PRÉFACE. IX
travail. Et, de leur côte', les ouvriers, du moins un grand nombre d'entre^eux, voient dans industriel un individu favorisé par les hasards de la naissance, dont les intérêts leur paraissent presque toujours, opposés aux leurs ou, dans tous les cas, absolument différents. De plus, il est rare qu'ils aient l'occasion de lui adresser librement la parole. Ce sont donc, trop fréquemment, rapports de très modestes et très nombreux subordonnés à chef d'ordinaire très supérieur. Comment veut-on que, dans de pareilles conditions, il puisse naître une véritable et active sympa^ thie entre des éléments si distants^ si ignorants les uns des autres.^
Bien plus, il y a, entre ces deux éléments, — les séparant, — des agents de discipline qui, quelquefois, par suite de circonstances regrettables, sont des agents de désunion : ce sont les contremaîtres, qui s'arrogent souvent un pouvoir exorbitant sur le monde ouvrier, embauchant et renvoyant, ordonnant et défendant, protégeant ou gourmandant suivant leurs fantaisies, parfois même, quand il s'agit d'ouvrières, favorisant ou condamnant au gré de leurs passions. Et, de tous leurs actes d'autorité, accomplis au nom du patron, mais fréquemment sans son autorisation, c'est celui-ci qui, en dernière analyse, est rendu responsable.