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avaient les disponibilités suffisantes pour remplacer le plant local par un cep d’origine américaine et pour attendre que les vignes reconstituées fussent en plein rapport. Quant aux autres, contraints par la nécessité, qui se montre souvent ingénieuse, ils eurent l’idée de transformer en prairies les terrains devenus improductifs et, sinon d'acheter, au moins de prendre en cheptel une vache qui devint à elle seule une source inespérée de prospérité; l'exemple fut contagieux et l'on se mil à élever, qui une seule vache, qui deux, qui trois, à tel point que les prés artificiels remplacèrent non seulement des vignes, mais des champs, et que les parties marécageuses du fond des vallées furent assainies et utilisées pour produire du fourrage. Des coopératives se groupèrent pour l’utilisation du lait que les besoins familiaux ne suilisaient pas à absorber et par répercussion la production s’accrut en même temps que la consommation de la viande de boucherie augmentait, si bien que, toutes ces causes concourant au même but, le nombre de bêtes bovines s'éleva considérablement.
Malheureusement la production laitière continua et continue encore généralement suivant une mauvaise technique. Dans la majorité des cas aucune hygiène, une alimentation mal comprise ou insuffisante. On est donc en droit de se demander si la production du lait est suffisamment rémunératrice pour le paysan, d'autant plus que l’éleveur se montre généralement rebelle à toute sélection et qu'il hésite à vendre une vache vieille et mauvaise laitière pour la remplacer par une jeune inscrite à un Herd-Book; nous nous demanderons également si le prix de vente du lait livré par le propriétaire est suffisant pour le payer normalement de ses dépenses et de sa peine.
C’est pour ces raisons que nous avons jugé intéressant d’étudier la production du lait dans une région que nous connaissons assez bien, le Sud-Est de la Haute-Marne.
Après avoir donné quelques notions sommaires, mais nécessaires, de géographie physique, nous exposerons les conditions générales de l’agriculture dans cette région.
Puis nous étudierons les différentes races de vaches laitières que l’on y rencontre, leurs qualités, leurs défauts et leur mode d'exploitation.
C’est alors que nous calculerons le prix de revient du lait dans un certain nombre d’étables d'importance différente en tentant d'expliquer les variations que nous constatons de l’une à l’autre, ce qui nous amènera à conclure à la fois que d’une facon générale le lait ne se vend pas assez cher et aussi
qu'une méthode d'exploitation plus rationnelle en augmenterait certainement la production.