ELEMENTS DU CALCUL DU PRIX DE REVIENT DU LAIT
Le prix de revient du lait est assez délicat à calculer, parce que l’on veut obtenir des chiffres moyens, alors que le rendecment varie d’une étable à une autre et même d’une vache à une autre. Il est cependant possible d'arriver à des résultats précis.
Le rendement d'une vache passe par un maximum et un minimum : maximum quelque temps après la mise bas, minimum dans les semaines qui précèdent l'accouchement. Il s'ensuit qu’à certains moments la vache est d’un excellent rapport, tandis qu'à d’autres elle est plutôt une cause de perte pour l’éleveur. Si l’on établissait donc des prix de revient pour des périodes très courtes, on n'aurail que des chiffres faux et par conséquent sans intérêt.
Il faut donc choisir une période pendant laquelle la vache passe par toutes les phases de son rendement. La durée de gestation d’une vache est d'environ neuf mois. Le temps optimum séparant une mise bas et la saillie suivante, étant de trois mois, c’esi sur une période d'un an que nous établirons nos calculs.
Pour évaluer le prix de revient du lait, il est nécessaire de posséder deux renseignements : d’une part les dépenses occasionnées par l'exploitation d’une vache laitière pendant une année, d'autre part ie nombre de litres de lait produits pendant le cours de cette même année par cette même vache Une simple division nous donnera le prix de revient du lait. Mais il est nécessaire pour établir le montant des dépenses causées par la bête de partir d’un certain nombre de données zootechniques et économiques nous permeitant de connaître la ration d'une vache et sa valeur, les différences entre la nourriture d'hiver et celle d'été, la proportion des pertes, le pourcentage des insuccès de parturition, etc, ces dernières données
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découlant directement de l'expérience. Tous ces éléments s’appliquent en principe aux divers cas qui nous occupent, mais des écarts les différencieront dans la pratique. Nous avons donc deux groupes de facteurs à étudier : les facteurs d'ordre zootechnique et les facteurs d'ordre économique.
FACTEURS D'ORDRE ZOOTECHNIQUE
1° Exigences alimentaires de la vache laitière.
L'alimentation de la vache laitière dans le Sud-Est de la Haute-Marne est au point de vue qualitatif à peu près la même que dans les autres régions, mais ici ce qui apparaît caractéristique, c’est que les aliments concentrés en sont généralement exclus. Un petit nombre d’éleveurs connaissent les tourteaux ei leurs bienfaits. La ration à base de foin et de regain doit donc être considérable. Les betteraves sont également administrées, mais en petites quantités; elles sont généralement mélangées de menue-paille, le tout formant une mixture que l’on appelle dans la région « léchures ». Les léchures sont données à raison de 12 à 18 kg. par vache et par jour suivant l'importance de l’étable. On distribue aussi la paille mais modérément el dans quelques étables seulement, pour économiser, semble-t-il, le foin dont la valeur nutritive est supérieure.
Pour établir le régime quotidien d'hiver, nous nous baserons sur les renseignements recueillis auprès des propriétaires euxmêmes. Comme nous allons le voir, la quantité de chaque substance est en relation assez étroite avec l’importance de l'étable. Les petits propriétaires ne donnent généralement pas à leurs vaches d'aliments concentrés, dont on ne trouve l’emploi que dans les moyennes et les grandes vacheries. Encore faut-il constater que là où on utilise les tourteaux, on diminue couramment la ration de fourrage, bien que dans ces étables on ait tendance à donner plus de foin, de regain et de betteraves, ces denrées étant en général récoltées en abondance par les gros propriétaires.
Les régimes quotidiens d'hiver, pour les trois cas qui nous intéressent, seront donc les suivants :
Fourrages 15 kg. 15:kg: 15:kp:
Betteraves 12 kg. 12 kg. 18 kg.
Paille 5 kg.
Tourteaux 1 kg. onu 5 kg. 1 kg. ou 5 kg.
de foin de foin.
En été la ration est plus difficile à connaître dans ses détails : cependant nous prendrons comme base par vache un herbage d’unc superficie variant de 70 ares à un hectare.
Au passage du régime d'hiver au régime d'été ou inversement. il faut, pour éviter des accidents, observer une transilion lente et ordonnée, « considérant, comme dit Rabelais, que nature ne endure mutations soubdaines sans grande violence ». Ainsi aux époques intermédiaires il sera sage de diminuer ou d'augmenter progressivement la ration d'hiver, tandis que le temps passé au pré évoluera en sens inverse. On peut estimer que la ration moyenne pendant cette période est d'environ cinq kilogrammes de fourrage par vache et par jour.
20 Rendement en lait.
Le rendement en lait est assez variable. IL dépend de l'individu et aussi de l’étable.
Pour l'individu, les différences sont dues à des causes fort peu connues et que nous ne saurions étudier ici. Pour ce qui est de l’étable, le facteur essentiel est l'alimentation. Or, nous observons qu’en hiver, dans les petites étables. elle est déficiente. Il n’est donc pas surprenant que pendant cette période le rendement en lait soit assez faible. Pendant l’été, le rendement devrait, théoriquement, être le même dans toutes les vacheries, en supposant, bien entendu, que l'alimentation ne diffère pas sensiblement, et pourtant il est encore inférieur dans les petites étables, du fait du manque de gymnastique fonctionnelle, c’est-à-dire d'entraînement. Mais il est possible d’atténuer cetle diminution du rendement, puisqu'une vache
de petite étable peut être l’objet de soins particuliers de la part de son propriétaire et qu'il est reconnu que les petits soins d'hygiène prodigués à une vache laitière augmentent sa sécrétion lactée.
La moyenne journalière par vache est d'environ sept litres, mais dans de petites étables la moyenne peut descendre à cinq litres par jour alors que dans d’autres, d'importance plus grande, elle peut être supérieure à huit litres et même atteindre neuf litres.
3° Proportion des pertes dues aux accidents et aux maladies.
Dans chaque exploitation le propriétaire subit inévitablement des pertes dues soit à des accidents soit à des maladies, mais ces pertes ne se répartissent pas également sur chaque année. On est donc obligé de fixer un pourcentage correspondant à la moyenne des pertes. Cette proportion est généralement de 5 % du capital bétail, mais nous croyons que pour les petites étables il devrait être abaissé à 3 ‘%, car ces sujels sont moins exposés à la contagion du fait qu’ils ne se trouvent en contact qu'avec un nombre tout à fait restreint d'animaux et que la composition du petit troupeau varie peu souvent, puisque le propriétaire réduit au minimum ses ventes et ses achats de bétail.
49 Pourcentage des insuccès de parturilion.
Théoriquement, d'après le raisonnement que nous avons tenu plus haut, chaque vache laitière doit engendrer un veau par année. Mais souvent on assiste à des insuccès qui causent au propriétaire une double perte puisqu'il ne lui est pas permis de tirer bénéfice du veau et aussi parce que le rendement en lait subit une assez forte diminution.
Ces insuccès sont généralement dus à l’avortement épizootique et à la vaginite contagieuse. La proportion généralement adoptée est de 80 % de réussite, rapport qui est à peu de chose près la réalité.
Ayant tenu compte dans les calculs du paragraphe précédent de la perte résultant de la diminution de la sécrétion lactée, nous déduirons donc ici seulement du prix de vente du veau une somme égale à 20 % de sa valeur.
50 Durée moyenne de service des sujets.
Chaque sujet n’est susceptible de fournir du lait à plein rendement que pendant quelques années. La moyenne admise ordinairement est de trois ans, mais il est à remarquer que dans le Sud-Est de la Haute-Marne les vaches laitières sont exploitées pendant un temps sensiblement plus long. Renseignements pris à diverses sources, il apparaît que la durée moyenne de service est de quatre ans. C’est de cinq à neuf ans que la vache dans cette région fournit son plein rendement. Mais combien de vaches atteignent un âge plus avancé!
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