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L'activité du pays, déjà paralysée par une fiscalité outrancière et par des institutions qui avaient fait disparaître le goût du risque et de l'initiative, recevait une orientation factice et non rentable par le développement, d’ailleurs mal compris, des fabrications de guerre.
L’épargne, d’autre part, était doublement menacée dans sa conservation et dans son renouvellement. Maints facteurs ont concouru à l’amenuisement de nos réserves. Les prêts consentis avant et après la guerre de 1914-1918 à des gouvernements étrangers, généralement sous l’influence de mobiles politiques, ont coûté des dizaines de milliards de francs-or aux porteurs de fonds russes, ottomans, balkaniques, polonais, tchécoslovaques, etc. La mauvaise foi des uns, l’impécuniosité des autres, ont, en cette matière, conjugué leurs effets à la carence dont fit souvent preuve l'Etat Français dans la défense des intérêts de ses nationaux.
Enfin, les dévaluations et « alignements » successifs du franc, qu’ils aient été déterminés par la disparité des prix français et étrangers ou rendus inévitables par l'endettement né de la Grande Guerre, puis d'une mauvaise gestion des finances publiques, sont venus consacrer la ruine de nos rentiers.
Dès avant la guerre de 1939 l’appauvrissement de la France était donc réel. Il rendait singulièrement malaisé tout effort de financement, qu’il s'agisse de l'armement ou de l’équipement économique du pays.
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Aujourd'hui, nous sommes vaincus. Les ruines matérielles se sont accumulées sur notre territoire, de la Mer du Nord à la Loire. Des villes et des villages, en très grand nombre, sont dévastés, des usines détrui- tes, des ponts coupés. Les voies ferrées, mal entretenues, sont soumises à un effort excessif, le réseau téléphonique et télégraphique doit être remis en état.
La production est paralysée. Les importations de combustibles, d'essence, de matières premières indispensables (métaux non ferreux, fibres textiles, caoutchouc) et de denrées alimentaires de première nécessité sont arrêtées. Nos installations industrielles sont partiellement requises au profit d’une puissance étrangère. La main-d'œuvre fait défaut, qu’il s’agisse de nos 1.500.000 prisonniers, ou des dizaines de milliers d'ouvriers agricoles, belges, polonais ou italiens.
La circulation des marchandises, par route aussi bien que par fer, est entravée par l’absence de carburants et par la priorité de transport que se réservent les autorités d'occupation. Enfin, les rentrées d’impôts
sont difficiles. | |
En somme, nous nous trouvons appauvris, isolés. Nos relations économiques traditionnelles sont rompues. Les moyens d’échange, or et marchandises, nous font défaut. La vitalité du pays est profondément atteinte. is
Une telle situation exige un immense effort de redressement en même temps qu'elle rend plus