‹ Problèmes musicaux d'AristoteChapitre 3 sur 3 · apavT}XT)v · texte numérisé non relu

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(8) La dernière en descendant vers le grave. — Le pycnum est, dans les tétracordes chromatiques et enharmonique, un intervalle double, ou système de trois sons, situé au grave et plus petit que le troisième intervalle, complémentaire du tétracorde, situé à l’aigu. Bojcsen croit que le mot xuxvôv s’applique ici par extension au genre diatonique; mais rien n’autorise cette conjecture.

(9) C'est-à-dire qu’elle sonnait la quarte avec ces deux cordes.

PROBLÈMES MUSICAUX d'aRISJOTE 33

48 (1). Pourquoi, dans les tragédies, les chœurs ne chantent-ils ni (l’harmonie) hypodorienne ni l’hypophrygicnne?

N'est-ce pas (2) parce que ces harmonies ne comportent nullement le chant que réclame surtout le chœur, mais que l’hypophrygienne (par exemple) a un caractère propre ;’i l’action (3)? C est pourquoi, dans (la pièce) de Géryone (4), la sortie et la prise d armes sont chantées dans cette harmonie. Quant à l’hypodorienne, elle a un caractère majestueux et posé (o) ; aussi convient-elle mieux que toute autre à la citharédie (6). Or ces deux (genres de chant) ne conviennent pas au chœur, mais sont plutôt propres aux personnages de la scène. En effet, ceux-ci représentent des héros, —chez les anciens les chefs étaient seuls des héros, — tandis que le peuple, auquel appartient le chœur, était des hommes (proprement dits). Par conséquent, ce qui lui convient, c est le caractère et le chant plaintifs et calmes} car l’un et l’autre sont propres à 1 homme. Les autres harmonies ont bien ces caractères, mais la phrygienne (7) l’a moins que toute autre. Car elle respire l’enthousiasme et la fureur bachique. (La mixolydienne est celle qui les a au plus haut degré) (8). En effet, sous l’influence

(1) Cp. le problème 30. — Voir la thèse doctorale de Chaignet, De iambico versu, p. 47.

(~) t, oxt. Bojesen et Wagener suppriment Jy Wagener juge que ce problème reste sans réponse.

(3) Peut-être faut-il, dans ce problème, intervertir r,0oç et pé^oç. — Cp.

Aristote, Politique, VIII, 7, lequel divise les sons en •fjhxa, 'icpaxxixà et Iv0ouo’tauirtxa (passage où nous proposons de lire irpôç àXkQ et non

P-époç).

(4) « Le Géryone (de Nicomaque). » Eggcr. Il y avait une poésie de Stésichore intitulée Géryone, dont il nous reste quelques vers.

(5) Voir Gevaert, qui (1, p. 130) l’appelle éolienne et plus loin (p. 198) lui rend l’autre dénomination.

(6) La musique citharédique était surtout affectée aux cérémonies religieuses. Voir dans la Gi'ande encyclopédie notre article Citharédie. Cp. Politique d’Aristote, VIII, 7.

(7) IrocppuyiaTÎ. Nous lisons «ppuyiïxi avec Bojesen, Wagener (dans Gevaert, I, p. 195), VVestphalet Montargis. Wagener propose d'établir ainsi le texte de ce passage : T ( xiaTX pèv (au lieu de oè) orjxwv cppuyiaxi * èvOouj. yàp xai pxx/. <Cp*^'.tfxx Ôè |xiÇoXu8t5xt}> • xxxà p.èv ouv xauxr t v x. x. X.

(8) Nous suppléons avec Th. Gaza, approuvé par Bojesen, Vincent, Egger, Wagener, la mention de l’harmonie mixolydienne. On vient de voir comment Wagener rédige ce texte, sans doute en souvenir du passage suivant

PROBLÈMES MUSICAUX d’aRISTOTE

do cette harmonie nous sommes passifs (1); car (2) les faibles ont un rôle passif, bien plutôt que les puissants. C’est pourquoi cette harmonie (3) convient aux chœurs; mais avec i’hypodorienne et l'hypophrygienne nous avons un rôle actif, ce qui n’est pas lo propre du chœur. Son rôle, c’est de s’intéresser (à l’action) sans y prendre part, et il ne peut que témoigner de la bienveillance h ceux qu’il assiste.

49. Pourquoi, parmi les sons qui produisent la consonance, le plus mou (4) est-il dans le grave?

N’est-ce pas parce que le chant est, par sa nature propre, mou et paisible, et que c’est par son mélange avec le rythme qu’il devient âpre et mouvementé? Or, puisque le son grave est mou et paisible, et que le son aigu est mouvementé, si deux personnes exécutent le meme chant (5), le son le plus grave est aussi plutôt plus mou dans ce meme chant. En effet, (tout il l'heure) (6) le chant par lui-même (7) était mou.

d’Aristote, Politique , IX, 5, p. 1340 b : 6Wxe àxouovxaç... 8ta0fo0ai...icp6c fiiv svta; (scil. àpaov(aç) ôS’jpxncwteptoç xal ffuvea’Ti)xdTto; ;i.a^Xov, o’.ov Trpôç t^v xaXoujxévTjV. « Les auditeurs sont mis, sous l’influence de certaines harmonies, dans une disposition plutôt plus dolente et plus calme, comme par exemple sous l’influence de l’harmonie appelé mixolydienne. >» Bojesen, de son côté, cite l’opinion de Platon (Rép. III, p. 398 d.) qualifiant cette harmonie de 8pr r vw8r,$. D’après Westphal, Aristote laisserait aux chœurs tragiques les harmonies dorienne et mixolydienne. Cp. Amsel, l. c., p. 31.

(1) Cp. Plutarque, De musica, 16 : xxIt, juljo'XuSiffTl 8è xtç èaxi xoayto-

apjiôÇoixja. « La mixolydienne est une harmonie pathétique qui convient à

la tragédie. »

(2) naOrjTixot 8è. Nous lisons iraQ-r/axol yàp avec les mss. C a et A p .

(3) Le grec porte aux-fj. Egger a traduit : « Les autres modes. »

(4) MxXxvtôç n’a pas ici le sens de « relâché » que lui prêtent d’ordinaire les

musicographes, par analogie avec la gravité de la corde moins tendue , mais plutôt celui de « moelleux », pour ainsi dire. Bojesen, faute d'avoir fait cette distinction, propose de lire jxeXixwtepov, « plus chantant », et renvoie au problème 12 et à ce passage de Plutarque : tou jâapuxépou ytvexai x6 ( Propos

de table , sommaire du livre IX.) Cette correction est ingénieuse, mais elle nous semble inutile. Barthélemy Saint-llilaire a traduit jxaXaxos par le mot « doux » qui est peut-être préférable.

(5) Par exemple à l’octave l’une de l’autre.

(6) Bojesen, sur le mot r.v, renvoie au problème 38. Nous croyons que cet imparfait vise plutôt l’explication qui précède immédiatement.

(7) Auxw. Nous lisons aùx6 avec le ms. C*.

50. Pourquoi, lorsque (deux) tonneaux sont égaux et semblables (1), si Pun est vide et l’autre ii moitié plein, leur résonance donne-t-elle l’octave?

N’est-ce pas parce qu'il y a aussi (2) un rapport double (2/1) entre la résonnance du tonneau vide et celle du tonneau à moitié plein ?

En effet, quelle différence y a-t-il entre ce cas et celui des syrinx (3)? Le mouvement plus rapide semble donner plus d acuité (4). Dans les (tuyaux) plus longs, l’air arrive plus lente- »23 ment, dans ceux d'une longueur double, cette lenteur est doublée et dans les autres elle diffère proportionnellement (à leur longueur). 11 y a donc (o) consonance d’octave entre l’outre double et celle qui est moitié moins grande (C).

(1) Égaux en capacité, semblables par leur forme.

(2) Bojesen propose de supprimer xat. Ce mot nous paraît nécessaire. L’auteur veut faire observer qu’il y a rapport double et dans la consonance d'octave et dans la différence existant entre les deux tonneaux.

(3) Il s’agit ici des syrinx polycalames.

(4) Cp. Plutarque, Questions platoniques , VIII, 9 ÔÇùç (<p0d rr o;) ô ta ybt yivsrat, jâapùç Sè ô ppaSuç. Cet énoncé se rencontre sous diverses formes dans la section XI des Problèmes, consacrée à la voix (articles 3, 6, 10, 14, 15, 16, 20, 21, 34, 40, 47, 53, 56 et 62). Cp. notre traduction de Nicomaque, Manuel d'harmonique, p. 8, Meibom.

(5) Su|A<pwvsr Sé. Nous lisons ffU|xcpa)vsT ot;.

(0) M. Barthélemy Saint-Hilaire se demande comment les anciens s’y prenaient pour tirer un son de l’outre. 11 est probable qu’on la tendait fortement en la remplissant d’air. D’autre part, àaxô; signifie aussi la peau d’un animal écorché. Dans ce cas aaxdç serait la peau du tympanum. Cp. dtaxôç Mapsusio;, iaxàç ovsioç. (Thésaurus 1. gr., voce iaxdç.)

Le Puy. — Imprimerie Marclicssou fils, boulevard Saint-Laurent, 23 .

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