CHAPITRE V. — INDUCTION
phénomènes dont ces appareils sont le siège. Les caractéristiques méritent toute l'attention des physiciens : elles permettent de déterminer à tout moment la force électromotrice de la génératrice, par les résistances et l'intensité du courant produit.
Il y a lieu de distinguer entre la caractéristique totale d'une série dynamo et la caractéristique externe : la première a pour ordonnée la force électromotrice totale, tandis que les ordonnées de la seconde ne sont que les différences de potentiel entre les bornes.
Le rendement des générateurs doit être défini, parce que ce mot a été pris dans des acceptions fort diverses.
Appelons : ^m la puissance motrice fournie à la machine électrique;
^e la puissance électrique totale développée;
^Ss la puissance électrique disponible, qu'on peut utiliser.
Le rendement théorique est ^ — ;
(49) {Le rendement électrique est ^;
, Le rendement industriel est 7:^ —
Il importe de remarquer que la différence 9m — 9e représente les pertes dues au frottement, aux courants parasites, à l'hystérésis, etc.; par contre, 9e — 9s correspond aux pertes produites par la résistance des circuits intérieurs de la machine. On peut calculer le rendement électrique, quand on connaît les résistances des divers circuits et le mode d'excitation.
Dans les transmissions d'énergie à distance, le rendement réel est le rapport de la puissance mécanique dépensée au point de départ sur l'arbre de la génératrice à la puissance disponible au point d'arrivée sur l'arbre de la réceptrice.
On appelle moteur électrique tout appareil capable de transformer l'énergie électrique en énergie mécanique. Les générateurs que nous venons d'étudier peuvent devenir des moteurs parce qu'ils sont réversibles; ils se mettront en mou-
vement dès qu'un courant, fourni par une source, traversera leur induit en développant une force contre-éleclromotrice, qui viendra en décompte de celle de la source.
Le travail utile d'un moteur est maximum lorsque sa force contre-électromotrice est égale à la moitié de la force électromotrice de la génératrice; cela revient à dire que l'intensité du courant en marche est la moitié de ce qu'était cette intensité alors que le moteur était au repos. Cette loi est connue sous le nom de loi de Jacobi,
Le rendement électrique d'une transformation d'énergie, faite dans ces conditions, est égal au rapport de la force contre-électromotrice e de la réceptrice à la force électromotrice E de la génératrice. Ce rendement peut devenir égal à l'unité lorsque e devient égal à E; mais alors le travail produit tombe à zéro. C'est la loi de Siemens.
La puissance du courant est toujours mesurée par le produit El; mais on peut garder la même puissance en faisant varier simultanément les forces électromotrices et les inten-
sites de telle sorte que =^7 == y* ^^ y ^ souvent intérêt à modi-
fier ainsi les conditions d'une transmission d'énergie pour mieux l'utiliser. Par exemple, les hauts voltages, fort économiques pour la transmission à distance, se prêtent moins bien à la distribution et aux applications : on a donc intérêt à réduire la tension pour augmenter la quantité avant de distribuer l'énergie. On n'aura évidemment pas rigoureusement EI=:E'r, car toute transformation se paye, mais on trouvera El = KET. Ce facteur K est le coefficient de transformation; il varie de o,85 à 0,90.
Les transformateurs sont de différentes espèces. La plupart d'entre eux reçoivent et transforment des courants alternatifs ou interrompus : la bobine de Ruhmkorff en est un type classique. Cet appareil élève le voltage. et abaisse la quantité; par contre, dans l'industrie, on cherche plus souvent à abaisser le voltage et à augmenter la quantité : ce double effet dépend de la relation établie entre l'inducteur et l'induit.
Mais il existe aussi des transformateurs à courants continus : ce ne sont plus alors des appareils dans lesquels on utilise directement l'induction. Ainsi un accumulateur Planté