DU THERMOMÈTRE
Le Thermomètre est un instrument mesureur de la chaleur , ses applications aux sciences naturelles sont innombrables, l'astronomie le consulte à chaque instant dans scs observations, pour calculer les déviations que les rayons lumineux émanés des astres éprouvent en traversant l’atmosphère , qui les brise et les courbe plus ou moins , selon sa température. Cet instrument est formé ordinairement d'une boule de verre dont la capacité est très- considérable relativement au diamètre intérieur du tube, de 6ortc qu’une trèspetite dilatation , dans le" volume du mercure qu’elle renferme , se manifeste dans le tube par un allongement considérable de la colonne fluide ; par celle disposition on parvient è rendre sensibles de très-petites variations de la cbaleur. La graduation commence au terme de la congélation de l’eau , et celui qu’elle reçoit dans un vase ouvert par la chaleur de l'eau distillée bouillante, ou plongé dans la vapeur d'eau qui a une température Lien plus égale que le liquide, est marquée à l'échelle de Réaumur par 8n, à l'échelle centigrade par 100 et à l’échelle de Eareinhellh parais; le terme de la glace fondante est marqué dans celle-ci à 3a. La distance de ces deux termes est divisée , pour les deux premières , en 80 ou en 100 parties égales , et la division est ordinairement prolongée au-dessous du terme île la congélation marquée o.
Pour que le thermomètre soit toujours semblable à lui- meme et constant dans ses indications, il faut que le mercure employé soit dans son plus grand état de pureté, que le tube soit d’un calibre égal dans toute sa longueur, afin que des dilatations égales dans le mercure de la boule soient marquées par des accroissemens égaux dans la hauteur de la colonne ; que si le tube n'avait pas même diamètre intérieur dans toute sa longueur (ce qui arrive le plus souvent), son échelle soit divisée de manière à ce qu’on puisse le considérrr comme tel. Un thermomètre construit avec soin ne doit pas contenir d'air dans la partie du tube qui n'est point occupée par le mercure ; pour s'en assurer , il suffit de le renverser de manière que la boule vienne en haut; s'il est purgé d’air, le mercure , que rien ne soutient , tombe librement et remplit tout le tube : mais si tout l'air et l'humidité qui restaient adhérens aux parois intérieurs du tube , lors de la construction du thermomètre , n’en ont pas été chassés , la colonne ne tombe point jusqu'au fond du tube , parce que le gaz qui s'y trouve résiste en vertu de sa force élastique et l’empêche d’y arriver.
Quand on transporte des thermomètres en voyagé , il arrive souvent que la colonne de mercure se sépare ainsi en plusieurs parties , et pour peu qu’il reste de l'air on de l’humidité dans le tube , ces diverses parties ne se rejoignent pas facilement ; il faut alors attacher le sommet du tube à une corde longue de trois ou quatre pieds , et le faire tourner ainsi au bout de ccttc corde , comme une fronde , aussi rapidement qu'il est possible. La force cenlrifnge s’exerçant avec pins d’énergie sur le mercure que sur l’air à canse de l'excès de sa masse , suffit ordinairement pour réunir les colonnes séparées.
Les observations du baromètre et du thermomètre sont employées dans l'astronomie nautique à réduire les réfractions moyennes données par les tables, h celles qui répondent au poids de l’atmosphère et à sa température aux instans correspondans aux observations des hauteurs ; il faut avoir soin de préserver le thermomètre de la chaleur directe de» rayons du soleil.