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Dans ces lieux, la direction de l’aiguille indiquait plutôt l’Ouest que le Nord.
De l'Inclinaison.
Un autre phénomène, ou l'inclinaison , offre ceci de particulier, qu'une aiguille d’acier, retenu par son centre de gravité, peut et doit demeurer en équilibre dans chaque position; mais aussitôt qu’elle a acquis la vertu magnétique , elle ne saurait garder une position horizontale dans un lieu dont la latitude australe ou boréale est un peu élevec : en général , dans notre émisphère , c’est l’extrémité Nord de l’aiguille qui est iuclinée vers la terre ou qui s’abaisse au dessous de l'horizon, et cette inclinaison augmrute rapidement à mesure que l’on approche du pôle. A Paris le ir Mars 1819, à 2 heures après midi , une aiguille placée dans le plan du méridin magnétique , et mobile autour de son centre de gravité , formait avec l’horizon un angle de 68* 26' , et quelques années au-
S arasant, en Octobre 1810, cette inclinaison était de 68" 5o'. A Londres, c’est-à-dire 2° o' plus Nord , l’aiguille s'incline davantage , et observée à différentes époques , elle a toujours présenté des résultats qui, dans le même sens, s’accordaient avec les observations correspondantes faites à Paris. Par 79* 44* de latitude boréale , le capitaine Pfiipps trouva , en 1773, une inclinaison de 82° 9', et c’est la plus grande qu’on ait observée.
Dans l’hémisphère austral , l’extrémité Sud de l’aiguille éprouve des mouvemens analogues à ceux que nous venous de décrire , en telle sorte que , sur chaque méridien , il y a un point où l’inclinaison magnétique est nulle, et une ligne assujettie à rencontrer cette série de points , donne la position de l’équateur magnétique , lequel coupe l’équateur terrestre sous un angle aigu. Si celte ligne sans inclinaison était un des grands cercles de la sphère, pour déterminer sa situation , il suffirait de deux observations faites en deux lieux différens ; mais il n’en est point ainsi , et quelle qu’en puisse être la cause , les navigateurs nous ont appris qu’il y a sur l’équateur terrestre plus de deux points où l’aiguille aimantée conserve une situation parfaitement horizontale. Par conséquent la ligne sans inclinaison n’est pas un des grands cercles de la terre , mais bien une courbe qui subit des indexions que l’observation seule a pu faire reconnaître.
De l'intensité des forces magnétiques.
Dans tous les phénomènes que nous venons de rapporter , le globe terrestre fait comme nous l’avons dit, relativement aux aiguilles , .l’office d’un véritable aimant; mais la propriété magnétique conserve t-clle la même intensité dans toutes les régions du globe ? Ësi-il probable que , sous une latitude déterminée , elle éprouve une diminution sensible
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à mesure que l’on s’élève daus l'atmosphère , comme quelques personnes avaient cru le reconnaître? Telles sont les questions importantes qui se présentent immédiatement; mais leur solution n’a été trouvée que depuis peu d’années.
On a dit plus haut , que lorsqu’une aiguille aimantée est suspendue librement , elle se place toujours dans un plan qu’on appelle le méridien magnétique. Si , après l’avoir écartée de sa position naturelle, on l’abandonne à elle même , elle tendra à y revenir, en faisant de part et d’autre des oscillations plus ou moins étendues ; l’effet ae la force magnétique qui les produit , est analogue à l’action que la pesanteur exerce sur un pendule en mouvement : les oscillations seront d’autant plus promptes , que la force magnétique aura une intensité plus considérable , et l’on pourra prendre pour sa mesure le carré du nombre d'oscillations que l’aiguille fera dans un temps donné. Par conséquent, le rapport des intensités des forces magnétiques dans deux lieux quelconques , sera égale â celui des carrés du nombre d’oscillations qu’une môme aiguille y fera dans le meme espace de temps.
C’est ainsi que MM. Gay-I.ussac et Biot ont reconnu , dans une ascension aérostatique, que l’action du magnétisme ne diminue pas sensiblement, lors même qu’on s’élève dans l’atmosphère à une hauteur de près de 7000 mètres , et que M. I)e Humbolt a découvert quen s’avançant de l’équateur vers le p61e , celle action, au contraire, va toujours en augmentant. Si l’on représente par soo l’intensité à l’équateur , elle sera 117 à Naples , i34 * Paris et i37 à Berlin : ces différences en occasionnent d'ailleurs de très-seusibles dans la durée des oscillations , car la même aiguille qui donne à Paris 345 oscillations pendant un certain nombre de secondes , n'eu fait plus , dans le même espace de temps, que ait à l’équateur.
La théorie du magnétisme n’est point encore assez avancée pour rendre compte de tous les phénomènes qui se présentent ; nous soupçonnons , mais nous ne savons pas si la déclinaison et l’inclinaison , si lentement variables , sont des phénomènes qui se reproduisent dans le même ordre. Depuis i58o jusqu’à nos jours, l’aiguille s’est toujours avancée de l’Est vers l’Ouest; d’où était-elle partie, et où doit-elle s’arrêter? Retournera-t-elle sur ces pas, ou continura-t-elle de se mouvoir dans le même sens? Quels doivent être pour un lieu donné le maximum et le minimum de l'inclinaison ? Aucune des théories jusqu’à présent proposées , ne sauraient résoudre une seule de ces questions. Par conséquent , il faut , eu admettant provisoirement l'existence des pôles ou centres d’actions magnétiques terrestres , 11c voir dans cette hypothèse qu’un moyen explicatif snr la réalité duquel on sc réserve de prononcer, lorsque des observations long-temps continuées auront fourni les élémens sur lesquels doit s’appuyer toute ex-
Slicalion , si l’on veut , en la supposant même heureuse , qu'un ne puisse lui reprocher 'être prématurée.
On terminera enfin celte notice sur l’aiguille aimantée ( publiée en partie par le Bureau des Longitudes de France), par l’indicatiou d’uu phénomène très-digne de l’attention des navigateurs ; il s’agit du renversement des pôles qu’une forte décharge électrique produit quelquefois daus l’aiguille d’une boussole. On conçoit en effet que , si le si^ne particulier qui, dans cet instrument, sert à marquer le Nord, passe an Sud, les marins , trompés par cette fausse indication , pourront , par un temps couvert , suivre une route diamétralement opposée à celle qu’il leur importe de parcourir , et aller se perdre sur des écueils dont iis croyaient s’éloigner. Un naufrage fût occasionoé par une circonstance de ce geure : un bâtiment Génois qui faisait roule pour Marseille, fût frappé par la foudre à peu de distance d’Alger ; les aiguilles des boussoles firent toutes une demi-révolution , quoique ces iustrumens 11e parussent pas endommagés, et le bâtiment vint se briser sur la côte , au moment où le pilote croyait avoir le cap au Nord.
Des compas de roule et de variation.
Les boussoles dont les marins se servent en général , sont connues sous les noms de compas de route , et de compas de variation ; la première sert à déterminer la direction de la route d'un vaisseau et la seconde est employée â reconnaître â quel air de vent répondent des objets éloignés , et particulièrement à observer la déclinaison de l’aiguille aimantée. ( C’est très -improprement que la déclinaison de l’aiguille est appelée variation ; le mot de variation doit être réservé pour exprimer la quantité dont la déclinaison varie chaque année dans un même parage , daus un même lieu. Pour reudre
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