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VAPEUR

Fig. 33.

à ces pompes l’éjecteur qui avait rendu de grands services pour l'installation des siphons.

L'éjecteur n'est autre qu'un giffard ; un jet de vapeur est lancé par

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Fig. 34.

une buse conique dans l'orifice annulaire d’un tuyau de refoulement ; ce

jet de vapeur entraîne l’air qui l'entoure et produit dans un autre tuyau un appel d'air ou d’eau.

Cet appareil simple peut produire dans le tuyau d'aspiration un vide partiel correspondant à une hauteur d’eau d’un peu plus de 8 mètres; il convient donc parfaitement pour amorcer les pompes centrifuges.

La vapeur est fournie par la machine motrice de la pompe à l’aide d'un petit tuyau flexible en caoutchouc monté sur robinet.

Pour que l’éjecteur puisse agir et faire le vide, il faut que l'aspiration se produise dans une cavité fermée, c'est-à-dire que les extrémités des tuyaux d’aspiration et de refoulement soient séparés de l'air extérieur. Le tuyau d'aspiration en est naturellement séparé, puisqu'il plonge dans l'eau du puisard; il n’en est pas de même du tuyau de refoulement, à moins qu’il ne forme siphon comme le montre la figure 34, et ne débouche en À au-dessous du niveau que prend l’eau à l'extérieur de la fouille ; s’il en est autrement, il faut munir le tuyau de refoulement de l’un des clapets B, G D, représentés par des lignes pointillées.

On voit que l’amorçage à la vapeur permettrait à la rigueur de supprimer le clapet de pied ; mais ce serait une faute de le supprimer, car en somme il économise une partie du réamorçage, et on peut en avoir besoin si l’éjecteur se dérange.

L’amorçage à la vapeur est À recommander pour les travaux d’épuisement; les pompes se désamorcent fréquemment, surtout quand elles vident le puisard, et l’amorçage à l’eau fait perdre beaucoup de temps.

On remarquera la disposition de sëphonnement indiquée sur la figure 34 ; cette disposition est très avantageuse, car la pression d’eau à vaincre n'est plus représentée que par la différence de niveau entre la nappe d'eau de la fouille et la nappe extérieure ; on n'élève pas en pure perte l'eau à une hauteur supérieure à celle qui est nécessaire, ainsi que cela arrive avec les dispositions marquées en pointillé.

Pompes rotatives pour dragage des vases molles et des sables. — Nous avons décrit, dans le premier volume de cet ouvrage, les pompes employées au dragage des vases et des sables. Les dispositions générales: de ces pompes sont semblables à celles que nous venons de décrire, mais le mécanisme intérieur est différent en vue de résister à l'usure rapide que produit le frottement des éléments solides mélangés à l’eau. Toutes les parlies exposées au frottement sont en acier; le tuyau de refoulement est horizontal et placé à la base du corps de pompe; la partie annulaire qui entoure la turbine a une capacité plus grande, et les joues de la turbine sont supprimées. La crépine est remplacée par une sorte de cuiller d'aspiration, et le clapet de pied est supprimé ; l'amorçage se fait à la vapeur.

Le rendement est généralement faible, mais celui des dragues ordinaires l’est également, et la pompe-drague rend de grands services dans certains cas ainsi que nous l'avons vu.

Installation des appareils d’épuisement au neuvième bassin à flot du port du Havre. — Dans une note publiée en

1881, M. l'ingénieur Widmer a donné un aperçu des dispositions appliquées à l'épuisement des fouilles pour les ouvrages de ce bassin.

La plateforme en béton, de 1°50 de hauteur, pour fondation de la digue du large, est exécutée à la marée dans des fouilles blindées.

« La principale difficulté du travail consiste dans l'épuisement de ces fouilles. Des puisards, formés d’anneaux en tôle de 3 mètres de diamètre et de 4 mètre de hauteur, boulonnés les uns au-dessus des autres, sont établis de 60 en 60 mètres le long de l'emplacement de la digue. Pour épuiser dans ces puisards on s’est servi jusqu’à présent de pompes centrifuges, commandées à une distance de 400 mètres, par l'intermédiaire de câbles télodynamiques, par des locomobiles placées sur le terreplein de l'extrémité ouest de l'ouvrage. En raison des sujétions auxquelles donnerait lieu ce mode de transmission au fur et à mesure de l'avancement des fondations, on va essayer l'emploi d'une pompe à vapeur montée sur un truc susceptible de circuler sur une voie ferrée et que l’on conduira à chaque marée basse au droit du puisard dans lequel l'épuisement doit être effectué. » |

La fouille de l’écluse devant exiger des épuisements considérables, s'accroissant avec la profondeur de la fouille, on a résolu d'établir tout d'abord le puisard sur sa hauteur entière. Ce puisard est formé également d’anneaux en tôle superposés, mais on leur a donné 4 mètres de diamètre afin de pouvoir y placer facilement plusieurs tuyaux d’aspiration les uns à côté des autres.

Ce puisard a été foncé à l’air comprimé.

Installation des appareils d’épuisement à l’écluse de Carrières-sur-Seîne. — M. l'ingénieur de Préaudeau, dans sa notice sur les écluses de Carrières-sur-Seine, a donné d'intéressants renseignements, que nous reproduisons ci-après, au sujet de l'installation et du fonctionnement des appareils d’épuisement :

« Le matériel d'épuisements comprenait : une pompe Neut et Dumont avec tuyaux de 0295 et machine de 12 à 15 chevaux, capable d'un débit de 250 mètres cubes à l'heure pour une ascension de 7 mètres; deux pompes Neut et Dumont avec tuyaux de 0"28 et machine de 25 à 30 chevaux, capables chacune d’un débit de 500 mètres cubes à l'heure, pour une ascension de 7 mètres.

Les trois machines ont rarement fonctionné ensemble ; mais à cause de la hauteur des eaux en rivière et des crues qui se sont produites pendant l’été de 1879, les hauteurs d’ascension ont atteint jusqu'à 8 et 9 mètres, ce qui réduisait notablement l'effet utile de chaque appareil.

Pour produire en marche normale le débit prévu avec 7 mètres d’ascension, la pompe de 250 mètres cubes devait faire 540 tours par minute, et celle de 500 mètres, 480 tours.

Pour maintenir ces débits avec de plus grandes hauteurs d’ascension, il eût fallu augmenter notablement le nombre de tours des pompes et par suite la vitesse des machines; avec une commande directe, malgré la grande différence de diamètre des poulies, ce résultat est assez difficile à obtenir.

Il vaudrait donc mieux, pour des installations d'épuisement d’une certaine durée, avoir une transmission intermédiaire. En marche normale, la vitesse de la locomobile pourrait être moindre et, en cas de surcharge, il serait facile de maintenir le débit en faisant faire quelques tours de plus à la machine.

Beaucoup d'installations d'épuisement sont faites avec des machines trop faibles ou marchant trop vite; dès qu'il se produit une surcharge accidentelle soit dans le débit, soit dans la hauteur d’ascension, on est exposé à des embarras.

Pour calculer la force nécessaire pour un débit donné, on doit admettre que le rapport du travail en eau montée au travail évalué sur l'arbre

de la machine ne dépassera pas 50 p. 400 pour pompes avec tuyaux de

moins de 0925, et 55 p. 100 avec tuyaux de 0925 à 030.

Les dépenses de combustible peuvent être évaluées avec ces hypothèses à environ 7 à 8 kilogrammes par cheval utile en eau montée et par heure, si les machines sont en bon état,

Avec les pompes centrifuges, l’aspiration doit être limitée entre 5 et

6 mètres; le refoulement doit toujours avoir 450 à 2 mètres de hauteur : pour empêcher les rentrées d'air, et il est plus avantageux pour les élé-'

vations plus fortes d'augmenter le refoulement que l'aspiration. Dans les fouilles profondes, les pompes se trouvent donc en contre-bas du niveau de la rivière ; lorsqu'on a plusieurs appareils, il convient de les placer à des hauteurs différentes pour faciliter leur démontage successif lorsque les épuisements s'arrêtent, et pour permettre, en cas d'accidents survenant aux enceintes, de faire fonctionner les appareils les plus élevés pendant que les autres sont déjà noyés.

Le tableau suivant rend compte de l’augmentation de vitesse que doi-

vent recevoir les pompes, suivant la hauteur totale d’élévation des eaux.

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