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C. Appareils de traction

Les appareils de traction sont usités toutes les fois qu'il s'agit de produire sûrement, rapidement. et sans secousse, une manœuvre exigeant une traction considérable dans une direction quelconque.

Nous connaissons déjà ces appareils, qui ne diffèrent pas en principe soit des appareils de levage soit des appareils de rotation que nous avons vus dans les grues.

Appareils pour la rotation du pont tournant des bassins de radoub de Marseille. — Les appareils hydrauliques funiculaires, au nombre de deux, destinés à effectuer le mouvement de rotation du pont, sont, dit M. Barret, fixés horizontalement sur des massifs en maçonnerie de pierre de taille et disposés comme l'indiquent les figures 4 et 5, planche XLVII. (Voir aussi la légende que nous avons donnée précédemment).

Chaque appareil comprend un cylindre en fonte dans lequel se meut un plongeur de m ,30 de diamètre et de 2™,80 de course, actionné par l'eau sous la pression de 52 atmosphères.

Le fond de chaque cylindre porte une poulie de m ,60 de diamètre; les têtes des plongeurs en reçoivent deux.

Une chaîne de 22 millimètres s'enroule sur les poulies des deux appareils et sur la couronne à gorge ZZ du pont. Chacune des extrémités de cette chaîne est fixée à l'un des cylindres des appareils. Ceux-ci sont conjugués par une chaîne reliant les têtes de leur> plongeurs et passant sur une poulie de renvoi X placée horizontalement dans le plan des axes des cylindres.

En temps calme, la pression à laquelle s'élève l'eau dans les cylindres de rotation est de 27 à 28 atmosphères au départ et de 8 à 9 pendant le mouvement; par de forts coups de mistral, cette pression a varié entre 40 et 45 atmosphères au départ et 30 à 35 pendant le mouvement.

Appareil des portes d'écluse du bassin À flot de Bordeaux. — Cet appareil, qui a été établi en 1880, est la première applica-

tion en France de l'eau comprimée à la manœuvre des portes d'écluse. Le système pratiqué à l'étranger a reçu un perfectionnement important en ce sens que les deux ventaux d'une porte sont actionnés par un appareil unique; la manœuvre y gagne en rapidité et en précision, et l'économie réalisée s'est élevée a 6,500 francs par porte.

Ces engins ont été étudiés et installés par M. l'ingénieur Boutan, qui en a donné la description suivante :

v L'appareil de manœuvre d'une porte comprend divers organes, que l'on peut classer ainsi :

« 1° L'appareil moteur;

« 2° Les organes de transmission ;

« 3° Le régulateur.

c Appareil moteur. — L'appareil est du type généralement adopté pour les appareils hydrauliques. Il comprend (fig. 4, 5 et 6, pi. XL1X), deux fourreaux cylindriques en fonte, de mêmes dimensions, placés horizontalement dans le prolongement l'un de l'autre, les ouvertures se faisant face, et munis chacun d'un plongeur qui y pénètre en traversant un presse-étoupes.

« Les fourreaux sont scellés dans la maçonnerie et leur culasse est formée d'une plaque de métal boulonnée sur l'enveloppe cylindrique. Les têtes des plongeurs et des culasses des fourreaux portent chacune deux poulies en fonte de m ,70 de diamètre, disposées sur le même axe.

« Deux chaînes, fixées par une de leurs extrémités à chacun des fourreaux, passent successivement sur les quatre poulies d'un même appareil, de manière à former deux moufles distinctes, et tout mouvement de l'une des moufles est transmis à l'autre par l'intermédiaire d'un cadre qui relie les axes des poulies portées par les plongeurs. Les poulies mobiles sont guidées par deux cours de glissières, en fonte, scellés contre les maçonneries. Il suit de là que si, sous l'action de l'eau comprimée, l'un des plongeurs sort de son fourreau d'une certaine longueur L, l'autre plongeur pénètre dans le sien de la même quantité; en même temps, le bout libre de la chaîne de la première moufle se raccourcit d'une longueur 4L, tandis que le bout libre de la chaîne de l'autre moufle se déroule sur la même longueur. L'un des plongeurs commande l'ouverture, et l'autre la fermeture des portea.

« La distribution de l'eau comprimée s'effectue d'ailleurs à l'aide d'appareils à soupape du système Armstrong.

« Organes de transmission. —Les organes de transmission sont formés de chaînes et de poulies.

« Le circuit total des chaînes se divise en trois brins distincts (fig. 4, pi. L).

Le premier brin, fixé à l'un des fourreaux de l'appareil de manœuvre, s'enroule autour de la moufle correspondante et actionne le vantail V.

« Le second brin est disposé symétriquement au premier autour du second fourreau et de sa moufle et actionne le vantail V.

« Le troisième brin, destiné à rendre les mouvements des deux vantaux solidaires l'un de l'autre, est fixé au vantail V, au droit du point d'attaché du second brin ; il passe dans un couloir ménagé à l'intérieur des maçonneries, longe la partie supérieure du bajoyer opposé à l'appareil de manœuvre, et redescend au niveau du radier pour se terminer à la face aval de l'autre vantail, au droit du point d'attache du premier brin.

« On voit que chacun des brins premier et second est alternativement actif ou passif, suivant qu'on ouvre la porte ou qu'on la ferme, et que le troisième brin n'a d'autres fonctions que de transmettre le mouvement de l'un à l'autre vantail.

« Dans les explications qui vont suivre, nous continuerons à désigner ces brins de chaîne par les mômes qualifications, premier, second et troisième.

« Des poulies de renvoi, de môme diamètre que celui des poulies mouflées, sont disposées à chaque changement de direction dans les différents couloirs traversés par les chaînes.

« Régulateur. — Le régulateur R du mouvement consiste en un contrepoids suspendu à la partie horizontale de la chaîne, dans le circuit parcouru par le troisième brin.

« L'appareil (fig. 7) est logé dans une chambre de section rectangulaire ménagée à l'intérieur du bajoyer de rive. Deux poulies, fixées aux parois de cette chambre, reçoivent le troisième brin, qui, au lieu de passer directement de l'une à l'autre, supporte en son milieu une troisième poulie mobile à laquelle est suspendu le contrepoids.

« Celui-ci est formé de deux plateaux en fonte maintenus par quatre montants en fer. Les plateaux, munis de galets, roulent sur des rails scellés verticalement dans la maçonnerie et destinés à leur servir de guides; ils sont chargés de gueuses de fonte dont le poids doit être convenablement déterminé.

« Quand le contrepoids est descendu au point le plus bas de sa course, il repose sur un support en fonte dont la hauteur peut être réglée au moyen d'un vérin.

« Grâce à cette disposition, le mécanisme de l'appareil réalise deux conditions importantes :

« 1° Lorsque le contrepoids, pendant le mouvement, est détaché de son appui, la longueur horizontale développée entre les deux extrémités du troisième brin augmente ou diminue du double de la variation de hauteur du contrepoids, sans que la tension soit modifiée;

(( 2* Lorsque le contrepoids vient au bas de sa course, et par conséquent repose sur un appui, 1® troisième brin cesse d'agir et sa tension devient nulle. »

Pour que le mouvement des deux vantaux solidaires soit régulier, il faut réaliser les conditions suivantes :

1° Le point d'attache des chaînes sur chaque vantail doit coïncider autant que possible avec le point d'application de la résistance ;

2° La longueur du circuit des chaînes doit être, en raison du mouve-

ment circulaire, décrit par les points d'attache autour des tourillons, susceptible d'une certaine élasticité, tout en maintenant là tension du circuit à peu près constante ;

3° La position en plan des points d'attache et des poulies doit être telle que les deux vantaux arrivent simultanément en contact soit avec le buse, soit avec le bajoyer de leur enclave respective.

Gomme le fait remarquer M. Boutan, l'appareil moteur à deux cylindres à simple effet conjugués pourrait être remplacé par un seul cylindre à double effet avec piston ordinaire; mais avec l'appareil à simple effet, les réparations sont plus faciles et surtout les fuites dans les presses-étoupes des plongeurs se manifestent immédiatement aux yeux, tandis que les fuites qui se produisent dans un cylindre, d'une face à l'autre du piston, ne sont pas apparentes.

Appareil des portes en éventail du bassin de Freyclnet» à, Boulogne. — Cetappareil, projeté par M. l'ingénieur Guillain, diffère du précédent en ce sens qu'il ne comprend qu'un cylindre à eau comprimée actionnant un treuil à deux tambours indépendants montés sur le même axe; suivant qu'on embraye avec un treuil ou avec l'autre, on ouvre ou on ferme les portes.

Le cylindre est à simple effet et le mouvement de la tête du plongeur, amplifié par une moufle renversée, est transmis au treuil par une poulie de renvoi et par une poulie à empreintes calée sur l'arbre du treuil ; la chaîne, après avoir entouré sur une demi-circonférence la poulie à empreintes, va passer sur une seconde poulie de renvoi et descend dans un puits où elle se termine par un contrepoids. Ce contrepoids a pour fonctions : 1° de tendre la chaîne sur la poulie à empreintes ; 2° de faire revenir en arrière le plongeur du cylindre jusqu'à son point de départ, quand le mouvement d 'ouverture ou de fermeture est terminé et que la soupape de vidange de l'eau comprimée est ouverte.

Les deux tambours du treuil tournent librement sur leur arbre commun; ils sont séparés par un manchon d'embrayage dont la position détermine l'entraînement du tambour qui doit agir; le second reste libre, ce qui lui permet de tourner en sens inverse pour laisser dérouler sa chaîne à mesure que la porte se déplace.

Les quatre moteurs hydrauliques pour la manœuvre des treuils des quatre portes en éventail ont coûté 11,400 francs, et ces treuils euxmêmes ont coûté 3,000 francs.

Apparellsde translation du pont roulant de Salnt>Mak>.

— « Ces appareils se composent de deux presses hydrauliques dont les cylindres en fonte ont 55 millimètres d'épaisseur.

o Chaque cylindre est fermé par un couvercle boulonné avec lequel est venue de fonte une chape portant quatre poulies.

« Le plongeur a m ,38 de diamètre et 2 m ,45 de course ; il est formé par un cylindre en fonte de m ,035 d'épaisseur; la tête est mobile et maintenue avec des boulons; elle porte, comme le couvercle, une chape

garnie de trois poulies; sa course est guidée par deux barres en fer

forgé de 90 millimètres de hauteur sur 78 ^ d'épaisseur.

« Les chaînes de traction sont en fer rond de 25 millimètres de diamètre; elles sont mouflées sur les poulies et chacune d'elles est renvoyée dans la direction de Taxe du pont. L'une des extrémilés des chaînes .est fixée à la presse correspondante au moyen d'un tendeur; l'autre extrémité est attachée sous une des pièces de pont. »

Appareils de translation pour chariot roulant. — La figure 105 représente l'appareil hydraulique de translation d'un chariot roulant pour locomotives, installé par les ingénieurs de la C le de l'Ouest à la nouvelle gare Saint-Lazare, à Paris; cette figure est empruntée à la notice publiée par la Revue générale des chemins de fer.

Le chariot roulant est une plate-forme portant une voie et montée sur quatre roues de m ,65 de diamètre, dont les fusées d'essieux ont m ,l2 de diamètre :

uu

Le poids du chariot est de ... .

Celui d'une locomotive qu'il reçoit.

D'où une charge toialo de . .

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