FACTEURS D'ORDRE ECONOMIQUE
1o Valeur des vaches à lait et de boucherie.
Nous venons de voir qu'une vache laitière est susceptible ‘être exploitée normalement pendant quatre ans. Mais, à la fin de cette période, de vache laitière qu’elle était elle devient vache de boucherie. Or il existe une différence très nette entre la valeur d’une vache laitière et celle d’une vache de boucherie. Elle perd en général le tiers de son prix. Une bonne vache laitière vaut environ 3.500 francs et quatre ans plus tard, lorsqu'on la vend au boucher, elle n’est plus estimée que 2.30C francs. Voilà donc une perte de 1.200 francs par tête de bétail à répartir sur quatre années.
20 Frais de main-d'œuvre.
On estime généralement qu'un homme chargé exclusivement de l'entretien de l’étable est susceptible de s'occuper de vingt vaches. Le salaire journalier du vacher, les avantages en nature compris, est d'environ vingt-cinq francs. On en déduit donc que les frais de main-d'œuvre occasionnés par une vache en un jour s'élèvent à 1 fr. 25. Dans les exploitations de moindre importance, le vacher ne s'occupe pas d’une façon continue de l’étable; il est donc peu facile de déterminer la dépense à mettre au compte de la main-d'œuvre, mais les frais par tête de bétail, selon toute vraisemblance, restent invariables, et nous supposerons que, d’une façon générale, ils s'élèvent également à 1 fr. 25 par vache et par jour. Il faut cependant noter que chez les petits propriétaires qui font eux-mêmes leur travail, les frais de main-d'œuvre sont nuls et cest pour cette raison que, dans ce dernier cas, nous n'en tiendrons pas compte dans nos calculs.
ps QE de 80 Estimation des aliments.
La principale dépense est celle de la nourriture. De fortes rations sont nécessaires à la vache laitière pour lui permettre non seulement de s’entretenir dans un état parfait de santé, mais aussi de produire un lait abondant. Car si l'alimentation ne joue aucun rôle dans la composition du lait, du moins exerce-t-elle une grande influence sur la quantité. Il s’agit donc d'évaluer la dépense de nourriture. Bien que le propriétaire ait récolté lui-même foin, regain, paille et betteraves, ce qui est le cas le Llus général, il est néanmoins normal d'estimer ces produits, non pas au prix auquel ils lui reviennent réellement, mais au prix où il les aurait achetés, s’il ne les avait pas récoltés.
Mais, dans ce prix fictif d'achat, nous ne ferons pas entrer les frais de transport qui, à notre sens, fausseraient légèrement nos calculs, puisque nous avons déjà attribué aux divers produits qui concourent à l’alimentation des vaches une valeur un peu supérieure à celle qu'ils ont réellement pour le producteur.
Nous n'avons donc qu'à nous en rapporter à la mercuriale.
Nous y voyons que d’une part le foin vaut 240 fr. les 100 kg. le regain 245 îr., la paille de blé et d'avoine 140 fr., les betteraves 110 fr., et d'autre part les aliments concentrés 120 fr. les 100 ke.
Si l’on se reporte aux taux des rations indiqués plus haut, il est facile de prévoir qu'à ces prix l'alimentation de la vache laitière doit être ce qui occasionne le plus de frais. M. Dechambre, dans son cours de Zootechnie à l'Ecole Vétérinaire d’Alfort, établit pour l'alimentation un pourcentage de 64 © des dépenses totales.
40 Estimation du fumier.
Il est nécessaire de placer sous les animaux en stabulation une épaisse couche de litière et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord pour éviter au bétail, lorsqu'il désire se coucher, de se meurtrir ou de se refroidir au contact du sol. La litière
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constitue en outre une sorte d’excipient pour les matières excrémentielles. Elle devra donc être absorbante. Cette litière est assez souvent faite de paille d'avoine et de blé. Mais, dans notre région, elle est composée parfois de mauvaises herbes, provenant de terrains marécageux, non dangereuses cependant pour l’animal, parmi lesquelles on trouve une grande quantité de roseaux.
On obtient ainsi généralement un bon fumier qui constitue un précieux engrais. Cest d’ailleurs à peu près le seul qu’on utilise dans la région pour amender les prés et les champs. On considère ordinairement que la valeur de ce fumier équivaut à celle de la litière. Aussi nous ne tiendrons pas compte de cet élément dans les calculs que nous ferons ultérieurement.
5° Divers.
Sous cette rubrique, nous allons faire entrer un certain nombre de dépenses telles que : soins vétérinaires, entretien de la vacherie et du matériel, frais occasionnés par le cheval de service et le taureau, éclairage, chacun de ces articles représentant dans le total de ces divers :
1/6 pour l'entretien de l’étable et du matériel,
2/6 pour le taureau,
1/6 pour les soins vétérinaires,
1/6 pour le cheval de service,
1/6 pour l'éclairage.
Toutes les étables supportent ces frais, même les petites dont le propriétaire ne possède pas de cheval, car dans ce dernier cas il est obligé d’en louer un pour ses labours et ses rentrées de récoltes.
Les frais de cette nature s'élèvent généralement à 180 francs par tête et par an.
60 Intérêts du capital engagé.
Certains auteurs estiment qu'il faut compter en dépenses les intérêts du capital engagé. Il semble qu'ici il y ait double emploi, car il s’agit d'intérêts d’une somme qui est déjà utili-
sée comme capital et par suite susceptible de rapporter. Nous ne les ferons donc pas entrer en ligne de compte dans nos calculs.
70 Prix de vente des veaux.
Jusqu'à présent nous n'avons envisagé que les dépenses. Nous allons maintenant examiner la seule recette de l’éleveur en dehors de la vente du lait, c’est-à-dire la vente des veaux.
Reportons-nous aux cours commerciaux. Le veau se vend actuellement à raison de 5 fr. le kg, poids vif. Il s’agit généralement de veaux âgés de six semaines et pesant environ 100 kg. Le prix d’un veau s’élèverait donc à 500 francs. C’est un chiffre moyen car le cours du veau est excessivement variable.