REQUIS A
l’industrie des biens de production (métallurgie, construction mécanique, mines) nécessaires au fonctionnement de ces services. Le deuxième plan quadriennal, après 1936, se caractérisa surtout par l’accroissement des biens de consommation, la création d’industries autarciques et de matériel nouveau.
Quel fut le coût de ces réalisations, il est malaisé de l’établir. Les statistiques de fin d’année de la Reichkreditgesellschaft évaluent à 72 milliards de Reïchsmarks —- soit approximativement l’équivalent de 600 milliards de francs de l’époque — lés investissements effectués de 1933 inclus à 1938 inclus (5). Les deux tiers environ de ces apports proviendraient du Reich et des collectivités publiques, le surplus de l’économie privée.
M. LAUFENBURGER souligne que le montant de ces investissements est assez voisin du total, pour la même période, des plus-values annuelles du revenu national par rapport à l’année 1933 prise comme terme de comparaison, soit 85 milliards de marks environ.
L'originalité de la méthode allemande de financement a consisté dans la création de traites de travail renouvelables, permettant la mobilisation de crédits à court terme.
Les traites, tirées par les entrepreneurs et fournis-
(5) Nous ne ferons pas état des années 1939 et 1940, d'abord faute de renseignements précis, ensuite parce qu'on entre dans une période de préfinancement de guerre, puis de guerre, où le rythme d'accroissement des dépenses devient fatalement beaucoup plus rapide que celui de l'augmentation du revenu national.
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seurs sur l'Etat et les collectivités publiques, étaient escomptées soit à des organismes spéciaux recourant au réescompte de la Reichsbank —— M. LAUFENBURGER en cite cinq — soit par des Etablissements de crédit qui, en raison de la liquidité croissante de leur bilan due à la reprise, ont au contraire conservé ces effets de plus en plus fréquemment en portefeuille.
M. PIATIER, dans son ouvrage sur l’économie de guerre, montre comment « l’émission de traites et leur « acceptation est le plus souvent confidentielle, « occulte. Un grand nombre d’organismes ont été « créés, qui non seulement déroutent par leur nombre « les recherches relatives à leurs opérations, mais « encore préparent le compartimentage à l’intérieur « duquel la traite remise devra évoluer ».
D'autre part, les autorités se sont efforcées de limiter le recours au réescompte de la Reichsbank en faisant de la traite de travail, renouvelable pendant cinq ans, un instrument d’épargne et de placement des fonds de roulement disponibles, ainsi qu’un moyen de règlement des dettes privées.
Le montant des crédits ainsi mobilisés par traites se serait élevé, pendant plusieurs années, à une dizaine de milliards, en moyenne.
Par ailleurs, le financement par l'Etat a été facilité par l’accroissement régulier des ressources fiscales, dû au relèvement des tarifs et à la lutte impitoyable contre la fraude. Il fut en outre favorisé par le développement du revenu national. On estime à 28 mil-