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FONDATIONS SUR MASSIFS DE BÉTON IMMERGÉS DANS DES ENCEINTES

Fondation d’un mur de quai au canal Saint-Louis. — Le mur de quai construit sur les bords du Rhône à l'embouchure du canal Saint-Louis est fondé sur un massif de béton immergé entre deux

files de pieux et palplanches jointifs (fig. 103), espacés de 4738; le massif de béton descend de 1 mètre au moins dans le sol sableux naturel, dragué à cet effet. À mesure que le béton s'élevait dans l'enceinte, on élevait les enrochements du côté du fleuve et le remblai du côté du quai afin de maintenir l’écartement des deux parois.

Béton immergé dans une enceinte de pieux et palplanehes au viaduc de Javel. — A la pile n° 2 du viaduc de Javel, à Paris, on a trouvé, à 3775 sous l’étiage, une lentille ar- LR UE gileuse recouverte d’un sable “ KR fin qui coulait à travers les

| ait] joints des palplanches. On ne

Fig. 103. put arriver à établir une

enceinte jointive par les

blindages et étrésillonnements ordinaires et on eut recours au moyen suivant :

« Un encoffrement ayant 12"40 de longueur sur 4"30 de largeur, composé de six pieux, dont quatre d'angle, reliés solidement par deux cours de moises a été construit au-dessus de la fouille et fixé exactement dans son emplacement définitif. Les panneaux de palplanches à grain d'orge préparés à l’avance ont été alors présentés et mis en fiche. Le battage a été effectué au moyen de six sonnettes agissant alternativement sur les six pieux pour faire descendre l’ossature, puis sur les palplanches pour compléter l'encoffrement, pendant ce temps le sable était dragué à la main dans l’intérieur de la fouille pour faciliter l’enfoncement des palplanches. Cette opération s’est poursuivie sans difhculté et l'enceinte de la fouille formant un véritable caisson fortement étayé à l'intérieur a pu être descendue de 4"95 en 27 jours. »

Fondation du pont d’Albi, sur le Tarn. — Les piles sont établies sur des massifs de béton arrasés à 0"34 sous l'étiage. La fondation de chaque pile consiste en un massif de béton reposant à une profondeur de 6 à 7 mètres au-dessous de l’étiage, sur le tuf marneux qui forme le fond de la rivière, Ce massif est enfermé dans une enceinte en charpente, composée de pieux battus dans des trous forés à l'avance dans le tuf, et de vannages formés de madriers horizontaux el de montants verticaux. Ces vannages, assemblés à terre et découpés dans leur partie inférieure, de manière à épouser parfaitement le profil du tuf reconnu au moyen de sondages très rapprochés, étaient guidés, pendant leur immersion, par des colliers embrassant les pieux, et se plaçaient debout à

l'intérieur de la ligne des pieux, sur laquelle la pression du béton les faisait ensuite appliquer parfaitement. Les pieux des deux grandes

Fig. 104.

lignes sout d'ailleurs reliés de deux en deux, près de leur sommet, par des tiruts en fer qui s’opposaient, pendant le coulage du béton, à l’écariement des deux lignes opposées. Des enrochements, en blocs de 4.000 kilogrammes au minimum, déposés autour des piles, défendent le tuf contre les affouillements.

Fondations du viaduc de Tarascon. — Le viaduc de Tarascon traverse le Rhône par sept travées en fonte de 62 mètres d’ouverture. Le lit du fleuve présente à cet endroit un fond de gravier et de sable indéfini éminemment affouillable; les affouillements peuvent descendre en temps de crue jusqu'à 44 mètres de profondeur sous la surface des eaux.

Le système de fondation, pour ainsi dire commandé par la nature du sol, a consisté à asseoir les piles sur des massifs de béton immergé dans des enceintes (pl. XXII).

Eu égard à l'impossibilité de battre des pieux jointifs, il fallait s’ingénier à trouverun moyen de préparer l'enceinte sans effectuer-un dragage excessif, le dragage préalable à gueule-bée était inadmissible à cause de la mobilité du fond et de la faible inclinaison des talus naturels que prenait le gravier; ces talus étaient de 6 à 10 de base pour 1 de hauteur.

« Le système adopté, après plusieurs essais, par M. l'ingénieur Collet- Meygret, a donné les résultats les plus satisfaisants : il a consisté à exécuter autour de l’enceinte à bétonner un encrèchement en dalles d’enrochement, régulières et régulièrement posées entre deux enceintes distantes de 3"20 et formées de pieux espacés de 4 mètre à 450. Ainsi réduit, le pilotage de chaque pile s’est composé de 195 pieux (pl. XXII).

« Le dragage de l'emplacement des piles a été exécuté au moyen d'une machine locomobile de 20 chevaux, mettant en mouvement l'arbre supérieur d'une échelle de godets divisée en deux parties à coulisse, per-

mettant son allongement et son raccourcissement. On a ainsi dragué chaque enceinte en douze à quinze jours, en élevant les matières depuis 1 jusqu'à 145 mètres de hauteur. Le prix du mètre cube dragué, y compris les manœuvres et réparations de ces énormes engins, n'a pas atteint 3 francs. »

Les enceintes proprement dites d’une pile se composent de 130 pieux. Chaque pieu a 25 à 35 centimètres de diamètre et 128 à 15"3 de longueur au-dessous du plancher des enceintes qui est établi à 280 audessus de l’étiage. Le sabot de ces pieux est en fer; il pèse 25 kilogrammes. Le moisage des enceintes d’une pile exige 3152 de bois et 570 kilogrammes de ferrures. Le battage des pieux a été effectué par la sonnette à vapeur, système Nasmyth.

Avant de commencer le dragage dans l'emplacement d’une pile, on enroche l'intervalle des deux enceintes de pieux, dont il vient d’être parlé, en blocs réguliers, afin d'empêcher le gravier de s’ébouler dans l'enceinte, et on recouvre de vannages en bois le périmètre extérieur de l'enceinte intérieure, pour soustraire à l’action du courant l’emplacement de la pile.

L'enrochement régulier se compose de quatre assises de dalles en pierre de taille de Beaucaire, équarries et non taillées, placées sur deux rangs dans chaque assise (fig. 4, pl. XXII) et échouées sous l’eau avec tout le soin nécessaire pour former une véritable muraille en pierres sèches, dont les joints verticaux ne sont pas croisés et ont en moyenne 10 centimètres de vide. A l'exception des blocs placés dans les pans coupés, dans les avant et les arrière-becs, pour en compléter la longueur, toutes ces dalles sont semblables : elles ont 3 mètres de long, 1"20 de large, 70 centimètres de haut, et pèsent environ 5,500 kilogrammes. Au passage des pieux destinés à porter le pont de service, les blocs sont échoués de champ au lieu de l'être à plat. L’assise inférieure du dallage a été échouée directement sur le fond du Rhône, lorsque ce fond se trouvait, au moins, à 3 mètres au-dessous de l’étiage, et lorsqu'il ne présentait pas d’inclinaïison bien prononcée. Mais s’il y avait moins de profondeur, et si le sol était trop incliné pour offrir aux dalles une assiette solide, on faisait un dragage spécial de l'intervalle des deux enceintes pour en abaisser le sol jusqu'à 3 mètres au-dessous de l’étiage ou le niveler. Ce dragage s’effectuait avec des dragues à élindes verticales, mues à bras et roulant sur les moises des enceintes. On plaçait les vannages aussitôt après le dragage avec une chèvre volante.

Immédiatement après cette dernière opération, on procédait à l’6chouage des blocs. Chaque drague, conduite par un charpentier, huit manœuvres aux manivelles et un pour diriger le couloir, produisait 4®<800 par heure de travail ; les frais de réparation s’élevaient à 3 fr. 75 par jour.

Le pont de service ne pouvait s'établir qu'après les opérations de dragage, quand elles étaient nécessaires.

L’échouage de chaque bloc s’exécutait au moyen de deux treuils supportant le bloc à chacune de ses extrémités, par l'intermédiaire d’une louve en fer, dont latige ayant 5 mètres delong, restait visible au-dessus

de l’eau. Les blocs étaient présentés et relevés jusqu'à ce que leur position fût reconnue tout à fait satisfaisante. On frappait alors sur la tige de la louve et on pouvait retirer la clavette, à l’aide de la corde qui lui était attachée. Cette opération délicate s’est exécutée avec une grande régularité, le mètre cube du bloc a coûté, en moyenne, 6 francs pour toutes opérations de bardage et échouage.

L'atelier d'échouage des blocs se compose d'un marin, d’un aidecharpentier et de huit manœuvres employés aux treuils. Get atelier pouvait amener en bateau et couler cinq blocs par jour, en moyenne.

Dans les points où la profondeur excédait 4"50, au-dessous de l’étiage, on ajoutait une cinquième et même une sixième assise de blocs. En moyenne chaque pile a exigé l'emploi de cent quatre-vingts blocs, cubant 368 mètres.

Le revêtement en vannages de l'enceinte intérieure se faisait en panneaux de bois de démolition de 5 à 8 centimètres d'épaisseur, de 2 à 4 mètres de longueur, et descendant à 4"$0 sous les moises, soit à 3 mètres sous l'étiage. Ce revêtement a 74 mètres de développement; sa surface moyenne est de 340 mètres carrés, et il emploie 3 mètres cubes de bois par pile. Un charpentier faisait par jour 4 mètre courant de ces vannages. Une brigade de quatre charpentiers en posait 4 mètres courants par jour; mais on était obligé de leur adjoindre des aides pour la pose des derniers panneaux des becs de piles, qui présentaient plus de difficulté que ceux des autres parties.

Coulage du béton. — Les installations préparatoires dont on vient de parler étant terminées, on a procédé au dragage de l'emplacement des piles, et aussitôt après son achèvement, on s'est occupé du coulage du béton.

Les figures 1 et 2, planche XXII, mdiquent les dispositions adoptées pour cette partie du travail. Le coulage était exécuté avec dix ou douze caisses demi-cylindriques, s’ouvrant autour de leur diamètre et cubant chacune 1300. Ces caisses étaient descendues à l’aide de treuils en fonte manœuvrés chacun par quatre hommes. Le coulage du béton a eu lieu en deux couches, de 4 mètres d'épaisseur chacune, en procédant de l'amont à l’aval. Un surveillant constamment occupé à sonder vériflait la marche de l'opération et s’assurait qu'il ne se formait pas de poches dans la masse. Le courant entraînait la laitance. Lorsqu'on arrivait à la fin de l'opération, près de l’ouverture ménagée pour l'entrée des bateaux, on fermait cette ouverture par un vannage, et, à dater de ce moment, la laitance était enlevée par une pompe.

Lorsque le niveau du béton était arrivé à 40 centimètres au-dessus de la hauteur fixée pour la naissance des maçonneries, on procédait à la construction d’un bâtardeau en béton d’un mètre d'épaisseur, élevé à l'intérieur de l'enceinte de la pile. Quinze jours après son achèvement, on pouvait épuiser cette cuvette et y commencer la maçonnerie de la pile, qui était élevée jusqu'à l’encorbellement, puis abandonnée trois mois à elle-même, pour laisser au béton et aux mortiers le temps de durcir,

Quand les travaux de coulage de béton ont été interrompus par une crue, on à fait nettoyer la surface du béton par des ouvriers armés de scaphandres, avant de reprendre le travail.

Le mètre cube du béton employé contient :

450 kilogrammes de chaux du Theil, 0=‘<50 de sable dans le mortier, 065 de gravier un peu sableux.

On a employé, en moyenne, pour chaque pile, 2,300 mètres cubes de béton, mesuré dans les caisses de coulage. Le volume effectif de la fondation étant de 2,270 mètres cubes, on voit que les pertes causées par la laitance, etc., ne se sont élevées qu’à 30 mètres cubes par pile.

Le coulage était poursuivi nuit et jour avec la plus grande activité possible. On coulait en moyenne 435 mètres cubes le jour et 65 mètres cubes la nuit, soit 200 mètres cubes par vingt-quatre heures; on est allé jusqu'à 280 mètres cubes dans les meilleures périodes de l'opération. L'éclairage a coûté de 45 centimes à 4 fr. 20 par mètre cube coulé.

Les tonneaux à mortier, conduits par un cheval et servis par un conducteur, deux chargeurs et un. nombre suffisant de manœuvres pour approcher les matériaux, ont donné 160 de mortier par heure de travail. Les machines à béton du système Saint-Léger, servies par un manœuvre chargé du mouvement des palettes, par trois chargeurs et un nombre suffisant de manœuvres pour approcher les matériaux, donnaient 37 par heure de travail.

Les fondations du viaduc de Tarascon ont exigé l'emploi de 20,000 mètres cubes de béton, qui ont été fabriqués exclusivement avec de la chaux hydraulique du Theil. La consommation de chaux a été de 480 kilogrammes de chaux hydraulique pesée vive par mètre cube de béton, tandis que la consommation habituelle est de 230 à 240 kilogrammes de chaux par mètre cube de béton. Gette économie est due exclusivement au blutage de la chaux éteinte, exécuté au travers d’une toile métallique numéro 40, opération précieuse pour la sécurité de la confection des mortiers,

Fondation des ponts de Cé.— Le système adopté pour la fondation des ponts de Gé sur la Loire consiste à asseoir les piles sur un massif de béton coulé dans une enceinte de pieux et palplanches, enceinte défendue par des enrochements.

Le lit de la Loire, en ce point, est formé d’une couche de sable affouillable superposée à une argile compacte, appelée 7ale, reposant elle-même sur le rocher qui se trouve à 40 ou 41 mètres sous l’étiage.

On trouva la jale recouverte de débris végétaux et d'anciens moellons d’enrochement; on en conclut que les affouillements ne l’attaquaient pas; de plus, on reconnut, par expérience directe, qu’elle ne se déformait pas sous l'effort de poutres verticales chargées de 9 kilogrammes par cen-

timètre carré; il n’y avait donc rien à craindre en lui faisant porter le pont qui donnait à peine une charge de 450 par centimètre carré.

Le sable lui-même n'était pas affouillé à plus de 3"50 sous l'étiage; aussi quelques piles furent-elles assises simplement sur le sable, à 5 mètres sous l’étiage.

Les faits démontrèrent la justesse de ces prévisions; il n’y eut pas de tassements et les affouillements firent seulement descendre les enrochements, que l'on dut recharger.

Les enceintes, composées de pieux et palplanches, battus jusqu’à 7 ou 8 mètres sous l’étiage, avaient 17 mètres de long sur 6 mètres de large; il importe de ne point chercher à réduire ces dimensions : pour l'avoir fait, quelques ingénieurs se sont créé de grands ennuis et ont éprouvé de graves accidents; il faut, en effet, disposer d'un large espace pour établir, dans la partie haute de l’enceinte, le bâtardeau en béton à l'abri duquel on épuisera pour poser à sec les assises de la pile; si l'espace est insuffisant. le bâtardeau est difficilement étanche, il faut épuiser sans cesse et l’on délave le béton de fondation; ce béton est, du reste, toujours délavé au contact des parois de l’enceinte, et à ce point de vue il convient que les parois soient éloignées du socle de la pile, afin que celle-ci trouve une assiette solide. I] est à remarquer encore que les pieux et palplanches ne sont pas mathématiquement implantés, qu'il peut y avoir dans la position des lignes de l’enceinte une erreur de quelques centimètres, et qu'il convient de réserver une certaine marge à cette erreur possible.

Le battage des pieux et palplanches, commencé à la tiraude, s’achevait avec la sonnette à déclic. Lorsque la face amont et les deux faces latérales de l'enceinte étaient à peu près battues, on faisait entrer dans cette enceinte incomplète une drague à vapeur qui effectuait le gros de la fouille ; au fur et à mesure de l'approfondissement, on versait des enrochements à l'amont. Le dragage effectué, on fermait rapidement l’enceinte et on venait achever la fouille à l’intérieur avec des dragues à main.

Il est à peu près certain qu'aujourd'hui, si l'on disposait d’une drague à vapeur puissante, on aurait avantage à draguer rapidement à gueulebée à l'emplacement de chaque pile, et à ne battre l'enceinte qu’après ce dragage préalable.

Quoi qu'il en soit, la fouille était arrêtée à 5 mètres sous l’étiage, puis on coulait du béton dans l'enceinte jusqu’à 035 au-dessous de l'étiages on établissait le bâtardeau en béton destiné à constituer l’auge dans laquelle devaient être posées à secs les premières assises de la pile. Lorsque ce bâtardeau avait fait prise, on épuisait sans difficulté.

Fondations du pont de Plessis-lès-Tours. — Le système suivi pour les fondations du pont de Plessis-lès-Tours est identique à celui que nous venons de décrire et à celui qui a été adopté pour le pont de Ghalonnes.

Les piles sont établies sur des massifs de béton immergés dans des enceintes de pieux et palplanches jointifs. L'enceinte est maintenue par

deux cours de moises et est recepée après l’opération au niveau du cours inférieur, placé un peu au-dessous de l'étiage.

Un bâtardeau en béton, s’élevant de 1°50 à 1"80 au-dessus de l’étiage, permet d'établir à sec la maçonnerie des piles. La largeur à la base de la pile est de 5755 et, comme la pile avec son socle mesure 3"45, il reste tour autour du socle une largeur libre de 120, suffisante pour l'établissement du bâtardeau et pour l'installation

NM. des appareils d'épuisement.

nid si ei La paroi interne du bâtardeau est for- Fig. 105. mée de planches horizontales mainte-

nues par des barres de fer verticales enfoncées par le bas dans le béton et réunies par le haut aux moises supérieures de l'enceinte.

Fondations du pont de Chalonnes, — Le pont construit à Chalonnes, sur la Loire, pour le passage de la ligne d'Angers à Niort, comporte 17 grandes arches de 30 mètres d'ouverture.

Voici la description des fondations, extraite des notices présentées à l'exposition universelle de 1867 :

« Le fond de la Loire , à l'emplacement du pont, est formé de sable plus ou moins mêlé de galets à la partie basse et reposant sur des schistes et grès du terrain houiller,

Sur la première moi-

tié du lit, la surface

moyenne du rocher

se maintient pres-

que horizontale, à

des profondeurs de Jable 3275 à 4"65 au-des-

sous de l'étiage; | mais à partir du | milieu de la rivière, * cette surface s'a- -“sble baisse rapidement __- *,- |.

et les dernières piles ‘-"-7.4 Fa ont dû être fondées | / Éccher

à une grande pro- Fig. 106.

fondeur, qui atteint

jusqu’à 8"73 à la seizième pile. Cette disposition du terrain a conduit à employer deux modes de fondation distincts : la première partie, comprenant la culée rive droite et les huit premières piles, a été fondée par

ï ee ed

épuisements dans des bâtardeaux; la seconde partie, comprenant les huit dernières piles et la culée rive gauche, a été fondée sur béton immergé dans des enceintes de pieux jointifs.

Les fondations par épuisements ont en général été exécutées très facilement, parce que les graviers qui recouvraient le rocher dans cette partie du lit étaient agglutinés et formaient par eux-mêmes un terrain étanche, au-dessus duquel les bâtardeaux nécessitaient peu de haueur : la huitième pile seule a présenté quelques difficultés, parce que le terrain inférieur était plus perméable et la profondeur plus grande. La partie des fondations faite avec béton immergé a demandé plus de temps et a coûté beaucoup plus cher, à cause de la grande profondeur des fouilles : les massifs de fondation présentant 1470 de longueur sur 6"50 de largeur, soit 95°55 de superficie, sont contenus dans des enceintes formées de pieux principaux de 0°30 sur 0"30 , espacés de 4"50 environ d’axe en axe, et de pieux intermédiaires de 0"25 sur 0"25 remplissant les intervalles des premiers; l'enceinte est contre-butée par de forts enrochements. Le massif se compose de béton avec pierre cassée et mortier hydraulique formé de 0"50 de chaux hydraulique en poudre de Doué ou de Paviers et de 090 de sable. De petits bâtardeaux, appuyés contre la partie supérieure des enceintes au-dessus des massifs, ont permis de poser facilement à sec le socle et les premières assises de chaque pile. La dépense de fondation de la seizièmeljpile , établie à 873 au-dessous de l’étiage, soit 10 mètres environ au-dessous des eaux moyennes, est résumée ainsi :

Fh.

Dragages (8,805 mètres cubes) . . . , ..... «+ 20,623 Enceintes (43,40 de développement) .......... 47,421 Béton (884 mètres cubes). . « . . . ss... 14,798 Enrochéments (2,200 mètres cubes). . . . .,:... . 12,276 Dépenses diverses. , . . .., Son... ses... 5,48 Total ss... CR 70,000

Le prix par mètre superficiel de massif, fondé à cette grande profondeur de 140 mètres au-dessous des eaux moyennes, s’est donc élevé à 739 francs et le prix par mètre cube est par suite de 74 francs environ, Le mètre linéaire d'enceinte a coûté 402 francs. »

Ce sont les dragages préliminaires à l'emplacement des enceintes qui entrent pour beaucoup dans la dépense, ainsi que les enrochements.

L'emploi de l'air comprimé donnerait certainement aujourd'hui une solution plus simple et plus économique.

Fondations du pont de Saint-Pierre-de-Gaubert.— Les fondations du pont de Saint-Pierre-de-Gaubert, sur la Garonne, ont été établies sur un tuf argilo-sableux qui forme le fond du lit de la Garonne et que l’on a rencontré à une profondeur variant de 0"29 à 3"09 sous l’étiage.

Elles sont formées par des massifs de béton; pour les piles en rivière

ces massifs ont été coulés dans des enceintes de pieux et palplanches: pour les autres piles et les culées, ils ont été posés à sec au moyen d'épuisements très considérables.

Chaque enceinte, contenant treize pieux, huit en amont, cinq en aval, avait une forme rectangulaire, terminée en amont par un triangle, en aval par un quadrilatère (fig. 407).

Gette inégale répartition des pieux était nécessitée par la résistance qu'on devait opposer au courant du fleuve, et par l'emploi de quelquesuns de ces pieux pour le pont de service.

Ces enceintes de pieux et palplanches étaient maintenues par deux rangs de moises, servant à diriger les palplanches

Fig. 107, pendant le battage,

et placés, le pre-

mier au niveau de l’étiage, le second à un mètre au-dessus. L'ouvrage

terminé, les pieux et palplanches ont été recepés au niveau du rang de moises inférieur.

Des enrochements de moellons ont été jetés autour de ces enceintes pour les maintenir et empécher les affouillements.

Le socle de la pile était posé à sec par épuisement dans la cuve formée par les murettes en béton appliquées contre les parois de l’enceinte. Ces murettes s’élevaient jusqu'à 0"30 au-dessus de l'étiage. On piochait la surface supérieure du béton afin de préparer une surface plane qui recevait la première assise de libage.

Les piles terminées et l'enceinte recepée au niveau de l’étiage, on a comblé le vide existant entre ce libage et le bord des enceintes par un pavage présentant une surface inclinée dont la partie supérieure touche la pile, favorisant ainsi l'écoulement des eaux.

Les pieux employés pour les enceintes étaient en bois de pin des Landes de 0"30 de diamètre, avec une longueur moyenne de 7 mètres.

Les palplanches des enceintes étaient en bois de pin de 012 d’épaisseur, bien dressées pour rester au battage aussi jointives que possible.

Fondations de murs de quais, à Paris. — La figure 108 représente le profil en travers du mur de quai du port Saint-Bernard, à Paris. Ce mur est fondé sur massif de béton immergé dans une enceinte ; d'ordinaire, l'enceinte est formée par deux files parallèles de pieux et palplanches jointifs ; mais, dans le cas actuel, on a supprimé la file intérieure, parce que le sol était assez résistant pour pouvoir se tenir

mu ns

sous une inclinaison voisine de la verticale. Le moisage de la file de

pieux et palplanches s'opère sous l’eau par la méthode que nous avons précédemment indiquée.

On remarquera que le parement de la maçonnerie du mur s’avance jusqu à l’aplomb de la file de pieux ; cette disposition est avantageuse en ce sens que, les moises étant recepées au-dessus du fond dela rivière, il importe d'éviter toute saillie susceptible d'endommager la coque des bateaux; elle serait dangereuse s’il s'agissait d’un ouvrage important comme une pile de pont, car le béton voisin de la paroi est toujours plus ou moins délavé et offre moins de résistance que celui de l'intérieur, de sorte que la maçonnerie supérieure risque de se trouver légèrement en porte à-faux.

Nous pensons donc qu’on fera bien, en général, d'augmenter l'empattement du massif de bélon, de manière à placer la maçonnerie supé-

Fig. 109.

rieure en retrait du cours de moises.

Il y a à cette disposition un autre avantage, c’est que l'on peut, en arrière de la file de pieux et palplanches non recepée, établir, à l’aide d’un vannage auxiliaire, un bâtardeau en glaise ou en béton; de même, en dedans de la file interne de pieux on établit, comme le montre la figure 109, un bâtardeau en béton, qui sera plus

tard incorporé à la maçonnerie du mur. Les deux bâtardeaux et le massif intérieur de béton forment ainsi une auge étanche dont il est

facile de mettre l’intérieur à sec pour y construire librement la maçonnerie du mur.

C'est le procédé suivi fréquemment pour la fondation des écluses et des barrages; dans une enceinte de pieux et palplanches jointifs, on drague jusqu'à la profondeur voulue, puis avec du béton immergé on construit, dans cette enceinte, une auge ou cuve générale, à l’intérieur de laquelle on épuise quand la prise du béton est complète, et on achève la construction à sec.

C'est le procédé qui convient également pour la fondation des bâtiments ordinaires dans des terrains humides ou traversés par des nappes d’eau; la cuve en béton constitue un sous-sol étanche, comme à l'Opéra de Paris.

Fondations du pont de Kuilenburg. — Le pont sur le Lek, à Kuilenburg, comprend une travée de 150 mètres, une autre de 80 m. et sept de 57 mètres; il y a six piles de 4 mètres d'épaisseur, une de 5 mètres et une de 7.

Les sondages, poursuivis jusqu'à 25 mètres de profondeur, avaient montré qu'à une profondeur de 1 à 3 mètres au-dessous du sol, on rencontrait un sable très ferme, quoiqu’un peu mêlé d'argile sur quelques points; les ingénieurs hollandais jugèrent inutile de recourir à des pilotis et eurent recours à des massifs de béton immergés : dans des enceintes et reposant sur ce sable SUN résistant.

NŸ Le dessus des massifs de béton a été SUR arasé un peu au-dessous du sol naturel Re RSS pour les piles de rive et pour les piles en

NUE rivière à 0"30 au-dessus des basses eaux ; SRRRQU Ia hauteur du massif varie de 3 mètres à SO 83n34 pour les piles de rive; elle atteint 6"50 pour les piles en rivière ; les pieux d'enceinte descendent de 2 à 4 mètres au-dessous des

Fig. 110. massifs. Nous donnons au chapitre « Pilo-

tis » les résultats pratiques recueillis sur le

battage de ces pieux. Les piles en rivière sont protégées par des enro-

chements simples; la résistance du terrain dispensait de recourir à des plates-formes en fascinages. |

En supposant les charges uniformément réparties sur les bases, la pression maxima sur le béton variait, suivant les piles, de 1*82 à 3*Où par centimètre carré, et la pression maxima sur le sol de fondation de 29x43 à 319. Ces pressions sont très modérées.

On a employé pour les fondations deux sortes de béton, l’une pour massif immergé, l’autre pour massif établi à l'air libre :

N° 1 N°9 Chaux hydraulique de Tournay. .. . . . .. 10 parties. 6 parties. Trass.. . . .. ..... ......,...,.. Sable ..................... 6 — 5 — Briques cassées. . .............. 12 — 17 — Gravier fin, ,......,..,........ 6 — » —

37 parties. 35 parties.

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