EN CONSIDÉRATION DE SES SERVICES
DU COMTÉ DE MARLE, DE LA MOITIÉ DU COMTÉ DE SOISSONS ET AUTRES TERRES CONFISQUÉES SUR LE CONNETABLE DE SAINT-POL.
(Copie au Mémorial de la Chambre des Comptes P, Archives nationales, reg. P a3oo, fol. 237.)
Louis, par la grâce de Dieu roy de France, scavoir faisons a tous présents et advenir, et (que), pour la grande et singulière amour et affection que nous
Rohan aurait prêté en 1477 sur la croix de Saint-Laud. Il résulte de la vérification faite par M. Albert Lemarchand, bibliothécaire en chef de la ville d’Angers, qu’il s’agit d’un serment prêté par Poncet de R. . . .e (Poncet de Rivière), le sire d’Urfé et le trésorier de Bretagne Landais , par ordre de Louis XI. Le comte cle Gié aurait simplement apporté cet ordre. Encore M. Lemarchand est-il porté à lire : trie sgT de Co~ mingie» au lieu de crie sgr conte de Gié». Le serment dont il s’agit est ainsi libellé : cr Je jure et fays serment sur cette 1res saincte et vraie croix que je n’ay esté consentent, participant, adhèrent, complice ne coupable
des poisons dont . est faite desdites
lectres et que oncques je n'en euz . ne
communicacion avecques quelconque personne et sur ce jamais ne donné conseil, faveur, souslenement, avde, participacion ne adhérence a maistre Ylkier Marchant, Jehan Hardy ne autres quelconques, et que desdites choses je suy pur et inocent et non coupable.» (M. Alb. Lemarchand.) Il s’agit ici de l’accusation bien connue portée contre Ythier et Poncet de Rivière d’avoir voulu
attenter à la vie de Louis XL Poncet de Rivière obtint sa grâce.
(1) Pierre de Rohan fut fait maréchal par lettres patentes du 11 octobre 1476. Ces lettres sont publiées par dom Morice, t. 111 , col. 3oi.
A la suite de sa nomination le maréchal fit demander au vieux comte de Dammartin une épée : celui-ci lui répondit par la lettre suivante :
itM. le maréchal, mon neveu Vigier m’a dit que vous aviez volonté d'avoir une épée que j’ai. Je voudrais bien avoir meilleure chose de quoi vous eussiez envie, car vous en profiteriez si homme en profitait : mais je veux garder un précepte du feu roi, a qui Dieu fasse paix, qui ne vouloit point qu’on donnât à son ami chose qui piquât. Je l’envoie donc à monsieur de Bajaumont qui vous la vendra six blancs, dont il fera dire une messe en l’honneur de monsieur Saint-Georges. Si j’étais homme à qui l’on dût faire savoir des nouvelles, je vous prierais que vous m’en fissiez savoir: mais je ne suis pas pour le présent du nombre des gens de bien. J’écris au roi touchant la
avons toujours eue envers notre très cher et féal cousin Pierre de Rohan, chevalier de notre ordre, seigneur do Gié et mareschal de France, et en faveur des bons, continuels, agréables, recommendables services qu’il nous a par cy devant faits ou fait de nos guerres ou autrement, en plusieurs maniérés, a l’entour de notre personne, en nos plus grands et principaux affaires, fait et continue chascun jour et espérons que encore plus face ou temps a venir, voulans a cette cause l’en remercier, et afin que doresnavant il puisse mieux et en plus grande auctorité, honneur, dignité et preeminance faire et executer les grands charges et exploits que luy seront par nous ordonnés, tant au temps de paix que de guerre, et qu’il ait mieux de quoy honnorablement entretenir son état en notre service et suporter les grands frais, mises et dépenses que faire luy conviendra en notredit service, a iceluy Pierre de Rohan, notre cousin, pour ces causes et autres a ce nous mouvans, avons de notre certaine science, propre mouvement, grâce especialle, pleine puissance et auctorité royalle donné, cédé, quitté et transporté et délaissé, donnons, cédons, quittons, transportons et délaissons par la teneur de ces présentés pour luy, ses hoirs masles et femelles, descendons de son corps en loyal mariage, la comté de Merle, avec toutes ses appartenances et appendances et deppendances quelconques, ainsy quelles se comportent et estendent, et pareillement la moitié de la comté et chastel de Soissons et ses appartenances qui feurent et appartiendront a feu Jean de Luxembourg (1), en son vivant comte de Merle, fils de feu Louis de Luxembourg, en son vivant comte de S. Pol, connestahle de France; lesquelles comté de Merle et moitié de celle de Soissons nous sont advenues et escheués par la confiscation et forfaicture dudit Jean de Luxembourg, pour les causes et ainsy qu’il est plus a plein contenu es lettres de jugement, arrest et déclaration, tant par nous que par notre cour de parlement
garde de celte place : je le voudrais bien supplier, s’il n’y met d'autres gens, qu’il lui plût de m’en de'charger, car je fais doute d’y faire mal ses besognes et les miennes. Je prie Dieu, monsieur le maréchal, qu’il vous donne ce que vous desirez. »
(Barante, Histoire des ducs de Bourgogne , Marie de Bourgogne, liv. IL — Cimber et Danjou, Archives curieuses, t. II, p. 60.)
Dammartin était alors en disgrâce.
(1) Jean de Luxembourg, comte de Marie et de Soissons, tué le an juin 1/176, à la bataille de Morat, par les Suisses, fils du connétable de Sainl-Pol (Louis de Luxembourg), qui eut la tête tranchée en place de grève pour crime de lèse-majesté, le 19 décembre ihj5.
sur ce faits, quelque part que lesdits comtés et leursdites appartenances et
dépendances soient scituées et assises en notre royaume .
■ sans aucune chose y reserver a nous ne a nos successeurs roys de
France, fors seulement les foy et hommage lige, ressort et souveraineté, en faisant et payant par notredit cousin et sesdits hoirs les droits et devoirs anciens deubs et accoustumés qu’il appartiendray. Si donnons . etc.
Donné a Selomes, près Vendosme, l’an de grâce mil quatre cent soixante seize, et de notre régné le seizième.
Sic signatum, sub plica : Louis, et supra plicam : Par le roy, les sires de Beaujeu, de Dunois, l’evesque d’Alby et autres présents. Picot.
Visa, et est scriptum, lecta, publicata et registrata per dominum Petrum de Roham, militem, dominum de Gié, marescallum Franciæ. . . (etc.) Actum in parlamento, décima die martii, anno Domini millesimo quadringentesimo septuagesimo sexto. Sic signatum : Bbdnat.
Collationné par nous, conseiller maistre a ce commis, Lelong.
AuberviUiers, janvier 1676 (1/177).