‹ Procédés et matériaux de constructionChapitre 52 sur 69 · FR, C · texte numérisé non relu

FR, C

Fers 0. 1... 1 »

Bois (rouet et cintre. . . .. SE EE 1 60 Maçonneries. . . ro. 28 30 Fonçages. . eee ue 42 50 Dépenses diverses. . .. ...............,... .. 4 » Matériel, installation et frais généraux, .. .........,. 12 » Total par mètre cube de maçonnerie sous l’étiage., . . . . . 62 40

Le prix de revient pour les piles fondées avec caissons ordinaires est de 7 à 8 francs plus élevé. Le prix des fers augmente la dépense d'au moins 40 francs, mais les maçonneries sont un peu moins coûteuses.

Poids des caissons ordinaires. — D’après M. Séjourné, le poids d’une chambre de travail du type ordinaire des caissons métalliques, compté depuis le tranchant jusqu'au niveau des ailes supérieures du poutrage, pour une hauteur de 2 mètres sous plafond, est très approximativement donné en kilogrammes par la formule

dans laquelle P désigne le périmètre et S la surface du caisson.

Le poids à compter par mètre carré au-dessus du plafond, pour les hausses et leur contreventement est de 34 kilogrammes par mètre carré, avec tôles de 3 millimètres.

Pour les fondations sur rouet, le poids du fer ne dépend que du périmètre et est donné, pour les rouets ovales, par la formule

et pour les rouets rectangulaires, par la formule 2 700 -- 227 P.

En résumé, le mode de construction employé au pont de Marmande a donné de bons résultats ; il a démontré que les voûtes en maçonnerie de briques et mortier de Portland, bien rejointoyées, étaient suffisamment imperméables à l'air comprimé, même avec des épaisseurs modérées, et que l’on pouvait, sans accident, faire jouer des mines dans ces chambres de travail d'un nouveau genre.

Galeries souterraines fondées par l’air comprimé. — Pour terminer ce qui a trait aux fondations par caissons à l'air comprimé,

nous citerons deux applications curieuses qui ont été faites de cesystème pour la fondation d'un égout à Grenoble et d'une galerie souterraine au port d'Anvers.

1° Fondation d'un égout & Grenoble. — C'est à M. l'ingénieur Margot que l’on doit cette application déjà ancienne.

Lors des crues de l'Isère, les eaux de cette rivière faisaient irruption dans la ville, notamment en remontant dans les égouts et venant se déverser dans les rues par les bouches sous trottoirs. A la suite de l'inondation de 1859, on entreprit de porter remède à cet état de choses.

La mesure principale qu'on adopta fut de délourner l'égout collecteur qui débouchait le long d'un quai de la ville, et de reporter son débouché suffisamment en aval, pour qu'il eût la pente nécessaire à l’écoulement sans qu'on eût à craindre le reftux de la rivière.

Il s’agissait de creuser cet égout dans une plaine d'alluvions sableuses fournies par le torrent du Drac, et dans laquelle on rencontre la nappe d’eau à { mètre de profondeur; les épuisements sont pour ainsi dire impossibles.

On résolut de construire l'égout en allant de l’aval à l'amont: on exécutait donc la fouille, puis on bâtissait les piédroits et la partie du radier qui les supporte (fig. 8, pl. XL), en laissant vide le milieu du radier qui formait ainsi un canal dont on maintenait les parois avec deux files de palplanches. Les eaux s'écoulaient par ce canal et l’on put sansencombre ‘exécuter complètement ce travail.

On se mit alors à combler leradier avec du béton à mortier de ciment, faisant une prise très rapide, et immergé dans le vide après qu’on avait enlevé les palplanches.

Cette opération ne réussit pas, et des sources nombreuses, qu'on ne put étancher, se manifestèrent à la soudure de la nouvelle maçonnerieet de l’ancienne, et, comme on allait de l'aval à l'’amont, on résolut de poursuivre le travail de la partie aval par le procédé suivant que représente la figure 10, planche XL : onenlevait les palplanches, on dégradait la partie de maçonnerie délavée, on immergeait deux files de demi-tuyaux en ciment reposant par leur tranche sur le sol inférieur, et au-dessus de ces tuyaux on achevait le remplissage en coulant du béton à mortier de ciment. On obtient de la sorte un drainage énergique, les sous-pressions sont annulées, et la maçonnerie a tout le temps de faire prise.

En effet, le procédé donna de bons résultats; mais restait à réparer la partie amont qui se trouvait précisément dans la ville, et qu'on avait voûtée pour ne point gêner trop longtemps la circulation.

Pour cette réparation, M. Margot eut l'idée de recourir à l'air comprimé ; il s'agissait d'obtenir à l’intérieur de l'égout une pression suffsante pour équilibrer la sous-pression de l'eau, il suffisait pour cela d’avoir, outre la pression atmosphérique, un excédant de pression représenté par une colonne de 0"45 à 0"20 de mercure, ou par une colonne d'eau de 2"04 à 2"72 de hauteur, ce qui revient en somme à avoir dans l'égout une pression totale d'environ 4 atmosphère 1/4.

La figure 10 donne la coupe longitudinale des dispositions adoptées :

l'égout est partagé en sections de 30 mètres de longueur par des murs transversaux de 0"40 d'épaisseur ; au-dessus d’un regard d’égout on a placé un sas à air en tôle, de forme cylindrique, et muni de deux portes dont les bords sont garnis de caoutchouc; l’une de ces portes est percée dans la base inférieure du cylindre, l’autre vers la paroi latérale. Un système de robinets permet de mettre le sas en communication avec l'air extérieur ou avec l'air comprimé; l'opération est facile, et peut s'exécuter rapidement vu la faible différence des pressions.

Le sas est surchargé avec des gueuses en fonte qui résistent à la souspression, facile à calculer.

L'air est envoyé dans l’égout par des machines soufflantes que font mouvoir deux locomobiles de sept chevaux.

La première fois qu’on voulut élever la pression dans l'égout, on ne put obtenir qu’un excédant de 001 à 0°02 de mercure, pression qu'indiquait le manomètre; en effet, lies maçonneries des piédroits étaient très perméables et l’on pouvait entendre le sifflement de l'air qui les traversait.

Pour obtenir une étanchéité parfaite, on recouvrit la surface interne de l'égout d’un enduit en ciment de 0"015 d'épaisseur ; on arriva alors à élever facilement la pression intérieure de manière à obtenir une différence de niveau de 0"20, dans Jes deux branches du manomètre à air libre, et les ouvriers achevèrent à sec la maçonnerie du radier; une fois la prise achevée, il n’y avait plus rien à craindre, et l’on pouvait entamer une partie nouvelle.

T1 va sans dire que la chambre de travail doit être munie d’une soupape de sûreté, qui se lève lorsque la pression dépasse la grandeur voulue.

Remarquons encore que, lorsqu'on passe d’une section à l’autre, il est inutile de déplacer les hangars, les locomobiles et les pompes à air; il suffit de déplacer le sas et d’allonger Île tuyau d’amenée de l'air comprimé. L'air comprimé peut, en effet, être envoyé à de grandes distances sans perdre beaucoup de sa pression.

2 Construction d'une galerie au port d'Anvers. — On voulait, au port d'Anvers, réunir les cales de radoub avec le puisard des machines au moyen d’une galerie souterraine traversant des couches de sable à 850 en contre-bas du niveau des eaux du bassin.

MM. Couvreux et Hersent proposèrent d'effectuer ce travail à l'air comprimé moyennant un prix à forfait de 75,000 francs.

M. Hersent a rendu compte de l'opération dans les termes suivants :

« La galerie de jonction aboutit au puits actuel des machines d’épuisement, et on a dû faire, entre ce point et les nouveaux bassins, un puits intermédiaire assez éloigné des constructions pour servir de point de départ à la galerie à construire au moyen de l’air comprimé, et dans lequel il sera possible d'amener les eaux des nouveaux bassins par une conduite pouvant être construite dans une tranchée épuisée à l'air libre.

« Ce puits, qui a 3"70 de diamètre extérieur et 2"50 intérieur, a été descendu mi-partie à l’air libre, mi-partie à l'air comprimé jusqu’à 12"93 de profondeur, après quoi le fond a été fermé par un radier en maçonnerie.

« La partie supérieure du puits a été recouverte d'un plateau métallique fermant exactement et a été surmontée d'une écluse à air, disposée pour l'extraction des déblais et pour l'introduction des pièces de fonte destinées à la construction de la galerie.

« Pour le fonçage du puits on a traversé les couches suivantes :

4° Sur 350 d'épaisseur, terrains divers rapportés secs ;

2 — 92=50 — terres végétales et tourbes mouillées ;

3° — 9%75 — sable argileux verdâtre, coquilieux, très mouillé ; 4 — 3"50 — sable très fin, verdâtre, boulant.

« L’orifice pour le départ de la galerie avait été préparé d'avance dans l'enveloppe en tôle du puits, on n’a eu qu’à déboulonner un plateau métailique, pour commencer le travail de la galerie.

« La galerie est construite en fonte par anneaux de 0"50 de longueur:

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