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Prix de location des machines. . ......,....,.. 5,698 » 6,055 » Combustible consommé... ....-......... 562 » 4,090 » Surveillance, approvisionnement, éclairage, etc. . . . . 1,030 » 1,123 38 Réamorçage des pompes. . ...........,.... 3 60 2 50 Travaux relatifs au transport et à l'installation des Machines sa rss eue ni es etes ere el 95 60 4,045 63 Abris des machines... ..........,....,.. 120 » 159 20 Total partiel. . . . .. 7,310 » 10,075 71 SRE D RS “SE, Total général . . . .. 17,585 fr. 71
Fondation du viaduc de Montrond. — Le viaduc de Montrond, sur la Loire, ligne de Lyon à Montbrison, est fondé sur une roche schisteuse recouverte d’une couche de gravier de 2 à 4 mètres, que surmonte une terre sablonneuse de 4 mètre d'épaisseur en moyenne.
Les piles sont établies sur un socle en maçonnerie reposant sur un massif de béton immergé dans une enceinte de bâtardeaux eu béton.
On a commencé par draguer à gueule-bée à l'emplacement des piles jusqu'à la rencontre de la roche; puis les bâtardeaux ont été établis au moyen de doubles vannages en planches de 0"04 tenues par des pieux en fer pénétrant de 0"30 environ dans la roche. La double enceinte formée par ces vannages a été remplie d'un béton de chaux hydraulique lourde. Enfin, on a entouré d’enrochements ces fondations.
Pour les piles latérales, il n’a pas été fait de bâtardeaux ; les fouilles ont été descendues verti-
= calement au moyen d'un vannage enfoncé au fur et à mesure, et tenues à sec par des épuisements.
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NE Bâtardenau em- Nr, ployé à Cherbourg.
re HUE ne, — M. l'ingénieur Clavenad FR ER ne 1 a employé au port de Cher- Pig. 14 bourg le bâtardeau repré-
| senté par la figure 414. La
pafoi interne est formée de pieux et palplanches jointifs, réunis par deux cours de moises horizontales ; la paroi externe est moins élevée et ne
porte qu'un cours de moises à la partie supérieure. La paroi interne a été complétée par un tamponnage d'argile forte entre les palplanches et par un bordage cloué sur les moises.
Les pieux correspondants des deux parois sont reliés : 4° par un tirant horizontal: æ par une écharpe qui moise le tirant; ces deux pièces maintiennent l’écartement des parois.
L'intérieur du coffrage ainsi formé a été rempli par un corroi d’argile et de foin, et le talus du côté des eaux a été recouvert d’une couche de foin surmontée de moellons plats.
La préparation de l'argile se faisait par couches de 0"20 à 0°30 que des hommes piétinent en répandant le foin et arrosant de temps à autre.
L'addition du foin à l’argile donne une sorte de feutrage imperméable et résistant, mais il faut que le mélange soit parfait et que chaque brin de foin soit bien entouré d'argile.
Ce mélange doit probablement résister mieux que de l'argile pure au batillage des eaux; cependant on l'emploie rarement et l'argile ou la terre forte bien corroyées donnent en général des résultats satisfaisants.
Le bâtardeau que nous venons de décrire a été d'une étanchéité parfaite, il résistait à une pression de 3 mètres d’eau et a coûté 75 francs le mètre courant.
Fondation du quai Henri IV,à Paris. — La figure 15 représente, d’après M. l'ingénieur de Lagrené, le procédé suivi pour la fondation du mur du bas port Henri IV, à Paris. Quand la profondeur de la couche solide ne dépasse pas 4 ou à mètres au-dessous du niveau des eaux, on ne doit pas hésiter, dit M. de Lagrené, à fonder par épuisements; c'est la meilleure méthode, car elle permet de connaître dans tous ses détails la nature du fond, de le préparer convenablement en le dérasant et le nettoyant, enfin d'élever les maçonneries dans les meilleures conditions de surveillance et de confection.
On établit donc un bâtardeau en rivière parallèlement au mur à construire et à environ 3 mètres de distance, en ayant soin de draguer le fond sur une certaine hauteur s'il manque de consistance et s'il est per méable; dans ce cas, il est bon de l’appuyer à l'extérieur par un remblai en sable fin et terre. 1l ne doit rester aucun moellon à l'emplacement du bâtardeau, cela crée un passage aux eaux d'infiltration.
« La fouille est ainsi limitée d’un côté par le bâtardeau et de l'autre par le talus pratiqué dans la rive.
« On épuise lentement pour commencer afin de laisser aux terres du bâtardeau le temps de s'égoutter; on examine en même temps si, eu égard à la nature et à la profondeur de la fouille, il convient d'étrésillonner à la fois le bâtardeau et la rive au moyen de solives qui vont de l'une à l’autre. Cette mesure de précaution doit généralement être prise, elle est peu coûteuse et garantit contre tout accident.
« Si l'on a suivi avec soin cette marche, c’est-à-dire si le bâtardeau est fait avec soin, s’il est fortifié par un remblai extérieur dans le cas où
Puis, sur un échafaudage formé de pieux reliés par des longrines et des traverses, on installait des dragues à treuil chargées de niveler les sillons et de les nettoyer à vif.
Venait alors le battage des pieux pour le coffrage du béton, pieux carrés de 0"30, placés à 2"50 de distance d’axe en axe, battus au refus . d’un mouton de 400 kilogrammes, leur donnant une fiche de 0®40 à
0280 dans le terrain solide. Leurs têtes étaient reliées par des longrines et des traverses du même équarrissage, et leurs intervalles étaient remplis par des vannages horizontaux en madriers de 0"08 d'épaisseur.
Avant le coulage du béton, le fond était nettoyé à nouveau par des scaphandres qui s’assuraient que les vannages touchaient bien le fond solide.
Le béton, formé de trois volumes de cailloux pour deux volumes d’un mortier comprenant 400 kilogrammes de chaux du Teil en poudre pour 107 de sable, était coulé dans des caisses demi-cylindriques en tôle jaugeant un tiers de mètre cube.
L'épuisement initial à l’intérieur de cet immense bâtardeau a été exécuté au moyen de deux norias à godets jaugeant un hectolitre chacun, de trois pompes rotatives et d’une pompe Farcot, mues par des locomobiles de 8 à 10 chevaux.
Il a suffi ensuite d’une noria débitant 6 litres par seconde pour enlever tontes les infiltralions qui s’amassaient dans la fouille. Celle-ci avait 8 mètres de profondeur sous l'eau et un périmètre de 1,876 mètres, fermé pour les trois quarts par le bâtardeau en béton. On doit reconnaître d'après cela que le système de fondation était bien justifié par la nature compacte et imperméable des terrains et que, de plus, l'étanchéité du bâtardeau a atteint toute la perfection qu’il était permis d'espérer. Get heureux résultat est dû aux soins attentifs et incessants qui ont présidé à la préparation des fouilles, à la confection des bétons et à leur coulage.
Après l'épuisement du bâtardeau général, on a attaqué le creusement des bassins sur un grand nombre de points; dix-neuf grues à treuil ont été installées sur les quais et sur un pont en charpente au-dessus de points d'où partaient des voies rayonnant dans diverses directions ; les déblais étaient chargés dans des caisses de 600 litres amenées par des wagons plats sous les treuils des grues qui les enlevaient et les vidaient par basculement dans des wagons de 1"80 roulant sur le quai et trainés par des chevaux.
Bâätardeau pour l'achèvement du bassin national à Marseille. — M. l'inspecteur général Bernard a décrit le bâtardeau en béton, construit à Marseille dans le but d'isoler et d'assécher tout l'espace à approfondir pour l'achèvement du bassin national.
Commencé en août 1876, le bâtardeau a été terminé en octobre 1879.
Dès le 15 décembre suivant, on a commencé l'épuisement et la surface était à sec le 25 janvier 1880 ; cette surface était de 436 ares et le bâtardeau avait un développement de 1,069 mètres.
La charge de l’eau contre la paroi varie de 7"40 à 780.
« Le volume du béton coulé dans l’eau pour l'établissement du bâtardeau est de 37,500 mètres cubes; celui des déblais dragués pour en préparer l'assiette est de 13,500 mètres et le volume de l’eau extraite s'élève à 210,000 mètres cubes. Cet épuisement a été obtenu par l'emploi d’une noria et d'une pompe rotative actionnées la première par une machine fixe de 20 chevaux et la seconde par une locomobile de 15 chevaux. La noria a marché 873 heures et la pompe 734 heures. L'épuisement est revenu à 006 par mètre cube d’eau enlevée, dont 0023 pour l'installation des appareils, non compris l’achat, et 0‘03$ pour leur fonctionnement.
Le mètre cube de béton, frais d’encaissement compris, était payé 32'85. La dépense totale s’est élevée à 4,200,000 francs.
Quand l'épuisement a été achevé, on a eu la satisfaction de voir que le bâtardeau en béton était parfaitement étanche, très bien lié avec le sol sur lequel il repose, qu'il n’y avait pas de source dans le fond et qu'en somme l'étanchéité était assez complète pour qu'on puisse maintenir la fouille à sec, en faisant fonctionner la noria de temps en temps.
Le mortier entrant dans la composition du béton était fait avec de la chaux du Teil et du sable de mer pris à Saint-Raphaël, à raison de 400 kilogrammes de chaux pour 1"07 de sable : il a été fabriqué au manège à roues. Le béton contenait 0"59 de ce mortier pour 0"89 de pierres cassées. Les précautions d'usage ont été prises pour arriver à un sol de fondation solide et le nettoyer, pour faire un bon coulage de béton, enlever la laitance et bien relier toutes les parties. Elles ont permis d'arriver à l'excellent résultat qui vient d’être constaté. »
Bêtardeau pour le barrage de l’île Davis, sur l’Ohio. — Transport du corror par des pompes. — Pour établir le barrage de l'île Davis, sur l'Ohio, les ingénieurs américains construisirent un bâtardeau entourant une enceinte de 1487 mètres de long sur 71 mètres de large et formé d’une double paroi en pieux et palplanches renfermant un massif de terre glaise et de sable mélangés.
Ce mélange constitue le sol même de l’île Davis. On corroyait le déblai obtenu et on le chargeait dans des wagonnets le portant à des bateaux; ceux-ci, d'une capacité de 42 à 143 mètres cubes, avaient à parcourir 315 mètres pour accoster le bâtardeau; le corroi était déchargé, régalé à la pelle et constamment arrosé à l’aide de tuyaux élastiques.
Pour supprimer les chargements et les reprises, M. Meredith eut l’idée d'envoyer directement avec une pompe, de l'ile au bâtardeau, le corroi amené préalablement à l’état fluide.
Le mélange fluide se faisait dans une cuve qui recevait la terre et en même temps de l’eau venant du fleuve par un tuyau; dans cette cuve plongeait la crépine à soupape d'une pompe rotalive qui aspirait le mélange et le refoulait jusqu’au bâtardeau par des tuyaux flexibles. A côlé de la pompe centrifuge fonctionnait une pompe ordinaire chargée d'alimenter la chaudière, de nettoyer le tuyau de refoulement, de lubrifier l'arbre de la pompe centrifuge, d'amorcer celle-ci et de remuer les terres dans la cuve. Quand le mélange n'était pas assez fluide, une obstructiou se produisait dans le tuyau de refoulement et le manomètre
l’accusait aussitôt; un jet d’eau à baute pression, emprunté à la pompe auxiliaire suffisait à déboucher le tuyau.
Les parties de la pompe centrifuge en contact avec le corroi fluide s’usaient rapidement.
Le corroi s’étalait librement dans le coffrage du bâtardeau et après avoir perdu son excès d'eau formait une masse homogène, dure, imperméable.
On transporta ainsi 4,300 mètres cubes de corroi en 93 ljours, soit 20 mètres cubes à l'heure; la dépense totale s’éleva à 22,880 francs, soit à francs par mètre cube; l'économie était de près de 40 p. 100 et le résultat bien meilleur. Le manomètre de la pompe auxiliaire marquait d'ordinaire une pression de 5 kilogrammes par centimètre carré, et celui du tuyau de refoulement une pression de 2k#ÿ.
Fondation du bassin de la Citadelle, au Havre ; épuisements dans une enceinte de bâtardeaux. — Les travaux du bassin de la Citadelle ont été exécutés à l'abri de bâtardeaux dans des fouilles constamment entretenues à sec par des pompes à vapeur.
Du côté du bassin de l'Eure, le mur de quai construit en 1858 offrait toutes les garanties voulues pour faire un bon bâtardeau.
11 n’en était pas de même à l'extrémité, où l'on trouvait le vieux mur de l’avant-port déformé par les tassements et formé d’une maçonnerie décomposée ; on ne pouvait s’en servir comme bâtardeau étanche et il fallut en construire un de toutes pièces.
« Deux files de pieux parallèles ont d’abord été battues pour servir de points d'attache aux fermes en charpente sur lesquelles étaient cloués les madriers formant le revêtement extérieur du bâtardeau. Les fermes ont ensuite été reliées transversalement entre elles par des cours de longrines; à chaque angle du polygone formé par la construction on a installé un double cours de poutres en tôles et cornières. Sur ces poutres s'’assemblaient des tirants de retenue, dont les points d'attache étaient fixés soit directement à terre en arrière du vieux mur, soit à des faisceaux de pieux battus en avant du mur. De plus, et afin d'augmenter la résistance des pieux de rive au renversement, et de soustraire au délavage les terres argileuses destinées à former le massif même du bâtardeau, une risberme de moellons fut jetée dans l’avant-port au pied même de la construction : un véritable mur en pierres sèches fut même élevé en arrière du bordage du masque en charpente jusqu'à l'arasement des pièces inclinées qui soutenaient à la têle les arbalétriers des fermes. Grâce à ces dispositions, le bâtardeau a parfaitement rempli l’objet pour lequel il avait été construit; et, lorsque le tassement des terres fut terminé, il acquit une compacité telle qu’une partie du vieux mur put être démolie et les fouilles de la tête aval des aqueducs de chasse descendues à 15 mètres de profondeur totale sans accidents. »
Pendantque l'on construisait ce bâtardeau on poursuivait activement le creusement des fouilles de la partie nord du bassin et des principaux ouvrages.
Pour tenir les fouilles à sec, trois pompes à vapeur, actionnées par
des locomobiles, avaient été installées sur la rive nord du chantier. Elles élevaient ensemble un volume de 9,272 litres par minute; les eaux étaient jetées dans le fossé septentrional de l’ancienne citadelle; ce fossé formait réservoir à marée haute et se vidait à marée descendante par un aqueduc muni d’une vanne et de clapets.
Le sol à l'emplacement des travaux était composé de couches d’alluvions maritimes et fluviales; on trouvait d'abord une couche épaisse d’argile sableuse mêlée de bancs de tourbe, puis, au-dessous, du sable fin et des amas de galets dont la grosseur croît depuis le gravier jusqu’au moellon. Les hauteurs respectives des diverses couches étaient, du reste, très variables, et on les avait relevées avec soin par des sondages multipliés.
Le premier soin, dit M. l'ingénieur Bellot, a été d’abaisser rapidement le plan des eaux d'infiltration au niveau de la couche de gros galets, de manière à assécher partout les sables fins et les petits galets ou graviers sur lesquels ils reposent. Le chantier s'est ainsi trouvé drainé sur toute son étendue : partout les bétons de fondation ont été posés à sec ; la sécurité était telle que l’entrepreneur installa au fond de la fouiile un four à chaux et une briqueterie. — Cette situation est le résultat de la bonne installation des appareils d'épuisement et du procédé suivi pour le creusement des puisards dans lesquels plongeaient les tuyaux d'aspiration des pompes. Au lieu d'enceintes de pieux et palplanches jointifs battus à l'avance, système adopté jusqu'alors au Havre, il a été fait usage d’anneaux en tôle et cornières superposés et chargés du poids énorme de 30 tonnes de rails. Sous l’action de cette surcharge les anneaux traversèrent rapidement les couches d'argile et de sable, et, en contraignant les eaux à sourdre dans le galet, prévinrent les déplacements latéraux des sables fins et par conséquent la formation d’excavations souterraines et les éboulements.
Ainsi desséché, le sable constituait une excellente fondation et aucun tassement ne se manifesta. Soustraits à l'action des sources de fond, les bétons ont fait une prise parfaite et pas une goutte d’eau ne les traverse.
L’argile elle-même, grâce au puissant drainage qui l'avait assainie, présentait une telle résistance que, sans provoquer de déchirures, on a pu élever les murs de quai du bassin à flot sur un simple massif de béton de 4 mètre d'épaisseur, sans grillages ni pilotis.
Bâtardeau du pont de Port- Sainte - Maries forage préalable des trous de pieux pour bâtardenaux. — Le fond de la Garonne, à l'emplacement du pont de Port-Sainte-Marie, consiste en un banc de marne argileuse, passant sur certains points au sable compacte que dans le pays on appelle fuf, le tout à nu ou recouvert d'une couche de gravier de 0"50 au plus.
La profondeur d'eau sous l'étiage est de 4 mètre à 1"50, mais pendant la période des fondations les eaux se sont maintenues de 1"50 à 2 mètres au-dessus de l’étiage.
Sur les berges, le sol solide était au même niveau qu'en rivière, à 5 ou 6 mètres en contre-bas du sol naturel formé de sables et de graviers.
Sur la rive gauche, on a fondé la culée et deux piles par épuisement dans des enceintes de palplanches battues à la sonnette avant le déblai: sur la rive droite, la culée et une pile ont été fondées dans des enceintes formées de planches verticales maintenues par des cadres horizontaux et battues au maillet au fur et à mesure du déblai. Ce système a donné de bons résultats jusqu’à des profondeurs de 7 à 8 mètres dans des terrains plus ou moins aquifères.
En rivière, on a fondé également par épuisement dans des bâtardeaux; il y a eu de grandes difficultés, car plusieurs bâtardeaux ont été emportés par les crues.
Lorsque le tuf était à nu, on y forait à l'avance des trous où devaient pénétrer les pieux des bâtardeaux et ponts de service; là où le gravier empêchait le forage, on employait des sabots terminés par une tige de fer carrée de 0"50 de long et de 0"03 à 0"05 de côté; ces pieux battus avec précaution s’enfonçaient bien dans le tuf et ne s'’arrachaient point par soulèvement, comme cela arrivait avec les pieux à sabots ordinaires, même placés dans des trous forés; mais les pieux à tige de fer étaient exposés à se déverser, et il fallut enrocher fortement le pourtour des bâtardeaux et les palées du pont de service.
Les bâtardeaux une fois construits furent remplis d'argile bien pilonnée et s'épuisèrent assez facilement; on descendit ainsi jusqu’à 4 mètres sous l'eau et ces grandes fouilles purent être maintenues à l’aide de blindages modérés.
Les épuisements ont été faits au moyen de trois locomobiles, une de 10 chevaux et trois de 4 chevaux, actionnant des pompes centrifuges ; les fondations ont été exécutées en maçonnerie avec parement en gros libages.
Fondations du pont de Montauban. — Les piles du pont de Montauban, sur le Tarn, ont été fondées les unes par caissons à l'air comprimé, les autres par épuisement, à des profondeurs variant de 5 à 6 mètres, dans des enceintes de bâtardeaux du système Lanteirès. Ce système est représenté par les figures 4 à 9, planche V, extraites de la notice de M. l'ingénieur en chef Lanteirès. Il fallait encastrer les piles dans un tuf argileux et, comme les pieux y pénétraient difficilement sans se briser, on dut les armer d'un sabot spécial que prolonge une tige de fer de 0"50 de longueur. Les trous destinés à recevoir le corps des pieux étaient forés à l’avance à l’aide d'une tarière à rotation et la tige barbelée était seule enfoncée par le choc de la sonnette.
Le bâtardeau se compose de deux enceintes de pieux de ce genre et les intervalles entre les pieux sont remplis par des panneaux de palplanches jointives dont la pointe s'engage dans le tuf. Les pieux en regard l’un de l'autre sont moisés à leur sommet et deux cours de moises longitudinales guident les palplanches.
Cette double enceinte a permis d’épuiser facilement et de creuser dans le tuf l'emplacement du massif de fondation.
Pour arracher les pieux on a eu recours au sysième représenté sur
la planche V et composé de deux vérins agissant par traction sur une tige verticale.
Bâtardeau en charpente employé à la Rochelle, — En 1833, on exécuta à l’écluse de la Rochelle, dans une partie où le sas avait 17"87 de largeur, un bâtardeau en bois ainsi composé :
Ce bâtardeau (fg.1, 2, 3, pl. V) forme un chevron en travers de l’écluse comme feraient deux portes busquées fermées. Il comprenait six fermes horizontales, comportant chacune deux arbalétriers de 035 d'équarrissage, un entrait et deux jambes de force de 0,30; la flèche du buse était le cinquième de l'ouverture. Quatre moises liaient les arbalétriers à l'entrait et aux jambes de force. Les six fermes étaient maintenues horizontales par trente potelets intermédiaires et par deux poteaux verticaux appuyés sur le radier. Deux rainures verticales avaient été creusées dans la maçonnerie de chaque bajoyer pour recevoir les extrémités des arbalétriers et des jambes de force.
Les six fermes recurent un bordage de 018 d'épaisseur composé de deux épaisseurs de planches à joints carrés.
Ce bâtardeau supportait en haute mer près de 6 mètres d’eau et l’espacement des fermes horizontales croissait de bas en haut.
Nous n'en avons donné la description qu’à titre historique; on préférerait aujourd'hui exécuter dans un coffrage un bâtardeau en béton. Cependant le bâtardeau en charpente peut être utilisé dans certains cas exceptionnels.