FR, C. FR. C
Dragages. . .......... 6,515 64 | Part d'achat du matériel d'épuise- Déblais........... . 35 92 ment... ...... 3,500 » Caisson... . .......... 4,843 04 | Épuisements.. . ......... 1,953 47 Maçonneries,..,.....,..4.. 6,137 51 | Dépenses diverses. . . . . . . . . 6,275 62 17,532 11 11,129 09
Total général. . . . ...... 29,261 fr. 20 c.
Le cube de maçonnerie exécuté étant seulement de 152"71, le prix de revient a été de 191 francs par mètre cube. Ce prix peut paraître fort élevé au premier abord, mais il convient de remarquer qu'il s’agit d’une fondation à faible profondeur et d’une pile de petites dimensions, et que la dépense n’augmenterait pas sensiblement pour une profondeur plus grande et pour un cube beaucoup plus fort.
La pile n° 4, placée dans le courant le plus rapide et dans la plus grande profondeur, offrit de sérieuses difficultés; le caisson mis en place et toutes les précautions prises, on tenta d’épuiser à l’intérieur, mais ce fut en vain. Les plongeurs découvrirent au fond du caisson des excavations par où l’eau pénétrait en abondance ; on essaya de les boucher avec des sacs de béton, puis avec des masses d'argile recouvertes de dalles, mais de nouveaux orifices s'ouvrirent à côté des anciens.
On reprit alors les sondages et on constata que la moitié de la pile correspondait à une croûte rocheuse de 0"20 à 0"70 d'épaisseur, laissant au-dessous d’ella un vide d'environ 1 mètre se prolongeant dans la rivière à droite et à gauche du caisson, de sorte que par ce vide une communication permanente s’établissait entre la rivière et le caisson lorsqu'on cherchait à épuiser à l’intérieur de celui-ci.
On se résolut à casser cette croûte sur tout le pourtour du caisson et à prolonger celui-ci par un blindage s'appuyant en haut sur le caisson, en bas sur le rocher solide. Le cassage fut fait au moyen d'une sonnette battant sur un rail Vignole aiguisé en trépan.
Le blindage avec glaisage extérieur prolongeait donc le caisson jusqu’au solide et on pouvait épuiser à l’intérieur; mais l'étanchéité était loin d'être aussi parfaite que pour un véritable caisson et on dut se résoudre
à poser sous l'eau, avec des habits de scaphandre, deux lignes de libages en dehors desquels on refoula du béton de ciment le plus loin possible sous la croûte; c'est ensuite seulement que l’on put épuiser complètement et encastrer la maçonnerie dans le rocher.
« Ces difficultés, dit M. Liébeaux, correspondent à un cas particulier, heureusement très rare; mais ellss démontrent bien qu’il vaut toujours mieux, quand on le peut, voir le fond de la fouille, s'établir à sec et ne pas se fler à l’apparence du rocher.
« Si, pour en finir plus vite, on avait fondé la pile sur béton immergé, une des moitiés de la pile anrait été établie sur un fond solide et l’autre sur une croûte rocheuse d'assez faible résistance; de là un accident à peu près certain. »
Ces circonstances montrent une fois de plus l'importance des sondages; il faut les exécuter avec le plus grand soin, ne pas se contenter de reconnaître le terrain solide, surtout quand il s'agit d’une fondation d'ouvrage d’art, mais y faire descendre la sonde sur une hauteur suffsante pour qu'on ne puisse plus mettre en doute la solidité de la base d'appui.