‹ Principles De GeologieChapitre 86 sur 159 · CHAP. VI.) DE L'HÉMISPHÈRE NORD · texte numérisé non relu

CHAP. VI.) DE L'HÉMISPHÈRE NORD

et de TAméi ique du nord , et jusque dans les régions arctiques, on reconnut à certains indices que le climat de ces contrées avait subi les mêmes modifications que celui des latitudes tempérées.

On ne peut dire que, soit à 1 egard du sujet dont nous nous occupons en ce moment , soit à l’égard de toute autre partie de la science, nous nous soyons jamais attachés à faire ressortir les phénomènes an- . ciens au détriment- de ceux qui s'accomplissent de nos jours. Loin de là, au contraire, nos connaissances relativement aux plantes et aux animaux actuellement vivants, n’ont cessé de s’accroître depuis que la question si intéressante des variations de climat a été agitée pour la première fois. Nous ajouterons même que ce que nous avons gagné à cet égard est immense, et surpasse de beaucoup toutes les données antérieurement obtenues pour généraliser la relation entre certains types d'organisation et certains climats. Lorsqu’on eut exploré les zones tropicales et tempérées de l’Amérique du Sud et de l’Australie, lu comparaison exacte que l’on put établir entre les diverses espèces d'animaux et de plantes que renferment ces vastes continents, et celles que l’on trouve dans l’ancien inonde, donna pour résultat qu’un trèspetit nombre seulement de ces espèces étaient identiques entre elles. Cependant, tout porte à croire qu’un zoologiste et un botaniste qui auraient une

I>ü CHANGEMENT DK CLIMAT (livre I.

connaissance approfondie de la distribution géographique des êtres organisés dans d’autres parties du globe, distingueraient, parmi différents groupes d’espèces appartenant à ces régions , ceux qui seraient originaires de la zone torride, et ceux qui proviendraient de contrées situées en dehors des tropiques.

Avant de chercher à expliquer les causes probables •des grandes modifications qu’a subies la température de la surface de la terre, je passerai rapidement en . revue quelques-unes des données principales sur lesquelles paraissent reposer les opinions qui, aujourd’hui, prévalent à ce sujet. J’insisterai d’autant plus sur l’importance de ces considérations, que si quelques zoologistes ont récemment entrepris de défendre l’uniformité des lois de la Nature, ce n’a pas été en rendant raison desanciens changements qu’a éprouvés le climat, mais en niant l’évidence des preuves qui existent en faveur de ces changements (*).

Preuves des modifications importantes qu'a subies le climat, déduites de la présence des coquilles fossiles dans les terrains tertiaires. — En Sicile, en Calabre, et dans le voisinage de Naples, les tcstacés fossiles que l’on

(*) Voyez deux articles du rév. Dr. Fleming, insérés dans le « Edinburgh New Phil. Journ. » (Nouveau Journal philosophique * d’Edimbourg), N° XII, p. 277, Avril 1820; et N° XV, p. 65, Janv. 1830.

r.HAP. vi.)

L)E L'ilKMISPHKRK NORD.

rencontre dans les formations tertiaires les plus modernes appartiennent . pour la plupart, h des espèces habitant actuellement la Méditerranée; mais, dans leur ensemble, les coquilles que l’on trouve en avançant vers le nord de l’Italie, dans les couches Subapennines, s’éloignent un peu des types des mers environnantes. La proportion des espèces identiques à celles qui vivent aujourd’hui dans la Méditerranée est encore considérable, mais elle ne l’emporte pas, comme dans le sud de l’Italie, sur les espèces inconnues. Bien que se rencontrant dans des localités plus éloignées de l’équateur, de plusieurs degrés (comme à Sienne , à Parme, à Asti , etc. ) , les coquilles dont il s’agit indiquent un climat plus chaud que celui qui règne actuellement dans les lieux où on les trouve. Plusieurs d’entre elles sont communes aux collines Subapennines, à la Méditerranée et à l’Océan Indien. Celles qui sont à l’état fossile correspondent , quant à la grandeur, avec leurs analogues actuellement vivant sous les tropiques ; tandis que les individus provenant de la Méditerranée sont, tout en appartenant aux mômes espèces, petits, chétifs, et comme d’une nature dégénérée, par suite de l’absence des conditions que l’Océan Indien présente toujours pour leur parfait développement (*).

{’) Les professeurs (iuidolti, de Parme, et Bonelli, do Turin ,

DU CHANGEMENT DE CLIMAT (LlVUE l,

dette circonstance, qui est d'un très-grand poids, ne se trouve atténuée par aucun fait d'un caractère contraire, comme, par exemple, l’association, dans le même groupe, d’individus qu'on puisse rapporter à des espèces actuellement limitées aux régions arctiques. Chaque fojs que l’on veut déterminer l'identité de quelques coquilles fossiles avec des espèces vivantes, étrangères à la Méditerranée, ce n’est pas dans les mers du nord, mais bien dans r Océan intertropical que l’on doit les chercher ('). D’un autre côté, les espèces inconnues associées aux espèces récentes, appartiennent, pour la plupart, à des genres qui, à l’époque actuelle, offrent, dans les régions équatoriales, un développement considérable. Tels sont entre autres lés genres Cancellarin, Cassidaria . Pleurotoma et Cypræa (*’)

m uni signalé, en 1828, plusieurs exemples a l’appui de ce fait.

(*) Ainsi, par exemple, la Roslellaria curvirostris , que M. Bonelli a trouvée fossile, près de Turin, n’est connue maintenant, à l’état vivant, que dans la mer Rouge. Il en est de même du Murex cornutus , que l’on trouve fossile a Asti, mais qu’a l’état vivant, on ne rencontre plus actuellement qu’au Sénégal. Quant au Conus aniediluvtanus , on ne peut le distinguer d’une certaine coquille venant aujourd’hui d’Owhyhee

(**) On n’a encore trouvé dans la Méditerranée qu’un très-petit nombre de représentants à l’état vivant du genre Pleurotoma ; cependant, en 1828, on n’en comptait pas moins de vingt-cinq espèces dans le Muséum de Turin. Ces vingt-cinq espèces avaieni

Cil A P. VI .)

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