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FONDATIONS SUR PLATES-FORMES EN FASCINAGES

Les fondations sur fascinages sont appliquées à un grand nombre d'ouvrages, et spécialement aux digues, dans la Hollande et dans les Flandres; le système a trouvé et peut trouver encore quelques applications en France; c’est pourquoi nous avons cru devoir en donner une étude sommaire.

Dans la constitution des fascinages entrent les éléments suivants :

1° Les piquets, de 1 à 3 mètres de longueur, dont le diarnètre est 3 de

la longueur. On préfère le chêne, le saule et le noïisetier. Pour les revêtements, le saule est excellent, car il reprend racine et constitue une végétation favorable à la défense. Le piquet doit être droit et sans nœuds; le bout est affûté sur une longueur triple du diamètre.

2 Les fascines, formées d'une réunion de branches fines entourées par des harts.

La fascine de Hollande est formée de branches de saule en pleine croissance, de 3 à 3"50 de long, réunies par deux harts, l’une à 0"22 du gros bout, l’autre à 0°60 plus baut; la circonférence de la première est de 0"50 et celle de la seconde de 0°40. On a de la sorte une fascine bien flexible; pour la confection des plates-formes à immerger par surcharge, on prépare de plus fortes fascines dans lesquelles on laisse de grosses branches.

3° Les clayons, longues branches de bois flexibles (chône, charme, saule, noiïsetier). Les clayons destinés à être tressés sur des files de piquets, servent à confectionner les tunnages et clayonnages; nous avons décrit ce travail en traitant de la consolidation des tranchées (p. 280 du tome I".

4° Les saucissons, fagots cylindriques formés de fascines que l'on relie tous les 0710 avec des haris. De fortes harts supplémentaires, tordue

avec un bâton, sont placées tous les 0"75. Le saucisson doit être très flexible afin de se prêter aux ondulations du terrain. On l’emploie pour constituer le grillage des plates-formes à échouer sous lest.

Confection d'une plate-forme de fondation. — La figure 104 représente le système généralement adopté pour la confection des plates-formes de fondation eu fascinages.

Ces plates-formes se construisent sur la rive, à un niveau intermédiaire entre la haute et la basse mer, de telle sorte qu'on puisse les mettre à flot à mer montante après achèvement et les conduire à l'emplacement

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voulu. Elles compren- TT NÉ neni : fa} AE | pYarr 4° Un cadre à mailles EX LS AN carrés à 0"90 à 1 mètre Eee d’axe en axe, formé de fie ce saucissons superposés = = = dans deux directions nor- Es na males M et N et reliés à lens | Pl . . Lt UN leurs points d'intersec- Re ri ee tion par des cordes gou- ak À a dronnées dont les bouts FER sa | : ns sont relevés sur un piquet Ca = | afin de relier plustard le 7. A - Po al!

cadre supérieur à ce Ca- et Tu AP dre inférieur; Re ae

2° Une première couche de fascines P reposant sur les saucissons inférieurs et affleurant les saucissons supérieurs du cadre;

3° Une seconde couche de fascines Q perpendi- Fig. 101.

culaires à la précédente;

4 Une ou plusieurs autres assises de fascines R alternativement perpendiculaires entre elles;

5° Un cadre de saucissons M’ et N° semblable au cadre inférieur et qui lui correspond, de sorte que l'on peut avec les cordes goudronnées, réservées à cet effet, ligaturer ensemble les joints situés sur une même

verticale et rendre solidaires toutes les assises du massif ainsi que les deux cadres.

Sur les saucissons M’ et N°’ du cadre supérieur, on plante des piquets el on établit des clayonnages S, qui forment ainsi sur la plate-forme en fascines des cases à base carrée de 0",50 de hauteur; c'est dans ces cases que l'on jette les moellons ou le gravier destiné à produire l'immersion lorsque la plate-forme est en place.

Le chargement doit se faire avec régularité pour que le mouvement de descente soit uniforme sur toute l'étendue de la plate-forme; en eaux calmes, on remplit les cases avec du gravier ou de la terreet on a recours aux moellons pour les immersions en eaux agitées.

Pour conserver leur flexibilité, les plates-formes ne doivent pas avoir plus de 4 mètre d'épaisseur; celle que représente la figure 97 a environ 0"50, ce qui fait qu'avec les cases elle occupe une hauteur totale de 4 mètre.

L'immersion se produit avec un lest de 350 kilogrammes environ par mètre carré, la surcharge supplémentaire empêche tous mouvements ultérieurs.

Nous avons indiqué dans notre Traité d'hydraulique agricole les importantes applications qui ont été faites de ce système de plates-formes à la création des digues de polders et aux travaux de défense des côtes. M. Croizette-Desnoyers en cite plusieurs autres dans sa notice sur les travaux publics de Hollande.

Les jetées de Hoek van Holland, nouveau débouché de la Meuse dans la mer du Nord à l'aval de Rotterdam, se composent de cinq à six assises de plates-formes de 4 mètre d'épaisseur totale, immergées à joints croisés; la largeur à la base atteint 38 mètres et tombe à 26 mètres pour la seconde assise. Il y a donc un large empattement favorable à la résistance et toutes les assises sont rendues solidaires par cinq rangées de pieux qui clouent le massif au sol dans lequel les pieux pénètrent de 4 à 5 mètres. La largeur d'empattement au musoir atteint #4 mètres.

Nous avons vu comment on avait pu en Hollande conjurer les tassements de certains remblais en recouvrant le sol d'une plate-forme en dos

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d'âne, répartissant la pression sur une grande surface et s'opposant au dé placement latéral des vases ou destourbes emprisonnées; cette plate-forme porte le remblai en sable des dunes. D’autrefois on a constitué des remhlais sur des terrains mobiles ou affouillables ou recouverts par les eaux

en créant deux murailles parallèles formées de plusieurs plates-formes superposées et en remplissant avec des terres l'intervalle compris entre elles. Ce système a notamment servi à créer les levées par lesquelles la ligne de Breda à Rotterdam accède au pont de Moerdyck (fig. 102).

« Quand on se rend bien compte de ce mode de construction, dit M. Desnoyers, quand on voit avec quel soin il est appliqué, on est complètement rassuré sur la solidité des ouvrages. Sans doute des affaissements pourront se produire, mais ils seront faibles et lents, car tous les interstices des fascines ainsi que des pieux qui! les recouvrent et des enrochements ont été très promptement remplis de sable; ces affaissements ainsi limités à de faibles proportions seront sans inconvénient; on en sera quitte pour recharger les jetées quand ce sera nécessaire et relever leurs couronnements en pierres. D'un autre côté, l’action des tarets ne pourra s’exercer sur des bois enveloppés et, quand on examine les enrochements, on est frappé de voir combien ils ont été promptement reliés et agglutinés entre eux par le sable et les mollusques.

« On a donc obtenu d'excellents résultats en Hollande avec les platesformes en fascinages; il est vrai que la pierre est rare et coûteuse, tandis que le menu bois y est abondant.

« L'emploi de plates-formes en fascines pour recevoir les enrochements sur les rivières à fond mobile paraît susceptible d'être imité en France. L'exemple des barrages hollandais montre combien ces platesformes peuvent se courber et s’abaisser à leurs extrémités, sans que leur partie centrale change de niveau; il en résulte que celles qui seraient placées autour des piles de ponts auraient pour effet d’éloigner les affouillements de ces piles et d'empêcher leurs enceintes d'être déchaussées; le résultat produit serait le même au pied d'un mur de quai, d’une digue ou d'un barrage. La dépense serait peu considérable, et, par suite, la précaution mérite d'être recommandée lorsque de grands affouillements sont à craindre.

« L'emploi des massifs en plates-formes superposées serait moins fréquent dans notre pays où la pierre est généralement si abondante. Cependant on pourrait quelquefois y avoir recours avec avantage, non seulement pour travaux sur les côtes, mais encore à l’intérieur du pays pour fermer des brèches pendant les grandes crues, construire des barrages provisoires ou enfin maintenir dans certains cas le pied des grands remblais. »

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