PH P 6R P+Q
Les ingénieurs hollandais, si experts en matière de construction sur pilotis, suivent strictement cette règle et classent les pieux par catégories de résistance suivant le refus. Ainsi, au port d'Amsterdam, d’après M. l'inspecteur général Desnoyers, on range dans la première catégorie les pieux qui, ne pénétrant que de 41 centimètres sous les dix derniers coups d’un mouton pesant 800 kilogrammes et tombant de 4 mètres de hauteur, étaient admis pour pouvoir porter 34 tonnes; ceux de la dernière catégorie, pénétrant de 0"77 dans les mêmes conditions, n'étaient comptés que pour supporter cinq tonnes.
Théorie du battage des pieux, d'après Rankine. — La théorie que nous venons d'exposer s'appuie sur des données simples et plausibles et conduit à des résultats pratiques très satisfaisants. Nous donnerons, cependant, pour compléter cette étude, la formule présentée par Rankine.
Appelons F la pression variable que le mouton exerce sur le pieu depuis l'instant où le mouton arrive en contact avec la tête du pieu jusqu'à celui où commence l'enfoncement de ce dernier. L’intervalle considéré est très court; la pression F, d’abord nulle, va croissant jusqu'à ce qu'elle atteigne R, valeur du frottement latéral du pieu ou de sa résistance à l’enfoncement; quand F est égal à R, l’enfoncement commence; avant ce moment, la force F était employée à comprimer le
pieu. La valeur moyenne de F est a.
La distance sur laquelle cette force F s'exerce est la compression totale subie par le pieu, compression qu'il faut évaluer; appelant S la section du pieu, E le coefficient d’élasticité longitudinale du bois qui le forme, et L sa longueur, la compression totale maxima par la force F'est
RL
Mais Rankine fait remarquer que le pieu, par suite du frottement latéral qu’il subit, n’est pas libre de se comprimer sur toute sa longueur; en conséquence, cet auteur admet que la compression porte seulement
RL
puisque le maximum de Fest égal à R.
sur la moitié de la longueur, ce qui en réduit la valeur totale à
4ES à ce travail résistant, il faut ajouter le travail Re produit par le frottement du pieu pendant l’enfoncement.
. D'autre part, le travail moteur est P H. Égalant le travail moteur et les travaux résistants, nous arrivons à la formule :
et le travail dû à cette compression est égal à RL
Le refus e étant connu, la résolution de cette équation, qui est du second degré, donnera la valeur de R; il y a:une racine négative étrangère à la question.
Appliquons cette formule à l'exemple qui nous a servi plus haut; le coefficient d’élasticité du chêne est approximativement égal à 10°, donc :
P=—600 H=2 e—0,003 L=—8 S—0"409 E— 1410", et l'équation du deuxième degré s'écrit :