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Fig. 90.
Fig. &°
Fig. 88.
FONDATIONS | ait
Maconnerie : 4° Matériaux, — Moellons avec mortier de eiment à 400 kilogrammes pour le puits et mortier à un tiers de chaux nydrattique pour le
remplissage, . ee... ve. sn... 49 »
— 2° Façon, toutes sujétions et pertes de temps comprises. .….... .. 10 » Machines élévatoires des déblais. . ...........,.,..........,.... 3 » Main-d'œuvre des déblais (on extrait a peu près trois fois le cube de ia pile à cause des rentrées et des siphoñnements). . ..........,........,.... 14 » Transport des déblais à un kilomètre. ...........,...,.. ... 4 50 Épuisements ne ... 3 »
Bois pour plate-formes, pieux, étais .,.............+....e..ee.. 2 » Service général, ,........ host osees …....... ‘4 50
Prix total du mètre cube. . . .. ... 51 n»
Ce prix est inférieur à celui de la plupart des fondations tubulaires.
Fondations par havage du bassin à flot de Bordeaux. — Le bassin à flot de Bordeaux est établi sur la rive gauche de Ja Garonne avec laquelle il communique par des écluses. Les procédés suivis pour la construction de ce grand ouvrage sont décrits dans diverses notices présentées, aux expositions de 1873, 1878 et 1880, par MM. les ingénieuts Joly, Regnault, de la Roche-Tolay et Boutan.
Le terrain naturel présente, après une mince couche de terre végétale,
une couche de vase argileuse bleuâtre descendant jusqu'à 12 et 14 mètres sous la surface du sol et reposant sur un banc de sable graveleux aqaifère, lequel forme une excellente assiette de fondation. Ge banc de sable est parcouru par un courant souterrain assez puissant, s’écotlant vers la Garonne et influencé par la marée jusqu'à 300 où 400 mètres dé la berge ; par suite de la sous-pression, la vase argileuse imprégnée d'eau devient très fluente, mais, après assèchement, elle présente une consistance satisfaisante.
Pour établir la fondation des ouvrages dans un pareil terrain, on a fait enfoncer jusqu’au sable, sous leur propre poids, des blocs en maçonnerie d’une épaisseur de 6 mètres et d'une longueur variant entre 46 et 35 mètres; ces blocs, exécutés en maçonnerie de moellon avec mortier de Portland à la base et mortier de chaux du Theil à la partie supéñiéure, sont évidés par un ou plusieurs puits verticaux, suivant leur longuetr ; c'est par les puits que l’on élève les déblais effectués sous les blocs et, à mesure que le déblai augmente, le bloc descend: figures 4 et 5, planche XX.
Les blocs successifs, placés à 0"50 l’un de l'autre, sont élevés dans une fouille préalablement descendus à 3 mètres au-dessous du sol ; on né leur donne d'abord qu’une hauteur de 5 mètres correspondant à une charge de 1*30 par centimètre carré, limite de la résistance du terraià Yaseux qui nous occupe.
L'opération qui consiste à déblayer sous les blocs, analogue aü travail d'avancement des galeries de mine, a pris, comme ee travail, le nom de havage.
Il y a deux périodes dans le havage :
« Première période. — Sous la charge de 1*30 par centimètre carré, le terrain sur lequel le bloc est établi se boursoufle à l'intérieur et à l'extérieur du bloc, qui s'enfonce légèrement pendant le temps que la maçonperie met à durcir. Il faut le soutenir par des étais du côté vers lequel il tend à s’incliner. Le moment d'engager l'opération étant venu, on installe sur la face supérieure du bloc les appareils destinés à remonter les terres extraites du fond des puits; ce matériel consiste en bennes de tôle de la capacité de 100 litres; en bigues supportant les poulies de hissage; et en treuils agissant sur les cordes des poulies. Deux hommes descendent au fond de chaque puits, l'un fouille au milieu, l’autre remplit la benne, que deux autres ouvriers remontent à l'aide du treuil; un cinquième verse la terre dans une brouette au fur et à mesure qu elle arrive, et la jette dans un wagon conduit à proximité. L'opération continue ainsi; la terre qui subit la pression du massif reflue à l’intérieur du bloc d'où elle est enlevée par la benne, et le bloc descend pour prendre sa place. Bientôt la face supérieure du bloc arrive au niveau du sol sur lequel il avait été élevé. On ajoute alors une nouvelle hauteur de maçonnerie qu’on fait enfoncer de la même manière, jusqu'à ce que l'irruption de la nappe d'eau souterraine oblige à prendre d'autres dispositions.
« Deuxième période. — Cette irruption a lieu lorsque le dessous du bloc n'est plus séparé que par 2 mètres environ d'épaisseur de vase du banc de gravier aquifère inférieur, ce qui arrive généralement vers la cote — 5 mètres. On installe alors à l'intérieur du puits une pompe centrifuge mue par une locomobile à vapeur placée à proximité. Cette dernière machine est en même temps utilisée à la manœuvre des treuils qui remontent les terres fouillées au fond des puits. Le bloc est ainsi conduit jusqu’au sable, où on le fait pénétrer d'une profondeur de 80 centimètres. » |
La descente des blocs est loin de s’effectuer toujours aussi facilement que nous venons de l'expliquer; bien des blocs se déversent, et il faut les redresser soit par des étais, soit en poussant la fouille plus activement sur un des côtés.
Quand le havage est terminé, on remplit les puits avec du béton de
chaux du Teil immergé jusqu'au niveau des eaux; le reste est comblé avec de la maçonnerie ordinaire reliée par des arrachements au massif du bloc.
La fondation sur blocs n'a été d'abord appliquée qu'aux bajoyers de lécluse. Plus tard, lorsqu'on fut certain de l'efficacité du procédé, on l'étendit aux murs de quai, que l'on fondait primitivement sur cinq lignes de pieux espacés de 1"15 dans un sens et de 1"50 dans l’autre, battus à la vapeur avec un mouton de 1,000 kilogrammes et pénétrant de 3 mètres dans le sable aquifère; la tête des pilotis était noyée sur 080 de hauteur dans la maçonnerie ordinaire au mortier de Portland.
Ensuite on composa les murs de quai de voûtes en plein-cintre de
8 mètres de diamètre ayant pour piles des blocs de 3 mètres de largeur. Ce système a, paraît-il, été plus économique que celui des pilotis.
La figure À, planche XX, représente la première période du havage; la fouille se fait à peu près à sec, vu l'imperméabilité relative de la vase fluente ; des chèvres à treuils enlèvent les déblais dans des bennes
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qui se déchargent dans des brouettes, lesquelles vont se décharger dans
des wagons. | La figure 2, même planche, représente la seconde période du havage,
ai4 PROCÉDÉS ET MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION
alors qu'il est nécessaire de recourir aux épuisements ; ces épuisements se font par une pompe rotative qu'actionne une locomobile de %4 chevaux; le dessin n'indique que la courroie de transmission de cette locomobile placée en dehors de la fouille sur le terrain solide.
Au lieu de pracéder par épuisement dans cette seconde période, on a aussi procédé par dragages sous l’eau : on installe alors dans le puits une drague à godets montée sur une élinde verticale et actionnée par une locomobile de 6 chevaux.
L'emploi de la drague a été plus avantageux que celui des épuisements. Il n'a fallu en moyenne que 110 heures pour foncer, avec la drague, des blocs dont le fonçage par épuisement exigeait un mois.
La dépense n'a été que de 735 par mètre cube de déplacement à l'aide de la drague, tandis qu'elle s'était élevée à 11195 avec l'autre système.
Fondation par havage du bassin à flot de Rochefort. — Les murs de quai du troisième bassin à flot de Rochefort sont portés par des voûtes à plein-cintre de 920 d'ouverture reposant sur des piles de 8 mètres de profondeur et de 5 mètres de largeur; il y a quelques piles-culées de dimensions plus grandes.
Les piles sont constituées avec des puits descendus par havage dans un sol inconsistant d'alluvions marines, recouvrant sur 15 à 28 mètres de hauteur le terrain solide.
M. l'ingénienr de Franchimont a donné la description des procédés suivis pour le havage, procédés que représentent les figures 4 à 3, planche XX. On commence par ouvrir sur la ligne du quai projeté une fouille de 3"60 de profondeur avec talus de 25 pour 1; cette fouille est descendue jusqu'au séro du nivellement général de la France.
Au fond de la fouille on élève sur une hauteur de 3 mètres la maçonnerie du puits formée de moellons bruts et de mortier au ciment de Portland à raison de 450 kilogrammes de ciment pour un mètre cube de sable. Au bout d'une quinzaine de jours, quand la maçonnerie est dure, on procède au havage.
Vu le peu de consistance du terrain, il importait de ne pas lui faire porter les échafaudages et apparaux. C'est le puits lui-même qui les porte, à l'exception du générateur à vapeur placé en dehors de la fouille et desservant trois puits à la fois; c’est un générateur de 92 mètres carrés de surface de chauffe.
Il envoie sa vapeur au treuil B qui monte et descend les bennes et à un ou plusieurs pulsomètres chargés de l'épuisement. Les filtrations sont peu abondantes tant qu'on reste dans les alluvions vaseuses: elles deviennent considérables quand on atteint les couches de sable et de gravier qui, dans les terrains d’alluvion, sont toujours interposées entre la vase ou la tourbe et le rocher.
Les bennes se déchargent dans des wagonnets roulant sur une passerelle 1; deux toitures en tôle ondulée abritent et protègent le treuil ainsi que les ouvriers travaillant dans le puits.
L'échafaudage suivrait le puits dans son mouvement de descente et
se disloquerait s’il n’était supporté par quatre vis calantes que l'on manœuvre de manière à maintenir les passerelles 1 et # horizontales; les tuyaux de vapeur sont flexibles afin de se prêter aux déformations.
Ce système a donné d'excellents résultats, alors qu’il avait fallu abandonner les charpentes fixes établies sur le terrain en dehors des puits ; ces charpentes se trouvaient vite déversées et disloquées par les mouvements du sol,
Le fonctionnement des pulsomètres, cet appareil si commode dans des travaux de ce genre, a cependant laissé à désirer quand la profondeur des puits dépassait 20 mètres ; l’eau est sableuse, les crépines s’engorgent, les clapets s'avarient par les coups de bélier, et il faut avoir des pulsomètres de rechange.
Le prix moyen payé pour le déblai mesuré par le volume même du puits est de 12'46 le mètre cube, rabais déduit. Ce prix comprend les épuisements et même les frais exceptionnels qu'exigent certains puits, dans lesquels se produit un tel siphonnement de vase qu’il faut recourir à Pair comprimé pour les terminer, ainsi que nous l’expliquerons plus oin.
Fondation de murs de quai au Havre (neuvième bassin à flot). — À la darse ouest du neuvième bassin à flot du Havre, M. lingénjeur Widmer a fondé 850 mètres de quai sur des puits descendus par bavage dans un sol homogène de glaise moyennement compacte. Ces puits descendent à environ 8 mètres de profondeur dans le sol que la pleine mer recouvre sur une hauteur de 2 à 4 mètres.
Les blocs ont 40 mètres de long, 6"70 de large et 8 mètres de haut ; ils sont espacés de 4 mètre et ont été enfoncés en deux séries comprenant l’une les numéros pairs, l’autre les numéros impairs.
Le vide central est de 5"60 sur 2"30 ; il s’évase sur 2"50 à la base, de manière à donner au fond un rectangle de 6"60 sur 3"30,.
Les maçonneries, hourdées avec un mortier à 400 kilogrammes de Portland par mètre cube de sable, étaient d’abord exécutées sur 4"50 de haut; au bout de trente jours, on déblayait à l'intérieur, on enfonçaitle bloc de sa hauteur, et au-dessus on élevait les maçonneries à hauteur définitive; après un repos de vingt jours, on venait déblayer à nouveau et achever l'enfoncement. Le vide intérieur était rempli de béton. On a ainsi exécuté 84 puits avec 45,000 mètres de maçonnerie. L'expérience ayant montré le peu d'utilité du rouet inférieur en charpente, on l'a supprimé et on s’est contenté d'élever la maçonnerie sur de simples planches.
Les blocs n'ont pas été construits sur la surface même de la plage, car ils se seraient déversés et fendus avant d’avoir fait prise; on les a fait reposer sur la couche solide de glaise, à 1 mètre de profondeur.
Les épuisements à la charge de l'entrepreneur, effectués dans la première période, avec des pompes Letestu à bras, ont exigé ensuite des pompes rotatives à vapeur qui ont permis d'activer le travail.
Les déblais ont été faits à bras d'hommes; le produit en était enlevé par des hennes de 60 litres, mues par de petits treuils à vapeur.
Il s'est produit pendant le fonçage des affouillements latéraux autour des blocs, représentant 45 p. 100 du cube géométrique des blocs; on les a limités avec de la paille, des fascines et des sacs à terre.
Le prix payé à l'entrepreneur était de 49 fr. A0 par mètre cube; M. Widmer estime le prix de revient à 43 fr. 40.
Fondation de murs de quai à Glascow. — MM. les ingénieurs Poulet et Luneau ont rendu compte, en 1876, du procédé suivi à Glascow pour la fondation du plantation-quay ; ce quai est établi sur un terrain constitué entièrement par du sable, et on voulait l’enraciner à 4%90 sous le fond du port, soit à 4020 sous le niveau de basse mer. On eut recours à des puits en briques ou en béton de ciment (fig. 4 à ÿ, pl. XXI).
Chaque puits est armé d’un couteau cylindrique en fonte de 0"944 de hauteur et de 3"80 de diamètre; c'est le diamètre extérieur des puits; ce couteau se retourne horizontalement pour former un anneau de 0"45 de largeur. Sur l'anneau on élève des assises de briques sur une hauteur de 0"80, assises posées en encorbellement jusqu’à ce que le diamètre du vide soit réduit à 236; un cercle supérieur de fer plat était relié par des boulons à l'anneau du couteau, de manière à rendre le tout solidaire. |
Sur cette base on pose des anneaux en béton de Portland, de 0"75 de hauteur, faits à l'avance, pesant chacun 40 tonnes et empilés jusqu'à ce que le cylindre ait atteint une hauteur de 8 mètres.
L'édifice de chaque puits est ainsi construit à l’aide d'une grue roulante à vapeur dans une tranchée creusée jusqu’au niveau de basse mer à l'emplacement du quai futur; une louve à trois branches rend facile Ja mise en place des anneaux successifs. La masse descend peu à peu par son poids qui s'élève jusqu’à 85 tonnes, etl'enfoncement définitif est obtenu par une surcharge en anneaux de fonte de même diamètre que le puits, surcharge qui s’est élevée jusqu’à 370 tonnes par puits.
En même temps, le mouvement de descente est favorisé par un dragage à l’intérieur du puits; ce dragage s’effectue par une mâchoire octogonale qui fonctionne comme la drague Priestman ; on connaît la manœuvre de cet appareil sur laquelle nous n'avons pas à insister.
Lorsque le puits est à la profondeur voulue, on le remplit sur 1"70 avec un béton de Portland maigre et sur le reste de la hauteur avec du gravier.
Le procédé que nous venons de décrire est, en réalité, assez compliqué ; il serait coûteux en France surtout à cause de la nécessité de se procurer pour la surcharge plusieurs centaines de tonnes de fonte qu'il faut revendre après l'opération.
Fondation de puits dans le sable des Landes. — Une grande cause d'insalubrité pour les habitants des Landes était de se servir comme boisson d’une eau superficielle corrompue par la fermentation des débris organiques ; M. l'ingénieur Chambrelent porta remède à ce fâcheux état de choses en établissant des puits qui allaient chercher
de l’eau pure, naturellement filtrée, à quelques mètres au-dessous du sol, au milieu d’un sable blanc aquifère {fg. 7, pl. XXI).
Ges puits ont été descendus sur rouet en fonte et peuvent constituer un système de fondation pour des constructions ordinaires; ils ont 4 mètre de diamètre sur 0"30 d'épaisseur et la maçonnerie est construite progressivement sur Île rouet qui est armé d’un couteau annulaire vertical. L'enfoncement est obtenu par la surcharge de la maçonnerie; le sable est aspiré par épuisement ou dragué à sec par un homme placé au fond de la colonne.
Gelle-ci parvenue à la profondeur voulue, on a rempli le fond avec des pierrailles et l’eau remonte librement à l’intérieur.
Si l’on voulait se servir d'un puits de ce genre comme pilier de fondation, on le remplirait de béton lorsqu'il aurait atteint la couche solide ; le couteau vertical du rouet devrait dans ce cas être placé à l'extérieur et non à l’intérieur du rouet, afin que la fouille sous le rouet pendant le mouvement de descente soit plus facile. La disposition adoptée pour les puits des Landes avait pour objet d'empêcher l'introduction du sable dans l’intérieur de la colonne.
Pompe Christ pour enlever le gravier. — 11 existe un appareil simple qui peut rendre des services lorsqu'il s'agit de creuser des puits de ce genre; c’est la pompe Christ, dont voici la description :
Un puits étant ouvert jusqu’à la nappe aquifère, on y descend une cuve sans fond, en bois cerclé de fer; cette cuve est tronc conique, la grande base est au fond et elle est garnie d'un tranchant en tôle. La base supérieure porte les ouvriers et une surcharge aussi forte que possible.
Les ouvriers manœuvrent la pompe Christ, cylindre en tôle de 1"10 de hauteur et de 0"20 de diamètre, garni à sa base d’un cercle aciéré bien tranchant; vient au-dessus une soupape s’ouvrant de bas en haut, puis un piston formé d’une sorte de poire en bois garnie de cuir. Ce piston se manœuvre par une tige verticale, tandis qu’une longue perche à bout ferré maintient l'appareil au fond de l'eau.
La tige du piston est manœuvrée par trois hommes; les graviers et le sable sont aspirés avec de l’eau qui retombe à travers les petits orifices de la soupape; le piston, en redescendant, achève l'expulsion de l'eau ; il aspire ensuite une nouvelle quantité de gravier; quand le cylindre est plein, on le remonte et on le vide dans un seau.
On aspire ainsi des cailloux plus gros que le poing; l'aspiration se fait bien surtout dans le gravier; dans le sable pur il faut réduire le diamètre de la pompe.
On est arrivé à extraire, avec cet appareil simple, 4 mètre cube de déblai par jour, avec une dépense bien moindre que si l’on avait opéré par épuisement.
Construction d’un puits à Chicago. — M. l'inspecteur général Malézieux, dans son rapport de mission en Amérique, donne le dessin (/g. 6, pl. XXI) et la description des procédés suivis pour le fon-
gage d’un puisard à Chicago, Ce puisard, de 9"47 de diamètre intérieur, devait descendre à 7 ou 8 mètres de profondeur, à travers un sable bouil- Jant, jusqu'à l'argile compacte et solide sur laquelle on voulait élever le massif de fondation d'une machine pour le service des eaux.
La tour est légèrement conique; elle est en magonuerie de briques el ciment, recouverte d'un enduitlissé à l'intérieur , comme à l'extérieur: elle est recouverte d'un chapeau annulaire en chône de 0"14 d’épaisseur et armée à sa base d'un anneau en fonte avec couteau de 0*76 de hauteur.
Elle est consolidée par des cercles en fer espacés de 0"90 et par des boulons verticaux de 0087 de diamètre, reliant la base et le chapeau et distants entre eux de 4 mètre environ.
Cette tour fut construite sur le sol et descendit par son poids au fur et à mesure qu'on fouilla à l'intérieur. Lorsqu'on fut arrivé au niveau de la nappe souterraine, on installa sur la tour une drague à godets, avec sa locomobile, le tout monté sur plaque tournante, de telle sorte que la drague püût agir dans toutes les directions.
L'enfoncement journalier dans le sable ne fut parfois que de 0"08. |
Quand le couteau eut atteint l'argile bleue compacte, on put facilement épuiser à l'intérieur, sans craindre de pomper le sable et de produire des excavations au pourtour de Ja colonne, et on acheva la fouille à sec.
Fig. 93.
Pont de l’iImpératrice sur le Sutlej (Jnde anglaise). — Ce pont comprend 16 travées de 79"20 d'ouverture et chaque pile repose sur trois puits ou colonnes creuses descendant à une profondeur moyenne de 33"50.
La description de cet important travail se trouve dans un mémoire présenté par M. J. Richard Bell à la Société des ingénieurs civils de Londres; ce mémoire a été analysé par M. l'ingénieur Monjean dans la Revue générale des chemins de fer, où nous avons puisé nos renseignements et les dessins qui les accompagnent.
Chaque puits a 5"70 de diamètre extérieur et une épaisseur annulaire de 1°63, ce qui donne un vide central de 2"44 de diamètre.
Les trois puits d’une pile présentent à jeur partie supérieure un chapiteau en encorbellement ; les trois chapiteaux réunis reproduisent en plan
la forme d’une pile ordinaire à becs arrondis et supportant un massif de maçonnerie avec plinthe. | |
Un puits repose à sa base sur une couronne en bois de 0”91 de larga et de 1"07 de haut, armée d'un couteau en fer de 0"02 d'épaisseur. Le tube cylindrique se termine donc par un cône de 366 de haut. Les di-
Treuil de 20 tontes
verses assises de l'anneau sont reliées par 12 boulons de 0"04 de diamètre, allant de la base au sommet et assemblés par bouts successifs.
Le dragage a été descendu sous la couronne à une profondeur variant de 0®60 à 4"60; le vide est rempli par du béton hydraulique jusqu'à 6 mètres au-dessus de la couronne; le remplissage a été terminé avec du sable fin que surmonte un bouchon en béton et briques de 3"63 de hauteur.
Plan du chargement des Piles
On traversait une vase sableuse rendue corrosive par la présence de certains sels ; aussi ne se servait-on à ce passage que de briques vitrifiées à la surface, Ce terrain décomposait les bois; c’est une circonstance exceptionnelle que nous avons eu déjà l’occasion de signaler.
Chaque pile est protégée par un anneau d’enrochement de 2,200%. La construction d'un puits durait 35 jours et s'effectuait en trois assises.
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Îlan du balardean
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L'enfoncement était déterminé par une surcharge de rails de 7"30 de longueur, posés à la tête du puits sur un plancher de madriers.
La première assise des puits, de 4"60 de hauteur, s’enfonçait d’ellemême; la seconde de 5"50, la troisième de 14 mètres, et la quatrième de 1250, exigeaient des charges respectives de 150, 350 et 800 à 1,000 tonnes.
Comme on ne pouvait guère charger que 30 tonnes par jour, on comprend que l'opération était longue et pénible. Elle ne devait, du reste, pas être sans danger, car une charge ainsi placée au sommet d'une co-
lonne de 30 mètres doit infailliblement tendre à produire des déversements. Aussi ne put-on jamais terminer une pile en une saison.
La fouille dans le puits s'opéra avec l’excavateur Gatmell; c'est un instrument rentrant dans le type général dont nous avons déjà décrit plusieurs variétés. Les deux cuillers se présentent verticalement par leur tranche, pénètrent dans le sol, et se remplissent par un mouvement de rotation d’un quart de tour; puis on les soulève pleines. Pour fouiller latéralement sous la couronne de base, on a recours à l’excavateur dont la Égure 98 suffit à faire comprendre le fonctionnement.
Fig. 96.
On a parfois passé vingt jours à retirer un excavateur brisé et demeuré dans la vase.
« Les puits dans l'argile furent très longs à foncer : l’un des puits du milieu d’une pile dans l'argile, arrivé à la profondeur de 30 mètres et chargé de 1,000 tonnes de rails et de 1,700 tonnes de maçonnerie, n’enfonça que de 2"410 en deux mois. Les affouillements étaient très dangereux ; dans certains cas, la vase se précipitait par le dessous du puits jusqu’à une hauteur de 18 mètres en engloutissant tous les outils. Le seul remède consistait à teuir le puits plein d’eau, mais la pression de
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