‹ Problèmes de morale socialeChapitre 120 sur 228 · La Science au point de vue philosophique · texte numérisé non relu

La Science au point de vue philosophique

2. Voir, au chapitre V, Texposition de deux théories différentes de M. Littré sur Toriginc du concept moral.

ridée de la justice et Tidée de la pénalité. — Voyons maintenant ces deux idées en fonction dans Thistoire. Examinons d'après M. Littré comment la première de ces idées s'est formée au sein de la seconde, qui a été réellement Tidée-mère, l'idée génératrice. L'ordre historique du développement de ces notions, ou mieux des deux éléments de cette notion unique, est en raison inverse de leur apparition dans l'esprit au moment et au degré de civilisation où nous sommes. Aujourd'hui l'idée de la peine nous paraît être une application de l'idée de la justice sociale. C'est une illusion psychologique, un résultat secondaire de faits primitifs élaborés et combinés. Cette notion d'une justice instituée pour punir est une notion acquise et complexe. Le fait primordial, c'est la vengeance individuelle, ou la compensation à prix d'argent, traduction élémentaire de la vague notion d'identité ou d'égalité entre les hommes. C'est là, uniquement là, qu'il faut aller chercher avec M. Lit» tré le dernier élément irréductible de ce vaste appareil de sentiments, de principes, d'institutions et de lois qui constituent l'ordre social dans les civilisations perfectionnées.

Nous ne suivrons pas M. Littré dans l'analyse de tous les faits a par lesquels l'idée de justice s'est manifestée sociologiquement, » il nous suffira d'en indiquer les résultats. Nulle part, à l'origine des sociétés, M. Littré n'aperçoit une justice primitive, réglant les rapports des hommes entre eux, déterminant les degrés de la criminalité et les degrés de la peine qui doivent y correspondre. Le grand fait qu'il s'efforce de mettre en lumière, c'est qu'au début de l'histoire^

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