‹ Problêmes d'astronomie nautique et de navigation, précédés de la description et de l'usage des instrumens, et suivis d'un recueil de tables nécessaires a la résolution de ces problêmesChapitre 23 sur 356 · EH CE · texte numérisé non relu

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En examinant et comparant attentivement les résultats donnés par chacun des trente-six couples qui composent la série des observations faites , pendant que le bâtiment a effectué une révolution complète sur lui- même , il sera facile de remarquer que généralement toutes les sommes des azimulhs correspoudans des points A et 11 surpassent 180° , ou bien en diffèrent plus ou moins ; mais en même temps, que si dans la première moitié de la série les sommes de ces azimuths , tout eu surpassant i8o° , ont donné des excès qui d'abord ont été en augmentant puis en diminuant jusqu’à devenir nuis ; que la seconde partie de la série a donné des résultats analogues , les sommes des azimuths tout en différant de i8o° , les différences qui d'abord avaient été en augmentant , ensuite ont été en diminuant jusqu'à devenir nulles ; de plus , que si pour une position du bâtiment son couple d'ohsrrvations a donné un excès sur 180° , le couple correspondant à une position diamétralement opposée donnait une différence à 180" sensiblement égale à l'exccs trouvé , et qu’enfin parmi ceux-ci les g.* et 27.” couples donnaient environ g* pour la valeur maximum de la force déviatrice-, c’est-à-dire de l'influence cherchée.

Après cette détermination , il reste à choisir pour ce bâtiment un plateau correcteur de fer qui , posé successivement autour du compas vers les différens points de l’horizon , procure à peu près les mêmes déviations sur l'aiguille. En Angleterre ce choix se fait avec facilité , parce qu’on y confectionne de ces plateaux correcteurs , accompagnés de tables qui indiquent combien de degrés de déviation chacun d’eux occasionne dans les directions des différens points de l’horizon, et cela pour chaque distance de la boussole : on n’a donc qu’à prendre parmi ces plateaux celui qui , dans les divers points de l'horizon , cause des déviations correspondantes à celles observées dans les mêmes directions sur le bâtiment arrimé , chargé et prêt à prendre la mer.

Ces plateaux correcteurs consistent principalement en deux plaques de fer circulaires d’environ 5 millimétrés d’épaisseur et de 4° centimètres de diamètre , séparées l’une de l’autre par une planche circulaire de ici millimètres d'épaisseur. Les deux plaques de fer et la planche ont à leur centre une ouverture d'environ 26 millimétrés de diamètre , & travers laquelle passe un axe ou tige en cuivre rouge en saillie des deux cotés et taraudé d'un pas de vis, afin de pouvoir joindre les deux plaques et la planche au moyen de deux écrous de cuivre ; et pour que ce contact ait lieu cucore plus exactement dans tous les points, on place, à égale distance du centre , six vis de cuivre qui passent par les plaques de fer et par la planche.

Le disque de bois intermédiaire s'emploie pour donner plus de solidité à tout l’appareil et pour qu'il soit moins sujet à se voiler , sans en augmenter le poids. L'auteur a cru

àoogle

7 o Des Iiutruheiu

la douille plaque nécessaire , afin que si quelque point «le l’une (les plaques n’agissail pa* avec autant de force que les autres points , il püt être remplacé par le point correspondant de la seconde plaque agissant comparativement plus fort , ce qui rend l'action de tout le système plus uniforme. Il est bien entendu , au reste , qu’il faut apporter le plus grand soin à choisir du fer parfaitement mou pour la construction «in plateau correcteur , afin que par le travail auquel il doit être soumis , il ue prenne aucuue polarité magnétique permanente.

Le cylindre creux de cuivre qui s'adapte exactement dans l’axe du plateau, a une longueur d’environ 3o millimètres; il est uni a l'une de ses extrémités arec une pièce de meme métal en forme de cône creux , destinée à l'attacher solidement à la hase de la boussole. Comme la bonté des résultats dépend autant de la manière dont ces plateaux sont construits que de l'exactitude des tables qui y sont jointes , chaque port qui voudra faire usage de cet utile appareil , fera bien de ne confier la construction des plateaux qu'à un ouvrier habile , sous la surveillance immédiate d'une personne éclairée , ayant l'habitude de faire des observations délicates , et chargée de la rédaction des tables d'observations.

Pour constater l’influence d'un semblable plateau correcteur , et établir en rouséquenee les tables qui doivent y être jointes, ou peut employer l'appareil suivant, qui, uue fois construit et conservé dans un port , sera consacré à cet usage.

Soit / 1BCDEFG ( fis- 36 ) un parallélipipède rectangle de bois , bien solide , dont les dimensions peuvent être choisies à volonté et qu’on établit de manière à ce qu’il puisse tourner sur un point s fixé au centre de la planrhe circulaire III k. Au dessous de ce parallélipipède , au milieu de l'arétc inférieure EF , est attaché un indicateur de cuiv re Q , qui , pendant le mouvement du parallélipipède sur son pivot , parcourt les divisions d'un cercle tracé sur la planche lltk , tandis que tout l’appareil est maintenu dans une position horizontale par trois vis à caler.

Une boussole est ensuite solidement fixée sur le parallélipipède , et on la dispose de telle sorte que lorsque sou aiguille indique xéro ( ou le Mord magnétique ) , l’indicateur Q te trouve également sur le point zéro de la déviation circulaire contre laquelle il marche ; en outre , sur la même face Aiiliï , où se trouve l’indicateur de cuivre , glisse à coulisse une pièce de bois tt qu’on peut faire mouvoir de haut en bas et le long d'une échelle divisée en centimètres fixée au parallélipipède.

Le point xéro de cette échelle doit se trouver exactement dans le plan horizontal qui passe par le centre de l'aiguille aimantée. Enfin , perpendiculairement sur la pièce de bois tt est attaché le cylindre de cuivre r, sur lequel le plateau correcteur p peut se mettre à différentes distances ; et l’appareil ainsi disposé , on peut être assuré que pendant la révolution du parallélipipède , l’indicateur en cuivre (J marquera toujours l'angle quo forme le plan du plateau correcteur avec le méridien magnétique.

En faisant glisser successivement la pièce de bois tt vers le haut ou vers le bas, et en plaçant le plateau correcteur dans différentes positions sur la tige de cuivre r, on donne à celui- ci , par rapport à la boussole , tomes les situations possibjes , tant au-dessous qu’à côté de cet instrument. Dans chacune de ces situations , déterminées par les distances en centimètres du centre du plateau correcteur à la ligue verticale et au

filan horizontal qui passe par le point de suspension de l’aiguille aimantée , on observera 'angle indique par l’aiguille de la boussole, ainsi que celui marqué par l'indicateur (A On obtiendra de cette manière les élémens nécessaires pour former une table d’observations dans laquelle, à la suite de chaque déclinaison pour les points aximuthaux de la boussole, on pourra exprimer en centimètres, i.° la hauteur a b du ceulre de l'aiguille au dessus du centre du plateau; a.* la distance horixontale b pda centre du plateau à la ligne verticale qui passe par de centre de l’aiguille.

On pourrait , pour faire les observations dont nous venons de parler , fixer d’abord invariablement le plateau correcteur à la lige de cuivre r, et ensuite placer ce plateau à toutes les distances horizontales possibles de la boussole , en faisant entrer cette lige plus ou moins dans une ouverture circulaire pratiquée dans la pièce tt. La tige portant une échelle de division de centimètre en centimètre , sur laquelle le plateau occuperait le point xéro, on serait ainsi à meme de bien déterminer chaque distance.

üigitizod by Cjooote

aRéflexioh. 71

Lorsqu'on a trouvé dans la table d'observations la véritable position du plateau correcteur à l'égard de la boussole , pour laquelle sont indiquées dans les différens rhtimbs les mêmes déclinaisons à peu prés que celles observées sur le batiment avec 'lequel on se propose prendre la mer , on adapte à l'habitacle , ou mieux encore au pied sur lequel ou établit le compas aiimuthal à bord, un app.reil convenable pour pouvoir placer le plateau correcteur de fer à la meme distance horizontale et verticale devant ou derrière la boussole. Dans le premier cas , on peut être assuré que , dans toutes les circonstances , le plateau correcteur doublera 1 influence de la ferrure du batiment, taudis que daus le second il la détruira.

L'auteur préfère le premier moyen , dans les voyages vers les contrées méridionales, où l'attraction du fer est moins considérable, on met le plateau dans un lieu du batiment, éloigné du compas , alors immédiatement après chaque observation azimuthale , on le replacera devaut , à la distance voulue , pour connaître ainsi de combien de degrés l'aiguille a été attirée ou repoussée par suite de cet éloignement. Alors les observations faites sans le plateau devront etre diminuées ou augmentées du meme nombre de degrés, car puisque le plateau double l’action maguetique du fer qui se trouve à bord , re fer aura déjà, pendant l'observation faite sans le plateau , fait dévier l'aiguille précisément du mente nombre de degrés que le fait ensuite le plateau.

Pour de hautes latitudes boréales , l’auteur trouve préférable de fixer le plateau derrière b boussole , car alors tout calcul , toute observation ultérieure deviennent inutiles , puisque le plateau étant nue fois exactement placé au point indiqué et y demeurant pendant toute la traversée , il détruira en tout temps l'influence du fer du- batiment sur la boussole.

Exemple. Une observation faite pour déterminer la déclinaison de l'aiguijle aimantée, a fait connaître que sans employer le plateau correcteur , le compas aziinulhal avait donné une déclinaison N.-f). de 2 5’ et que dans l’observation faite immédiatement après la première, le batiment occupant toujours la même position , et avec le plateau correcteur placé convenablement devant le compas, la déclinaison a clé trouvée N. -O. de 3a\ On voit donc que le plateau seul a augmenté la déclinaison de 7* ; mais comme cette augmentation est la même que celle qui a été faite par le fer situé à bord, il en résulte que la déclinaison vraie de l’aiguille est égale à ab0 - 7” , c’est- à dire qu’elle est de 18" N.-O.

Si dans les observations précédentes, le plateau avait produit une diminution dans la déclinaison de t'aiguille , que par exemple , le résultat de l’observation faite avec le

Î daleau eût été de nj" ; dans ce cas , le plateau placé devant le compas ayant diminué a déclinaison de 6", il faut en conclure que le fer situé à bord et dans la position occupée par le batiment avait diminué d'autant la déclinaison vraie , et que par conséquent ces t>’ de diminution doivent être ajoutés ; on aura donc pour la décliuaisou vraie de l'aiguille, ai +G", c'cst-a-dire 3i“ N.-O.

Nous terminerons par la remarque suivante : qu'il ne faudrait pas croire que ces plateaux correcteurs, avec les tables qui doivent y être jointes, peuvent servir immédiatement sur un batiment situé dans un port antre que celui où les tables ont été construites,

fiarce qu’il faut toujours que là ou on détermine , par les observations simultanées , 'influence du fer qui se trouve à bord d’mi batiment, fà aussi doit se déterminer l'action du plateau et par conséquent ses tables. Pour le même batiment, si l'arrimage et le chargement ont introduit des déplacemens dans la distribution du fer placé h son bord , toutes les expériences faites doivent être recommencées pour déterminer de nouveau, l’influence du fer, la position du plateau par rapport au compas, et ses tables d'action.

De la Déclinaison de V Aiguille.

La déclinaison de l'aiguille est continuellement variable, dans tm même lieu,

A Paris , en t58o , elle était orientale et égale a n° 3o'

en 1618 , elle u'était plus que de * 8 o

en nGtiG , l’aiguille se dirigeait droit au pôle.

Des Ihstrümeks

Après être restée tien* ans dans cette position , elle s’est continuellement éloignée du pôle en marchant vers l’Ouest.

en 1G78 , la déclinaison occidentale était déjà de. . . i° 3o'

en 1700 , de. 8 10

en 1767 , de ig 16

en 1780, de ig 55

en 1785 , de o

en i8o5 , de. . . 5

en i8i3 , de 38

en 1819 , de 11 29

eu 1831 , de 22 2 5

en i8a3 , de 2 3

en 182S , de. 23

en 1827 1 de 33 20

en 1829 , de 12

en i83a , de 3

On voit par ce tableau que depuis itifiG , la déclinaison est devenue occidentale, qu’elle a’est accrue d'année en aunée jusqu’en 1019, où ce mouvement occidental s’est arreté: l’aiguille rétrograde maintenant , elle se rapproche du Nord.

Ce mouvement annuel de l’aiguille ne se fait pas graduellement, mais est le résultat de plusieurs oscillations diurnes, par lesquelles elle s’éloigne et se rapproche du méridien, de manière à ce qu’il en résulte que la déclinaison est croissante ou décroissante d’un jour à l’autre , comme Cassini l’a reconnu le premier.

En général , la déclinaison augmente depuis le solstice d’hiver jusqu'à l'équinoxe du -printemps ; à partir de cette époque , elle diminue jusqu'au solstice d'été , augmente ensuite de nouveau jusqu'à l’équinoxe d'automne, pour diminuer encore pendant les derniers mois de l’année. Ou devine d'ailleurs facilement que depuis 1819 (a somme des deux oscillations orientales est plus grande que la somme des deux oscillations vers l'Ouest, puisque depuis cette époque l’éguillc s'éloigne tous les ans de ce dernier point.

Les variations diurnes sont généralement telles, que l'aiguille marche vers l’Occident depuis le lever du soleil jusqu'à une heure après midi , pour rétrograder ensuite vers l’Est.

L’étendue de la variation diurne n’est la même , ni dans tous les mois de l’année , ni dans tous les lieux de la terre ; à Paris elle a atteint son maximum dans le mois de Juin, et s’est élevée alors à i4* ; son minimum s’est trouvé de 9', et a eu lieu dans le mois de Décembre. A Londres, la variation diurne en Jain et Juillet a été de 19', 6; en Décembre elle ne s’est plus trouvée que de 7 ',6 Plusieurs circonstances atmosphériques et surtout les apparitions da météore lumineux que l’on appelle aurore boréale , influent sensiblement sur l’étendue des variations diurnes de l’aiguille ; cette étendoe semble aussi diminuer à mesure qu’on se rapproche de l’équateur , et peut être encore des points où la déclinaison absolue est très-petite. A Sainte-Hélène et à Sumatra , par exemple , les variations diurnes ne sont guère qu’à 2 ou 3'.

En passant d’un lieu à un autre sur la surface du globe , on voit la déclinaison de l’aiguille varier très-sensiblement, comme Christophe Colomb l’a découvert le premier. Dans certaine région du globe , en Europe, par exemple, la déclinaison est maintenant occidentale ; dans d’autres parties elle est orientale ; et enfin pour une série de points intermédiaires et qui forment les bandes sans déclinaison , l’aiguille se dirige vers le pôle.

On a observé jusqu’ici trois lignes sans déclinaison , que les marins out suivies jusqu’à des latitudes plus ou moins élevées ; on les a tracées sur plusieurs mappemondes , mais les variations de la déclinaison font continuellement changer leur forme et leur position. Nous avons va pins haut que l’uue d'elles traversait Paris en 1606, depuis cette époque, «lie s'est cous Uniment avancée ver* l’Oueit, car k l’époque actuelle elle passe dans le

voisinage de Philadelphie. Une circonstance qui mérite d'être notée , c’est que la déclinaison a été nulle à Londres eu 1607 plutôt qu'à Paris.

Les plus grandes déclinaisons de l’aiguille aimantée , ont été observées dans le détroit de Davis. Ou a trouvé eu 1790 les résultats suivans

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