‹ Problèmes Français de Crédit et de FinancementChapitre 29 sur 60 · LISE · texte numérisé non relu

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quer une politique d’autarcie (1). Cette obligation tient d’une part à des facteurs d’ordre économique et politique, d’autre part à des causes monétaires et financières.

Les stocks constitués avant la guerre ont été entamés par les hostilités d’abord, par les réquisitions de la puissance occupante ensuite. Leur renouvellement, dans la mesure où la métropole aurait pu y faire face, a été gêné par la désorganisation du pays. D’autre part le blocus, interrompant presque totalement nos communications avec nos fournisseurs de l’étranger aussi bien qu’avec les possessions de notre Empire, nous interdit toute importation d’essence, de charbon, de fibres textiles, de métaux, de bois, de corps gras, de denrées coloniales.

Dans l'incertitude présente, nos sources d’approvisionnement peuvent demeurer longtemps encore inaccessibles. Au surplus, dans l’éventualité où la liberté des communications maritimes et des transac-

tions internationales viendrait à être rétablie dans un

proche avenir, l’étendue des besoins à satisfaire dans tous les pays ne nous permettrait peut-être pas de

(1) Le mot « autarcie Ÿ n’a pas un sens très précis M. Piatier, dans L'Economie de Guerre la définit « la possibilité pour un pays donné, de sahsfaire intégralement à ses besoins au moyen d'une production, d'une circulation et d'une consommation indépendantes de l'étranger ». D'après M. Laufenburger, dont nous adopterons le point de vue, l’autarcie ainsi comprise est un mythe. Ce dernier auteur définit encore l'autarcie : « la constitution, par l'union douanière ou par la conquête de vastes espaces économiques pouvant se suffire à eux-mêmes. Il donne enfin de l'autarcie une dernière définition, que nous ferons nôtre pour le présent exposé: « Le recours strictement limité aux échanges internationaux ».

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nous procurer les produits qui nous font défaut. Nous ne disposerions pas non plus, au moins dans les débuts, de quantités suffisantes d’articles à exporter en contre-partie de nos importations.

Sans doute possédons-nous encore des devises étrangères et l’encaisse or de la Banque de France. Mais que vaudront celles-là à l’issue de la guerre, et qu'adviendra-t-il de nos réserves de métal jaune ? Dans l'hypothèse probable où l’or continuera à jouer un rôle dans les règlements internationaux, nous devrons en être ménagers. Il faudra également éviter, par un brusque apport sur le marché intérieur de produits acquis très cher à l'étranger, de rompre brutalement l'équilibre des prix, ce qui pourrait être fatal à la monnaie. Pour ces multiples raisons, le recours à l’autarcie et la création d’industries de succédanés s’avèrent indispensables.

Mais il nous faut aussi pousser au maximum la mise en valeur de toutes nos ressources naturelles. A cet égard, le développement de Péquipement national et son financement feront l’objet d’un « plan de dix ans » dont l'élaboration, actuellement en cours, a été prévue par une loi du 6 avril dernier. Ce que sera le plan de dix ans, on l’ignore encore de manière précise. Ses grandes lignes ne sont en effet connues que par des articles de presse commentant les déclarations du délégué général à l’équipement national.

En premier lieu, la France doit avoir une politique de l’énergie Des carburants de remplacement sont nécessaires, gazogène ou alcool, ce qui pose d’une part le problème de l’exploitation de la forêt française et du reboisement, ce qui implique d’autre part l’essor des cultures de plantes alcooligènes (vigne, betteraves, pommes de terre). Mais surtout l’équipement électrique du pays sera développé, par la captation de nos réserves de houille blanche et, peut-être, par lutilisation de l’énergie des marées. Il sera ainsi possible de substituer progressivement le courant électrique au charbon dans de nombreux usages (traction des chemins de fer, force motrice, chauffage domestique) et de nous libérer des importations étrangères.

Le renforcement de nos moyens de communication sera entrepris sans retard. Le Rhône, rendu navigable jusqu’en Suisse et raccordé au Rhin, draînera vers Marseille une partie du trafic de l’Europe Centrale. Des autostrades et des aérodromes seront créés, la France étant appelée par sa position géographique à servir de trait d'union entre l’ancien et le nouveau Monde. |

Les pouvoirs publics envisagent encore la réalisation d’un vaste programme agricole. Le retour à la terre sera encouragé. Des régions impropres à la culture (Crau, Sologne) seront assainies et fertilisées. La reconstitution du cheptel sera entreprise, la culture des plantes oléagineuses et des variétés textiles favorisée.

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