CHAPITRE V
que ce soit Yutilitarisme de M. Stuart Mill, ou Vorganistne moral tiéréditaire de M. Spencer, ou Vévolulion du sens soctcU de Fanimal à Thomme, comme dans M. Darwin, ou le principe des conditions d'existence de M. Alexandre Bain, quoi que puissent prétendre les partisans de jour en jour plus nombreux de ces théoriesj un nouvel idéal de vie individuelle et sociale s'impose à l'homme. Cette fois, et dans cet ordre de problèmes, il n'y a plus à se méprendre ni à se faire illusion sur la gravité des conséquences. C'est toute la vieille morale sur laquelle a vécu le monde qui s'écroule. Pesez les résultats que peuvent produire dans la conscience humaine, quand l'esprit de système et de parti les aura tout à fait accréditées, quelques propositions telles que celle ci : « il n'y a pas de loi supérieure s'imposant avec une autorité divine ni transcendante à la conduite humaine ; cette autorité ne peut être que la force de l'habitude, de l'imitation, de l'évidence, de l'utilité sociale ; toute autre origine de la loi serait un fait supra-sensible en contradiction avec les vraies méthodes scientifiques ; ce qu'on appelle le sens moral n'est pas, comme on l'a longtemps pensé, quelque chose de primitif et d'inné, mais un fait purement empirique, transformé, établi par l'hé redite, un phénomène variable selon les exigences mobiles de l'espèce. Enfin, en morale, comme ailleurB, il n'y a pas d'autre règle que la règle des choses, et ce^ que l'on a si longtemps honoré d'un culte à part sous le nom de lois morales rentre dans le domaine des lois de la nature, les seules qui existent. »