‹ Procédés et matériaux de constructionChapitre 53 sur 69 · LULU) TT · texte numérisé non relu

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elle mesure en dedans des nervures 1"50 de hauteur et 1"20 de largeur, et extérieurement 175 de hauteur et 1"50 de largeur, chaque anneau est composé de quatre pièces de fonte à nervures pour être boulonnées ensemble et aux parties adjacentes, les joints sont faits avec de la corde goudronnée comprimée dans les joints par le serrage.

« Le déblai de l'avancement a été fait jusqu'à permettre de poser un anneau métallique, en soutenant l’eau et la terre au moyen de l’air comprimé, et en prenant Ja précaution que la tension de l’air ne dépasse pas ce qui était rigoureusement utile, afin de ne pas créer des fuites à la parlie supérieure, cette tension de l'air a toujours été égale à la différence de niveau entre le dessus de la galerie et le niveau de l’eau dans le bassin à, flot de Kattendyk, qui est tout près. La partie inférieure du front de la ga-

lerie a toujours donné un peu d’eau, qui est sortie avec le déblai. Sitôt un anneau mis en place et boulonné, on le garnissait soigneusement de sable tout autour et, par précaution, on mettait un peu d’argile à la partie supérieure pour mieux fermer les petits orifices par lesquels l'air comprimé aurait pu s'échapper.

« Le déblai a été amené dans le puits au moyen d'une petite voie établie dans la galerie, laquelle permettait aussi d'amener les morceaux de fonte à l'avancement; une seule écluse à air a suffi pour toutes les évacuations du déblai et l'introduction des pièces de fonte.

« La galerie est droite sur 50 mètres de longueur, puis une courbe et un petit bout droit l'amènent au puits des pompes. On a vérifié la direction en enfonçant dans le sol, au moyen d’une injection d’eau comprimée, des petits tubes en fer qui formaient ainsi des jalons dans la galerie.

« Après le démontage du plateau supérieur du puits, la galerie a été bien étanche et on a constaté que le travail avait été bien exécuté, c’est probablement la première galerie exécutée au moyen de l'air comprimé. »

D'après cette dernière phrase, M. Hersent n'avait pas eu connaissance des travaux de fondation d'égout exécutés à Grenoble ; ces travaux, déjà anciens, paraissent, en effet, avoir passé inaperçus.

De ces deux exemples résulte la conclusion que l'air comprimé peut servir & creuser non seulement des puits verticaux, mais encore des galeries inclinées ou horizontales, telles que galeries d'égout et tunnels.

Les applications de cette espèce sont encore assez rares, mais ne manqueront pas de se développer dans l'avenir.

Danger de rencontrer des gaz explosifs. — T1 est bon d’attirer l'attention des ingénieurs sur un ennemi qu'on ne s'attend pas à rencontrer dans ces travaux de galeries souterraines. Le terrain dégage parfois dans ces galeries des gaz explosifs et inflammables, susceptibles d'amener les accidents les plus graves. Il faut prévoir cette circonstance dans les terrains vaseux et elle s'est manifestée dans d'autres cas encore. Deux accidents de ce genre se sont produits d’une manière tout à fait imprévue, l’un au tunnel du lac à Chicago, l’autre dans un souterrain du canal de l'Aisne à l'Oise.

Tunnel sous la rivière d'Hudson. — Les ingénieurs américains ont tenté une application gigantesque de l'air comprimé pour la construction du tunnel sous la rivière d'Hudson, tunnel destiné à relier à New- York les chemins de fer aboutissant à New-Jersey. La largeur du fleuve est de 1,600 mètres ; le lit est entièrement recouvert d'une vase reposant sur du gros sable et du gravier. C'est particulièrement dans cette vase que le double tunnel est établi.

On a commencé par foncer sur la rive un puits circulaire en briques et dans ce puits aboutissent les deux tunnels, dont les axes sont espacés de 9 mètres; leur section libre, de 3"50 de haut sur 4"90 de large, est presque circulaire. Chaque tunnel est formé d'un tube en feuilles de

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Fig. 129.

tôle de”0"006 armées de nervures intérieures assemblées par des boulons; ce tube est revêtu intérieurement d'un anneau en maconnerie de briques de 0"60 d'épaisseur. Il faut dire que la vase comprimée que l'on traverse, lorsqu'elle n'est pas délayée par les courants, est tenace et consis tante.

L'attaque du front de taille s'opère à l’aide d'un tube pilote, formé de viroles en tôle de 1"67 de diamètre, qui se boulonnent successivement les unes sur les autres à l'aide de nervures intérieures ; l'attaque dans ce pelit tube est à 9 mètres en avant de l'attaque à section entière; pour celle-ci, les tôles de l'enveloppe du tunnel sont boulonnées également au fur et à mesure de l'avancement et le tube central sert d'appui aux étais qui soutiennent le secteur.

A l’origine, la communication de l'air extérieur à l'air comprimé s’établissait par une chambre à air muraillée dans la paroi du puits; quand la longueur du tunnel s’augmenta, il fallut la diviser par des cloisons imperméables ; ces cloisons sont en maçonnerie de briques de 022, elles sont soutenues par des poutres en fer encastrées dans la maçonnerie du tunnel.

Au sommet, elles portent deux chambres à air dont une, suffisante pour recevoir tous les ouvriers de l'avancement, est toujours ouverte afin que l’on puisse s'échapper immédiatement en cas d'invasion des eaux ou de la vase.

Quand la longueur devint plus considérable encore, on posa une seconde cloi-

son à 85 mètres en avant de la première, et l’accroissement de pression de l'air comprimé se trouvait réalisé par gradation en deux éclusées successives.

Nous ignorons la situation actuelle de ces travaux; en août 1882, le bouclier de tête céda et le tunnel fut envahi par les eaux et la vase, On se proposait de poursuivre le tunnel dans les parties profondes de la rivière au moyen de caissons foncés ou de caissons mobiles permettant de l’exécuter par sections raccordées. {Renseignements extraits de la Revue générale des chemins de fer.)

Puits de fondation foncés par l'air comprimé, port de Rochefort. — Nous avons décrit précédemment le système de fondation par havage dans des puits, adopté pour les murs du bassin à flot du port de commerce de Rochefort.

Dans certains de ces puits, il se produisait des siphonnements de vase qu'on ne pouvait déblayer, car ils se renouvelaient sans cesse et produisaient au dehors des déchirements du sol et des fondrières; les épuisements devenaient, du reste, très pénibles dans ce cas, et le procédé de fouille à l'air libre n'était plus applicable.

La vase ne s'élevait ainsi par siphonnement qu'à 4 où % mètres au-dessus de la base du puits; afin de se réserver la facilité de recourir au travail dans l'air comprimé, on ménageait dans tous les puits, à 5 mètres au-dessus du fond, une cavité M propre à recevoir une retombée de voûte.

On construisait cette voûte, lorsque la nécessité de recourir à l’air comprimé était reconnue. La voûte est en maçonnerie de ciment de Portland; elle a 4 mètre d'épaisseur; elle est recouverte d’un enduit en ciment, ainsi que toutes les parois de la chambre de travail, car, à défaut de cette précaution, la maçonnerie de briques ne présente pas une étanchéité suffisante à l'air comprimé.

Au sommet de la voûte, on a ménagé un vide circulaire de 0"70 de diamètre, it

dans lequel on engage un moule cylindri- rep oreme ne niciere que en bois, recouvert de tôle; autour de - de a > pur de ce moule, que l’on relève peu à peu, on | Fig. 130.

pilonne du béton jusque vers le sommet du

puits. Là, on met une amorce E de cheminée en tôle qui porte le sas à air D. La partie supérieure du puits est laissée vide, et forme une cuvette hémisphérique qui permet de dégager facilement la cheminée,

lorsque le travail est achevé ; cette cuvette est remplie d’eau, afin d'aurmenter la charge et de s'assurer de l'étanchéité.

Avec le secours de l’air comprimé, on put facilement enlever la vase qui avait pénétré par siphonnement dans la partie basse du puits; à pression de l'air permit même de descendre la fouille à plus d’un mètre de profondeur au-dessous du puits, sans qu'il se produisit ni éboulements, ni déperdition d'air; cette fouille fut remplie de béton coulé er sous-œuvre, et on acheva ensuite le remplissage du puits. On n'abardonnait dans la masse que l’amorce du tube en tôle.

Get exemple montre bien que l'on peut compter sur l'étanchéité de la Maconnerie au mortier de ciment bien lissée à la surface, et que l'on peut, sans crainte, constituer les parois d’une chambre de travail ave: de la maçonnerie de ce genre.

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