XII
n'était qu'une question de formules. L’art d’écrire formait un code dont de savants professeurs étaient les 'dépositaires et on l'apprenait comme une liturgie. On se croyait écrivain quand on était ferré sur les tropes et il y avait des manuels qui divulguaient tous les secrets littéraires. Il y avait aussi une littérature type, officielle et respectable, dite classique, seule digne d’être vraiment admirée et qui synthétisait en un symbole désormais immuable le bon goût et le beau. Tout ce qui s’en départait était tenu pour choquant et anarchique. Faire sa rhétorique, c’était passer par cette discipline sévère. Montrer qu’on avait fait sa rhétorique, c’était apporter dans ses écrits, voire dans ses actes, une dignité, une gravité, une mesure, une décence vraiment classiques.
Sortant de là, on abordait les littératures dans l’infinie variété de leurs manifestations, les contemporaines, les anciennes, les nationales, les étrangères. Et, soit pour les juger, soit pour les goûter, on utilisait la norme, l’étalon dévotement reçu durant cet enseignement bizarre. Tout était mesuré aux dimensions réglementaires et, de confiance, on réprouvait ce qui ne s’adaptait pas exactement au patron emporté du collège.
Vous souvient-il aussi des conséquences de ce