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La variation spontanée. — Cette allusion à la variation spontanée témoigne que l'auteur n'avait alors qu'une connaissance fort imparfaite de la théorie de Hugo do Vries. La Tariation spontanée, appelée maintenant mutation, est un fait certain chez les plantes et un fa.it très prohablç. chez les anirnaux. Celte idée nouvelle est en tra,iii de révolutiopner la philosophie zoologique, où elle corrige les, s^ffiriqat^ofls, trop çatégppques à^s darwinistes. Il est constant que la nature crée^ par variation brusque, dans le mftnd,e des plantes, des espèces nouvelles, c'esV,à-^:ir6 des tjpes sta,hles transraetta,n,t par g-çnéra,tion leurs caractères,, hier encore insolites. Ces vai:iatioqs ne sont évideniinent pas sans cause et nul ne l'a prétendu, niais çlles sont, jusqu'ici, sans ca,uses connues. Toutes les espèces ne possèdent pas au même degré cette faculté de donner naissance à de nouvelles espèces. Les expériences de Hugo de Vries ont très particulièrement réussi avec YŒnothera Lamarckiana. On peut lire sur cette question, dans la Revue des Idées de novembre 190 1 , l'étude de M. L. Bjaringhem, L'Origine des espèces,
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sélection et mutation. Cette question ne se rattache pas très étroitement au problème du style. On pourrait cependant établir un parallélisme entre le mystère qui préside aux variations spontanées dans le monde floral et le mystère des brusques chang-cments de manière observés quelquefois chez des écrivains et parmi des groupes littéraires, car dans ce monde-là aussi il y a des exemples de mutation. Il faut donc atténuer de beaucoup l'affirmation de l'auteur que les causes de la variation littéraires sont toujours extérieures. Il faut compter avec les Œnothera Lamarckiana; il faut compter avec les hommes de génie.
Mimétisme. — Il semble bien hardi de rang-er le mimétisme parmi les faits d'imitation. Tarde lui-même y répugnait. Mais aurait-il répug'né à l'idée inverse ? Aurait-il protesté contre qui est tenté d'appeler l'imitation sociale une variété complexe de mimétisme? Mimétisme appliqué aux plantes et insectes est mauvais, si le mot peut faire croire que l'on songe à quelque imitation volontaire ; mais imitation, appliqué aux hommes, ne serait guère meilleur, si on y incorporait l'antique idée de volonté consciente. Lo lang-age philosophique, créé par les spiritualistes, est difficile à manier pour un mécaniste.
Localisations cérébrales. — Les plus beaux jours de
NOTES ET COMMENTAIRES
cette théorie sont sans doute passés. On a constaté qu'elle ne se vérifie que de temps en temps ; les faits la contredisent volontiers.
Cependant, tandis que l'on aperçoit vme tendance à nier la certitude des localisations motrices et sonsoriellcs, le D' Grasset tente avec beaucoup de hardiesse d'établir les centres des localisations psychiques. Peut-être? Mais peut-être aussi que les localisations ne sont qu'un système provisoire do division du travail ? Un centre étant malade, le travail ne peu t il se faire dansuneautre partie du cerveau? Les deux lobes, tout au moins, n'ont-ils pas des capacités parallèles, comme chacune de nos mains, et ne peuvent-ils pas se substituer l'un à l'autre ? II y en a, je crois, des exemples forts nets .
p. iSg.
Michelel et sa veuve. — On vient de voir comment M™" Michelet traitait Buffon. Voici comment elle traitait son mari; c'est raconté dans ce petit article paru au Mercure de France d'avril 1901 :
« La jeunesse de Michelet, documents inédits ; tel est le titre du piquant article que M. Claretie donna au Temps du 19 mars. « J'ai lu de Michelet, dit-il, et pris en note des pages inédites qui glorifient sa mémoire plus que bien des livres, notes cursives qui so^t comme le testament de sa jeunesse.. . » Il y a là un mystère. J'ai sous les yeux et en main le livre imprimé où M. Claretie pourrait être accusé d'avoii- copié ses citations inédites. Copié, mais non pas textuellement. M. Claretie aurait
LE PaOBLilIE DU STYLE
d'oiic « pris dés notes » et avec ces notes refait du Michelet? Si l'on suppose, au contraire, qu'il a consulté le manuscrit de Michelet avant son impression et qu'il a éxaeteihent noté les passag-es cités dans son article, ce serait M™'' Michelet qu'il faudrait accuser? La question a sbii importance. Le volume intitulé Mon Journal est^il conforme au texte de Michelefcj — où bien est-ce M. Claretie qu'il faut croire?
« En somme, deux faits :
ft 1° Les citations du Journal deMichelet données par M. Claretie comme inédites se retrouvent, sauf lacunes, dans le volume édité sous ce titre à la librairie Flammarion ;
« 2" Les citations de M. Claretie ne concordent pas exactement avec le texte de l'imprimé.
« Voici les preuves :