CHAPITRE VI
en même temps. Ce fut son erreur ; c'est sa gloire, selon d'autres. « La révolution a voulu achever Thomme d'un seul coup, en un moment. » — Qu'y a-t-il enfin de plus conforme à l'a priori que la déclaration des droits de l'homme, de l'homme universel, identique à lui-même, sous toutes les latitudes, dans toutes les races, à tous les degrés de la civilisation ? Tout cela, encore une fois, c'est du rationalisme pur à la façon de Rousseau. M. Quinet l'établit péremptoirement pour la convention, qui procède par intuition et par déduction géométrique et qui est l'expression la plus complète d'une métaphysique intolérante, à la manière du CorUrat social : « Voltaire avait gouverné le dix-huitième siècle, Montesquieu régna dans la constituante, Rousseau dans la législative et la convention.... Rousseau est l'Esdras de la révolution française ; il rapporte de l'exil le Livre de la loi. A mesure que la révolution se développe, elle semble une incarnation de Jean-Jacques *. » Veut-on un autre témoin ? Parmi vingt autres, je citerai M. Henri Martin, résumant son jugement sur l'œuvre de la révolution : « Il n'est rien de comparahle dans l'histoire du genre humain. On avait vu jusqu'alors la plupart des sociétés périr ou de mort violente ou de langueur, quand leur organisme se dissolvait; on en avait vu quelques-unes transformer progressivement leurs organes ; on n'avait jamais vu une nation entreprendre de se reconstituer a priori au nom du droit absolu et de la raison pure.... La révolution renouvelle dans l'ordre social l'œuvre accomplie par Descartes dans la philosophie.... Elle