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Il importait, en première urgence, de relever les ruines accumulées par la guerre.
De nombreux ouvrages d’art, ponts, routes, voies ferrées, etc. ainsi qu’une grande quantité de matériel de transport ont été détruits pendant les hostilités, soit par l'ennemi pour désorganiser nos arrières, soit par nous-mêmes pour couvrir notre retraite. Ces destructions ont paralysé, des mois durant, la circulation des matières premières, des combustibles et parfois même, des denrées alimentaires, C’est notamment à la
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désorganisation de notre réseau de navigation fluviale que doit être imputée, dans une certaine mesure, la pénurie de charbons survenue dans la région parisienne au cours de l’hiver 1940-1941, ainsi que les délais excessifs de livraison des blés entreposés dans certaines coopératives du nord-ouest.
Si les destructions matérielles ont entravé la circulation des marchandises, la mise hors d’usage des circuits téléphoniques et télégraphiques a gêné les transmissions d’ordre intellectuel.
Des progrès ont sans doute été réalisés depuis l'armistice. Cependant, on a surtout cherché à parer au plus pressé. Bien des installations ont encore un caractère provisoire, par exemple les ponts en bois. Elles devront être remplacées par des ouvrages définitifs au fur et à mesure que l’arrivée des matériaux le permettra et que la reprise du trafic l’exigera.
La reconstruction des immeubles d’habitation sinistrés s’impose, aussi bien dans de grandes agglomérations urbaines — dont certaines furent presque entièrement rasées, — que dans de nombreuses localités rurales. Les dévastations ont souvent empêché le retour d’une partie de la population, pour le plus grand dommage de la production industrielle et agricole et de l’activité commerciale des centres atteints. Ou, lorsque les habitants ont regagné leur ancienne résidence, ils ont été contraints de mener une existence précaire, dans des baraquements en bois dépourvus non seulement de confort, mais ne répondant
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même pas aux exigences les plus élémentaires de l'hygiène publique.
D'autre part, l’outillage industriel et commercial détruit doit être restauré au plus tôt pour rendre au pays sa capacité de production, à la main-d'œuvre son gagne-pain, aux capitaux investis leur légitime rémunération.
L'Etat avait pris à sa charge, après la guerre de 1914-1918, l'intégralité du coût de reconstruction des régions dévastées. Les conditions sont malheureusement différentes aujourd’hui. Un pays ruiné et vaincu ne peut consentir de largesses. La participation de l'Etat ne saurait plus être totale. Mais le principe d’un large concours officiel a été maintenu, parce qu’il est l'expression d’un geste indispensable de solidarité nationale et parce que le relèvement de nos ruines est une nécessité vitale.
1 ne suffit pas d'effacer de notre territoire les traces matérielles de la guerre. I] faut aussi que l’économie nationale retrouve le plus tôt possible son activité, puis sa prospérité. Il convient donc de fournir, à l'industrie les matières premières indispensables, aux consommateurs des produits finis et .des denrées alimentaires, aux travailleurs un emploi. Pour atteindre ce but, les circonstances présentes nous astreignent à nous replier sur nous-mêmes, à prati-