‹ Problèmes de morale socialeChapitre 174 sur 228 · CHAPITRE Xn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xn

les générations aux générations, qui assure à chacune d'elles, dès sa naissance, quelque progrès relativement à celle qui Ta précédée, si la précédente a elle-même fait quelques pas en avant. C'est une cause toute physique de perfectionnement dont les lois déjà connues de l'hérédité donnent un aperçu positif, et qui deviendra de plus en plus claire à mesure que ces lois se préciseront. A cette loi de l'hérédité ajoutez la loi de la sélection, et vous aurez la raison du développement des nations privilégiées au sein de la race. Imaginez que dans l'origine quelque heureux concours de circonstances ait procuré à un groupe humain l'avantage immense d'un gouvernement accepté, d'une obéissance collective à une autorité quelconque, et par là d'une supériorité militaire incontestable, assurée par la discipline, sur les fractions incohérentes qui composent les peuplades voisines : vous vous expliquerez sans peine comment certains groupes ont prévalu dans la concurrence vitale, comment pendant une certaine période de temps cette supériorité s'est fixée en eux, jusqu'au jour où des causes intérieures ou extérieures ont affaibli cette prédominance héréditaire. Ajoutez à cela, dans chacune de ces nations naissantes, l'influence d'un type attractif, celui d'un héros, par exemple, qui tend à prédominer par l'imitation de tous, par l'élimination des types contraires, et qui, transmis dans le tissu nerveux d'un peuple, tendra de plus en plus à devenir le caractère national, 'vous aurez les idées maîtresses de ce livre iixè«3l tantôt trop court et tantôt diffus, dont les pa^v^^ ^' eix^^^'^T^^ï^^ mal, comme des chapitres écrits ^ . -y^s ^^^ ^^* autres,

mais où éclatent par intervî^>^^^^ipa o^^^^^"^^^^ ^^'

génieuses et profondes qui éclairent d'un nouveau jour le côté physiologique de la question.

Dans cette revue des théories du progrès, nous devons faire une place à part à celle que M. Herbert Spencer a produite récemment au milieu d'une théorie plus vaste, qui n'est rien moins que Tesquisse d'une histoire de l'univers. C'est avec ce penseur éminent, que l'on a pu appeler avec justesse, malgré son aversion pour la métaphysique, « le dernier des métaphysiciens anglais », que l'idée d'évolution a pris sa plus grande extension et touché les dernières bornes de son empire possible. Le traducteur français des Premiers Principes nous montre, dans son introduction, comment M. Spencer fut amené à cette dernière synthèse. Dans la Statique sociale ^ publiée en 1850, M. Spencer s'était posé comme problème de rechercher la loi naturelle dont le progrès de l'humanité est la manifestation. Plein de confiance alors dans la perfectibilité indéfinie de l'espèce, l'étendant par ses vastes espérances jusqu'au rêve de la perfection, jusqu'à la suppression du mal sur la terre, il avait cru trouver la condition de ce progrès toujours croissant dans cette tendance de la vie qu'il appela la tendance à Vindividuation. Plus tard, le mot individuation lui parut être trop étroit pour l'idée du développement des choses telle qu'il commençait à la concevoir. Il craignit

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