attribuait leur compacité, ainsi que la différence d’aspect qu’elles présentent avec les laves ordinaires, à ce que leur refroidissement s’était opéré sous la pression de la mer. Dans la vue d’éloigner toutes les objections soulevées contre cette théorie, sir James

Hall , son ami , entreprit une suite d’expériences des plus curieuses et des plus instructives, tendant à montrer l’arrangement cristallin et la texture qu’affecte la matière en fusion, quand elle se refroidit sous une haute pression.

Le défaut de stratification du granit , et son analogie, sous le rapport du caractère minéralogique, avec

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lit» . T H K O R 1 K 1 1 LIT O M K N N K . (Liviti; l ,

d’autres roches que Hulton considérait comme étant d’origine ignée, le portèrent à conclure que le granit provenait aussi de matières qui avaient été fondues. Toutefois, il comprit que ce fait ne pouvait être pleinement confirmé que s’il parvenait à découvrir, au contact du granit et des couches voisines de cette roche, des phénomènes semblables à ceux que présentent si constamment les trapps. ltésolu de soumettre sa théorie à cette épreuve, il serenditaux monts Grampians, et s'y livra à l’examen le plus attentif de la ligne de jonction du granit et des masses stratifiées qui lui sont superposées. Enfin, en 1785, ses efforts furent couronnés d'un succès complet : il trouva dans le Glen-Tilt les preuves les plus frappantes et les moins équivoques de la justesse de ses opinions. Là, s’offrent à la vue des veines de granit rouge qui , en se dégageant de la masse principale, traversent le schiste micacé noir et le calcaire primaire. La couleur et l'aspect des couches stratifiées, coupées par le granit , diffèrent tellement de ceux de cette roche, qu’ils rendent très-sensible l’exemple qu’on observe dans cette localité. De plus, l’altération du calcaire en contact avec le granit offre une analogie parfaite avec celle qui résulte du voisinage des veines de trnpp par rapport aux strates calcaires. Ce fait qui venait confirmer son système lui causa une satisfaction si vive, que, suivant son biographe, les guides qui l’accom-

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