XIII
régime? D’abord l’intolérance pour toutes les œuvres originales et libres. Le trouble et la répulsion qu’elles suscitaient. Plus tard, l’étonnement de les voir si nombreuses, l’inquiétude causée par leurs protestations muettes et incessantes. Puis l’ennui de n’oser se permettre d’admiration que pour les mêmes choses, toujours. Enfin, la révolte, l’explosion, le bonnet jeté par dessus les toits et la galopade effrénée à travers tout pe qu’on croyait pouvoir être beau, sans distinction ni de règles, ni d’écoles, ni de maîtres, ni d’églises. L’indépendance, la belle et saine indépendance de l’art, consciente de cette vérité suprême, expression de l’éclectisme en lequel se résout toute expérience : Il n’y a pas de principe qui n’ait été démenti par un chef-d’œuvre.
Oui, vous en souvient-il? Et, vous en souvenant, quel est, d’après vous, le procédé le meilleur pour développer dans un jeune esprit l’intelligence et le goût des littératures ?
Nous y avons beaucoup pensé, ayant eu charge d’âmes. Observant en nous-mêmes les phénomènes de la jouissance littéraire, guettant comment elle naît, suivant son développement, savourant les délices de son épanouissement, nous avons compris que c’est la chercher à rebours que de vouloir y préparer par