DEPUIS 1789 JUSQU'EN
J 'ai souvent exprimé le voeii que l'oh multi-^ pliât les mémoires sur la révolution, et que dans une sage attente de ceux-ci, on nous épargnât les histoires de la révolution, La richesse dans les uns, et la sobriété dans les autres , sont ce qui peut nous* convenir le mieux. J'ai souvent demandé aux hommes qui ont été à portée de voir de près, et de connaître par eux-mêmes les principaux évèr nemens dé la révolution , de ne pas laisser périr les matériaux qu'ils peuvent posséder sur cesmêmes'évènemens. Leur qualitéde témoins i^end ces matériaux bien précieux : en apportant tous leurs soins pour en former des mémoires, avec le temps ces matériaux fourniront la base véritable de l'histoire de cette grande époque. Plus celle-ci a eu , plus elle doit avoir
tf influence sur la destinée du monde, pluà «lie est défigurée par l'ignorance des uns, par la présomption des autres , par les préjugés et par l'esprit de parti d'un trop grand nombre , plus il est de ce que je qualifierai de devoir y pour tous ceux qui ont les moyens de servir, en quelque partie, de guides véritables aux contemporains et à la postérité, de ne pas soustraire à la connaissance des uns eX de Fautre , les notions qu'ils peuvent avoir recueillies sur les hommes et sur les choses de leur temps«
Celui dans lequel nous vivons , possède à tnet égard de grands avantages sur ceux qui Font précédé. La difiîision des lumières, suite nécessaire de la dvilisation moderne et d'une éducation plus généralement répandue, doit faire que dans notre âge , il ne peut manquer de se trouver parmi les acteurs on les specta-^ teurs des évènemens , un plus grand nombre d'hommes propres à les observer, et à transmettre leur souvenir soûs les formes véritables qu'il ont eues.
Dans ce grand mouvement, qui depuis trente ans a afiècté la société européenne^ tous les peuples ont été appelés à comparaître^ à sokiv dès épreitves j^us ou moi&s forteS| à
Voir leut élat changé , ou bien à recevoir àû «loins une existence modifiée , lorsqu'elle n'a pas été renouvelée en entier, cdmime il est arrivé en tant d'endroits • par conséquent une masse immense de faits doit avoir eu lieu sur une scène aussi vaste et aussi prolongée; un nombre immense d'acteurs ont dû être mis en mouvement pour la remplir, et par une nouvelle conséquence tirée de l'ordre social actuel , un nombre infini d'hommes éclairés peuvent fournir cette espèce de témoignages que réclanïe l'Histoire.
Que l'on côttipare Pétat moral de l'époque de la , réformatîon , et celui de la guerre de trente ans, avec l'époque actuelle, et l'on verra quel avantagé relatif Pétat des lumières modernes donne pour bien écrire notre histoire*
Mais dans un horizon' aussi étendu , chacun ne peut indiquer que le point qui était placé dans son rayon visuel; il doit se borner à cela , car n'ayant pu voir et savoir que cela , ce n'est aussi que de cela seul qu'il peut répondre.
11 faut rire de ces honimes confians qui, bien isolés des évènemfens , bien séparés du théâtre et des acteurô, bien protégés cotitre ies lumières par une obscurité personnelle,
tju'à bon droit on pourrait dire impénétrable, n'en ont pas moins le courage de donner au public, qui ne les leur demande guère, des bistoires soit partielles , soit générales de la révolution 5 , et qui décrivant ce qu'ils n'ont pas vu, peignant ceux dont ils n'approchèrent, jamais, croient bonnement que des extraits de papiers publics rédigés tour à tour par les partis , suffisent à l'instruction des lecteurs , et correçpondent à la nature même de cette importante histoire; ce sont d'intrépides écrivains qui ne reculent devant aucune difficulté, et dont le courage fait trembler pour l'Histoire et pour la vérité. Je voudrais bien que ces hasardeux historiens eussent la bonne foi de ïîous indiquer les sources dans lesquelles ik ont puisé; qu'ils voulussent bien nous dire s ils habitaient à la fois dans toutes les parties de l'Europe qu'embrassent leurs tableaux , si doués de la faculté de se multiplier, ils assistaient le même jour dans les. conseils de Paris , de Londres, de Madrid, de Vienne, de Berlin, de Pétersbourg , de Rome et de Naples , enfin , si pendant quinze ans ils ont résidé aux cotés de celui qui , dans le cours de trois lustres , entraîna le monde à sa suite , seul lui imprima
le mouvement , et fit que pendont tout ce temps y ce même m^nde ne connut et ne répéta qu'un seul nom , celui de cet homme extraordinaire.
Et cependant voilà les moyens dont doit être pourvu quiconque se propose une tâche aussi étendue que l'est celle d'écrire l'histoire de la révolution.
Mais comme cette espèce dHomniscience ne peut être l'apanage d'un seul homme, il s'ensuit nécessairement que chacun en particulier, pour mériter confiance , doit se borner au récit de ce qui s'est passé sous ses yeux. Ijà il a pu être un appréciateur éclairé , là il peut de- ', venir un témoin aussi imposant, qu'il serait un narrateur suspect sur dés objets dont il ne parlerait que d'après des traditions toujours sujettes à contestation, ou sur des récits tracés par l'intérêt ou par l'esprit de parti.
Depuis long-temps je me suis imposé le devoir dont je viens de crayonner le tableau, . et je l'ai renx^li autant qu'il était en rpoi , c:omme une dette envers le temps pi'ésent et le temps à venir.
L'ambassade de Varsovie, le3 Mémoires sur la révolution d'Espagne , le Récit de la restau^-
ifatioo du 3i mars 18149 avec la partie hïsto4: vîque des quatre Çoucordbts (i) , forment }us+^ qu'à cie jour k portioa du tribut que je devais à rHistoire.. Après avoir fait. aux autres, laloide transmettre avec sincéinté ce qu'ils avaient vu et CQnnvi, je ne pouvais m'en croire affranchi pour moirEpiêixie. Je suis bien sûr de Tavoir rempli avec impartialité, franchise et vérité, même à mes risques et périls,.
Je viens compléter Tacquittement de cette dette , par l'exposé de cç qui s'est passé dans. ^ la Belgique depuis 1 789 jusqu'en 1 794.
Des avantages de position personnellem'ont mis à portée de connaître et d^ voir de près^^ les hommes et les choses de ce temps. On en a parlé avec autg^nt de légèreté et d'inconsidération qu'ocL l'a feit de h^aucoup d'autres actes de la même époque , et a^uvçnt comme de simples faits militaii:es. Voir la Belgique en va-* liie par les Fra^çaisi en i ^92 , évacuée par eux en 1793, reprise en 1794? pour être perdue de nouveau en i8i4; c^Wç alternative de conquête et dç perte a été tout pour des, I. II. ■ .1 1 1 II I I 1 1 ■ I III . Il II 1 .1 1 I f^^^^^^i I II ■■■ I 11 I i^»—»~iiii I , i^«i
• - (0 Gea ouvrages se trouvent è^^ Paris, chez Béehelji^ libraire > quai dés. Augualinii ,^ u^ 57^
(7) ' ' observateurs superficiels , ou placés loin du point d'optique véritable ; tandis.qu'au-delà du théâtre apparent , il existait une arrière scène ^ à laquelle il Êillait pénétrer, et dont les mou-vemens dirigeaient les acteurs qui paraissaient sur le devant du théâtre^ il en a été là comme sur les théâtres de Rome, où les rôles se distribuaient entre des acteurs dont les iins profé^ raient les paroleset lesautr^ fàisaientles gestes. ^
Il ra'a paru important de faire bien connaître ce qui s'est passé à cette époque > pour donner aux historiens préseus et à venir de la révolution , des documeus sans lesquels ils ne pouvaient que s'égarer eux-même^ , et égarer les autres... Toute l'action politique de l'Europe a, pendant deux ans,^ dépendu de ce qui se passait dans la Belgique ; là était le théâtre principal des évènemens ; le conseil commua * de toute la partie de l'Europe qui combattait la révolution , siégeait du bien aboutissait à Bruxelles. / ,
11 est donc essentiel pour bien apprécier la tnarche politique de ce temps, de connaître ce qui se passait dans ce pays , d'assigner les in-* fluences diverses, le jeu des partis, les combats qui avaient lieu daus l'intérieur même de l'al-^
lîanee opposée à la France à divers degrêi?^ ainsi que le but différent que se proposaient ees alliés mal assortis.
A cette époque la Belgique fit la destinée de l'Europe ; car défendre la Belgique contre la France, ou lui abandonner cette superbe possession, changeait toute la combinaison de la politique européenne.
La richesse de cette conquête suppléait à tout ce que la Convention , et les deux assemblées qui Pavaient précédée, avaient détruit de moyens de soutenir la guerre et la révolution. C*est la Belgique cpiî a comblé le déficit do ce temps.
L'éclat de cette conquête jeta un grand lustre sur les armées fi'âncaises, dont la terreur commençait à se faire ressentir en Europe. ' En France , l'occupation que cette coiiquête donna' au dehors par l'extension du théâtre de la guerre , éloigna du centre des affaires et de la participation au pouvoir, unefoule d'hommes qui , sans cette diversion , se seraient retournés sur l'intérieur mçme de la Frauce, et qui n'auraient pas manqué de chercher à agir sur ) le pouvoir civU. Les militaires l'ont tous tenté les ims à la suite des autres j ainsi M. de
Lafayette en donna Texcmple en 1 792 , lorsqu'il vint au nom de son armée demander réparation pour l'affront fait au Roi , parla scène du bonnet rouge. Dumouriez l'essaya en 1 798 ; Pichegru y travailla pendant les années 1 795 , 1796 et 1797; il vint s'y faire prendre avec le général Moreau en 1801 ; Augereau l'exécuta au profit d'à utrui et du désordre en 1797. Il était réservé au seul Buonapartede l'accomplir à son profit et à celui de la France, comme il le fit au 18 brumaire. En 1799, im parti voulut mettre le général Joubert à la tête d'un mouvement semblable, et pour le présenter avec plus dejfaveurà la nation, il lui donna le commandement de l'armée destinée à combattreSwaroff, s'imaginantquela France n'aurait rien à refuser au vainqueur- du-héros Sarmatej mai^ ni Joubert, ni ses meneurs, n'étaient d'étoffe à remplir la place de Buonaparte ; celui-ci a toujours été hors de pair.
A cette époque, la guerre tourna toutes les ambitions vers le champ de Mars, même comme moyen à venir d'influence dans la politique; on allait semer là pour recueillir dans l'intérieur, et pour y acquérir des titre» de domination. Quand la guerre fut toiU^
(lo)
les guerriers, à leur tour, se crurent fàîtss pour être toiU^ et cessant de ne voir danâ l'armée que les serviteurs de l'état, ils pré-» tendirent que l'armée ne fât pas pour la France , mais que la France fût pour l'armée.. Ainsi la conquête de la Belgique exerça une influence fort grande, quoiqu'indirecte , sur les afiaires intérieures de la France.
Cette conquête livrant à la France , la Hollande , le pays de liége et la rive gauche du Rliin, rapprochait ainsi la puissance firançaise et celle de la révolution ^ encore plus redoutaUe , des barrières du nord. Elle don* nait par là une directioi| nouvelle à la politique de cette contrée, et surtout à celle de l'Angleterre, qui se vit menacée par le passage ^e la Hollande d'un ét^t de liberté et d'alliance avec elle, à une espèce d'incor-» poration avec la France.
Là furent rendus sensibles et comme palpables les résultats qu'avait , pour tout le nord , de l'Europe , l'occupation de la Belgique par la France; là furent jetés les germes de la création du royaume des Pays-Bas comme l'avant-mur du nord contre de nouveaux dé» bordemens de la part de la France,
Ce nW donc pas une petite époque dans rilistoire de la révolution que celle des évènemens qui eurent lieu dans la Belgique au temps que Je me propose de retracer, et j'ai pensé que le plus sûr mo]j;en de donner une idée juste de ces éyènemens, était dé les dégager des compilations des gazettes^ du récit des seuls évèiiemens militaires qui forment le fonds ordinaire de ce qui a été écrit sur cette époque , pour substituer à ces moyena vulgaires d'enseignement la manifestation des ressorts secrets qui alors dirigèrent tout.
C'est ce que je vais remplir en commençant par un exposé succinct du caractère et de l'histoire des Belges. Ce préliminaire est indispensable pour Uen comprendre ce qui va suivre.
Le Belge, placé entre la France, l'Allemagne et la Hollande, n'est ni un français, ni im allemand, ni un hollandais; il tient plus du dernier que des deux premiers, mais ^ sans cesser d'être lui-même. On pourrait dire <|u'un hollandais est un belge perfectionné; car, à toutes les qualités qui sont propres à celui-ci , le hollandais en joint qui lui appartiennent exclusivement. La différence enj;i^
les deux peuples provient principalement de la différence de letir religion , et d'un ordre de relations plus étendues dans lequel le hollandais se trouve placé. Celui-ci peut embrasser le monde, taii(^s que le Belge , retenu d'ailleurs dans les liens d'une religion moins ^ibre, est borné au cercle étroit de ces localités propres. Tous les mouvemens extérieurs des Belges étaient observés avec une onfibrageuse vigilance par la Hollande et par d'autres puissances de l'Allemagne. L'Escaut était fermé, Ostende était surv/eillée^ on ne laissait de libre aux Belges que leurs champs et leurs temples. Voulez-vous un peuple bon, franc, hospitalier, laborieux, économe, ami de l'ordre ^t de la régularité, vous le trouvez dans le Belge j c'est un peuple nativement moral, dont on pourrait dire que la ;^ertu est dans le sang, et qu'elle vient le trouver plutôt qu'il ne la cherche. Voué au culte de l'habitude, et à une succession de jours également paisibles, le calme fait son bonheur; sa vie est une ligne droite, ses affections sont dépourvues d'émotions, et ses joies de mouvemeht; ne le juge? point par la froideur et l'embarras de ses manières, spn cœur ne man-
^le pas de chaleui', surtout pour la bienfaisance, il se réchauffe à ce feu sacré; ne le troublez pas , alors son support pourra ressembler même à de l'amour j ne le recherchez pas, le mérite des prévenances' peut lui échapper; ne le chagrinez pas, vous le verriez s'éloigner et comme rentrer en lui-même, et pour le faire sjortir de ce for intérieur vous pourriez avoir- beaucoup à faire, car, de tous les hommes, le Belge, est celiii auquel la séquestration de la société coûte le moins, il excelle à , se passer des autres.
Le Belge a conservé Famour de la vie intérieure, principe des vertus domestiques; ainsi l'état de &mille est en honneur chez lui. Son esprit a peu d'éclat, mais il est juste , on dirait qu'il fait plus usage de son sens moral que de ses facultés intellectuelles; aussi sa littérature est-elle très bornée, et son travail porte-t-il de préférence vers l'érudition. Les commentaires et les gloses sont les occupations favorites de ses laborieux écrivains ; ces travaux obscurs abondent dans ses bibliothèques , elles sont vides d'ouvrages d'invention.
Le ÎBelge fut long-temps le premier peuple
hfianufaclurier du monde. Dans les arts, il à joui de plusieurs siècles d'aînesse sur FAn* gleterre elle-même ; son école de peinture oo* cupele second rang parmi celles de l'Europe , et quelquefois elle fit craindre une rivale à Rome. Les champs de la Belgique oflFrent le premier théâtre de culture de l'Europe entière» Dans ces derniers temps, on en a fait honneur aux moines, idée &usse domme beaucoup d'autres , témoins la Hollande et l'Angleterre, qui ont bien su fertiliser leurs champs sans ces auxiliaires. Un peuple laborieux et per* sévérânt a créé un nombre infini de villes, de villages, qui l'emportent sur beaucoup de cités renommées , de canaux qui fertilisent les campagnes , et qui enrichissent les villes par les immenses facilités qu'ils donnent au commerce, de routes superbes qui l'emportent, par la solidité et la décoration, sur tout ce qui se voit ailleurs; en un mot, la Belgique est un coin de terre dont le travail et l'industrie réunis ont fait un des séjours le mieux appropriés au bonheur de l'homme,qui existent ftur le globe. Dans ce pays, tout dans Tordre domestique porte l'empreinte ^e la sagesse et du calcul.
Le Belge n'a pas, comme le Hollandais ^ la gênante superstition de la propreté , mais il en a retenu ce qui est vraiment à l'usage de l'homme, l'éclat et la fraîcheur. Chez lui, les habitations sont solides et commodes , l'aisance est partout, et le luxe presque nulle part. L'économie est comme innée parmi les Belges j elle les tient au-dessus des coups du sort et de la fortuné. On ne peut ruiner des hommes parmi lesquels règne une r^le générale de borner la dépense à tme partie des j&cultés, en réservant l'autre pour un accroissement successif de la richesse. C'est ce qu'ont éprouvé les Belges pendant les longues guerres de la révolution. L'usage général de la Belgique étant de placer le surplus des revenus dans les diflFérentes banques de l'Europe, et principalement sur celle de Vienne, il s'est trouvé que , pendant la révolution , il y a eu peu de Belges qui n'aient été atteints par- les banqueroutes que tous les états ont faites chacun à leur tour. Comment ont ils paré à ces pertes? en recourant à l'économie , mère de ces capitaux perdus, et dont la perte n'altérait pas le fonds primitif de la ricliesse qui Içs avait créést^l est probable qu'à cette heure
le même procédé à réparé une partie de ce qui alors a été perdu. Tout peuple qui suit cette méthode préservatrice est inruinable^ comme tout peuple qui ne s'est pas. ménagé cette ressource est toujours sur le bord de sa ruine.
. Le Belge est très religieux. L'attachement à la religion catholique empêcha la Belgique de faire cause commune avec la Hollande. Lors de la séparation de celle-ci avec l'Espagne, la politique entraînait la Belgique du côté de la séparation , mais la Hollande ayant embrassé la réformation, la religion fixa, la première du côté de l'union avec l'Espagne, et la conserva à cette puissance. Aussi, dans la Belgique , la religion a-t-elle gardé une teinte du culte espagnol et italien; l'enseignement et les pratiques religieuses se rapportent à ce qui leur correspond dans ces deux contrées; \es moines n'y ont pas exercé im empire infé-, rieur à celui que leur avait cédé la supcrstitioa italienne et espagnole, souvent aux dépens du clergé séculier, que les réguhers ont effacé dans ces deux pays. Deux cents" aijs de domination espagnole avaient fait des Belges le» espagnols du nord , et si l'Espagne a long-
(»7) lempâ tenu à cette possession lointaine et iNii* neuse pour elle, qui l'exposait à des guerres continuelles avec des puissances voisines de ces contrées, il est permis de croire que les liens de la domination étaient fortifiés par Ceux des sympathies qui existaient entre les deux populations. Le Belge, concentré chez lui, ne porte guère ses regards au'-delà des limites de son pays, qu'il considère excluâvement à tout autre ^ en général, il se tient étranger à ce qui existe et qui se Ëiit ailleurSè Dépourvu de curiosité, stationnaire dsns uxt état heureux, il ne porte ni intérêt, ni co^ riosité à ce qui se passe hors de chez lui.
A l'exception des membres des hautes dasscs de la société, il en est bien peu parmi les aii-^ très qui aient la moindre notion dei'histoîr^ et des noms des pays environnans^ cette igcuo^rance, fruit d'indifférênce, m'a beaucoup^&apK pé pendant mc^n séjour dans la Belgique^ où les hommes du plus grand nom, en France fîommfl^ en Angleterre, en se trouvant au nulieu d'ua peuple qui ne soupçonne pas leur existaiiice^, seraient exppsés à recevoir tous les joutb d» grandes leçons de modestie, et du xséwt deîi^ grandeurs humaines.
SLneÊrat pas conclare de cette disposhiail pen lavorable aux Taniiés des élranf^ers, xjm Iti Belgesn'atent pis leur aristocmtie nobiliâÎM «Il moins^aotant tque leurs voisins de France A d'Aliemârgne. Loin de là; pfaas leur nebleut irt 'généraleinent peu distkigaée par Ja. bbIb^ aance, pins ib y tistment; à Tescepticxi de qilelqiiés non» plus ou moins histmqises cfOè r«n rencontre en Belgiquee , ia noblesse 4e oe paya »t au snoîns aussi pcm pure que i^est oette de Franœ; car, qu'est la md^lesad d'un pays dé trente miUions d'bonmies, pattni la^ quelle il ne se t;rouvait qu'une solde fiMniHe^ celle .de ilofaan ^ qui, avant k névoitttion , pât entaner dans le chapitre de Stra^m^. Cdiles de Grèy irt de: la 'Bf émomile no &m q>ft'y wytivet^ et sent onooteà leur preoâètte gâaé^ ration oapitulaite. - -
La noblesse belge a g^kiéi»aiemeiit dur oeffè ée F>rance l'avantage de la ^ri^essC) parce ffoe da riKàiesse ost comparativoËÉciit plus ^nde dans la ^Belgique q«i^lle ne FëA ^ BcextôB'^ mab èHe a iiussi sujt elle le désaviâ^'^ tagetide l^uêatiôn «t de Péloigni^mëiit da service mitilaire ; «car peu de 'nobles b(4geft embrassaient la profession d^ armes ; leur vie
fortune et des d^ueeur^de la yiejdojii^icp^^ vie jihm^ ^ i»lu^ 4^ dépoiwvUe 4'féçbti
La haute nobless€i b^]^ jpttîfi»ïtit,.dim$ c^i ?pntpé<^id'»ftê^e»ttsii#fai40fi pîi^^mftrqiiéeque I91 hmi^ OoWes^e ne le j^^aU §|| Fm^pç. l^ VaW^U étant pl«i§ pçl4> ie go»v^n>em€?|t inQÎD#. liPinQ^ut^ j^^ QliQm^ in{HQ^ fortes , l?à ii3^sidu5^ à ^olim^ é^^.dei'aii^ èir^plus i^maiiçuéa dans k Bdigiqu^ ^ ist ^^ouper plus da plue $bui» l'opîmoii .qu'ils ne pàuy^ieat J9 &îre «ni Frasaœ. La baute aobleâ»^. était, dufitf k jBdgiqus , s»r ]fi pied uù la ^aade jotitbksisieii se &it rei3[)t||f^^^A^ ^^ petitaiétat$ d« HAJ-^ kniagne. H &ut. ajouter q^i'eu «Belgique lesijri^^ pfietsqu'eUeol>teEidit ou imposait ^jqtefprimiciiit pas un joug bien difficsik a pof tçc^ ii;«r ett» était bien peu tÈXwbveiase , le xmiQ de la nor blesse beige se recrutait y qu bibn éta^.^ût quée par toutes sortes de voies., coxmofi .eUtf Fest eu France, et surtout parles ptaces de la
kaute jodîioat&cel
' . La Belgique actuelle ix'est que l^ombre da
la Belgique ancienne, au temps où elle comp-* tait dix^-^sept provinces. La séparation de ia Hollande foi^ma le premier grand démembrement de la Belgique^ les conquêtes de Louis Xiy en détachèrent de florissantes parties, telles que la Flandres et le Hainault français, l'Artois et le Cambraisis.
Ainsi fat réduit le superbe héntage de ht maison de Bourgogne, à ce que, depuis ce temps, on a appelé les Pays-Bas espagnols et autrichiens, et d'une manière plus générale la Belgique. Les traces de cette origine corn-mwçie et de cette existence idaitique des diverses parties de la Belgique se font remarquer partout, depuis lés rives de la Somme jusqu'à celles de la Meuse; car, dans cette éten-* due de territoire, des faubourgs j^i' Amiens à ceux de Rotterdam^ tout rappelle le genre flamand, architecture, culture, habillement, navigation, genre de vie; FArtois, la Flandre,? le Hainault, «ont des pays flamands par toiis c^s attributs , et français seulement par la domination. .
Si la Belgique avait fiai par être fort divisée , elle n'avait pas non plus commencé par être réunie dans une seule souyemneté. Sem-
blable en cela à toutes les parties de l'Europe,, dont ehacune, depuis les invasions des barbares , était devenue la propriété de qui avait pu s'en saisir, division augmentée par les apa-, nages territoriaux donnés d^ns les familles royales, apanages qui avaient l'inconvénient de scinder l'état à chaque nouvelle génération, la Belgique avait passé dans une iq&ûité de mains avant d'être réunie dans un même corps de souveraineté ; elle avait eu séSv ducs de Brabant,. ses comtes de Flandres, de HainauLt, de Namur, ses marquis d'Anvers, ses seigneurs de Malines , comme de son côté la France avait eu ses ducs de Normandie, de Bretagne, de Bourgogne, ses comtes de Toulouse, ses dauphins de Daiiphiné, et dans la Belgique' comme en France, pendant bien ^es siècles, tous ces souverains avaient pfeisse le temps à se faire la guerre pour se supplanter / mutuellement en tout ou en partie. Rendons^,' grâces au ciel au nom de l'humanité et de I» morale , d'avoir permis ou %mené 1^ réunion de ces petites souverainetés dans de plusr grands corps d'associations politiques j; car avec leur . suppression ont . disparu . presque , tovis les crimes dont cliaque page de l'Histoire
de ces temps cîé partage offre le hideux Ut^ bleati. Semblable en cela à Fliistoire deSuède^ de NorWcge, d'Ecosse, des treize royatimea d'Espagne , rbistoite de la Belgique présente , d'ttn bout à l'autre , tirl tableau de crimes alternatife commis par toutes ces ambitions rivalei^ et voisines. La possession de la sadê seigneurie de Malines enfanta plus de jfotÊiité que n'cîn a produit la réunion de dix provinces de f'rance, et, dans le fait, on rte peut s^empêcliêr, en lisant l'histoire de ces temps déplot^bjes,^ qui nous mojBLtrent les so-» ciétés hûtoaities semblables à des associations léonines , et les hommes toujours placés eu embuscade les uns contre les autres, de bénir tes progrès de la civilisation qui a affi*anchi les sociétés modernes de l'usage habituel de ces horribles procédés. On ne peut s'empê-, cher davantage de s'étonner du mauvais es- 'frrit qui pousse jorniiellemcnt uhe classe d'écrivains à célébrer k beaojté de €^ês andensr jours, à les élevef nu-des^s des nôtres, et à^ nous leâ proposer pour Ai^dcleài La vieille histoitè dje l'Ètirope fait hôrï-i^i^, mais cette fépôcité dàtts le^ nioèurs des g^ltverïiâîis n'é^ tait pas b^r^iéè à èiii ^euk : comfâe elle com^
posait les mœurs du temps^ du prince , elle descendait aux sujets 5 des souverains féroces^ commandaient à des peuples mutins. 0n ne compte de pages un peu remarquables danft ITiistoire de Fancienne Belgique que celles qui rappellent les révoltes des sujets contre les princes; celles des Gantois occupent le premier rang dans ces drames grossiers et sanglans. Plusieurs fois les Artevelles furent les chefs et les héros d'àne populace mutinée j qui ne sut jisimais qu'agir à la manière 4^ :]% . populace , c'est-à-dire s^^ns frein elWbns .tuty toujours prête à renverser, et in.C9pal:^ de rien établir, passant presque san^ interi^^lle de l'insolence à la potence.
L'Espagne avait &it gouverner la Belgique par des princes de son sang, moyen honora- He 0 la fois et fructueux pour un- pays qui aime à voir dépenser chez lui. C'était ùn^ espèce d'apanage pour les cadets dé la famille régnante. C'est ainsi que l'Autridie a contitifuié de régir quelques-unes de ses proviiices éloignées du centre de la monarcJiie , ^u- di^ jEerentes d'elle par le langage, le climat et les mœurs.
Chaque province de la Belgique avait ses états particuliers*
A Bruxelles se trouvait le conseil de Brabant, dont les attributions fortement empreintes de la rouille des siècles précédens, étaient une source d'embarras pour ]e souverain. L'Autriche entretenait à Bruxelles un, gouverneur général , plus, un ministre plénipotentiaire, plus, un conseil privé. Les roua- ]ges dé cette machine étaient fort compliqués. La jalousie du pouvoir qui avait à s'exercer fur ces pays lointains, cherchait à s'en assurer, en oppeAmt l'une à l'autre les parties qui le régissaient.
Les évëques et les abbés réguliers formaient, comme dans toute l'Europe, le premier ordre;
La nQblés^e formait le second.
0^ ^iit qu'un grand nombre de moines,, pouriris d^ns l'eçceii^ite étroite des couvens, ét^it peif propre à traiter les affaires de l'état. 11 y a iocompiSttibLlité entre l'esprit du cloitre et celjui du monde , entre les Qcccupations mo^ ijiastiques et lieus hautes spéculations sociales. La Belgique en était là lorsque Isi révolution de France éclata.
. Depuis l'attribution de la Belgique à l'Aur
tricbe y par le traité d'Utrechi > 1 7 1 3, rhumear mutine des Belges semblait être assoupie, on aurait pu la croire entièrement dissipée. Une seule commotion avait eu lieu à Bruxelles, en 1720, sous le marquis de Prié, qui représentait, dans la Belgique, le prince Eugène, gouverneur général de ce paya, retenu à Yienne par> ses infirmités. Il ' &ùt rendre justice à l'Autriche pour les ménagement qu'elle a toujours apportés dans son gouvernement de la Belgique , et pour les soins qu'elle a donné» à la bonne administration de ce pays. Une setde fois depuis la paix d'Utrecht la Belgique avait connu la guerre. Auparavant, elle en était le théâtre habituel. Le traité de 1756 semblait avoir été dicté par-le génie tutélaire de là Belgique , occupé d'éloigner d'elle la. guerre et ses fléaux. L^ Autriche avait donné successivement à la Belgique des gouverneurs gépéraux suivant le cœur des Belges. Le comte de Cobentzel les avait régis avec douceur et habileté; le prince Charles de Lorraine, frère de l'empereur François P', s'était montré parnii ewL plus çn père qu'en maître. Ce prince réunissait toutes les quaUtés que les Belges apprécient le plus. Ces choix , faits dans un esprit
éfiolûieittment belge> étaient l'ouvf âge dt Mariée Thérèse , cette illustre souveraine dont Illis-* %ùkt <^ébret*a tour à tour le courage , le gé- Aîêj i€» Yerttis propres à son sexe, la dignité vwiinient royale dans unie imposante sim^ •plicité, fe discernement dans le choix des hommes , et la force d*âme capable de la déterfihiner à se laisser servir par ceux qui n^ lui plaisaient pas personnellement, mais qu'elle ÉiFaît recotmus eap'dbles de servir l'état, chose rtire, m««s infiniment louable parmi lesprincesj Car îl est bien certain que jamais Marie-Thé^ tèse n'aima le prince de Kaunitz, et qu'elle éatrifia au bien de l'état son inclination per*- \ èonnelie, qui l'éloignait d'un ministre dont les hauteurs , les bizarreries, la vie luxurieuse, étféminée et irréligieuse, contrastaient si fortement avec les habitudes de noblesse de ré* gularité et de dévotion qui formaient le fonds de Fe^istence de Marie^Thérèse.
L'éloge de Marie-Thérèse pourrait être feit en peu de mots; son règne fait partie dû grand siècle du nord de l'Europe^ Alors la'confellation dû liord se trouva formée par trois Soiiverains ^auxen gloire de nature difFéfente, et aoùvént cdutraire. Marie-Thérèse parut au
Ci?)
miBeu dé ce brillant entourage sans être éclîp* »ee par son éclat. Elle neftitpas^ comme Cathc* riûe^ ime seconde Sémiramis : eUe ne fut pas, comme Frédéric, fondatrice de ses états, ni le chef d'une nouvelle école militaire en Europe, à la fois favorî d'Apollon et de Mars, montrant sous le ciel Etoià d$ la Germanie étonnée, la vivacité, l'étrlat et la hardiesse de l'esprit; mriin avec moins d'éclat ^le ses iieux émules, Màrië-^ Thérèse sut accpiérir uile gloire égale et àupé^ rieure en quelques points. Ornée des vertus de son sexe , qui manquèrent à Catherine , douée d'atrtant de courage que Frédéric, lorsque fé-> ditiie aux ahoîs par d'injustes ôgressenrë , .elle sut enflammer les Hongrois pour sa défense, elle eut la gloire de balancer pendaM quiira^të ans le premier génie de son sièole, elle raifeN mit la couronne des Césars mit 1$ tête de sa fa-* mille , et du Ibûd de sa rétiraite , comthatadéè par les longues douleurs de scm veuvage , au milieu de la pratique de toutes les vertus civiles et religieusefe, elle éleVa l'Autriche au rang qu'elle à ôccfapé depuis, ' La renommée, qui vit de bntif, pWcen peut--être Catherine et Frêdériti àtt-deésus de McirierTl^rèsej mafe la morale, é(ui ne con-
naît que la vertu éprouvée et solide , adjugera la palme à cette 'princesse, et lui réserve une^ couronne dont aucune fleur ne sera sujetteà se faner , comme- il est à craindre qu?il n'arrive à quelques-unes de celles qui ornent le front de ses deux rivaux.
Marie-Thérèse était Pidofe de la Belgique ^ long - temps ses autels subsisteront dans le> cœur des habitans de cette contrée; on aurait dit qu'elle était faite exprès pour eux. C'est sous le règne de cette princesse que les capitaux belges commencèrent à prendre leur . cours vers Vienne, le comte de CobeiitzeL leur imprima cette direction nouvelle. Exempts . de jla guerre, ayant cessé de la faire en nature, ayant de l'argent de reste, les Belges remplirent tous les emprunts que Marie-Thé-^ rèse ouvrit chez eux pendant la guerre de 1756,.- et jusqu'à sa mort. Bruxelles et Ari- ; vers devinreutt les ^hôtek d^s monnaies de l'Autriche*.
Les choses en était là lorsque la mort, qui. ne respecte rien, abattit cette tête à là fois, imposante et chérie, qui retenait la Belgique dans la pratique de ses devoirs, rendus fa-çiles par l'amour et la çojpifiapcej ^lor« paruL
Joseph. Avec Itd un jour nouveau se leva sur la Belgique , et bientôt après sur le monde. .
Il est peu de princes qui aient prêté à des peintures plus contradictoires que ne l'a fait l'empereur Joseph II.
La raison en est simple , et il est singulier qu'elle n'ait été ni aperçue ni indiquée par ceux qui se sont occupés du portrait, de ce prince; je n'en excepte pas même Rhulières , qui , dans son histoire de l'anarchie de Pologne , a délayé dans un long cours d'ébauches alternativement quittées et reprises, les couleurs donl se compose son tableau de Joseph : défimt commun chez cet écrivain. Tous les peintres de Joseph n'ont vu, en lui que rjbomme roi , et il &llait voir l'homme d'une époque;, car Joseph fait partie de l'é-* poque actuelle. Elle se compose de réformalion sociale;, et il a ouvert celle de ses états. 11 a donc dû sufair le sort camraan à tous les réformateurs/ qui est d'être peints d'après l'amour ou la haine que les - peintres portent à la réformation; et lorsque celle-ci touche aux. af&ires religieuses., - le dan^t redouble pour le réformateur.
Joseph a été le Julim ^ son: temps; il a
lîà être pekit comme cet en^^eur . le lui par les ckrétions et par les payeins. L'oppo-* fiition des intérêts a fait cellç des coiilei]i*s du portrait; ainsi, ponr les ennemis de la réùn^ mation 9 en Belgique par ^xieqipld^ Josepfi est Juli^ FÂpostai^ pojuir les amis .de la véSar^ Bd»l(icQa« c'âst jMlien le philosophe, orné djs toutes. les Tertus ^eVÀcôltAeZmpiu.&L Vaxx n'eut tenu le pprtmîi du Czar !pvsrre^ que de la main 'des Boyi^ds et des vi^ttx Kusaes^ «usuels il &isait fNmpec la badbe ^ ios robes ^fliatiques, oa n^auraifceiiiqiie Is taUeau d^uu ttionstre.
Gomme â amve tnu)oni^ daiii^^^^^ ixrises politi«pies^ Joseph ne s'est pas trauvi fimé 4âD& BQ point d?qptiqua comiimn pour ^ùs Jes flpeqtaiteEaiis, son ]^us;<]iii^pj(mr tous I0S pântres. Da^àa:es temps /.lès iotécéts e\ h& passions tîeament le pinceiKiy ai ViCrsent m» la ipaisifte le& eouleuis que^leur ^remet rmpdï dfi p4rti; de Jà la diAfembé des jsge^ ^mmssiLu-ieaiiiépies objets; on a f âir depeia^ lues dfbommes et ^fe mondes idiffiarens*. 1 .
JLa rérite. iest que Joseph a été ttiop loué par les uns et trop blattié par les auti^' { iqiaf il j^'«âit nitouë l«s taleos ûd toas 1^ torts
tfc^(m hn attr&uô. Impatient de la Um^t lutelle daiis laqyjdk l'avait tenu sa mère , il 9€ pressa trop ide jantr d'tm |)Of»{iraÎÉ atteodu kfl^tamps; piein des idées -ôaaçisBt y eiulaiit c«t mnoniè, il mit^ eboae ooaUnime |iat«iiil 4)ew^ xpj^ 60t ioB^temps .aiten4u 9 ua emivessem^nt trré&sohi et fimaste a les vétXxfêt, fk de pkis, A voulut. &ire exéeolep par' <|es 4N^aits^ cei]u'sl aivait .oodcq en pkâasof&ei Siea idées al'étaîeIËt^paB «iioase bi«a ^ébrouijiT lées , et il ne aoistait 4u dcepcAîsme par 'ant çoite, ipte^ peur y reotiiar ^par im^ autre. G>iitetnp0raÎQ de itédéiie^ ^es kurij6i« de ce Miltiade l'anpêciiaie&t de Aotw». La ^loît^ duhéroapniBsîeii^feaitauiaigiiîSkm^^ Se près» sait sanfi .eeee*de âbravailler à &x ae^éiir pat lui-méDae^ ilaoniffirait aivec itapatieaee que la renommée f&t pkis i^eoopée Jihin âar^uis de Brai;ideb6urg, <pMidii 9^fé8«:dalit4es Césars ; ihwmààk fisef sur ikainaiémè \e$ feêÉéfpeolces de la gloire , sentiment élevé^ fP^^vê A'pcMer 4Ht>gniiid,tair8què^ tiète ca'est ^paa4ispF<^rti^omiée aisecile leasup.
•- : JakiBC des .«iiccès >âa «tmips^'^Jos^p^ Ht fin via. la pa^(|âi «e rpirn^t Jm élre «euiie^ d^ns les vastea>jpp)cq'f ta iqa^ savait fepniés ;. >jl
ne voulut donner à rien'^le temps de mûrir. Etendant à la fois la main sur tous les points d'ime monarcbie très vaste, il se trouva le même pur vis^-vis des résistances de tons. Intempérant dans ses vues j il poursuivait en même temps vers Torient un plan de conquêtes y quiJ'attachait au char de la politique de Catherine*, mais qui, le compromettant avec la Prusse y le força cle fidre des pas rétros grades , cause légitime de reproches contre la |>révoyance de quiconque s'y expose.
Joseph donna un ébranlement général à ses états ; il y fut le précurseur de la . révolution , ou plutôt il y fixt lui-même une révolution tout entière ; c'est donc sous ce rapport qu'il faut le juger, et qu'il faut se demairier^
i"*. Si cette révolution était nécessaire ;
:2^ Si elle a eu des succès f
y. Si ejUe.fut bien coiiduite.
Quant au |>reniier pœnt , la répcmse ne peut être que négative.
. Les révolutions ne mf(mt point, elles arrivent. C'est un fruit qui a besoin de maturi* té^ c'est unenfanteoient à terme fixe. Sur ce^ point, la natiii^ mprale ne le cède point en r^^l^ritéàlanaturepliysique. .
Tout ce que Joseph tenta de son chef, lé* gislativemeot et arbitrairement ^ fut arrivé de lui-même, sur le courâ du tea^, ou bleu il aurait été Êicilité par le temps, de manière à se trouver ùit comme tout seul. Le fonds des opérations de Joseph était bon, il n'y eut dé mauvais, que son intervention directe ik vio^ lente. Que l'on en juge par ce qui .a eu lieu ^ que semblent au)OU(rd%aii. ces innovations qui alors firent tant de bruit ^ et qui excitièreut tant de mouvemens? Quelle place occupentelles dans l'immense tableau qui- depùi<% cette époque a été élevé sur le monde? 'Eh bien! ces innovations, ou plutèt ces réformtalioitô, qui existaient en germe dans l'esprit du teàips^ se seraient développées toutes sôûks , et nhur raient ccMiité aucune peiné à réàtiser. Le ùhdan du temps est un point capital dans les afiafiœs^^ et il est évident que Joseph avait mal pris lé sieii ; aussi le passage d'un ragtie consei'vateur, méthodique et religieux , tel ^e celtd de ||arâi&-llb0rè0e , à un règne tout 'de «iréforhie et de philosophie, était trop<%uyqiié pour ne pas exciter une commotion généf^lé^ Les hommes «àimeAt. la fixité, «t 'ht* ))rdteëtion de leurs liabitudes souvent lécif']^£u?àît le'bon^
hem lùirméaie; cela iest vrai, surtout ]>ottr leâ AUiHuands et les Belges , peuipk» métho-^ diqu^s^.et qui trOuyent quHl suffit bien d^>« prendre à vivre une seule foi^.
Jo$^h commit un anadirofiidme ttiérài', il fit passer Fàetioa aValit «Féduéattôâj tc^lime il était éclainé etpUJosophe, U s'kmgiâlà qUè son peuple ratait à Inégal de lui-»rlêln(^^ et qpgnd il le vit iie pas répondre a mn atl^àHë ^ il se mit à le vi(^nter. 11 est comtfifUliv fmé^ i] est dangerekiKv déjuger im àixtre^ pa^ soi"ipéme.. Cette finusse évaluatkiin fiit ïa cause dé 1^ ^^rtë.dès ^lans de Joseph 5 il ti^uva des honpai]^ attires que celix qu'il eherdbait ^ et se ti*Quy<lL par k. presque seul 4u ni^^fn de 4011 peuple il Êtut le dire y avec un espiit >éle^ vé et d'à^niriaiMes întiraiticmB) Jose{di se mooh U}9L a!É^eoin{di dans l'avt de mal Mte le bien', 0t le biien suai fiiit est tou^cnu^ «à^ gralld mri*
9\ La révehilioii Êiite i^ S^^^^-stmië^ tuuerpir la révôkitiçn fiancedsey a tmèet^ donc r^lei^étélbeiKluse^aiis son résukat ^géfiià^. Id 4es -âûts iftarlenl; et di^icnÉseRt dtss^ rïiisonv ;a$D^k)is..
3^ Cette râ^oiatiouifiit mal tsouduke^sui'i0!BA 4ans k BelguiuË. La dé|isîoii ^ mêlée.
4 U^olepKpe. SiQ9 p(;\i|diBi$ mskpèà èmstéà s'çS^ii$h«tf%t)9 :P^ i^ Urû)«fir^MA.t t][mt porté»
v«n» ipeip^ 4i^« i4e» .î«&t^g^ ^iimAi^. emtaîexit
de Ja Si^j^^qi^;; iiwtôt. ce pajrp fm^t MS0«fS
iiD£bence.4tt|(0ttT^i^^ pt^t«nW ^ IMbirwb Ijhàpèse. ,^ JMg^qne ;rç*^fcUt4'iînpf é«^9B#
opBtre Ji^i,, j€t JopQph apprit .q}ih]|ieXQ%#!^
La cour de BHixelles » bien^ j^ett prépkté^ à ' de pareiHesr Àcèa€s; chercha s^nialùt^hs la fuite; les trouves, insufiisantespour^croipii*' mer un incendie qui éèlatmt -de' teùte» paris / jeltèrent ou Uvrénent liittrâ* arnifes : Joseph tra-' vaillait péniblement à arracher 'aux '^^Tiircs' qael<{ues lambeaux de terre débits et empes-' tés,^ pendant ce temps, il perdait lès ^ plus* rîdies provinces de ses états et de l'Ëut^pel* Spectacle bizarre, on vit ses atrméès , réputées"^ à Pégal de toutes celles de l'Europe , tourmentées par toutes les tecHerchè^ de la tactique et de la discipline militaire, offertes comme ^ibdèles, m beaucoup d'endroits^ battues par des Turcs et par'des*^Moines. iivlJii nou^rel esprit' avait éclaté dans laBelgiqile^.. Un vait d-indépendancè inconnu jùsqiiîe<^là soufflait sur ces contrées. Josei^i simîtombant i^otis ' la double fatigue du cbrps et'^ dé l^s^rit 5 sôus le poMs du èhiagâh d'itlusibns^ qûe^4e tardives clartés dissipaiefit,- 'sous le &i^àii de deux' guerres alluinées aux deux bbt(t§ dé|'£ûropépar son imprudence^ Joseph s'éteignait à Vienne : dans un' état téqurvoqiie de- i:iéraciatk>h èt-de persévérance '-dans 'ses • nroîets • laissant ses états en eo#fbtisliônv et
. sa mémoire en problème. Triste, mais inévitale ; résultat ^ de beaucoup d'imprudences commises sans nécessité, juste salaire de té-
. mérités punies par une insurrection coupable.
; Aussi, quel besoin de, troubler des peuples servant et payant bien •,^ de. leur ouvrir les yeux comme par force ^ de les, frapper de clartés anticipées et supérieures à leur éducation ; et quelle occupation pour un princ^, que celle de régler, co^nme Favait fait Joseph,
. des cahiers de théologie y ainsi que le uombre
. des messes et, des pierges; tant il est rax^e que Içs plus. é]e?és. parmi ks hommes-,, échappent eux-m^es au tribut inévitable qpe.la &ible humanité doit à la. pe:(itessQ! v .
Yoilà donc la Bel^qti^ itidejiRèûdante par le fait , et par un ôcte de. m: tplointé f^oprQ. fArrètonSr nofua.i:û> tâon^eot âot- e^t acte, il 6%t
;/digtîie 4ei potre attentif, i : i 'i >
Qui Fa produit , et que produira-triJ: à j^m
Un peuple entiçs^ n q passQ p^s vWep^m^Q^
d'un mpde d'existence ^.u|i«^u^ .'inode , sv0t
.toutil^^ne Be fiopstrait p^^àiipiMiP armée à la domin^^nrd'im: piTÇpcç.ipuis^nt^ et en ét#t de le châtier, a'p3ygp«u[rt^ P^ ^i^* : dc/jeu46^
ttëittfmçïis , ^'il né |^6rte pas en lilî-thêttië h |iriBcipè Ah dé éhângèmerit, el si ôéltii--ci n*fest j>ôë fevbrisé par des eîrconstancés propres à âévelopj)él' ce gèrthé préexistant. Ou ne sau- Hit trop lè dite; les révolutions Stbnt fiUés du temps et dès dréonstaiicésj eJles ne se ftrit point e» abr^ptôj hi àù commandement ffim héminé ; méiis elles décdûlent dèîiejaucoti)> dé causés fef de faits plus du Woiôs hctîfe, plU& ou hioins sensibles à la vue ; U h^én est point • dont oh né iràéâl d'uhé mate su^e Tarbrfe généalogique. Ôt, <ellë iktàï la pôétioti dfe la Belgique au inSBèii Éim gftmd hbmfere de ^aus^s de îQolnmdtiôtt. CéUè positif b'a paa été observée , et âïéritàit de i'êtî* ; dés ji^^eitt^ife ^pétftcièls nW hid ont atteigne péûr princî|)é qûd 1^ émi^É^s* viôlcfetë» de Jàsiëph^ %t le lèhoc iitéâédbd ^^ tî^t ^€«^ëï* à tèoi ce qui formait l'esprit ^ I^éb^t dêÀ «fe^flôMt ^Bel^e^.
Mais h(m^^m\k^*ëU¥yis^éà^*^^
'- £i8^vé»)fé«St^%fiéigiq!!ië^«é'fit%%^ atfâté ][>fii> u0 êëttiéctQ»! ^ cii^ J^Càiifieès ^imt, «»eiifelMn%ait IK îëoÂfRpèH^fMip , sàlte se rishdte
}i)ieQ cHi^mpite à eUe-mejDoe des ]|Qûmes i^uxquf^lf fijiç (^éis^t à son ipsa. Jjf. révf^]^î<^ l^ Tînt à la fi)is du di^hor^ ^ xki 4^Mk^« . I^ Belgique se fxouy$iit ^cl^yée ^^tri^ (l43i|^ révolutiops^ ^ ii çsjb hwq ^^ç^ ^ v^Hsr paps, atteii|tç entre 4efix mç0n4ifs«
P'iiQ cpte la. I^ollande 4?^^ 1^ gnerr^ àiAfmfiqpe était ej^ ^\^isîion Qi|verte avec h |H*^^ce StathoiM^* l^ ^¥^^^ «^? ^ pro}(m- ^nt nW^ii pi; çi^ppep: % Is^ poi^n^iss^ee jet à i'attejatipa des BçJjge^^ ih m^îefit yn la PriiSi^ Wtçn^çnir h^ 9inq^ à I^ piai^ , pt décider 1^ q);i/e^ti(^ en Sf^&^r 4e la .q^aji^n d'Orange. Cela se passait à leurs pprjtes, et 4ans un ordre de ^hoses^fe^it pour les intéresser j>ar £^ sinûl^tude ayep leur sî;t|uition personjneUe. Or, rien i^^e^ t pjiu? propre à faire fermenter un. pays , que les débats qui s'élèvent dans fim yais^ge. L'exeasçiple est un grand maître diaz ies hommes, il les dispense ^ frais d'iuv^ition, trop souvent il les ajbsout à leuri^ propres yeu^ , et dan3 une faiis^e indulgence,, il va jijisqa'à les ajQ^ancbir à^vi remords. , DfàWiiè h miks^ ten^)s^ la révotutipn friinr- ^çaise venait ^d^écla^ âyeç ^ f^f/osfifpn remplissait le nLonde de. stupeur et de retQUtisçer
ment; là, tons les principes de Pordre social étaient étalés sans ménagement, réclamés av'ec véhémence, appliqués avec rigueur; par là une école politique d'un genre tout neuf se trouva ouverte aux portes de la Beljgique, et quoiqu'elle jie fiVt^ pas encore à Fusage du grand nombre, cependant elle ne pouvait être sans effet pour tous. Ainsi la Belgique placée entre* deux révolutions de nature diverse, se trouva tentraînée dans une troisième formée à la fois d*élémens du dehors et du dedans, révolution moitié de simple opposition à Josejph, et moitié de principes d'ordre social et de politique générale.
Ainsi , pendant que la masse de la nation suivant l'impulsion donnée par les états dfe Brabant et par le clergé, brisait impétueusement le joug de Joseph au profit de ses états et du clergé, pendant qu^elle obéissait sans calcul à la diréotion que ces deux mobiles lui avaient imprimée , d'autres hommes se rencontrèrent qui , partant de points entièrement opposés , voulaient l'indépendaifice autant et même plus que leurs concitoyens, mails la voulaient dans un but absolument différent ; c'est de la * que vint la division des partis dans la Belgique.;
À peine ce pays s'appartint-il à ^^-^^^^^^ qu'il tombflP dans la division y c'est-à-dire dan» l'anar^chie. Les Belges allaient &ire comme les Polonais; amis et réunis pour renverser, les partis se trouvèrent divisés et ennemis dès qu'il s'agit de rétablir.
Se venger de Joseph en s'afiranchissant de son autorité, tet avait été le but commun et apparent. Comme il arrive touîours, l^s partis s'étaient fort bien entendus jusques-là; quand il £illut partager la dépouille , ils se divisèrent : -c'est toujours-là que commencent les dâ>ats. On s'entend à merveilles contre le pouvoir existant; on se divise lorsqu'il &ut désigna son héritier. Alors se renouvela en Belgique ce qui venait de se passer France; tout le monde s'y était réuni contre l'ancien pouvoir rde Louis XYI. Lorsqu'il fallut en créer un nouveau, il n'y eut plus que des disputes.
Deux partis se montrèrent tout de suite en Belgique.
i"*. Celui des états, dirigé par deux hommes
dont le nom est couvert aujourd'hui d'autant
d'o)9$curité qu'alors il était promidgiié^à grand
bruit par la clameur populaire. C'étaient Van-
' 4^nQot et Yan Eupen , grand péniteHciisr de
ropéen qui anche \e^ nom» d^ Ywderaoot et ée ¥am Ëupctt, et qvd «'informa de ce qq'iU oui; £dt «t ^ ce qu'ils sont devenus.
a"^. Celui des Youlistés, ain^i uoomnes du chef du parti y Vavocat deTouI^. C'était le parti couBtitatiooneL
Ijcs étet0 fépéteieiit daus la Be^pique les scènes que les pûrkmew venaient de \met eu Fiance. Après avoir amené le roi au bord des états géniérauK^ les parlemew, moins repen-^ tens de leur audiK^e antérieure ^'i^Srayé^ d^ dî^HWtiQns idbdoffi leiqueUès ils ti;iWfVMÎen|; la fnoce^ qu'Us ai^tôent né^igé de bien connstlare ayant de l'agiler, se r^l^ent ^u|: }e teiQfia paaaé^ et yonlurwt ipie les ét^ta gé* nésauft fussent tenus a leur gps$e ; vm& il ^it trop tard, «t, de mn c^^ la nation ¥fiê^ qu'ib le ^Bssesrit a la aîeiane j^ropre^ ! On£iisfflital0rsABarbet:àBriix<U€^ce que ^'oii vient de faire à Carlsbad , où J'^^n a vu iamb» ies Jumîères diploiO^aliq^s 4e l'Aileaagne jonnapées d'établir au mHim 4u dis.-
mnmèem fiièrie, et à la face de ce qui ae fuisse dans le monde, des èUxêë hiâtoriques » :<al^piés isur bs imodèlfs de l'aiytiiiuité^ tant
il est i^rai qM tiHlfi ces èorps «rirtocrât;iques > de quelque lieu, éè Quelque temps ^ de qudi-- ^ 4(ùè ftitmt qtiHk doi^ert , ont mie tendaixee invincible vers Toligarohie et le maintien de leur potiT^ir propre , qneUe qu'en soit Forigine^ la conàéquence, et IV^cord avec les principes de Pordrè i^cial. Ce sont autant de sacrifica- . leurs nés du temps présent et avenir au temps passé. Les étais Belges procédaient tlans cette fbrkne, et dirigés par de^ hommes de routine^ ils «ntendaiaA bît^n qne'la révolution eÀt été &itè a leur pra&t , et qu'afirancMs de Joseph^ 41s le filant aussi d'tïne institution régulière.
Le pàMi opposé nbiirrissâit d'autres vues ; U youltfit faire de ia^ tévolntion tm moj^i tft Wie époque de constitution régulière, 13te là k division 0iitre les deux partis.
Gomttie 4a ibitie des partis ne se mesure pat les Itâiâères îque icbez les peuples très éc}ait3é»>i il arriva ^epstt )es létats restèrent les pkis forts. CeUè mi$me masse, qui ne s^it -pas troutpéè mûre pour les innovations dB « Jbsepb , nfè se tr^nivû pas Péftredavantage pmtr juxre cèiastitUfiton, EHe dcinna ie pouvoir aux élato, Peiâ: mè pbis %rd il- en ei\t «té ait-
.trement. Aujourd'hui ces memea états ne réuniraient pas quatre personnes:
, Le parti constitutionnel ne fut jamais très ^ nombreux. C'était un parti d'élite et de lumières, et la Belgique n'en était pas encore à pouvoir montrer le grand notnbre de ce côté, à la différence de ce qui arriva en France en 1789, et de ce qui a continué d'âr voir lieu dans ce même pays,, ou l'ordre constitutionnel a toujours prévalu, .parce que l'éducation politique de la nation était aprivée au point qui n'en comporte pas d'autre, et qu'elle était beaucoup plus avancée que ne l'était la Belgique^ de cette même époque^.
Le .parti Wopkiste se grossit peu; il eut trop de raison pour avoir^beaucoup de faveur ^populaire, çt trop 4e la première pour avoir beaucoup de la seconde. ' Qn. comptait dans ses rangs les premiers nopis de la Belgique. Mais alors,, en Be|]gique comme en France, les noms étaient sans ^cadté contre*le courant populaire , et l'on pourrait dii^e générar lement que la révolution, qui a créé beau* coup de noms nouyeaux, a été le tombeau^^ de presque tous lea noms anciens. Parmi ces Magnats de la Belgique , on comptait des
familles soupçonnées d'arrièire^pensées dand leur attachement à une révoltition qui pourrait prêter à des vues ambitieuses de leur • part, pour se fidre adjuger la souveraineté par leurs concitoyens, diarmés de se donner pom* chefs les plus apparens parmi eux.
Quoi qu'il en soit de cette conjecture , qui n'est pas dépourvue de vraîsend^lance , et dont beaucoup d'esprits furent alors frappes , le parti des états ne tarda point à l'emporter hautement sur seé adversaires. Oh eut la preuve édatante de sa supériorité , lorsqu'il eut le pouvoir de &ire arrêter à k tête de sa propre ar« mée te'^ief qui avait le plus contribué à l'expulsion des Autrichiens , le général Wander- Mésch. Le prince Auguste d' Aremberg , membre de l'ass^nblée constîiùante , subit le même i$ort, et le duc d'Ursel^ écÀx beaurirère, eut même à souffiâr quelques sévices personnels. Il passait potur lechdT du parti Wonkiste. On attribuait l'attachement de la fiunille d^Ai^ni-^ berg à la révolution de la JBelgique, au désir de la fiûre servhr à son élévation au pouvoir dans cette cdntrée, où sa^'fortune et une très grande considération lui donnaient le premier >ipang. Des hommes versésdans la eoimaissâmcç
ûé$ affaires g^éral^s^ sentÉiU Im iniconVé* liàms d^une donûnation étrài^ère^ alignée ^ souv^eitt eiidiatraâ»ée imn 9m propre vmé^ nage , avaient bien pu &rm^ un projet aid^ par la oatorede^ dsKPias^ pv l0»«îmomt9^9«$ du temps ^ «t dpoa f^aÀ^tion^ (^qiîd Bs «'a^ perceyakiit pa^ 4e sivaux ; «ar il fM f^rai de dire qae h 6MUe d'^UfOdheiig mt imf$ ^ pairmBdgîqw.
I^ailteurs cMÉe lépcMpie »^ fiiJ;^ fn^ ^/im qvi^sxKxim attire^ «ib ><ib la légîtiisslé. On vjD^ail;, daxKs «^ teooq^^ iw foiabJ^K'éfM^ 4à Ganbrai^, Frai«^(»a:, pKÎAcp 4« ia.waiiWt d^
ftaisBj fiur Ja éqged«:pf!io«ie tdei^gp]^ fm oonfii^re i«a ji^arôpat^ imi aiipcmw oamm piWice a(9âTei!sw ) tat;i«idlim«i^ Ji9» j^tisàfièsHê £01 cette ffBiàiié lek m véQ» âiâtra»^* im pasflrâdBB jvamaini^ <ae one^^ iMonai^
datia>t0usie$ temps y et kâ iBtéoè&i']»»ièii?ii; tDi^c»is tes kMUQes>daffis ias aoènies
j&Aiti»,p»aii9rie âeictttte ftd^ À sacrifier les pKacipes à ievs éalépais^ .et à iPegBi^disr oonmie léj^tiapts y aàwnt ^toiit:, pe nfbk 'feâifiert^ifeat .<|ue..]^iâ;ata!deJbt(Belgiiqùe^>^ iltt)i8érfint}àl!»affîâd^ dmtia
li^tiimté bieaTacoaaue par toôs'les^j^rançaxd ne rétsÂt ep^CHir-e d'aucua go^^mement , ni tl'auouii jpfsi^ek ^^i'étaât ud spectacle siagulier ipie celui <|u'<$ffi?8âeQtles états Belgies , placés au fiiit^des idiées ^uâtstocmtic^-moiaacales^ ixor ploriult i'^i&Boe 4a pouvoir €&t«irinûaateiur de ranë£ô€¥atie «dnliaire et ssRserdotâle. Oa fibe sait oomttie^t Us ataieat pa fonder 4{ueV ^iie espoir suriietteasseiaiblée. Datts^e^ tout était <H!^&^âk« au s«ocès de celte démarche; l'esprit €(e raBseaddée<)oiMftuaiite'B'ayait nea de<coB2m«uiaveG oehii qiaidkîgeaU lafialgiqae^ s'associer avec lui était jpeaoULOCr, ea qodqae sorte^ à ses prcpn^ priiuà^s^^ et s^xposera de grandes ekjéetiens , tirées de la ^^anbMlîe»" tien entre les principe et la coaduite^ ^chose toujours fàcheato et ânévittitbk. Maïs .il y avsdt }Jas. L^pflui {»*été à rîsâiuFc0ctiaa Bcabao^ jgoane aarfât¥^BleriiiéttBe|^ade&iil» ea^potitifue, celle de^BU>atrer l'asMnblée coBâlitiiattle
«I Acl WgWrmW?8r tm PIM I 1 Wi m, VQmt \ > i HP! \ t»llguipg<i f»JIVt?r\im « liMB|*
attitude absokiHtiaït oôifti^^îiie -a ses inténlts de ee t^ifps là. Oélaita ses eoccesseurs ^!il appartenait de provoquer ces mouvemens^ dg les soutenir \par les armes^ et d'en profiter. La neutralité 7 le soin <de se reafiaraftw dans
rintérienr, dans la réforme delà France > suffisait bien au leèle dé Fassembléej c'était le> seul rôle qui lui convînt. Elle eut le bon es-prit de s'y tenir; Les propositions deux fois renouvelées par les états furent sinon repoussées, du moins écartées deux fois^ et la Belgique n'eut de Secoui^ à attendre que d'elle-même. Croiràit^>n que l'aveugletnait de l'intérêt per-^ sonnel fut au point de persuader à une partie des Belges insurgés en faveur des instittitions mêmes que l'assemblée constituantebrisait avec «ne pcrsévérancesystéma tique, qiiecette même assemblée fiât l'àlHée nécessaire /et comme naturelle, de ceux dont elle était si fort dissemblable. L'erreur avait gagné jusqu'au clergé ; que tout cependant devait contribuer à en faire revenir, .et il n'était pas rare de rencontrer dans la Bé^que jusqu'à des religieux fermement convaincus que les Français, qui détruisaient les moines chez eux , allaient les défendre et s'en &ïre les patrons chez les autres, tant est gi^nd'le penchant qu'ont lés hommes à se flatter dans leur propre cause ( i ).
(i) Le cardinal "Traiilcenberg , archevêque de Ma- Mnesj prélat très vé&^éràble , avait cédé au torrent 3 û
( 49) lls'écoula un. temps assez considérable eiltre la mort de Joseph, et la première actk>a de son successeur à l'égard de la Belgique* Cet intervalle était bien nécessaire pour se reconnaître, et pour asseoir un plan. Le nouveau souverain trouvait ce que l'on peut appeler une machine brisée dans une monarcliie vaste, puisaïuxte, guerrière, mais ébranlée de toute part, et afiectée de désastres militaires inattendus. Il fallait éteindre à la fois deux guerres allumées aux deux extrémités de l'em*pire. Joseph., en éclatant contre là Turquie^ •de concert avec Catherine, ârvait eu l'inadvertance d'oublier la Prusse, la Suède et TAngle^ terre. Ces trois puissances s'étaient mêlées de la querelle. Gustave • avait &it. entendre à Pétersbourg étonné et surpris, le bruit de son artillerie. Un instiint Catherine pensa à s'éloigner de sa capitale. Une flotte anglaise
—Il I I II—— ———.—— — Il |i II mil il 11^ I III ■—.*■»*— ■——>
8*était montré' partisan des ennenns de Joseph. La coâr de Vienne Ten punit, en. lui retiranties décorations qu'il tenait d'elle. Ce prélat avait étéentrruné par un secrétaire» nommé Duvivier, homme d'intrigues et de voies détournées; et qui , dans ces derniers temps, a donné à une partie du clergé belge, une direction devenue faneste'à plusieurs de ses^membres.
alkit passer le Sund, et, de son cÀlé, la Prusse agglomérait ses bataillons sur les mémeB champs de bataille où le glaive de Frédéric, pendant treiite ans , avait moissonné tant d# gnerriers autrichiens.
Le nouvel raipereur avait donc à dissipelr beaucoup d'orages formés par d'autres que pafc* lui. Il se trouvait à la tête d'une succession, ^ fort embarrassé dans sa richesse inême^ et il avait besoin de plus d'art encore que de Sovce pour s'en assurer la jouissanoe paîi^^ C'est aussi le parti qu'on lui vit prendre»
Un congrès fiit rassemblé à Reichenbadiv pour l'arrangement des affîdres avdc k Tur^ cpie. Un autre congrès ftit réuni à Li ftiye, pour aviser à celles de la Belgique* Ainsi la paix se préparait de toute part* Il n'était pas^ fcrt difficile de triompher de la Belgique; car elle n'avait rien fait pour garder les fruits de sa ewiquéte. A p^ne libre^ ette tomba dane^ le^ petitesses , «t dans un BÛsérable ei^^tage ëbtre les partis qUi multipËaieiil dés facturM également inutiles au maintien de la Cause gétiéral^. Quand l'épée est tirée , et que l'eniiemi est aux portés, la plume n'est. plus de saison; il Ëiut sav(»r agir virilwMritt^ ow èîw
mettre révoluiiGin bas. Les Bdgel^ ne surent âôre itï Pim, ni l'autre; Us s'obstinèrent ' à res i«r «tec une révolutiK» sans défense ^ plus occupés de s'opposer mutuellement des argu^ œèns, cpie de la rasisttfnee à leurs ennemis. Le salaire d'une pareille conduite ne se fait piinais attendre , on a renoncé d'avance à sé 6ife oonsidérer, lorsqu'on se prés^te avec oe vide d'idées^ de plans et de moy^ëHs de défense. Aussi les Belges virent^ils leur sort décidé par vai Acte dit de médiation, maiil bien vérit6â>Iement de oommandetruient éumné des puissances cpe l' Autriche avait aco^tées Gomme médiatrices ; acte à la confection du-^' qfuel ils ne fiirent pas appelés, et qui leur fiit intimé par ^des forces auxquettes ils ii'a-^ vaûent rien à opposer. Là s'évanouit uii &n-^ tdme de lijberté, dont il ne resta ans: Bdg^ qu'un vcmis de mutinerie ^ uu fond acre de snécontent^mient, une di^oûtion ÊKHiâuse^ €t à leur souveroia des oU^tife légit^ea d'om** lirages co]iti« un peupk qui ne rentrait qu<» par la ferœ dans le devoir dont il a'étàit écar« té par système. C'est une des plus mauvaises poshioDs dans lesquelles princes et peuples puiaifnt se trouver «qpdemâ»! les uns à i'^
gard des autres. On a beau se promettre am^ uistie d'un côté, aiaiour et soumission de Faur-tre y les cicatrices restent , et sont toujourfir ' prêtes à' se rouvrir. . - »
On en était là lorsque y' non paé^une armée^ inais un corps de troupes autrichieURes se présenta aux portes de la fieigique ; eHe fut reprise avec autant de fiicilité qu'elle avait été perdue. Cette petite expédition fut une promenade militaire, soîB les^ ordres d'an vieux général autrichien, le maréchal de jBender, vieillard qui touchait à la décrépitude , et à l'affaiblissement d^esprit qui en est 1^ suite, plus recommandable par la durée que'par l'éclat de ses services. L'cèprit de parti qui s'empare de tout, saisit cette oecàsion pour faire de ce général un colosse, et un-modèlè pour quiconque avait à cômbalbtré des, insui^ens. Pendant deux années, par une étrange méprise, la renommée fut occupée dé répéter le nom de Sender, et s'appesantit sur .dés détails rdati& à cet homme ^' que Ton aurait honte de rappeler aujourd'hm. Qliànd on approchait de ce vieux guerrier, le prestige ;8'évanquîssait tolitTa-fiiit, et il ne restait d'autre idée que celle d'un . «oldat qui ^ à foroé de
temps et dWidmté, avait percé les ran^^^ et qui était passé, sans édat, des derniers Tangs de la milice aux pemiers. La réputa^ tioû du maréolial Bender fat une réputMion ' d'émigration, qui fadopta comme un vengeur attendu.* . .
Avec Farmée autrichienne revint la cour de Bruxelles; avec celle-ci le gouvernement x»rdinaire de ce pays, avec celui-ci encâse ks^intrigues et fes tracasseries qui en faisaient le fonds, Les dehors étaient changés, nuHS les cœurs ne Tétaient pas. Le vieux levain > aigri par les,nouv^es circonstances, y fer-»mentait, et préparait de nouveaux embarras mi gouvernement, et de nouvelles ca^ais^orï^ies à ce pays. Voyons par quds hommes il était gouverné. » . . «^
L'empereur Léopold arrivait au trône {«recédé par une r^utation de philosophie,. doci: lehonheur qu'elle avait procuré à>la Toscane, disait bien augurer. Long-temps r£un)pe avait retenti des louanges du souverain de la Toscaixe , ,et lon^uedé . trône impà^ial l'appfiJii à Vienne^ on put se croire autorisé à ,pro^ ^ mettre à l'Autriche une loi^gue suite de joturs b^eux. Léoppldn'pt^tp^p^oins philosophe
qa» Joseph; maïs il l'-éiait mieux que hû; il Be «montrait pas^ oomixie Favait fait sou firère^ ledésaçoeid 4e la philoaopiiie et dodespo^ tifioie'réaiiiadaQsIe même hoHtme, appayant un code sur xm sabre, \iosepb ordonnait ce qui était bien , et contraignait à le raoevoir } Léi^old moin$ impétueux et mmns impatient , le fiûsaît aceepler; Joseph fiâsaît si^r jus^ ^'aux bienfiôts^ Léopeid ks confiait aux la* InièBea et à la reoonnaîssam» ; im^pht avait Mntràeté dam le ^^mage de Frédérie et dee^ oaafmes ptiissâennai) une manie mî^aire^ ^nt Léopoid n'a?ait pu être atteint dans un parfs où Vim apercevait à peine un soldat; -Jes^h eût souvoit trovdolé FËurcypeet ralhl- 'mé la gu^?fe; LéepdMi eât été un^garant et un médiateur continuel de la paix , occupé -à <tenir toujours les portée du temple de Janus^ Jarmées; son esprit avait pkia de tempérance .que tekiî de Joaeph ; c'est surtout par I^hemoe d>e eçlte T^tu que péchait cdui^i^* et 'la supériorité de la sages^ eomp^nsatt, diee JLéopeld j eelle de Véf^t cpgà^ appartenait k son -frève. 0^ ne sait pas jufi^'à quel poîot Joseph^ -si s^ vie se fûet pre^loogée, eût échappé à la tépulatioii de hromUrnij, on ne peutass^er
les bornes que oelle que Léopold aurait euM parmi les sages. Un prinoe de ce caractère était émmemmeat propre à réparer les maux cs^usét par la fo^g^^ perturbatrice de Joseph* C'est avec du baume que s? cieatriseut lesbles^ure^* On dirait que 1^ cardinal de Ileti; a peint l'arehidudii^sse MarieTGhristinç y dans le poiw trait qu'il a tracé de la régente Anne d'Autriche» Issues duinême 9ûng, ces deun priiH cesses présentaient entre elles , sous beaucmp derapports, d^scenformitésfrappanteSiÇominff sa tante ) Marie^IIhri^line avait toiite la j^rté du sang autrichioai t avec l'amour du pouvoir, l'impatienc? de la contradiction , les ep|pciu&r meps et les r^Mignanioe^ qui caractérisaient Anne« La démarcha deecAte princesse suffisait seule pour trahir l'agitation de son esprit;. la nature n^ fait rien de parfait, et /^n dotant cette princesse de grandes ^t udbles quatitéiii «lie y cuvait mè}é iine inâision qui faisait pçrdre à ren3<âHble dç aop luitce et da son prix. On a dit qu'il en était de l'huiipieur <»mmé des uhuik de tmt^y qu'eUa 4<»ip4t l'apparence de tous les vices , comme ceux-là âonnent cc^ de toutes les maladies; Marist-r Cibd^O^ m ^it-'là } l'ipégfiHté de son hVr
meur corrompait ce que la nature avait placéd'excellent è^n elle; un esprit pénétrant, uacœur noble , une piété solide , un attachement exemplaire à son époux , le prinjce de Saxe Teschen , homme digne par ses vertus d'êtreassocié à ses dfeâtinées , une libéralité fort grande , et qui la rendait chère au peuple.
Le 'comte de Mercy Argenteau, ambassadeur: de la cour; de Vienne à Paris , résidait k Bruxelles à la suite du traité de médiation, dont il avait' été un des signataires. C'était le Nestor de la diplomatie autrichienne j il était déjà entré fort avant dans la vieillesse, et son esprit se ressentait du poids des ans. Dans un temps tranquille , où les formules ordinaires dès gouvernemens suffisent aux ajBTaires , le comte de Mercy eut suffi a son emploi; mais dans un temps d'innovations rapides et inattendues , il était loin de répondre au fardeau dont il se trouvait chargé. Marie-Thérèse l'avait piQcé comme la sentinelle de PAutriehe auprès de saillie, Reine de France; il était placé eu ëette même quahté à Bruxelles à Tégard de là France, et comme négociateur avec les étrangers. Le comte de Meréy entretenait tant qu'il pouy ait les dispositions paeifiqvies de soa
cabinet 5 à l'égard de la France, et «ecoudait les vues du Roi et de la Rein^ de France, qui, en oppositron à Fémigration, faisaient tous leurs eflbrts pour éloigner la guêtre. Le comte de Mercy était riche et fort occupé de sa fortune, malheur toujours gi'anfd dans un homme d'état; et chose singulière, mais vraie, ce fut le soin de cette fortune , pour laquelle il craignait , qui l'exaspéra contre la révolution , et qui le décida à des mesures viriles contre elle. Le crépuscule de la vie de ce diplomate , n'annonçait pas qu'elle ei\t dû briller d'un éclat bieh vif ; du reste , le phis poli des hommes, le phis recherché en pierreries , habitant un cabinet saturé d'ambre, n'écrivant que sur du papier musqué à renverser , et riiarié à une aotrice de l'opéra \ nommée Rosahe y dont il avait deux enfans.
Le comte de Metternich , mimsire pléni-» potentiaire aux Pays-Bas , père du prince de Metternich , aujoui^'hui premier ministre à Vienne, remplissait ce poste éminent avec beaucoup de dignité ; il était secondé dans sa représentation par sa femrâe, qui possédait à 'un liant degré les manières et le ton qui en* noblxssent une maison. . ;
QuMid Tairocat àe Wonk punit, on U «oupçoaoa àe n'élre queTiosInioi^iit de l'Au-r triche, qui cherchait à ciivis^ ks Belges; oa vît fi»éme im gt^ud coup, de politiqoe de k part de celle-ci , daoa oe qui n'était , vraiseniT hlablemaat, que Fe^t nattird de la réfleioQii de h part de Wonk, ^ la simple répétitipa de» piincipefi qui prévalaieiût alors eu France* Quoi qu'il en soit , il passait pour certain que la cour de Bnmdles profitait de ces divisions, qu'elle se servait des Wo&kistes pour conteoii^ et afliiiblir les états, et que , par un raffine-r ment de poËtiqQé, les ministres autrichiens s'étaient distribué les rôles , et se plaçaient , pow les dominer^ à la tête, l'un des Won-^ kistes, l'autre d^s états, en eonservaI^ entre enx des apparences d'opposition* Ce qu'il y a de bien assuré, c'est que l'cf^nîon générale assignait au eomte de Mercy h direction des .Wonliistes, et s(u comte de Metternieh odle des étata; aussi les émigrés n'ayaientrils pas manqué de &ireim momar^Méndià comte d^ Mercy , et un frtme roymiktf du comte dcf ikettemicli ; c'étaient les expressiimsdu temps^ : Nous ne finirons point ce tableau de I» Belgicpie , et celui de la dispontionb dfe es|^t»
( 59 ) dans ee^ys , ^mei que dans F Antridie ^rekti^ f fsiteiit l'nûe à l'anitre^ sans &ire obsenrer qiK^ $i W Belges soufiraient impatLemment la do^ mination de T Autriche , réloignement du soii-r verai», k» mul^tioBs oontitmeUes des aigen») touâ étrangers aux mœurs ^ aux intérêts , ai| langage diu pays; l'Autriehe dt sou côté fiesê» tait vivement les ineouvéniens d'une posse^ 9100 aussi éloignée, aussi remtiante, auisi exposée aux entreprise» de ses voisins , dans la dépendanoe desquels ellei la tmait, ^ussi chàre en temps de guerre.
La Belgique était poUr FAutridie une oor lonie continentale, et des possessiona de cette nature sont tout autrement eoikteuaes et prér * eaires que les colonies purement maritimes.. Cet état était celui d'un divorce imminent^ celui-ci ne pouvait tarder à se réaliser.
A Léopold , mort dans l4s premiers mois de* 1792^ succéda son fila, François second , qui trouva son empire enlacé dans totii ce que les Jacoàins àt rassemblée législative avaient tissu de pièges , dressé d'embûdbes , et rasaenir lifô de prétextes pouo- amener la guerre, qu'ils se sont vantés pendant {dusieurs ainnées dV vw &it déchirer au roi peur le perdre. Brissot»
ftujourcfhui btiblié , et ses adhérens l'ont dit textuellement ; mille autres ont réclamé leur part de gloire dans cette scène dé déception et de violence.
Les premiers évènemens de cette guerre sont assez connus; elle traîna pendant tout Fêté de 1 792 , jusqu'à la campagne de Champagne. L'événement le plus marquant futl'iacendie des feubourgs de Courtraî^, que l'on dit avoir été brûlés par le général français, Jarri , à l'instigation de l'archiduchesse Christine, le nom de brûtêur de Courtray en resta à ce général; il passait pour constant que l'archiduchesse avait eu pour objet , dans ce sé-
• vice , de dégoûter les Belges de leur propension pour les Français, et de leur donner un avantgoût des procédés qu'ils devaient en attendre.
^ Il n'y a pas de doute qu'à cette époque l'invasion de la Belgique , bien insutfisaniment gardée , ne fût très facile aux Français ; mais elle n'entrait pas dans les vues des chefs de lelirs armées, très ennemis du parti qui avait déclaré la guerre, et qui s'occupaient tout autrement de la guerre que les Jacobins fai- ^ient au Roi dans Paris, que de celle qu'euxmêmes avaient l'air de faire aux. Autrichiens.
La retraite des Prussiens de la Champagne ^ donna aux Français les moyens dç se retourner sur la faible armée qui . gardait les Pays-Bas } Dumouriez Fécrasa à Jemmapes, conquit la, Belgique , et vint se reposer pendant tout l'iû- Ter, sur les bords de la Roër, au lieu déborder ceux duRJiin, d'où il eut empêché à jamais le rietour des Autrichien^. Cette Ëiute a coûté deux années de guerre j il ea a dit la raison dans ses Mémoires ^^lors elle pouv^iit avoir de l'intérêt ; mais commue elle l'a perdu , nous n^|ivons plu^^ à nous en occuper.
' La Belgique avait recherché la protection delà France,' sous Rassemblée constituante; c'était le temps des utopies politiques. Tant que la révolution habita la haute région des abstractiions ej; dès principes dç Tordre social, on avait pu dans la Belgique, comme on Fa &it enoore 3i long- temps après dans le reste de l'Europe , ne voir la révolution que de ce côté , qui en était le meilleur. On avait pu se flatter d'échapper à de certains principes trojp - rigoureux, en un mot,, oi;i pouvait çonceV'oir l'espoir d'avoir Je bon de qette révolution sans le mauvais. La conquête et l'occupation sous Dumpuriez s^^ui^ent lien d'atroce i on compta
nn hkén petit nombre cPexoès/l)es négodâns itèê éclàiféfi de Bruxelles nous ont as$uré que le séjouf des Français dans fa Belgique y avait hAsRé plus de vingt-huit milfionB de nutnéiraire ; c'était plus que la Belgique n'avait perdu ; itnaid pendant ce tehips, la révolution prenait éu France un diractère terrible. Les principes les plus efl^yans , les échafeuds dressés de toute pàTt , le sang des sujets atlaiâit par miUe V(»es se confondre avec cekii du monarque, ks au^ tds renversés , leurs ministres égot^és et ptios^ crits 3 tout cet ensemble dliorreurs avait édaîré leis Belges sur leur position véritable^ et les remplissait d^effroi.^ Les hommes qui avaient été les plus confians daûs le sMôuts dé la France, reconnaissaient leurs ilJusionB; les états, les prêtres ^ les nobles, apercevaient distinctement la fin de leur règne à côté de celui de l'Autridie, et ne pouvant trofuver de 'salùt qu'auprès d'elle ,41s se jetèrent dans ses l?ràs.
' Le comte de Mercy s'était retiré à Vesel, sur le Rhin , avec le prince Auguste d'Aremberg, dans lequel il avait mis toute sa coi>fiance. Ce prince avait du sens , mais p&ut-étre ^p0rtatt-il trep hatxt 1- opinion dé ses praire»
tàlens. L'éienâue lui manquait, et ce qui ]^raissait le plud 'ea lui était une capadlé enveloppée qui se manifestait par ded sen^t lences sur le mérite d'autrui* Il était ami des inflnenees secrètes et détournées, et ài*^ mait les rôles couverts. Grandseigneur, homme ^u monde et d'afikirés , beaucoup de distrae^ tiens jointes à une santé afl^iblie par une blessure grave, Pavaient empèdié de donner à des études sérieuses cette suite et cette ap^ plication qui seules peuvent rendre très ha-^ bile à les traiter. Les grands s'imaginent trop souvent suppléer par des avantagés de posi-^ tion à ce que le travail seul confère àU3C pkis petits qu'<^ix. Mak à Poudrage, ceux-ci re* trouvent et montrent leur âupéti^rité.
Le prince Aisguste est une de ces médio-^ crités ambitieuses que l'on rencontre souvent ^ns les àffîtires, qui y portent les inoon^ véniens 4e leurs prétentiems , qui veulent toujours diriger^ qui se croient nés pour là ifireetion , qui voudraient «voir lés fruits du travail sans des épines, et ne. rien rabattre des plaisirs pou^ ajouter à Papplicatian , deui choses incompatibles, il ftut &ire son chotx entre le cabinet et là mcmâe , et tous ces grands
fai^eiirs qui veuknt rempHr à }a fois les deux, théâtres, qui prélendeut diriger les états du milieu de leurs salons, et faille voguer le vaisseau par le seul souffle de leur bouche, comme enfler la voile par l'impulsion de quelques bous mots, ne sont jamais que, des miliistres de salons, et des hommes d'état qui veulent et. courent se perdre. En temps tranquille à l'excès , les salons peuvent aller jusqu'à entretenir un mouvement donùéj en.
temps agité , et encore plus en temps d'orage , ils ne sont propresqu'à devenir des abymes. Ce n'est pas sur eux qu'on doit placer ses paratonnerres.
. Le prince Au^jste était un, assez pauvre paratonnerre pour l'orage qui grondait sur la B^gique. Ses apophtegmes ne suffisaient pas comme le feu de l'artillerie, pour dissiper la nuée. Incapable d'écrire, de tracer un plan, de suivre la marche accélérée et si féconde eo résultats journaliers,. des évènemens qui foi'maient la grande scènjB qu'il .prétendait diriger, il se reposait du soin du travail sur un français, Jiomme doué d'une extrême aptitude pour le travajl, comn^e de connaissances étendues et variées, chez lequel, se rencontraient
«ncore deux qualités bien essentielles dans la conduite des a&ires, la sagacité qui discerne, et la perspicacité qui voit loin et distinctement. C'était un trésor très, propre à 'Combler le déficit dont le prince Auguste, dans sa richesse présumée, était très réelletnent af&igé.
J'insiste sur le caractère politique de ce prince «n raison de la grande influence que son empire absolu sur le comte de Mercy lui donna sur les eboses de ce temps. Il est hors de doute qu'il n'ait eu la plas grande part dans les^plans de cette époque. Son crédit politique finit avec le comte de Mercy; ses essais sur le baron de Thugut fiirent moins heureux.
Le prince Auguste se trouvait dans une double position fart singulière. A Bruxelles y il avait pris part à la révolution be^e; de là de la défaveur à Tienne. A Paris, il avait pris part à la révolution française; de là nou« velle dé&véur danis le monde , où jusque là i} avait paru avec éclat. De plus, une circonstance toute particulière aggravait sa portion «' Le prince Auguste était fort attaché à la reine, dont il fut le conseil pendant deux
^sâsid/Lexlésk* de la servir lui fit É)nnér den
ËaÎBons fovt étroites wec ]M[irabeau , dont Pas»
eendant sur rassemblée ^ sur le peupk, oh
pourrait dire sur la France même, hà rêvé*
lait tout le prrr. tl fit , au désir ^e sernf
la veine , le sacrifice de éette partie de consi^
dération qui alors était attachée à des réla^
lions suivies aTiecMirttbeaU. Ne perdons pas
de vue l'époque dont nouô parlons , et r^^
pelonsr^nous qu'alc^s on n'était pas ^imilia-^
risé avec ces liaisons politiques qui depuis,
à l'exemple de rAngletenre, ont rendu moin»
susoeptâdle à l'égard des homme de renom^^
mée. politique. Aujourd'hui que Mira^eau^
homme est, depuis si longrtemps, pa?du dans
la tombe , sa vie privée importe peuf le didu
tateur ée la constituante est seul maté ^ mais
dan$ pe t^mps Thonime vivait tout entier ,i
et s^ imtéf^deo^ étaient pr<:çres à refi^oidir
beaucoup J'empre3semeE|t qi^ ^es talenib pou-L
vaie^t excita. Le prince Auguste avait fran^^
clii la barrière dîuc^ »ne vue itrès louable y
mais qui, étant inconnu? df tout fe xnmàj^%
le laissait to.i*t .enti?^ wm, Iç (sanip de l'iiun
prob^tion d'^^ç gemW.abk.ï#i>Qn^ .Lorsqu'on
le vit ^pcp*er \% çbâtrge d'exécirtipur testarr
ïi»»itaire de Mirabeau, les cris né cottnù- , rent phis dt bornes ^ on eût 'cru voir Tancieh régime tout entier se. soulever contre taie viola tioti pareille des convenances consacrées par le teuips^ Combien d^hommes datèrent la révolution dé cette transition des obsçrvancfes anciennes à cette innovation, La. position du prin^ Auguste se trouvait ainsi ^compliquée par la publicité de ses rapports avec Mirabeau, et, je- le répète, parce que personne ne savait qiiel en était le but , lea acteurs principaux ayant disparu, le prince restait seul avec fe mérite et la déÊiveur dé son secret (î)v Une position équivoque est toujours un malheur dans les .afiàirés, et si «lie nuit beaucoup dans celles qui ne concernent que lés particuliers , elle périt devenir très funeste qiiand il s^agit des affaires générales. Là, il faut que tout soit clair, net^ et mis au jgrand jour*
(i) Loir^cfiid EÎTarol arriva à Braxélles, le pritice^^
Auguste qui Tatait cooqu à Paris , -fut à lui les bras oa-^
Verts , et lui dit que sa mipson et sa t9.ble , lui éuieBt
ouvertes. Rivarol, avec ce sel qui n'aJ)parten^it qu'à lui^
tépondit : Je vous remercie : j*aî à parler dé vous dans
THisloire j voua voulez corrompra vos juges.
Les. états ^ eonsternés de la tournure que les affaires prenaient en France ^ et par suite dans la Belgique, s^adressèrent au comte de Merçy , et demandèrent son appui à Vienne* La peur est toujours généreuse ^ aussi. ofirirent-ils tous les secours , et toute la soumission dont ils s'étaient montrés ^i avares et si éloignés jusque là. Ils avaient bie];i besoin d'un appui à Vienne j car F Autriche, effrayée du contact de la révolution française* rebutée des contradictions éternelles des Belges^ songeait sérieusement à se séparer de cette dangereuse et litigieuse possession , dont elle 1ae sentait plus que les épines, et sûremeut la possession des Pays-Bas par FAutricbe était d'un intérêt plus direct pour les puissances maritimes , telles que la Hollande et l'An* gleterre , qu'elle ne pouvait l'être pour l'Autriche elle-même.
Il faut noter cette époque, celle de la retraite de la Belgique, déjà effectuée moralemeut par FAutnche, de là part de toute la partie de son gou'vernement purement allemand, et résidant à Vienne. Mais cette disposition même établissait un désaccord avec la partie du gouvernement autricliieni
résident à Bruxelles, et Ibirmé de la cour ^ Bruxelles et des Bi*abaDçoiis. Ceux-ci avaieiit autaat de goût pour la conservation de la Belgique que les Autrichiens purs ressen*taient d'éloignement pour cette possession. II y avait donc partage dan^ le cabinet , et par conséquent dans la manière d'envisager la question^ et de travailler à la résoudre. .
L'archiduchesse Christiae et le duc AU>eH; avaient quitté le gouvernement de la Belgique*;, il avait été remis au prince Charles , qui dé^ butait dans la carrière que depuis il a rempli avec éclat* Ce nom était ch^r aux Belges ^ et ils parurent lui avoir transporté toute l'aflfec-* tion qu'ils avaieni^ vouée à soaoncle, le prii^ce Charles de Lorraine ^ long-temps leur bien- Himé gouverneur-
Pour déterminer l'Autriche à vaincre ses^ répugnances pour la reprise de la Belgique^ les états envoyèrent à Yienne deux députés, qui mirent aux pieds du trône leur soumission et leurs offires. Us ne parlèrent de rien jmoins que d'un don de quarante millions et de quarante mille hommes. Une lai^esse aussi peu Ëimilièr^ aux Belges ,. troiiva le cabinet de Yienne plus accessible qu^ils ne s'y atten-^
paient, et compléta l'ouvrage du comte de Mercy, qui n'avait rien négligé pour tou* disposer en leur' faveur.
On^ne dissimula pas aux envoyés réloigneT. ment qn'ôn avait éprouvé pour se charger de nouveau du fardeau d® la Belgique, mais, on lés as3ura en même temps qyè dés que leurs dispositions personnelles s'accordaient avec? celles que le souverain n'avait jamais; cessé d'éprouver pour son pçuple de la Bel-, gique, des secours prompts et efficaces allaient marcher. Ainsi triomphèrent dans le prhicîpe le plan du comte de Mercy et celui des Belges, C'est à ce ministre, et stu prince Ai^ig^i^^te d'Aremberg, que fut due alors la reprise de k Be^ique parTAutriçKe. Mais ce triomphe eontrariait le parti autrichien de Vienne, et comme c'était lui qui dispo^lt des forces de la monarchie, il mit de I^ parcimonie et de la iCTiteur à fournir les tiioyens dé l'^éj^écuter. Les hottimes xie font hien , et même sùflîsàmr itient, que ce qui se trouve daliis leurs goûts. et dans leurs' intérêts. Or, cette partie du cabinet se tentait contrariée so.ù$ ce double rapport. De|)uis plusieurs années elle travail-. lafit à fixer toute l'attentioji de l'Autriche sur
(' 7* > urne extension définilive vers la Turquie^ kÈ encore mieux ver& l'JtaKe , en réunissant l'état; de Yenise à la possession de la Ijombardie ^ comme elle l'a exécuté dans ces derniers temps , ce qui établissait une contiguité bien précieuse pour elle entre les parties divisée^, de ses possessions italiennes..
Le combat entre les dew^ systèmes com^ mençalà, et amena les catastrophes qu'il me ifeste à décrire. Ce fut la première cause. Je développerai les autres tout-à-l'beure. L'armèe promise se mit en mouvement à la fin du mois de janvier 1 793 ; elle arriva suç le terrain le premier mars, délivra Maestricht le 3 , vainquit à Nerwinde le 18 , et acheva le 25 la reprise de la Belgique.
Les résolutions avaient été prises si tard, les di3tance^ étaient si grandes, les troupes, si peu nombreuses , que l'armée qui combattit è Nerwinde n'excédait pas quarante milfe bommes« .
Cette bataille déqida du sort dé la Bel*gique : de plus, elle fut à la veille de décider de celui de la France, de l'Europe et peutêtre aussi de celui même du monde. Là se montra la vanité des grc^yides armées , ék eom-
(72) itneht avec de petites armées on: décide le» t{ue8itons que souvent les plus nombreUBe» laissent indécises. Ainsi dans les plaines de i^erwinde, qui, un siède auparavant avaient vu les armées^ de Louis XIV et celtes de la quadruple trHiance entre-chdqner leurs nombreux bataillons-, et couvrir sans finiit ces Inêmés sillons de leurs débris, les armées de 'rAutriche et de la GoitventiÉen , dbnt aucune ne dépassait quarante mille hommes, bàlanrèreùt- les destinées de l'humanité, et ééér dêrént, pourdeuxamiées, dé Tétat detdute la coûtl^e qui s^étènd des bords de la mer à ceux du Rhin y eu y comprenant aussi la 'Hollande,. (Jui a toujours dépendu et qui dépendra toujours de la possession^ de la Belgique par la France.
Cette bataille , dont Fimportance et la renommée ént pâli devant ta^i^t dWtres com* bats^ Ikrés d^uis ce temps^ combats dont quelques-uns rappellent le souvenir de cçiïx: des géans , fut perdue par la Êiute du général ' Miranda. Ce général nburrissaH: une profondia jalousie contre Dumouriez : côkii-ei avait eu beau le cajoler par les dénominations lès plus ilatteuses^et Tappelec lelfilschérirdelavietoire^
(73) le somfire et politique américain ne s'était point laissé entaûer par ces doux propos ^ mais suivant sans se détourner sa carrière ambitieuse , il aspirait à supplanter ui< chef dont la renommée et le pouvoir Fofiusquaient; impatient d'occuper le second rôîe , il: était loin de vouloir travailler pour assurer à um autre la possession du premier*
Miranda avait des talens militaires^ un coùp-d'œil rapide et sûr ; mais son caractère ne répondait pas à son esprit : il était peu réputé pourie courage^, le feu troublait sa tête , chose armée à plus d'un général , livide de jalousie, étranger aux intérêts personnels de la France, y tenant seulement comme à une aventuré lucrative, ainsi que font tes étrangers, son système et son génie étaient en Europe ce qu'ils se sont montrés en Amérique, où ce chef, soit comme militaire , soit comme civil , n'a joué qu'un rôle équivoque, et s'est éclipsé sans gloire pour lui , sans utiHté pour s&n pays et sans laisser de traces sur le sol qu'il a foulé pendant ses quinze dernières années.
A'Nerwinde, l'aile droite et le centre de l'armée française avaient vaincu. Déjà les gros 'bagages de l'armée autrichienne rétrogra^-
dls^eBt sur Mâesb^cht : tout était en alarmo»; 4ans eeltç place : oi^ s'y attendait à la reprised'un siège, trois seipaines après la prenjiere* délivrance : j'y étais, je l'ai vu à loisir, et c'est à ce titre que j'en parie. Mîranda' retint le mouvement de l'aile gauche qu'il comman- 'dait, dans le moment décisif; si elle eût appuyé le succès du reste de l'armée^ les. .Autrichiens repousses au-^elà dé la MeUse et du Rhin , ne pouvaient plus rentrer dabs la Belgique. Les Français déjà maîtres des châteaux de Namû«, de Yenlo/, de Breda., de- C^rtruy denberg , auraient repris k si^e de* Maestricht, qui. cette fois n'eût pa& renouvelé^ jsa défense ; ils auraient poursuivi, sans crainte^ d'être trouhlésc, la conquête die la Hollaûde. à laquelle le parti anti-stathoudjéFien les appelait. Les conséquences de cette» bataille éta^nt incalculables ^ elles changeaient du tout au., tout la face politique de la révolution et de TEurope. Si les Français avaient complété la victoire, ijs auraient aussi complète la çamr pagne j on, ne lés aurait par yus, comme ils Ibrent; après la bataille de Jemmaipes et la première conquête de la Belgique et du pays, dj? LiégQi s'arrêter , o» ne sait pas pourquoi.,,
f 7,5 ) ftttr les bords d'une petite rivière, nommée Air Mbên^ qui ' coulant 4aDS l'entre Meuse et Rhin, ue 4éfend rien et n'offre aucun point d'fippui^ marne quand oh est maître de la place de JuHers , à plus forte raison, quand 0n ne l'est pas, et à çettç ^oque^ les Francis n'occupaient pas encore cette place, possession de l'électeur palatin , duc de Berg et de Juliçrs. 11 n'y a de sûreté yéritàble pour celui qui possède la Belgiqtie et le pays d? li^, qu'ei^ bordant là, Meuse ou le Rhin* lit se trouvent de vérit^^bles poiAtSt d'app^^i ; pilleurs , Us u'existent po^nt.
Il est h(M'S de doute que fei Nerwinde eut couronné la tête de Damouriez de nouveaux lauriei^, ce succès n'çùt aussi frappé 9fi^ yeux de nouvelles clartés, ^t qu'eu lui rétélaiit l'é- Bormité de la f^ute qu'il ava^t conurnse par ^n séjour prolongé sur les bor^s de la Roè'r^ y ne l'eût porté avec rapidité sur lés bords du Rhin ; là tQi|te la politique du temps prenait une autre face \ . les deux campagnes })elgiqu^ de 1 793 et de 1 794 n'auraient paa eu Ueuj; peut-^être que les guerres de h^ Yendée^ de Lyon et de Toulon n'auraient pas éclaté. }jà présence 4^ s^rj^iiéçs/ étrs^n^èrea
sur lés frontières , l'espoir de leurs snee^^ ont pu uiire natlre et entretenir dans l'in^ teneur des dispositions qui, sans ees mc^- I)iles , n'auraient pas existe, en ne se seraient pas développées avec la même violence : de son côté, la coalition européenne, déjà bien divisée dans ses vues personneUes et dans sa manière d'envisager la réyolutioB française^ aurait embrassé à son égard une autre marche que celle qu'elle crut pouvoir suivre après la reprise de la Belgique. Ce grand succès loi donna une confiance qu'elle n'aurait pas ressentie dans une autre position, et dans le &it, il était tout simple de vok les choses d'un autre œil y en les regardant de la rive droite du Rhin , ou bien des bords de la Sambre et de l'Escaut.
Si ta bataille de Nerwinde eât été perdue jSar l'Autriche, cette puissance n'eût plus songé à la Belgique : le parti allemand qui était opposé à la rentrée dans ce pays^ aurait pris Fasc^diEuit à Vienne, il l'aurait emporté sur le comte de Mercy et sur le parti brabançon . qui poussaient a la reprise de ce pays; alors l'attente de l'argent et des hommes qu'il avait promis s'étfût évanouie, le
(77) fiirdeatt de la guerre retombait en totaKté sur l'Autriche , et il est bien probable que cette considération ) jointe à beaucoup d'autres que j'ai déjà rapportées , aurait Êiit prendre en î 798 ^ par l'Autriche , la détermination finale de l'abandon étemel et absolu delà Belgique^ telle qu'on la lui vit embrasser et exécuter en 1794 : qui peut assigner les conséquences de cette résolutîoti à cette époque ? Et par là même, qui peut dire Rnfluence qu'a eue sur le monde la différence de la perte ou du gain de la bataille de Ner- Mfinde ? Cest à peu près celle de la perte «u gain de œs grandes batailles qui oht fi&é la destinée des empires, Arbelles, Pharsale, Actium y Bouyines , hrty , Pultava , Dénaitt , Marengo^ Austerlitz, Jéna, Leipsik et Wa^^ terloo. ^
La grandeur de ces résultats renferme aussi la condamnation de ces chefs subor-^ donnés qui font dépendre l'exécution de leurs devoirs, de considérations étrangères à ces mêmes devoirs^, qui mettent leurs intérêts privés à la- place de l'intérêt général qui leur est confié^ et pour lequel ils sont payés ; et qui sacrifient la patrie au désir dd renverser
t7«). be^iii qui les sépare an cojnmand^ânent : hotn^ mes émioemment coupables, criminels au premier chef envers les nations , infracteurs détestables des lois de llionneur et dé k probité , responsables à trop juste titre dtt ^ng et des malheurs que leur prévaricati(m coûte à riiumanité et à la société : non^ jamais elle ne peut être |:>lessée plus profondément qtie par ces hommes qui oubliant leurs devoirs les plps SHçréSy esclaves de> penchant qit'à boQ di'Qit Ton nommerait parricides., n'écoi^tent qui^ àt funestes pas-^ sions, 96 substituent à la société qui les A aiinés de son potiyoir, et qioi le ^t servir con- > tre elle, ,91 ne Iç fiiîsant $&ni\v que pe»r eux^ mêmes. Yoîl^ la crima Qpmmîs .par Miranda,. vx)ilà ce qu'il a coûté jt bt France en rçfiisant à Nerwinde de seconder les mouvemens de la partie victorieuse de Tiarmée^ ainsi qu^il en reçut l'ordv^ à :9 heures djç l'apvès^^mifË, P^^ l'aide-d^i^^ip JRamvUh ^ ordre . que Ikk* mouriez lui avait fait pointer paar œt «J^ipier, du point qà il v^aît. 4^ vmn€i>e ;,MtrBiiida tiraBit. sa montra ^ ré^on^it qu'il était tard, qu'il y avait dçs jours heureux et d'autres malheur, reux , et d!éva^igiis an évasioias , il finit pai^
Y^^sler à peu près immobîjb. Pendant ce ièoip^^ les Autrichien se voyant libre$ de ce' côté, se portèreiit en force sur la partie de l'année française qui jusque là avait é^ l'avanlage , et qui se voyacit dépourvue d^appuî, plia et recula ( I ).
La bal:aille de Nerwiude eut de très grands résultats immédiats.
i^. La perte de la Belgique par k France , et la reprise de ce pays par J'Autriiehe.
2**. Ia teufâtive de Dumoùriess contre la Çoaveàtion. :
3*. L» congrès d'Anvers, qui fit écihl^t trois cl^oae^ : la pil^emière , Fallianç^ d^ rAuglêterre avec l'Autriche ; . -
La sea»de, fes vues véritables d^ cette alliance ;
La troÛHème , la diâ^rence dfis prçjet^ . de ces puiâsances avec ceux de la Prw$e.
Les Autrichiens vainqueurs a Nerwinde
■>■■■■■ M J^ ■ N ,n ■ H' '1 ■ I . ir M '^'l'I II IH' Il \> ■■III. .„ i>
(i) Je tiens pe récit du général Dumouriez, et de son ai^e-de-camp Rainville, qui me Ta répété dans les mêmes termes , daps des temps et dabs des lieux différens ^ alors il n'ajrait plus aucun motif de déguiser ni d'altérer la vérité. La conformité de son lécît dans ddi positions différente^ » e$t le |^§al 4^ ta vérité.
poussèrent leurs avantages avec vigueur : le général Mak les commandait sous le nom du prince de G)boui]g. Après tout ce qui est arrivé a ce général, on est fort embarrassé d'ea parler ; écartant à la fois , pour le mo^ ment , la louange et le blâme , je me bornerai à dire qu'à cette époque il agit avec cette célérité qui surtout à la guerre est la source des succès : il combattit pour la première fois à Aldenoven, le i**' de mars; le 3, il délivra Maestrickt et Lâ^; le i4, il en-^ tama les Français dans Tirlemont; le i8, il vainquit à Nervyinde ; le sS, il était sur les finjutières de France. Il est rare que les Autrichiens aillent aussi vite : des Français eux*>mémes y en pareil cas , ne s'accuseraient pas de lenteur.
L'insurrection de Dumouriez contre la Convention présente des caractères qui n'ont pas été assez remarqués. Celui-même qui^ Pèssa ya , périt par une méprise grossière sur l'esprit de son temps; et ce qu'il y a de plus remarquable dans ce mécompte , c'est qu'elle fut commise malgré les exemples constans de tout le cours de la révolution ^ et l'exaai'^ pie récent de M« de Lafayette.
ïl est vraiment curieux d'observer camr * tnent, depuis le maréchal de Borglie au chaiiAp^i de-mars, jusqu'à Dui^ujriéz au camp det Manlde , tous les che& militaires se saut paiement tifompés sur l'esprit de leurs trou-rT pes et sur les probabilités de leurtobéissance^ . ailleurs que contre l'enpemi étranger.
On avait vu les régimens préparés pour^ couvrir «le passage du roi à Sakite-Meneliould ^ « se réunir, au peuple : à Varennes , le général { Bouille n'avait pu faire écouter la voix qui avait trouvé les soldats dociles à Nancy , parce qu'alors il s'y montrait l'organe et le délégué de l'autorité civile, dans ce temps, supérieure à toutes les autres. '
Après le ïo août, à une époque bien ' cruelle et sans excuse , par conséquent très Êivorable aux che& militaires attachés au roi et ennemis des scènes de désordre et d'horreur, telles que le lo août et les saturnales du bonnet rouge y M. de la Fayette n'avait pu prévaloir dans son armée , soignée par lui » de longue main : elle se livra à trois com- , missaires de l'assemblée qui venait de faire le 1 G août , et qui apprêtait le a septembre. Dumouriez ne tint pas compte de ces ensei-
^emeD3 , il se flatta que le vainqueur û^ k Champagne et de Jemmapes conserverait sur Içs soldais Tasofuylant qui avait «échappé à aeft devanciers 9 qui , il faut le reconnaître, ^'avaient pas acquis par des esiploits pareils aux siens y un droit ^al d'en ifniposer à leurs troupes. A cette époque , le nom de Dumouvies ét^it le plus sonnant de PEurope eplière, parce qu'il ^il ceh» auquel ^'attachait le soav^r des plus grandes choses qui eussent eiicore été faites. Pei*soni|e n'était sur la .ligne 4u vainqueur àvk Duc de Brunsvick y de Jeininapes, et du conquéi>ant de la Belgiqjuei Sa grand^i^r ^vait excité les ombrages de la Convention : les démocraties viv^^ de soujf- «cons in^fits y «t Dumoiuriez payait un ample tribut de ce genre à la sanguinaire démocratie qu'il avait &it prévaloir. Il avait été à la veilla d'èlre arrêté à son ^retour de la campagne de Cliampagne > pouvsmvi par Marai , liarcelé par les dénonciations^ coiatinuelles des g1u})S, $trietemeni observé, et comme J^ridé par les cominissaîreS''de la Convention qui l'avaient suivi en Belgique, ibfut chercher auteint \m reDdge qu'ui^ viqtoire dans cette contrée^ et, il^ comptait encore moins
d'eûMnrhb ' et des çnnemis moins acLarnés à Jetntn»pes qu'à Paris;
C'est dans cet état de choses ^ue se voyant petdu dans la Convention ^ et par la Ct>nvention , il entreprit de la pôrdrt^ à son tour. Yainquetir, elle lui eôt i peine pardonné; vaincu, elle ne pouvait f>lus qile le perdre } mais lui-inéme vainqueur, il pouvait à peine se soutenir pendant un temps , vairfcu , il n'avait plus qu'à succomber. Sa tentative ne fut donc pas tm acte de politique seide, et decalcul dans les intérêts de la France, mais tin calcul individuel et un acte de sûreté person*nellç. Triompher de la Convention ou périr par ellCj telle était alors Palternative quilui res-* tait, tel était son unique partage. Mais, comment se flatter du premier résultat, dans la disposition d'esprit qui dominait parmi les soldats. Vainqueur , Dunaourîez ne les.eûtpas long-temps dirigés côntrie le powvoir civil étiabli à Pisiris ^ vaincu , il avait perdu ttmte autorité sur eux. Duinouriez périt comme se» devanciers, comme les émigrés eux-^mémié», pour * avoir pris ses officiers pour son armée. U crut feuasem^it (fue ks sentim^ns de qUek ques .che6 d'un ordrt mpéncur étaieiit len
. (84) , sentiméns de l'armée tout entière. M. de la Fayette et les émigrés avaient cru la même chose. La même méprise fut commise par Dumouriez, et pour avoir erré comme eux sur ce point , il se vit condamné à rester errant à côté d'eux. Il ne dut pas tarder à reconnaître la fausseté de son calcul, lorsqu'il se présenta à son quartier-général avec uneescorte de troupes étrangères. Les murmui^s, les invectives, et même des coups de fusil' tirés sur lui , l'avertirent que les 'soldats fran- * çais ne voulaient pas de contact avec l'en- ' nemi , et que les intérêts et le bonheur de ' la nation avaient Seuls de l'empire sur eux , quels'que fussent ceux qui exerçassent ses pouvoirs. Dumouriez fut bientôt obligé de fuir,' avec un j^etit nombre d'officiers et de soldats, • presque tous allemands.'Ce fut par leurs mains • qu'il fit arrêter les commissaires de la Convention, et en vérité il' n'aurait pas pu dii'e cuî bôno/ Car j que faisait à la marche des afiaires générales», et à sa position propre, que quatre hcwnmes de plus > ou de moins fussent en dehors ou en dedans de' la France. Gda n'avait i aucune espèce de résultat , ni pcoir.ltn ni pour^cB» autres.! Les étranger»
fiirent bientôt embarrassés de ces hoinmes>, an'ètés à grand bruit, et qui ne parurent pas même propres à servir d'otages à (jui que ce soit 5 aussi onéreux k ceux qui les gardaient, qu'indifférens à ceux que l'on croyait contiîster -par leur captivité.
.. L'Aptiîche était donc rentrée en possesrsiou de la Belgique. Ce n'était que la plus petite partie, de la difficulté. Il fallait s'y maiur tenir, et embrasser un plan^neral pour la guerre , que la Convention venait de déclarer à toute l'Europe..
* Jusque-là on avait si mal jugé l'esprit de celte assemblée, qu'on lui supposait l'enviQ de svûvre les ménagemens d'usage dans la politique ordinaire et vulgaire, tandis que cette redoutable puissance calculait, au cour traire , ^ur l'ojendue de l'em^rasego^ent allumé par elle» On avait eu tout le/ tem]^ de se détromper, lorsqu'on lui. vit déclyter la guerre dans l'espace de cinq jours à l'Angleterre , à la Hollande et à l'Espace, et cumuler ces agressions avec la guerre déjà ouverte contre l'Autriche, la Prusse, le Piémont, et quelques princes allemands»^ Sûrement on ne pou-»' yait pas se montrer moins accessible à cette
espèce de sentiment que &it naître k crainte de la multipHcation des ennemis. Loin de les éviter, à la différence des autres ,^ la Con^ vent ion les recherchait.
L'entreprise de Dumouriez ayant manqué ^ les alliés contraints de rechercher par la force des armes ce qu'ils n'avaient pu obtenir de Tinsurrection du général français contre ses comraettans, indiquèrent et tinrent à Anvers^ le a avril 1 798 , une assemblée des chefs militaires et civils des diverses puissances. Le prince d'Orangçs'y trouva, FTircbidùc Charles. le comte de Mercy, le comte de Metternicl^ le prince de Cobourg, lord Elgin, le comte d'Enbff, prussien, s'y réunirent. Là furent posées les bases de l'action que Ton allait poursuivre. L.\ furent avtuiées les liaisons et les intentions qui unissaient les cours de Londi-es et de Vienne. Là il ftit déclaré, à qui savait le juger, que la coalition se dissolvait au moment même auquel elle avait ï^air de resserrer ses liens. - .
En voici la raison :
Le but des alliés n'était pas le même. Le& . uns, tels que PAutriclie et rAngleterre, fai^ saiect une guerre intéressée et çpmme jper*
aonnelle. La raison en était bien simple , et'' û fallait toute l'épaisseur du bandeau qui n'a pas cessé de couvrir les yeux de l'émigration^ pour ne l'avoir pas aperçu des le premier jour. U Angleterre et l'Autriche n'étaient pas^ lès alliées de la France, mais bien lès rivales de sa puissance. C'était sous ce rapport que ces deux puissances trouvaient bon dé la considérer,, pour avoir une raison de Ifi dépouil^- 1er, Il y avait de la*, bonhomie à croire que MM. Pitt et Kaunitz se contentassent à\\topies sentimentales ou morales sur les scènes
''de la France j c'étaient de la. pâture peu. à Tusage de ces cœurs endurcis par la^ politiques Us laissaient tout cela aux. dédàmateurs detous les pays, et visant au solide,. Tua voulait dô bonnes provinces , et l'autre de riches GQlonies. Aussi l' Angletwre et l'Autriche fi*r Ycent elles entendre au, congrès d'Anvers les
. nio ts d^ indemnité peur- te passée, et de sûreté pour Vàvenir* Cela voulait dire, en bon fraur çais, l'Autriche prendra tout ee-qu'elle pourra, sur la frontière française^ et l'Angleterre tout ce qu'elle pourra sur les colonies. Tel était évidemment le sens de l!alliance des deux^ puissances 3^ le désintéressement, n'est pacs^^
plus une vertu autrichienne qu'anglaise, et les deux cabinets étaient également matérialistes en politique.
Depuis que l'empereur Joseph avait jugé à propos de démanteler les places dé la Belgique, pour se soustraire au traité de Barrières , et à la nécessité d'entretenir des garnisons et des armées pour défendre ou pour reprendre ces places, la Belgique était sans frontières défensives ; les politiques autrichiens et brabançons trouvaient cliarmant de profiter de cette occasion pour s'approprier les places et le territoire qui forment ce que l'on appelle la ligne de f^auban. Us avaient là' des frontières toutes Eûtes ; c'était le système brabançon ^ de tout temps, et tel qu'il a revécu après la bataille de Waterloo. Alors, comme dans cette dernière époque , le prince 'Auguste ne parlait que de s^approprier la ligne \le Vauban, et de rentrer dans les conquêtes faites par Louis XIV.
' L'Autriche qui, à cette époque, exerçait une influence de domination sur toute la partie de FAllemagne attachée à la fédération et à la ligue catholique, fit déclarer la guerre d'^nipire le 5 avril. Le corps germa-
(80) liiqxie n'avait rien ù gagner à cette guerre. Les petits princes ne sont jamais les gros gagnans dans cette espèce de jeu. Les états allemands, alliés de la Prusse, et membres de la ligne protestante , la Bavière elle-même, quoique catholique, ne pouvaient pas porter dans cette guerre les mêmes sentimens que FAutriche. Ils devaient incliner vers la Prusse, et partager les affections que cette pviissance avait écoutées dans sa participation à cette guerre. Aussi se rangèrent-ils sous ses ban-
nières.
Ici il faut rendre justice à la Prusse, et la venger des jugemens aussi irréfléchis qu'injustes auxquels elle a été long-temps en butte.
Dans tout ce temps, la Prusse s'est conduit avec la plus parfaite loyauté, et le plus entier désintéressement à l'égard de la France. Elle entra dans la coalition à ce titre de générosité, elle le fit consacrer par la déclaration de Francfort, 35 juillet 1792. En Champagne , elle ne fit aucun acte qu'au nom du Roi; dans tout le cours de la guerre, elle ne manifesta pas une intention iatéressée à la charge de la France. Lorsque par la déclaïatiun d'Anvers, soutenue par l'appropria tioâ
(90) que l'Autriche se fît à elle-même, de Valen^ cieimes et des autrçs places françaises de la frontière, à l'exemple dé là capture que l'Angleterre avait faite de son coté, de la Corse et de la Martinique , il fut manifeste que le sens de la première coalition ne subsistait plus, et qu'il ne s'agissait nullement de ramener l'ordre en France , mais de tirer à soi ^s provinces, la Prusse se ressouvint de sa politique, qui lui assignait la France pour alliée, et ne vbulut pas rester complice de sa spoliation. Les intérêts de PAutnche et les siens étaient diamétralement opposés , et les alliances ne peuvent se soutenir que par la conformité des intérêts. Aussi , dès lors l'onvit la Prusse se retirer de cette alliance mal assortie; dès lors encore elle se borna à remp^r ses devoirs de membre de l'empire germanique,'et à couvrir la Basse-Allemagne. En 1794j la Prusse mit une armée de cinquante Baille bommes au gervice des puissances marilîmes, la Hollande et l'Augleten-e,. mais de son chef et pour son compte, elle n'entreprit rien contre la France; on la vitse retirer tout-à-fait du champ de batailleen 1795, par la pai^ signée à Baie le 5 avril,.
avec la G)»vehtion. Dès cette époque, la Prusse s'est bornée à couvrir la Basse- Allemagne par sa ligne de démarcation , qu'jelle a gardée jusqu'à 1 80 1 . On la vit balancer un moment eu 1799, lorsque les Russes parurent pour la première fois en Italie. Il était écrit qu'elle devait subir les épreuves de la bataille d'Jenna et de la paix de Tilsit, avant que les désastres de Moskou et de Léipi^ik eussent ouvert les voies aux vengeances de FEurope, et les routes de Paris à ses bataillons; il allait tout ce que Ton a vu pour ramener aux bords de la Meuse et de la Moselle, sur le flanc de la France, lu puissance que celle-ci avait reléguée au-delà de l'ËU)e, en devant entre elles deux des barriàres que rien ne semblait devoir renverser.
O vanas hominum mentes l
11 régnait donc, comme Fon v(»t, une grande divergence d'intérêts et de vues dans Vintérieur de la coalition qui allait combatti*e la Fiance- U faut y ajouter la. double contradiction des états de Brabant avec le gom er^ nement de l'empereur, et celle du cabinet purement allemand, résident a Vienne avcy:
le cabinet Brabançon résidant à Bruxelles^ et Ton verra quelle niasse énorme de diffi^ciikés il y avait à soulever pour obtenir une action quelconque contre un ennemi fort de «on union, de la conformité de ses vues et de ses besoins, affranchi à la fois de toutes les règles de la morale, de la Justice, de celle des gouvernemens ordinaires, et des deux grands embarras qui centrât eut le plus Faction de. ceux-ci, les hoçoones et l'argent. Avec des réquisitions et .dési assignats, la Convention répondait, sai^ fatigue comme sans mesui:e, aux lefvées d'hommes et d'argent que ses adversaires effectuâieut péniblement. U n^ avait pas plu^ de cdnformité entre les ressourpe»» reapectiv^s. des combattans qu'entre la nature, les prpcédés et le but de chacun d'eux.
Ces préliminaires ont paru indispeinsables pour Ëiire bien connaître , sous quels auspices allait sie feire la campagae de 1793. On la regardait comme la dernière qui devait avoir .lieu contre la France, comme celles qui était destinée à mettre fin à la révolution ; on ne s'apercevait pas. que l'on procédiait de mi»uière a fouinii* à. celle-ci des alimèns durables^
et que plus de vingt ans encore allaient devenir nécessaires pour lui faire connaître des barrières.
Tout était à double entente dans cette coalition , on ne s'entendait sur rien , le militaire et le civil du même pays différaient avec le militaire et le dvil de ce pays, rieii ne se faisait et ne pouvait se faire. Au sein de cette discorde , il n'y avait d'uniformité que dans le désordre même.
L'armée se forma lentement dans la Belgique. Elle n'était pas très nombreuse. Le contingent autrichien n'excédait pas soixantequinze mille hommes , si même il y atteignait. Le reste de l'armée fut formée de prussiens au nombre de onze mille hommes, de hollandais , d'anglais , d'hanovriens , et de quelques corps d'émigrés; c'est beaucoup que d'évaluer l'ensemble de ces forces à cent vingt ' mille hommes. La coalition les crut suffisantes contre un ennemi encore novice dans l'art de la guerre, obligé de partager ses forces sur toute la circonférence de la France, et de combattre depuis Ostende jusqu'à Bayonne, en couvrant de ses bataillons tous fes points' vulnérables de cette immense enceinte. La
coalition n'a Jamais bien apprécié^ la foroe véritable de Li France, soit an inofal^ soit au physique. Elle s'est continuellement bercée d'espérances tout aussi peu fondées, o» pourrait dire aussi ridicules les unes que les autres. Elle a constamment pris pour des principes* de ruine pour la Convention , les lâsûlnles qai ajoutaient à sa force de compression à Pin-* térieur et de résistance à l'extérieur )tfinsile5^ cabinets, en voyant les sévices, les désotdres^ les résistances^ la, famine, les assignats varier sons mille formes atroces et lÂt^reë lès souP* frances de la France, étaient pôrlés à atieiidre la fin de la Convention d'un ordrt de eboset» qui leur présentait l'absence de» moy'ènâ de soutiens babituelsr dans les gouv^nem^ns réguliers , et ils ne s'aj^rçevaient pas ^e, semblable à voi malade rc^ïuste^^ doat là fièvre double la force, te ^and Corps de' la Ftancé dans un éréihisme toujours crois6fli«4 et que sa consiitut iot> atblétique la ^eltaii dans le cas de supputer long'-tenhpâ, pouvait seutëniiÈ^ des épreuves do^t il était 'impossible d'assi* gner le teriiîe , et trouver dans eeète. tensioA déréglée de ses ressorts lès moyens» d'écraser »es ennemis, en atteadant que leurs prùnos-
(95) lies sut soii épuisement se fussent réalisés» La coalition faisait à un ordre déifié Fapplication des principes convenables à un ordre régulier, choses fort différentes et dont la confusion ne peut qu'être fatale. 11 entre toujours un peu de quiétisme et de paresse dans ce mode d'évaluer les choses. L'homme est naturellement paresseux ; il se repose volontiers sur les oreillers qu'il trouve tout faits, et sur lesquels il croit apercevoir une' dispense d'agir, tn 1793 la coalition en était là, dans ses jugemens sur la France et la révolution. Elle calculait- sur les désordres des armées franjçaises , et encore plus sur celui du gouvei'nement français lui-même. En lisant tous les matins le récit des atrocités auxquelles il se livrait, atrocités. dont quelques-unes portaient avec elles l'apparence de l'absurdité , et presque toutes celle de l'inutiUté , les étrangers croyaient fermement que le lendemain leur apporterait la nouvelle qu'un joug aussi dur, aussi humiliant avait été brisé par l'indignation et par le désespoir de la niition, et ils ne voyaient pas que la dureté même de ce joug poussait pour leur propre sûreté|liceux qui l'impo-
salent, à ajouter à la terreur, que celle-ci '. était leur sauvegarde, et que YeScoiy m croissant, accroissait aussi l'obéissance, du peuple et les ressources de la Convention. Les armées se recrutaient d'hommes qui fuyaient les échafeuds , la terreur régnait dans la cité et la sécurité dans les camps j on ne la trouvait plus que là, et lorsqu'elle, fut rehaussée par l'éclat de la victoire, lorsque la défense de la patrie eut annobli le dévouement forcé des guerriers, la force des, armées françaises ne connut plus de bornes :
* dès lors elles ne .comptèrent plus que par millions d'hommes et par centaines de victoires; le torrent grossi par ces mobiles en-
' traîna tout, et fut à la veille de submerger l'Europe : une fausse confiance iavait aveuglé celle-ci , et lui avait fait croire à l'inutilité de. plus grands efforts. Prolonger la guerre lui paraissait en assurer le succès j on demandait au temps, les succès qu'on ne devait attendre que d'une perspicacité virile. Pitt lui-même abaissa son génie à cette déplorable série d'illusions : il attendit pendant dix. ans la fin, de la lutte, par la Vendée, par les chouans^ par la famine, parijies assignats et par je ne
sais quoi encore. Il est mort dàtis les angois'^ ses de raccroissement de cette révolution qu'il avait espéré de maîtriser, laissant à des ' successeurs bien inégaux en génie avec lui, là gloire d'arriver au terme dont lui-même s'était toujours écarté (i). En relisant aujourd'hui ce que Pitt a souvent dit sur la nature et la force de la révolution , en le comparant au résultat obtenu par ses . successeurs , on se sent. porté à rabattre de l'opinion glorieuse attachée au nom de ce ministre , car il est vrai qu'il a calculé en politique , sur la ré-volution, à peu près comme 'son agent, M. d'Ivernois , de son côté , calculait sur les finances de la France : et aujourd'hui qui sait s'il a existé un M. d'Ivernois^ qui sait encore ce que, sous l'inspiration el la clef du coffre*
fort de Pitt , a écrit • sur la France , ' le che-
(i),Pitt mourut au mois de janvier 1806, entre la bataille d'Austerlitz et la paix dePresbourg^ par conséquent , à une des plus belles époques de la France et de Napoléon. Pitt dut avoir moins de regret à la vie , en laissant le monde devenir le théâtre dé la puissance' et de la gloire croissantes du pays et de Thomme qu'il avait pris tant de soins d'humilier ^ ^et par lesquels il Voyait son attente et ses efforts également déchus.
(98) valier Ceatz , qui de nos jours travaille pottif TAutriche , contre le mouvement de l'Europe et du monde 9 à peu prés avec autaii^t de perspicacité et de fruit, qu'il le faisait alors contre la France et les rési^tats probables de la révolution. Tous ces écrivains 4ép€iii'^ dant du salaire 4'au);iW9 £|tt^k^ en titre aux opinions dç commande des Qabîoï^s^ à la longue pe travaillent ni pour l\^tilîté de leurs commettans , ni pour kur gloire propre , ni pour les contemporains , ni pour la postérité : l'oubli les attend, les réckme, les^ poursuit , et bientôt les eiface» C'est leur des^ tinée commune. Il n^est qu'une voie pour lui échapper , la vérité , et la voie vers celle^ ci est l'indépen49nce fi).
Les armées fmpçaises de la Belgique eu 1 793 , furent très peu nombreuses , surtout au commencement de la campagne. Elles consistaient seulement dan& les débris des corps qui avaient combattu à Nerwindé, ou envalii le Brabant hollandais. Le général' Dam-
(i) On lit daDS le Moniteur du i5 octobre ^ article de "Vienne , le chevalier Gentz , notre puWi ciste de G>ury un publiciste de Q>ur ! .
Jjdérré qui, les commandait ,t périt giotieuseméat ea défendant les approches de là frontière. Lés temps de la grande puissance ](nilitair^ de la France n'étaient « pia^ encore arrivés : elle date de la campagne de 1794* C'est alors que la France entrs^ en jouissance des résultats de ses réquisitions qu'elle multiplia en 1 793 y et qui fournirent à la formation des quatorze armées dont elle présenta l'aspect effrayant à l'Europe étonnée, développement de forces inoui parmi les peuples modernes. C'est à la faiblesse des armées^ françaises de la Belgique, qu'il faut rapporter les succès que les alliés remportèrent sur elles à Fouverture de la campagne. Car à la fin, l'honneur des armies resta partout à cellesci , quoiqu'elles ne fuissent pas eucorç très nombreuses ; mais elles doublaient leur nom^ Bfe par teur aîctivité. Elfes se pi^rtaieiit d'un lieu dans im autre eiveô iiae rapidité et par des méthodes dont leuf^ adversaires n'avaient pas même l'idée. C'est de cétÈe époque que date parmi nous; l'image dé finire voyager en poste des Qoa?p8 d'artnée : ce liit pai* ce moyeix que l'armée d'Alsace ♦int combattre à Maubeuge, et put repartir le lendemain pour
aller chasser le général Wiirmser , et le re-« jeter au-delà du Rliin. Ainsi les mêmes hommes , en se multipliant par la célérité de leurs mouvemeas , équivalaient à un nombre supérieur , et rétablissaient Féquilibre entre des quantités réellement inégales.
Pendant que Ton préparait la guerre, et pendant tout le temps qu'elle dura, que faisaient de leur côté les Etats de Brabant ? Ils imitaient les matelots dans leur éloignement à remplir les vœux qu'ils ont formés pendant l'orage. Les Etats avaient offert hommes et argent. Quand il &Ilut réaliser ces oflfres , mille difficultés s'élevèrent. La tempête passée et les anciens postes repris, les états' l^prirent leur train ordinaire de taquineries, de pointiUeries et d'ergotage contre l'autorité du souverain. Quelques membres avaient été exclus , depuis la reprise de la Belgique par le maréchal Bender : les Etats ne cessèrent pas de demander leur réintégration. Ils avaient promis un don d'argent fort considérable : ils le réduisirent , ils y apposèrent des conditions inadmissibles : ils devaient fournir des hommes ; ils ne voulaient admettre pour les oommander que les oificiers
qui avaient combattu dans la révolution bel*» gique. Enfin l'année s'écoula sans qu'on pût en tirer ni un homme ni un écu , et pe qui achève de peindre les dispositions de ce corps, et combien peu il était maniable, c'est qu'il devenait plus revêche, à mesure que l'on gagnait du terrain sur la France. Plus l'ennemi s'éloignait , et avec lui Pappparence du danger, moins il se montrait disposé à remphr ses promesses à l'yard du souverain , et à le seconder de ses ressources propres. On aurait dit que l'Autriche devait à la Belgique une forte barrière contre la France, que c'était à elle à s'épuiser pour la lui fournir, ainsi qu'aux Belge? à la recevoir à titre gratuit , en se réservant pour toute preuve de reconnaissance, de reprendre l'opposition et la mauvaise humeur, lorsqu'ils seraient bien en sûreté. C'est pour les hommes de cet esprit que Lafontaine a dit :
O gens dignes de tous maux !
On voit donc, i^ que l'Autriche proprement dite faisait la guerre à contre-cœur, , avec une partie de ses forces seulement, . sous l'inspiration d'un cabinet divisé , et sans
accord entre les membres de la famille du souverain , dont les uns résidant à Vienne ne pouvaient point partager les vues de ceux qui gouvernaient dans la Belgique, ou qui régnaient sur les bords du Rhin, comme l'électôur de Cologne , prince évêqile de Munster; 2* qu'il y avait division dans la Belgique; entre le Gouvernement et les États ; 3* qu'il y avait encore division entre l'Autriche et la Prusse , dont chacune entendait la guerre ^dans uu sens absolument différent; 4^ que l'Angleterre et TAutriche s'entendajierit contre la France ; 5^ que la Hollande prenait part à la guerre , d'après ses liaisons, avec l'Angleterre, on pourrait dire, d'après: sa pouniission habituelle a cette puissance , et d'après le bpsoin ^qv^'elle ressentait pour sa propre conservation, que la Belgique fijit soustraite à la puissance française, dont le voisinage immédiat lui paraissait sa perte propre. On senjt tout ce i^ue devait produire cette complication de contrariétés et de divisions, appliquée à pne action commune. L'Eui'opç n'était pas encore arrivée au temps où , comme çn 181 3, l'excès des souffrances passées, la crainte de l'avenir , et le désir de profiter
C ïo3)
âe la eliance inattendue de rafiaibllssemeht de l'ennemi^ k portèrent à Be réunir dAns \m but uniforme d'afirancliisement ^ sans meilange d'intérêt privé et sans regard jeté par les associés sur^ leurs propriétés respectives. Il &ut ajouter aussi que les uns entendaient fairfe une guerre vive et contrerévolutionnaire à la Convention , soulever contre elle tous les mobiles propres à Tembarràsser elt à Fentraver, et n^ pas se permettre d'autre but : les autres , au contrai-^ re , bontaient leur ambition à une guerre méthodique ordinaire , sans rapport à la révolution ^ et doht le seul objet fut de transférer à la Belgique la possession des citadelles françaises, et du territoire formant la ligne de Yauban, C'est à ce point que revenait toujours le parti brabançon, et que se réduisait toute la politique du mentor du comte de Metcy , le prince AugmU qui , dans ses. idées de divotoe aveo la France qu'il avait servie , mais dont il se tenait séparé à jamais , appelait cela faire la part ai^ fbu. 11 consentait ensuite à laisser à la France tout ce qui était au-delà de cette limité , sauf à elle à s'arranger dans son intérieur comme eller
Pen tendait y en bornant sa générosité à lui souhaiter toutes sortes de prospérités, soit qu'elle restât une république , soit qu'elle redevint une monarchie,
La guerre conimença dans cet état de choses. Le premier grand événement fut fe
• prise du camp de Famars. Il couvrait Valenciennes : il fallait l'enlever pour arriver à cette place. Mak le fit attaquer, et Tenleva d'une manière brillante. H fut blessé
-légèrement : le siège de Valenciennes fut aussitôt entrepris^. Là commença à se marquer l'action des partis qui se comb«ittaient dan&
• les cabinets de Vienne et de Bruxelles.
Le général Mak avait une santé altérée et détruite avant l'âge : sa blessure aggravait ses infirmités. Il était Thômme du maréchal Lascy et des princes qui gouvernaient à Bruxelles ; mais il n'était pas aussi agréable au parti purement autrichien qui dominait à Vienne, Ce général ne voyait dans la guerre que le moyen de renverser la Convention, et pour cela il voulait une guerre vive, décisive , hardie , faite pour fi^pper la Convention de terreur; en un mot, il n'apercevait de but et de terme à la guerre , qu'en
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nllant droit à Paris. Ses idées à cet égard étaient arrêtées et fort claires j mais ce qu'il voyait et voulait fort distinctement , d'autres ne le voyaient ni ne le voulaient pas à l'^al de ce général. Une guei^re purement contrerévolutionnaire n'était pas de leur goût, et ne remplissait pas leurs calculs. Ils étaient rentrés dans l'ornière ordinaii*e des intérêts politiques et leur rapportaient tout. On aspirait à 4es indemnités, à des sûretés pour l'avenir : pour cela il fallait conquérir,, se garnir les mains et prendre des gages : on trouvait tout, cela dans des placesi françaises de la frontière j on se mit donc à les attaquer.
Le général Mak fut remplacé dans sa place de quartier-maître général de l'armée autrichienne , par un prince de Hohenlohe , homme épais, qui n'apporta à l'armée et qui n'en rapporta non plus aucune renommée.
Mak en passant à Bruxelles disait : Je ne suis pas assez malade pour ne pouvoir plus servir , mais on sait que je veux sauver la France, et il y a parmi nous trop de gens intéressés à la perdre.
Voilà , je crois , le mot véritable de tout cet imbroglio.
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Le siège de Valenciennes traîna pendant
quarante-cinq mortels jours. Les ingénieura
autrichiens semblaient avoir appris dans Ptiis-
loire du siège de Troye , leur méthode d'at-«
taquer les places. Enfin cette ville se rendit ,
peu de jours après que de son côté May ence
eut ouvert ses portes aux Prussiens Ce doubla
succès fit éclater des joies immodérées. On
crut que l'on touchait au but : niiai», au cour
traire, on s'en éloignait par ce qilà eut lieu
alors. Les Autrichiens prirent possession d&
Valenciepnes et de Condé au nom de l'Au-^
tl'iche : tous les signes de la dommation
française furent effacés dans ces deux places ,
et ceux de la propriété autrichienne arborés,.
Dans le même temps on apprit que les.
Anglais étaient entrés à un titre semblable
à la Martinique, et qu'ils avaient changé le
nom du fort Bourbon en celui du fort de
Gasell. En Corse, à Toulon, ils procédaient
de même, en vue de dépouillement pour la
France j et de conquête pour eux-mêmes.
Dès lors le sens de l'alliance de l'Autridie
avec l'Angleterre fut manifesté et déclaré
par des faits irrécusables. C'est à cette époque
que le comte de Mercy répondit à un bon
( lo? )
ft'ançais, aussi capable de défendre les m^ terêts de soi^ pays que de lire dans Pa venir , M; Maloûet, qui lai faisait des représentation^ sur les suites de cette invasion : Ah ! voué croyez donc que nous faisons la guerre pour vos beaux yeux, vous en verrez bien cV autres. Quelque teqips après la prise de Valenciennes, les alliés marchèrent au camp de Gésar. Les Français, trop faibles 'pour le défendre, Févacuèrent. La route de Paris sô trouvait ouverte : les alliés avaient une cavalerie nombreuse : la ligne de la Somme n'était défendue par rien : on pouvait la tourner par Laon et par les plaines qui de là conduisent aux portes de la capitale. C'était le temps de la plus grçinde ferveur de l'insurrection vendéenne, et du grand éclat des Bonchamps, des Lescure , des La Roche- Jacquelin. A la même époque Lyon et Toulon éclataient. L^apparition d'une armée étrangère
eût mis le comble aux embarras de la Convention, et peut-être eût-elle décidé une explosion contre elle, au moment où l'on se serait senti soutenu : mais le génie , bon ou mauvais, <le l'Angleterre, tout comme l'on voudra', cillait sur la France : la mal calculante a vî-
' ( io8 )
dite de son ennemie la sativâ. On né devinera jamais quelle raison "^put précipiter le cabinet de Londres dans une entreprise aussi dépourvue de motifs légitimes que celle à laquelle il s'était fixé, le siège de Diinkerque. C'est lui qui vint séparer les forces des alliés^ qui, dans leur réunion, ne pouvaient rencontrer aucune opposition. Le prince de Cobourg voulait marcher en avant. Pans un conseil de guerre tenu au Cateau-Cambrésis, ce général insista sur- les avantages de ce parti; mais le ducd'Yorck, exhibant les ordres de sa cour pour le siège de Dunkerque, s'y opposa, et réclama la remise du contingent anglais y et des troupes à la solde anglaise. En vain le général autrichien insista-t*il sur les iuconvéniens de la séparation de l'armée. Tout en les reconnaissant, le général anglais persista dans l'exécution des ordres dé son cabinet. Il fallut bien se rendre; il partit, emmenant avec lui environ quarante mille hommes. Cette distraction d'une force aussi considérable réduisit les autrichiens à se replier sur leurs conquêtes; ils revinrent sur leurs pas ^ et se mirent à assiéger le Quesnqy. Pendant qu'ils étaient attachés à ce siégç, et qu'lis
ne pouvaient secourir les assiégeans de Dunkerque, les Français, soUs les ordres du général Houchard , abymaient l'armée anglaise qui faisait Iç siège de cette place. Poursuivant leur victoire, quelques jours après ils écrasèrent le corps d'armée hollandaise qui était porté à Verwick , et délivrés ainsi de deux ennemis battus en détail, ils se portèrent au-devant du troisième. Les Autrichiens, maîtres du Quesnqy, pour élargir la trouée qu'ils avaient faite au centre de leur position, et pour se mettre à couvert sur leur gauche marchaient à Maubeuge. La possession de cette place leur donnait tout le cours de la Sambre, jusqu'à Namur, qui leur appartenait, et défendait cette partie de la Belgique ; alors le passage de la Sambre eût été interdit aux Français. Le calcul était fort juste j plus son exécution importait à la coahtion, plus il convenait à la France de s'y opposer. A cet effet, elle réunit toutes ses forces , et les porta au-devant des alliés. Ceux-ci avaient forcé le passage de la Sambre. Le jour où cette expédition eiit lieu, le vieux général Beauheu , dont les veines renfermaient un sang encore bouillant du feu de la jeunesse; proposa à un général autrichien,
commandaut d^jcm corps qui servait, avee Id sien , de profiter de l'étoniiemeiit de l'ennemi pour se précipiter sur le camp de Maubeugè ^ et pour l'eniev er par ce coup de maio ; mais l'ardent et expéditif BeauUeu était tombé sur un plilegmati({ue personnage, cuirassé contre les aiguillons de là gloire , plus sensible à la fatigue qu'à l'éclat d'un exploit, et dont il ne put tirer que ces mots : Il y en a bien assez de fait pour aujourd'hui» Après cette héroïque répcMise, ce sage temporiseur courut s'enfermer dsuis sa tente, d'où tous les lauriers de la terre ne l'auraient pas fait sortir dans le reste de cette journée, cone^oré par lui au repos. Quelques jours après, l'armée française, fortifiée par celle qui était accourue des bords du Rliin, livra la fameuse bataille de Maubeuge, et fit échouer le plan des coalisés.
Là fmit la campagne belgique. De part et d'autre on avait besoin de repos. Voyons à qui elle avait le mieux: réussi..
. A l'ouverture de cette campagne, la France at^ait tout à craindre d'une attaque Ëiite par la frontière du nord. C'était le point le plus rapproché de Paris, et le Jieu du plus grand rassemblement de ses ennemis; Une attaque
j>ar le Haut-Rliin était trop éloignée duceiitre ; il fallait bloquer un grand nombre de plaipes , et en I 'Jq3 les alliés n'avaient pas encore réuni des forces égales à celles qui, en 1 8 1 4 et i8 1 5 , le\ir . ont pernûs de faire à la fais tous ce» btooUs.
Tout le danger était donc à la fi^ontière du nord, et ne pouvait venir que de là: Y avoir paré était avoir tout gagné. On avait Fhiv^r devant soi pour composer de nouvelles arnaées . plus puissantes et plus aguerries. On pouvait éteindre les incendies allumés à Lyon, à Toulon, dans la Vendée. U était possible de se débarrasser de Fattaque &ite sur TAlsade par le maréchal de Wurmser, pour appuyer celle qui se faisait en même t^mps sur la frontière de Flandre. Le gain de la bataille de Maubeuge couronnant les succès de Dunkerquc, de Warvik,^ et réduisant les alliés à la garde de leurs quartiers d'hiver, donnait à la France le temps et les moyens de remplir les objets indiqués plus haut. Elle y travailla av«c une Bfierveilleuse célérité et un succès OQmplet. Une partie de l'armée qui avait Vaincu à Maubeuge partit du champ même de bataille pour se porter, à marches forcées, en Alsace. Bientôt elle en expuba le géjaéral Wurmser, et U
relégua pour tout l'hiver de l'autre côté du Rhin. Lyon fut repris, Toulon reconquis, la Vendée étouffée, car la grande Vendée, la Vendée proprement dite, périt à la grande bataille de Savenay, à la suite du passage de la Loire , et à sa rentrée dans la Vendée. Tout ce qui suivit manqua de la consistance propre à fournir à une action de quelque importance, et à continuer les tendeurs que la première Vendée avait si légitimement imprimées à la Convention. Cette seconde Vendée ne fiit pas sans gloire, mais elle fut sans force ^ pas plus pour intimider que pour servir*
La gloire et le profit "restèrent donc tout entiers à la France, à la fin de la campagne de 1793. Avoir pu se soutenir était tout pour elle. De là au passage aux triomphes les plus éclatans il n'y avait qu'un pas. La France, sauvée en i «^gS , devait tout maîtriser en 1 794* On peut étouffer un Hercule dans son berceau 3 devenu homme, il est armé d'un bras qui renverse et' abat tout ce qu'il atteint* Les ennemis intérieurs fiirent subjugués en 1 793 ; les ennemis extérieurs fiireni contenus. Dans peu ils allaient être terrassés,. leur ter* ritoire envahi 3^ leur Êiible ligué brisée, di&-
soute , vouée à des reproches mutuels , à Pim* possjjbalité de se réfonner de nouveau. Ils al* laient recueillir ce qu'ils avaient semé en 1 798, par, leurs jalousies mutuelles, par leurs calculs ^îupides contre la France , inhumains enver** la société blessée, et vouée à des outrages laissés sans rq)aralions. En effet, c'était un hideux spectacle que celui qu'offrirent des chefs de nations occupés seulement de s'approprier des dépouiUes, pendant que le plus terrible des naufrages menaçait la société tout entière, ne songeant qu'à occuper lliéritage de ceux que la conformité du rang et les liens du sang leur commandaient de respecter ^t de consoler. Pendant ce temps, quelle était, dans la Belgique, la situation de cette coalition , que l'on regardait ci)mme la ressource de l'Europe et Feffroi de la France, et qui, •dans le feit , n'était pas plus efficace pour défendre l'une que pour contenir l'autre.
L'armée était ruinée et découragée ; la division y régnait comme dans les conseils;... Les tins voulaient de la guerre belgîque; c'étaient les Anglais, les Brabançons, les Hollandais^ les autres n'en voulaient plus; c'étaient les Autrichiens, séparés de leur patrie par de
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lon^ies dislanccs; Le prince de Gobourg inspirait peu de respect ; son quartier -maître général, le prince deHohenlohe, encore moinj*. A cette époque, une armée autrichienne représentait par isa composition nobiliaire une espèce de république princière, dans laquelle de fort grands seigneurs, honorables volontaires , formaient un embarras, journalier pour des généraux étrangers aux titres quele prince Eugène, le maréchal de Lan don, et bien peu d'autres avec eux , avaient eu pour les contenir. De pareils rassemblemens exigent , pour tenir ensemble , d'avoir un Agàmemnon pour chef, et pour en imposer.* Or, M. de Gobourg, non plus que son second, n'avaient rien d' Agàmemnon. L'armée était très fatiguée; elle était en marche depuis le mois de janvier; elle combattait depuis le i*^*^ mars; une partie venait de la Hongrie et des frontières de la Turquie. Aujourd'hui , qu'un laps de temps déjà considérable sépare l'époque de. la possession delà Belgique par l'Autriclic d'avec l'état actuel, on ne s'accoutume pas à l'idée qu'elle ait pu tenir à une possession aussi éloignée; c'est conmie si la France avait possédé la Lithuanie ou la Moldavie. J'ai vu
arriver à Bruxelles , en 1 793 , l'HTtillerie fondue à Vientïe 5 avec les munitions tirées des arsenaux de la Bohême et de la Moravie, venues ' par terre 8ui< des charrettes.... Que l'on calcule , si Ton peut , les frais , les lenteurs et les embarras d'un pareil ordre de choses.
A la fin de la campagne de 1 798 , les restes de l'armée suffisaient à peine pour garnir les trois places conquises sur la France ; Valenciennes, Condé, le Quesnoy, les places delà Sambre , Namur et Chàrleroi , et les points fortifiés dans la Flandre autrichienne, depuis Toiîrnay jusqu'à la mer-
' Le contingent prussien s'était retiré Sur la ' Meuse, et n'eut aucune part aux opérations de la grande armée. Après le si^e de May en ce , l'armée prussieime s'avança dans l'entre-Sarre et Moselle. Le duc de Brunswick qui là Commandait, couvrait de là FEmpire; sans toucher à aucun point de la frontière française. Ce duc prêta quelque appui au maréchal ' Wurmsçr , pour l'aider à se tirer du mauvais pas dans lequel celui-ci s'était engagé en Alsace, préludant là à ce qu'il fit depuis devant Mantoue en 1 796.... Le produit net de la caml>agae pour les alliés se réduisait donc à Foc-
( »»6 ) cupation des trois places fratsçai^es de la Flandre ; mais cQnp4)ien ce succès leur coûtait cher, soit par ce qu'ils avaient dq>ensé , soit par ce qu'ils avaient Eut acquérir à leurs ennemie, La fia d'une campagne qui avait trouvé ceux-ci novices, peu nooibreu^, désunis entre eux, les laissait aguerris , forts dti leur nombre et de leur union-.., s'être mesurés avec leurs ennemis sans succomber, eût été immense; qu'était-ce donc que d'en avoir triomphé?
Tous les plans des alliés étaient manques, to.utes leurs espérances évanouies ; une armée et une année étaient perdues; ce que Ton avait perdu, l'ennemi Pavait gagnée r un pied sur des ruines ,. l'autre dans le saûg, il s'affermissait sur ces bases efirayantes , sans craindre de les élargir chaque jour... Il ne laissait aper-* cevoir aucune trace d'effroi j rien ne l'embarrassait ; loin de &ire un pas rétrograde dans cette dure carrière , il nefaisait que s'y enfoncer davanlage... La terreur avait changé de siège j des Français elle était passée à leurs ennemis.
Ce grave changement affectait beaucoup le comte de Mercy ijt le prince Auguste; l'un et l'autre voyaient tous leurs plans , fruits de bien pauvres illwiojfts, U ps}; vrai , reinpla<^s par les
( "7)) apparences de Fa venir le plus menaçant : ob avait voulu conquérir ; il n'était pas démontré que dains peu , on ne fut conquis stô^méme ; on avait calchilé sut les dépouilles d'autrui; il était à craindre que bientôt on n'en fournît à mn tour«... Le prince Auguste était attachéà sa fortime au moins autant que le ebmte de Meixj; ses terres touchaient à Talenciennes; on allait se battre sur ses propriétés^ et des succès de la part des Français le faisaient tom-^ ber au rang des émigrés; ce qui lui est;arrivé... Lé cofhte de Merey , Inoins (exclusif que les autres ministres étrangers , s'était rapproché de quelques français distingués par leurs lumières y et par l'absence de cette exagéi^atixHi pleine d'imprudence et de faux calculs qui caractérisaient Témi^ation ; c'étaient , entte autres personïies, MM. Malouet, Rivarol, MaUet Dupan ; la confiance de ce ministre ne pouvait être mieux placée. Ces hommes vraimeiit ckirVoyans n'avaient pas cessé de frapper $es oreilles d'avèrtisseroens sur les résultats infaillibles de la misérable politique des alliés. Longtemps îh le trouvèrent indocile^ c'était le temps ou l'on se sentait fort : ne prenez jlnuaisise temps là pour conseiller
C "8 ) les hommes j ris vous k-épondrontpar leur pou^ V/Oir plus que par leuKraison jle tour de celle-ci était arrivé avec le malheur, et siellene trouva
■ pas , cbmme pab le passé , toutes les portes ouvertes, du moins ne lestrouva-t-ellepas toutes ferinces. chez- le comte de Mercy. La peur eu
' tenait hs clefe ; elle arraclîait quelquefois au comte de Mercy des aveux amusans par le principe qui les dictait , 'et par ia forme dont
•ils étaient revêtus. Si Je voyais, disait-il un jour, au-dessus, de Bruxelles 5 uïî*njpnstre doùt un houlët de 48 ne pût entamer'J'^écaille, j'en aurais moins peur que de la résolution française.' U ïeveiïait sbuVent sur là >ruiîie dont elle le^naenacaiU.vv' Iby avait dan* cet homme quelcjué chose du poltroiï révolu^ par^avaficej et puis , faites des hommes d'état avec des personnages de cette pâte et de ce calibrée ! Je donnerai un exemple de la rectitude de ses jugemens. !
Le comte de Mercy, ainsi que le prince Auguste, était infiniment attaché à la reine de France. Après' la catastrophe du 21 janvier 1793, ce ministrq retiré alors à Vezel avec le prince Auguste , chérclia à engager Ék)n cabinet à revendiquer cette princesœ
comme devenue étrangère à la France par Fa mort de son éj^oux , et par la proelamation de la république ; démarche très honorable pour ses auteurs... A Tienne, on ne donna pas de suite à cette ouverture. 11 n'est pas hors de toute vraisemblance qu'elle eût pu avoir du succès, dans la disposition où l'attentat du 2 1 janvier avait mis les esprits... Lorsque l'iti^ fortunée princesse fut conduite à la Concier^ gerie, translation qui seule suffisait pour donner ia trop cruelle certitude du sort qui lui . ^ était réservé, le comte de Mercy s'adressa à Danton, pour l'engager à ne pas poursuivre cette auguste victime. En cela-, le comte de Mercy était très louable j mais ce qui montrait que son jugement était loin d'égaler l'excellence de ses intentions , est la confiance qu'il mettait dans la protection de Danton, qu'il Cî*oyait suffire à la. sûreté, de la reine, dans le temps que ce chef de parti ,- surmdnté par d'autres ' chefs, était occupé à disputet sa vie et à défendre contre eux sa propre tète , le comte de M^rey • demahdait de préserver du trépas, à celui qui ' chaque jour voyait la mort se rapprocher de lui ... J'ai entendu lé comte dé Mercy répondra au cardinal de la Rochefoucauld qui lui éxpri-
maît ses alarmes sur le sort de la reioe , qu^ n'y avait rien à craindre j que Danton lui avait promis son appui en sa faveur, et que ce chef de parti avait repoussé Fofire d'une grande somme d'argent qui lui était présentée comme prix de ce service , en disant qu'il n'avait jamais^ &it entrer la mort de la reine dans ses calculs^ et qu'il la défendrait sans aucune vue d'intérêt personnel. Peu de jours après ce colloque^ cette malheureuse princesse n^existait plus...^ Abandonné à lui-même, le comte deMercy jugeait à peu près de tout avec la même rec-^ titude* La fin désastreuse de la campagne avait jeté les cabinets , et particulièrement le comte de Mercy, dans la plus étrange perplexité : on était passé d'une confiance téméraire à une frayeur inconsidérée, toutes deux finit de l'irréflexion j on avait commencé par trop mépriser les Français , on linifisait par les trop redouter. C'est l'ordinaire des hommes qui ne savent que passer d'un excès à un autre , étrai^^ gers qu'ils se trouvent être à la recherche de ce juste miUeu dans lequel se trouve la raison < L'armée était délabrée, son esprit affaibh^ ses chefs incapables ou du moins inégaux avec le fardeau qui pesait sur eux, le lien de
l'alliance relâché par le malheur et par la di<« vergence des intérêts et des vu§s , la Belgique restée inerte et stérile |>Qur l'alliance, les états fidèles à leur système de contradictiou et de négations des secours promis, -voilà les maux qu'il fallait guérir pour préparer ]a campagne de 1794^ que tçut annonçait devoir être décisive. Sans ces préUminaires, la « soutenir était impossible ; s'y engjager téméraire, et s'en aller avant d'y être contraint, la seule chose avouée par la prudence même la plus vulgaire,
' Cet ensemble de considérations fut forte-
ment représenté au comte de Mercy, et trouva de la faveur auprès de ce ministre. Le malheur l'éclairait , et il avait cela au-dessus de presque tous ses pareils, qu'il ne fait qu'irriter et achever d'aveugler.
Le comte de Mercy embrassa vivement le plan que voici : i* Augmenter l^armée par lei^ troupes de l'Autriche et par de nouveaux coixtingens allemands , à la solde de l'Angleterre ; 2* faire remplacer le prince de Hohenlohe par le général Mak j 3* resserrer les liens de l'alliance avec l'Angleterre ; 4* vaincre Is^ résistance des Belges et des États , en disant
paraître au milieu d'eux ic souverain Immênie : tel fut lé plan auquel s'atlaclia le comte de Mercy : l'hiver entier fat employé à le réaliser. Uarrivéé de l'empereur fut annoncée comme procfaaine : lés é(|uipages de ce prince étaient déjà à Bruxelles à la fin du. mois de décembre 1793. Le comte de • Mercy demanda des mémoires de tous les côtés* et sur tous les sujets ; il n'eh lïianqua pas, comme on peut le croire j et comme* lé turlesqud se mêle trop souvent aux choses les plus jsérieuses , il se trouvait que tous ces écrits étaient revisés par une vieille dem'oiselle Murray, écossaise d'origine, jadis attachée au comte de Coblentz, gouverneur généf al de la Belgique , qui régnait seule et sans partage sur le parnasse de Bruxelles. C^était l'aréopage littéraire du comte de Mercy et du prince Auguste. Rien n'accusait plus leur détresse commime que l'emploi d'une pareille ressource.
Une dés plus grandes difficultés était de mettre les Etats en mouvement et de faire réaliser par eux les promesses qu'ils avaient faites pour dégager l'Autriche à rentrer dans la Belgique. On sentait la nécessité des se-
çcMC^rs.looaia.^, i* poiir, .rai'^ent^ a* potir les .hqniniQs, L!4ii^iche n'a jamais été péciîjiieu^e r.paiis isutisides étrafigers et sàias emprunta , elle Éd peut . soutenir- la guei^re*' Lefs siib8i4e$ proprement ditâ' bleasai«nt'î sa dignité; las. emprunts offraient de gfande^ difficultés, surtout à cette qpoque ?: aussi dès Î795 , r Autriche fut-cMè l'Cjdwite à se feire appuyer du crédit parlementaire de l'Angleteri*é,;pour l'emprunt qd?eïïe fit dans et» ;pays. L'Autrichéi est régulière, mais peu riche en argent ; ahondanle enhomnws, en ;denrées,.en matériel de. guerre, mais pauvre en moyens de la fairùr ail dehors. Depuiï^ ,trelït'^ .^fis, on la [voit ^se débattre dans les jahgôjsses d'urne monii^ië de papier qui' suit «péniblement toutes-les osciHàtions de la politique^ et qui, coiMQfi. lès thermomètres», . : s'élève ou s'abaisfee suivant les. degrés de k .pression de l'atmosphère poHtique. La marclie : de ^quatire bataillons kiffit pour tout déranger tdanaJla finance autridiiènne. Les secours pé- ' cu/iiaires de la Belgique étaient donô absohiment nécessaires à l'Autriche, pour rântinuer la gujerre à cette distance du.coVps dé la monarphie. Lessecours en liommes né l'étaient
pos moins ; c&r re&voi de corp& nonAreixic de troupes^ du fond de la Hongrie et des autres Etats héréditaires., épuisait la txionardûe» De plus^ ces envois lointains élaknt sujet» à de grands retards, et ne pouvaient correspondre aux exigences du^ moment. Ce n'est qu'avec des troupes toujours portées sur le terrain , que l'on peut parer aux hasards de la guerre. Le comte de Metcy était \Th vement affecté de ces inconvéniens ; il en s^itait toute l'étendue; il aurait voulu lés vaintte^ mais les moyens de le &ire n^étaient pas à sa disposition. Ce ministre , que le» émigrés ne cessaient d'accuser de froideuir dans leur cause, et de traiter de monafùhlen, iooution lâégante et honnête qui équivalait à celle de libéral aujourd'htti , était au contraire le seul ministi^ actif dans cette affaire , et peut-être à cette époque le seul > éclairé. Il avait secoué heaui^oup^de préjugea, et sûrement le comte de Rfercy de iâ fin de 1793 ne ressemblait guêpes au oonoite de Mercy du printeinps de la même année^ Une fréquentation assez habituelle avec ce ministre m'a mis à portée d'aï apercevoir b différence. Peut-être ce diplomate y. comffie
Itrat le monde, mettaiMl trop de confiantû^ dans deax parties de son plan : i* la présence du souverain ; 3* la remise de la direction militaire au général Mak : la première, il est vrai, ne pouvait qu^avoir un bon effet sur Fe^rît de la Belgique et sur celui de l'armée. Resserrer' les liens de rAutriche avec la Belgique, par l'inauguration solen-* nelle du souverain des deux pays , était très propre à les réunir et a effacer les traces d'un passé fiiicheux. Par là un nouveau pacte exempt de sujets de reproches et de mécontentement se trouvait formé : de plus, le sou- ' verain présent à l'armée en devenait le lien , raffermissait la discipUne , bannissait les opinions et les ambitions divergentes, don-* nait a tout un centre qui avait manqué jusque là , et , ce qui était capital , dispensait d'aller sans cesse demander à Vienne ce qu'il fallait £iire à Yalenciennes. Dans ce dernier ordre de choses , tout avait le tfemps de changer entre la demande et la réponse.
A cette . époque , la réputation du général Mak était intacte : il avait en sa feveur une opinion que je ne prétends pas juger comme droite maid seulement comme fait, et cette
( '^C ) opinion était lorL grande, non-seulement en Autriche, mais en' Europe. Il y parut bien, quand ce général se montra dans la Belgique : les acclamations de la confiance le suivaient partout : on crut tous les maux réparés et tous les biens qopquis par sa' seule présence. Dans ce temps, ce géaéi^al était doué d'une grande activité, d'uue conception va^e et d'un courage entreprenant. La première chose à bien connaître, était l'ennemi auquel on allait avoir affaire. Mak ne se faisait pas illusion sur son nombre, pas plus que sur ses nouvelles qualités guerrières. Les, campagnes de 1792 et de 1793 avaient changé l'état militaire de la France. Lé Français n'est pas novice long-temps , il apprend vite^ et la pratique se change tout de suite pour lui en moyen assuré d^enseignement : cette disposition tient à la vivacité de son esprit qui conçoit rapidement, et à celle de son caractère qui le fait exécuter avec impétuosité ce qu'il a conçu : il y a dans le caractère français une espèce d'iaipptience de mettre en pratique ce qu'il a acquis en science : aussi voyez si le Français, est égalé panaucuu peuple en facilité de se diriger par lui-mêii»fi^
et avec promptitude : i^l excelle sous ce double rapport. Les deux campagnes de 1 792 et de 1793 avaient formé les armées fran-, çaises : rexpérience n'est pas fille du temps, . comme on la représente faussement, mais des faits : mille combats qui avaient signalé les deux campagnes, avaient formé pour les armées françaises une école militaire aussi sûre que redoutable par sa nouveauté : libres de se déployer, leur génie et leur couragQ . enfantèrent des prodiges : la suppression* des jurandes militaires , en ouvrant la carrière . tout entière aux talens et à la valeur, crégi cette pépinière de guerriers qui ont étonné, effrayé et conquis l'Europe : sous ces nouveaux auspices , les armées françaises se trouvèrent le^ premières du monde : elles recueillirent dans leurs rangs l'honneur national qui fiiyant épouvanté les scènes qui souillaient Fintérieur de la France, vint chercher au milieu d'elles un asile qu'il sentait devoir y trouver pur et inviolable , comme il l'est lui-même. De là sortirent les Moreau, lés Hoche, les Picliegru, les Honchard, les Kléber, les Kellermann, les Marceau, les Ney , les Pérignon^ les Augereau., les Berthier ,
îes Dampierre, les Murât, et d'autres gUé leurs exploits ont portés sur des trônes qu'ils ont occupés avec un éclat qui long-temps elËiça tous les autres , ou qui les occupent encore avec une sagesse protectrice pour eux-mêmes et bienfaisante pour leurs sujets.
La plus grande puissance militaire qu'ait eue la France, celle qu'elle déploya dans la campagne de 1 794 , s'apprêtait dans le courant de cpt hiver qui inspirait de si justes frayeurs au comte de Mercy ; il était entiè- ^ t-envent revenu de la confiance qui au commencement de la campagne de 1798, lui faisait penser et dire qu'un soldat autrichien équivalait à deux soldats français. Cette fllu- Bjon avait pu rester aux émigrés, et à quelques autres personnages qui croyaient bonnement que des troujies ne valaient plus rien , dès qu'elles avaient cessé d'être commandées par des nobles 5 mais elle avait ftd loin du comte de Mercy, et n'avait jamais approché du général Mak. Celui-ci était surtout frappé de l'avantage immense que leurs forteresses donnaient aux Français, En effet, à Tabri de ces remparts protecteurs, ils pouvaient sortir, se retirer sans crainte d'être poursuivais, se
( 129 ) , réunir , se diviser , cïioîsir le point de leurs atteqiiés , faire leurs mardies* à couvert ; et dé plurf, pour se porter 4'un liéU à utr aittre, ils n^avaient qV/à suivre Id cotdè de Farc, tandis que leurs âdversaïres, ,pour cotrespondre à leurs inoùyenieris, àvâiéiît à décrire toute sa circonférence^
T^ak arriva a Bruxelles vers la fin du mois de févrref. Peu de jours après, il parcourut toute la frontière, depuis MeUport jusqu'au^ Ardèhnes. Dan^ cette revue faite avec le plus grand soin , il résulta de plu^ de deux cent soixante rapports qiïe V6rt à^était prociirés, que la force opposée s'élèverait à plus de deux cent mille hommes : or ces hohïmes n'étaient plus des norvices,^^ ce que' depuis on a appelé des' conscrits, > mais des soldats fortnérf pTar la dutè école de deux a'ûs dé combats cotisiécùtife , Ëimiliàriséi^ avec là victoire et avefc FhabitudB des^ dtirs travaux qui la donnent. Voflà les adversaires fedôutablès que l'ôii allait avoir en tête, sôus la direction de chefs habiles, placés entre là victoire et la * mort, servant des maîtres inexorables envers qui ne les faisait j)as vaiiicré ^ et qui même ne cessai'eht jSas
toujours d'être impitoyables envers ceux <Jm les faisaient triompher. Instruit par Pexemple de ses devanciers , chaque chef en arrivant au conunandement, devait se dire qu'il fallait vaincre. ou périr de la ^lain de son maître €u de Fennemi. Cétait comme à Constanti-^ taople , où la défaite ^t les muets marchent toujours de compagnie. Les généraux étrangers poursuivis par de moindres exigences, pouvaient commettre des fautes destinées à rester impunies; aussi ne s'y épargnaient-ils . point !
, Rien n'élait plus eflrayant que cette perspecjtivç, et ce qui en compéltait l'horreur, était la faiblesse relative de l'armée alliée aypc c.e|le de l'ennemi^ comme avec ^es pro- . mç9seç qui avaient été Êdtes à Mak , lorsqu'il accepta le commandement. On lui avait promis une force dje deux cent mille hommes : il en troi^va à peine cent quarante mille, parmi lesquels les Autrichiens figuraient pour cent mille hommes , et les coptiagçns anglais et hollandais, pour le reste. L'Autriche avait Heu recomplété les corps envoyés en 1793, mais elle n'avait fait marcher qu'un très petit I nombre de troupes fraîches. Cette puissance
a des pratiques dont elle ne s'écarte guère : ainsi dan^ tout^ la guerre de la révolution , jusqu'à Wagram, elle a eu pour habitude de n'employer qu'environ 1 5o^ ooo hommes , répartis sur tous les points où elle devait combattre. Que ce nombrer fût celui qui convînt aux circonstances, ou qui ne s'y rapportât pas, sa mise ne changeait pas pour cela ; elle se réglait moins sur ce qu'il y avait k fsixe , ^ que sbr la coiitinuité de ce qu'elle^ a coutume ,de, faire. C'est ainsi que dans la grande campagne. d'Italie, en 1796, on la vit faire marcher successivement contre Buon^parte,. quatre armées de force à peu près égale y qui fiirent écrasées en détail , tandis que la réunion de deux aurait sidfi pour lui assurer la. supérioritç.^ Eh bien! l'Autriche avait calculé avec la même méthode de parcimonie , pour la campagne de 17^4 • c^^SP^ année elle augmentait sa , piise , mais toujours insuffisamment , de manière à ne jamais rien obtenir de ses aug- . inentations > restées toujours également in- . suffisantes. En effet, qu'importe d'ajouter, si . l'on n'égale pas. C'est ce qui faisait dire à ilivarol , avec une vérité si piquante , que les
( iJa S alliés étaient toujours en retard d^ufieidiè ^ d'une année et ct'ane armée. Cette plaisanterie devenait en ce momeïït la |)los éflrayante réalité.
Mak épouvlinté du résultat dé ses informations, regardait tout comme perdu : ce général y voyait alors fort clair. Il apercevait et annonçait distinctement que cette ôampagùe serait la dernière que Ton pourrait feiré en feelgTqûe j que la guerre ne pouvait avoir qru^ùn seul but, Paris et la Convention^ que hors de là , tout le resté était inutile ; que deâ blessures faites à la ÎFrânee né guériraient ^às le reste de llEuropé, et qu'une gueiïe conduite d'une manière ordinaire, n'aboiftirait qu'à un résultat fort extraordinaire ; qu'il valait mieux abandonnët- là Bélgirpié sans combattre, et repasser le Rhin avec la totalité de l'armée, que de le faire après en avoir enterré sans fruit la moitié dans les sillons de la Belgique... Avis ïumineux , mais en cette qtialité trop supérieur à la foule , qui finit toujours par l'emporter ,^ pout pouvoir être accepté. Piresque tous les hommes ne se décident àûX grands partis que comme contraints, et ne finissent qtfà* force de malheurs^ et de désastres , par où leur hxr^
tÂfèï bien enl€udij les conviait de eorameacer jet , dans le fait, comment espérer de feire pré^- Yaloir Fa vis salutaire de l'abandon spontané de la Be^que, -contre tous les intérêts et tous les préjugés qui militaient contre lui ! L'an-^ nonce de Parrivée du souveraii^ , les réclamations de r Angleterre, de la Ifollande, de la Belgique , de ia cour de Bruxelles , Içs reproches l:)rayans de Témigration, il y en avait cent fois plus qu'il n'en fallait pour imposer silence à qui eût osé proférer une idée que t^nt d'intéi;&ssés auraient flétri du nojn de blasphème.
L? 4?omte de Mercy et le prinçei Auguste , après avoir feit le retour de l'Autriche dans la Belgique, ne pouvaient pas être amenés k pn proposer l'abandon en 1 794. H fallut donc se retourner d'un autre côtéj çt, pour parer 911X exigences pressantes du moment, ou en- Yoya le général ]\|ak çp Angleterre. On se souvient encore des liQupeurs qui lui fureijt {*endus ; il fat traité comme ambassadeur ex-r traordinAire;j,pu peut se rappeler l'attente dans laquelle l'Europe entière tomba sur lea^ effets des conférences de ce généra^ avec le ministre Pitt. Elles causèrent beaucoup d'^-? larmes en France, et ce fut pour la rassurerjque
l'homme qui alors avait la chargé de consolateur dans lesmomensde douleur ou d'alarmes, Barrère dit à la tribune de son sénat : Nou3 savons tout ce qui s'est' dit dans le cabinet de Pitt... 11 y a de l'écho en Europe : rassurezvous.... La France avait effectivement de puissans motifs pour se rassurer, et ces motifs , elle devait les trouver et les sentir en elle-même : ce n'était pas à elle de craindre , mais à ses ennemis de trembler ; dans peu , ils allaient sentir toute la pesanteur de son bras.
C'était au mois de mars que Mak fit son voyagé d'Angleterre. La campagne allait s'ouvrir; l'ennemi était anx portes ; rien n'était prêt. L'Empereur arriva à BruxeUes le 1 1 avril ; sa présence produisit l'effet ordinaire de l'apparition dés grands souverains. A cette époque , les déplacemens des princes étaient rares, et l'antique respect de là royauté subsistait dans sa plénitude j le culte était encore entier; aussi la venue de l'Empereur ranima-t-elle toutes les espérances. Ce prince ne passa qtiê peu de jours à Bruxelles , et se rendit ptomptemerit à Farinée. On attaqua aussitôt les Français j ils furent rejetés sur leurs places*, et le siège de Lândrecies entrepris à la fois. Cette ville, qui
avait arrêté Charles-Quint , qui avait servi (fe terme aux prospérités du prince Eugène, céda à un bombardement vraiment infernal d,o 5o heures : au bout de ce temps, il n'y avait plus que des ruines. Pendant ce temps , Tinau^' guration de l'Empereur avait lieu à Bruxelles; la joie bruyante du peuple , l'éclat et la pompe de la cérémonie, disaient un contraste frap-^ pa^t avec les circonstances qui semblaient donner l'avertissement que cette solennité itérait la dernière de ce genre que la Belgique verrait, et que ses liens avec l'Autriche allaient se rompre pour jamais , peu de jours après qu'ils auraient eu Fair de se renouer d'une manière indissoluble. Mais pendant que Pon batitillait contre les Français, il y avait bieiv d'autres combats à livrer contre les états. Ils n'avaient encore fourni ni un homme ni un 6cu;il était écrit que la guerre finirait avant que leur opposition eût pris fin, mais aussi qu'ils périraient par elle. 0n ne put rien ôb-' tenir d'hommes qui , comme il arrive trop sou-» vent dans les corps , mettent leur gloire à soutenir les prétentions et l'esprit du corps, sans pouvoir être amenés à des considérations plus élevées et plus voisines du salut. Ces homm<^
fkB voient et ne veulent voir que le eoirps^et les plus obstinés parmi eux sont le plus reput^ j ce sont les héros du corps ^ et presque toujours ceux qui finissent par les perdre.... Les états en étaient là , dominés par des habitudes de foipmalitc, pt par le levain encore aigri de la faction mal éteinte. Ils s'étaient fiiits consljitutionnels brabançons , très purs , pour mieux . contrarier l'autorité ; car celle constitution brabançonne était merveilleusepient çond3inée pour empêcher d'agir et pour çntraver tous les pouvoirs qui y avaient part. Pendant que cetie' guerre se poursuivait dans Bruxelles, il s'en faisait unp autre sur les fronlière. Landrecies avait été enlevé pour élargir la trouée faite sur la France et pour assurer |a marche de l'armée, qui pénétrerait dans pon intérieui: ; les quatre places de Landrecies, du Ouesnôy, de Gondé et de Valenciennes, semblaient suflire pour cet obiet. On était donc arrivé avi moment de prendre un parti définitif : c'est toiijours le grand embarras. Plusieurs plans avaient été présentés : celui àç Rlak consistait, après la prise de Landrecies , à niarciier rapidement dans l'intérieur, en appelant tous les intérêts et toutes les passions
apposées à -la CQjQvenJlion. Avec i5o iTîilî,e fiommes, Je pousserai une forte avant-garde sur Paris, disait eç géuéral: avec 200 mille homnies , je vpus y feriai rester. Deux choses ^entraient dans soi) pl^n, et servaient de sup7 plément aux forces cjui ipanqiiaiept. i*. H vpulait inonder la Wpst-Flan<}res , et couvrir aingi la droite de l'armée.. On avait relevé quelque^ fortificîjtions 9 Menin^ à Tournai, à Ypres^ à Kieuport. C'était assez povir mettre à l'abri d'un coup de ni^in, 2"*, 11 entendait qu'un corps prussien fût plfjcé sous Kaniur , entre la Sambre et la Meuse. Ainsi protégé sur ses flaAcs , il proposait |îq marclier sur Paris avec la pjtis grande rapidité ^ à l'aide d'une ixomireusç e% brillante cavalerie, sans s'em- J^arrasser de ce qT;|i se passerait dans la Belgique. On n'y fera pas de souverain, disait-il , au lieu qu'on peut chasser celui delà France actuelle. C'était un grand parti j mais il n'y a qu'eux pour sauver dans lés grandes difficultés.
Il faut dire que la disponibilité d'un corps pi:ussien était la suite des conférences de Londres. L'insuffisance numérique de l'armée était sensible ; il était évident qu'elle ne suffisait pas pour garder tout l'espace compris depuis
Luxembourg juscpi'à la mer , surtout visà-vis d'un ennemi beaucoup plus nombreux , couvert par ses places, et rapproché de moyens de recrutement fort abondans. Pour rétablir autant qu'il était possible l'équilibre, il avait été convenu à Londres de donner à la Prusse un subside, pour fournir un corps deSo mille hommes; ce subside était à la charge de la Hollande et de l'Angleterre. Dans le principe, ce corps devait être placé sou3 Namur* On crut par la suite qu'il était mieux de séparer toutà-fait les armées de deux puissances entre lesquelles un accord parfait était peu présumable. En conséqueiice, ce corps reçut une destination plus éloignée, et fut placé entre la Moselle et la Sarre* Il devait y être rendu le 24 mai; le 23, il avait gagné la grande bataille de Kaiserslautern , sous les ordres du maréchal de MoUendorfF, qui venait de remplacer le duc de Brunswick.
Comme il arrive toujours aux partis décisifs , le plan de Mak rencontra de fortes oppositions : I* de la part des états çt des habitans de la Flandres, qui craignaient encore plus une inondation de la mer qu'un débordement de la part des Français. Cette opposition était
( i39 ) cotretenue, disait-on alors, par la jalousie du général Clairfait , qui passait pour être fort envieux dé Mak.
:2**. Les Anglais avaient aussi formé un plan«. 11 était fortement empreint de l'esprit de personnalité; il cousistsiità attaquer les places de la Flandres maritimç. C'était recommencer les campagnes d'Eugène et de Marlborough : il y en avait pour ceut ans. On reconnaissait daris ce plan l'esprit qui avait dicté Fentreprise de Dunkerque ; son mauvais succès n'avait pus encore servi de leçon. Ilestdesbommes qUe rien ne corrige. Les Anglais, qui ont une très grande supériorité dans leur conduite politique, intérieure, maritime et coloniale, sont fort sujets à se méprendre sur la politique, et encore plus sur la guerre continentale. Leurs succès de la dernière guerre sont une exception dans cette partie de leur histoire. Tout ce. qu'ils ont entrepris pendant les premières guerres de la f évolution, porte l'empreinte de lia même impéri tie 'toujours subsistante. On les a vus capituler en Hollande, ftiir de Toulon , de Dunkerque , comme ils avaient capitulé deux foisà Bueiios-Ayres, et autant* de fois en Amérique, sous Bo.ur-
piijgnon à Saralogas, et sous Coriiwallis 2^ York-Town.
Chaque peuple a son génie particulier, e* celui de h guerre continentale n^est pas celui cîe l'Angleterre.
Cependant la guerre la plus vive se poursuivait sur }es frontières de la Flandre. Le }jlan de Mak ayant été rejeté, ou restait au milieu de tous les ïnconvéialeDs qu^ a^ait prévus et annoncés , ceux d'une défensive itisuffisante contre un euneini supérieur en nombre, et agissant à couvert par ses places. Maintenant qu'un long espace de temps, dis-» sipant tous les préjugés enfantés par les îht. térêts personnels , a mis à portée déjuger cette pai-tie de la conduite des alliés comme on })Ourrait faire celle de toute autre guerre, à quelque époque qu'elfe se rapportât, on ne peut concevoir ce qu^ils pouvaient se proposer de raisonnable hors du premier plan de Mâk. Ils étaient à découverteur leurs deux îriles ,1e centre seul offrait un point résistant d'auprès l'occupation des quatre places françaises, 11 était évident que le^ alliés, ne pouvaipni entreprendre des sièges devant des- ennemis ,plus forts qu'eux ^ qui auraient tout le loisir d^
( ai )
Se|)orter sur leur? flancs et sur leurs derrières^ pendant qu'ils seraient attachés à ces attaques. Ce sont des entreprises que Ton n'almndonne et que Ton ne reprend peint par fentaisie. Les alliés ne tardèrent pas à sentir les in-^ convéniens de leur position , et s^ls avaient pu s'aveugler à cet égard ^ les Français se chargèrent bientôt de les détromper. Us se portèrent en giand nombre sur Ja West-Flandre. On s'y battit pendant les trois premières sçnfiaines du mois de mai. Les Français s'y affermirent, prirent Courtray, Ypres, et s'avancèrent jusqu'aux portas de Gand. L'eflroi gagna cette ville. Les habitais arrivèrent un jour à Bruxelles, qu'ils remplirent d'alarmes. Cette dernière ville, dont l'encânte est immense^ et qiii est ouvIHrte de toute part , n'avait pas cinq eeBts bommes de garnison; douze cents chevaux l'aurait enlevée sans^ coup férir. Ils aurait pris ^ur place toute la madâne du gouvernement, les magasins, et Fémigcation d'un rang supérieur qui était réunie à Bruxelles. Je n'ai jamais conçu comment les [Français, qui ont &it la guerre avec une audace que souvent on pouvait appeler aventureuse, n'ont pas tenté ce coup, qui
.( Ma ) n^avait que peu de dangers j^ôur eux; caf^ en dernière analyse, ils ne couraient d'autre xis-
• qaes que celui .de la pert|B> de quelques cen-
. laines d'hommes, tandis qu'ils auraient jeté parmi leurs ennemis une terreur et un dé-
: Bordre qui pouvaient entraîner la désorganisation complète <le leur armée. L'actio^i des Français était. double^ ib attaquaient âur la
. Sambre en.ntême ^taiips qae sur la Lys et l'Escaut ; ils ! se ' portaient avec sûreté et rapidité, au; moyen de leurs. places, d'un de
- ces points siir l'autre. On ne pouvait calculer • les foreea qu'ils employaient à ces attaques.
1 Leurs ennemis pouvaient toujours >être surpris. Jamais il ne fut une position plus déplorable qae celle. ^dans laquelle les alUés étaient tombés par. •ie.ur faute, pour n'avoir
. pas su connaître la nature de la guarre qu'ils fe* saienjt , et pourme s'être pas îéglés sur cett^xia* ture des diçses, à laquelle on ne^manque ja-
' mais sanss'exposer aux suites les plus fimestes.
- 11 s'agissait d'une guerre de révolution, et fort extraordinaire, par son principe, par son mode
^ et par ses auteurs^ et les alliés s'amusaient à faire une guerre- de politique ordinaire ,^ par Jes procédés des guerres ordinaires j ils. cal-
culaicDt dans la guerre de 1 792 cotnme poui* celles de in^o oude.inSô. Les conséquences de Fanachronisme ne tardèrent pas à se faire ressentir d'une manière sévère. Les alliés perdaient chaque jour un monde immense sans aucun résultat. Rien n'avançait de leur côté, tout succédait à leurs ennemis. Ceux-ci osèrent bien 9 le 18 mai, tenter d'enlever la ville de Tôurnay, dans laquelle se trouvait le quartier-général des alliés. Ils furent vigoureusement repoussés, il est vrai , mais à quoi servait cela, avec des adversaires en pouvoir et en vouloir de recommencer le lendemain. Les alliés retrouvaient sur la Sambre, à quelques jours de là, ceux qu^ils avaient eu peine à contenir sur l'Escaut. La partie n'était pas tenaUe. Ces marches et contre-marches harrassaient l'armée alUée, il était dé venu impossible de Êiire abandonner aux Français leur position dans la West- Flandre. Dès lors ,1a campagne était manquée. Dès lors le parti anti- brabançon reprit le dessus. U fut déclaré impossible de garder la Belgique, de continuer une guerre ruineuse pour une possession aussi lointaine, et le ^4 mai 1794 l'évacuation de ce pays fut décidée, et déclarée
dans le cioriseil tenu à ïournay. En vain ïe* prince d'Orangé représénta-t-il que l'évacuafion de la Belgique découvrait là Hollande, la livrait aux àrriiés françaises , dont l'entrée * . serait facilitée par le pariianti-stliatoudérien. Le plan était arrêté, et iï ne fut plus question qiïe de l'exécuter. L'armée fut séparée. Les Anglais et les Hollandais, sous le conimandément du Juc d'York, furent chargés de la défensede ce qui restait dela'Flandre : ils durent se diriger sûr Anvers et la Hollande. La grande armée autrîcliienne fut chargée de la défense de toute la partie qui s'étend depuis l'Escaut jusqu'à la Meusç. On soutenait la Sambrè pour einpêcher que des corps français ne se portassent de Charleroi directement sur Tirïeinont, d^oùf ils auraient intercepté la routie de Liège, par laquelle la retraité devait avoir lieu. C'est ce' qui donna occasion à plusieurs combats sous Charleroi. Les Français s'obsÇinaiéht à enlever cçtte place, cjt les Autrichiens à la défendre; c'est elle qui donna lieu à la grande bataillé de Fleurus : Mak avait élé renvoyé en Allemagne pour la seconde fois. Il était remplacé par un prince dé Waldék , qui, depuis, a été mourir^ «n Portugal , où il était appelé pour commander
Tarmée. Ce nom de Waldek est peu heureux à Ja guerre, et celui de Fleurus ne lui porte pas bônheur.Ç'est dans les mêmes plaines, qu'ausiè^ çle de Louis XIV, un prince de Waldek avait fourni au maréchal de Luxetiibourg la matière d'un de ses plus heaux triomphes. La résolu^ tion de l'évacuation de la Belgique jeta l'effi*oi parmi les hommes politiques de ce pays. On chercha tous les moyens d'en détourner l'effet et de faire revenir sur cet arrêt : tantôt on voulait procéder par les état^, et faire demander par eux à l'empereur de revenir sur sa résolution, c'était le plan du prince Auguste^ tantôt il était question de se passer des états , et d'exciter un mouvement dans . la Belgique, pour fournir par elle-mêuie lés, se* cours que si long-temps on avait attendus infructueusement des états. Le général Bau« Heu, idole des vBelges, devait être mis à la tête de l'armée qujB ce pays aurait fournie ; mais tous ces plans, qui, six mois auparavant, avec le temps que toute action exige pour être préparée , pouvaient avoir quelque efficacité, étaient évidemment hors de saison , dans le moment du danger qui y faisait recourir. Le malade qui serait sauvé par un
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remède au début de sa maladie, périt pnt lui si l'on attend l'agonie. Eh bien , l'agonie de la Belgique était arrivée de la façon de ses gouvemans, et de celle de ses états. Les premiers ne sentaient plus que lès épines de cette possession séparée du corps de la monarchie, impréenée de germes de mutinerie ^ aussi difiidle à diriger qtt'à défendre ^ aussi infructueuse <jue dispendieuse', et for* mant pour ^Autriche mille liens de dépen-dance à l'égard de la France , de l'Angleterre, de la Hollande et de la Prusse. Tout cela était très vrai; mais il fallait le voir plutôt, et ne pas faire un dermèr essai avec des moyens insuffisans pour arriver à un résultat que tout annonçait ne pouvoir être que désas* treux. L'empereur quitta la Belgique dans les premiers jours de juin. Dès lors le sort de ce pays fat définitivement fixé; sous un premier rapport, il cessa d'appartenir à l'Autriche, en attendant de savoir de qui, de la Hollande ou de la France , il finirait par faire partie, car il fat bien clair dès ce temps,, que la Belgique, trop faible pour avoir une existence personnelle , était destinée à former l'apanage d'un deâ deux états entre lesquels
( i47 ) elle est enclavée, la France et la Hollande; qu^elle resterait française tant que la France serait la pKis forte , qu^elle deviendrait hollandaise, si jamais la force échappait à celle-ci»
Si tjuâ fata ùspera rompus.
11 y a des choses écrites sur la carte de géographie, et celle-là est une de celles (jui s'y font lire le plus distinctement.
L'abandon de la Belgique étant arrêté, le drame était fini, et nous n'avons plus'à nous en occuper, sous les rapports de l'exécution^ Que l'on ait mis plus ou moins de temps à effectuer une retraite décidée, que l'on ait perdu quelques combats de plus ou moins, cela importe peu en soi-même , et ne fait rien a l'actipn principale et à son résultat, général , seules choses dignes de fixer l'attention. Je n'ai voulu que faire bien connaître Iç dénouement de la mauvaUe pièce qui venait d'être jouéç si péniblement dans cette cpntrée. L'abandon de la Belgique, ^ainsi que. les ressorts qui l'avaient amené; la répugaance de l'Autriche pdur cette possession, le combat entre le cabinet purement autrichien et le cabinet purement brabançon, la conduite
( i48 ) revéche des états, et le manque de fi)î à leurs promesses, voilà ïes causes principales de cette action. Les causes secondaires furent la isupériôrité dei* forces françaises , le si^e de Dunkerque, la division entre l'Autoiche et la Prusse , et le dé&ut de connaissance des alliés sur la nature de la révolution, et sur le caractère de l'ennemi, que, dans le Ëiit, ils secondaient en ayant Fair de le combattre. On ne concevra jamais rien à leur conduite, à leur passage continuel de la confiance, mère de la paresse, à la terreur, mère des^ réso-* lutions les plus fiinestes, comme à leur retour de la terreur à la confiance, à la moindre lueur de succès. On chercherait en vain dans tout cela des traces de plan tels qu'il appartient à des hommes d'état de lés former, hes directeurs de toutes ces scènes étaient évidemment au-dessous de leurs rôles , et à une di^ stance infinie de leur besogne. Conune l'esprit de l'histoire a seul une utilité réelle , et peut seul faire sortir quelque instruction du récit des faits , qui , sans lui , restent bruts, et onéreux pour la mémoire qui consent à s'en charger, je terminerai ce récit par quelques anecdotes propres à faire connaître Fesprit
' ( ^49 ) des hommes qui présidaient à la directioii da temps que je viens de retracer.
La Belgique était abandonnée ; l'armée autrichienne se retirait au-delà du Ahin ; l'armée anglaise et hollandaise regagnait les bord» de la Meuse et du Yahaal; l'une et l'autre étaient suivies par des armées françaises. Pichegru avançait sur la Hollande; Jourdan^ vainqueur à Fleurus, marchait sm* la Meuse. Pendant ce temps, on avait a^laméré dans Valenciennes, GoiÉdé, Lequesnoy et Landrecies un gros corps d'armée. La citadelle d'Anvers et les châteaux de Namur avaient déjà reçu des garnisons. Yoilà donc une partie de l'armée délaissée , sans espoir de secours y à une grande distance de k monarchie. Que signifiait cela, surtout dans un temps . oi)i^ par un abominable décret de la Convention , les prisonniers de guerre étaient voués à lii mort» Je crpis pouvoir l'expliquer par ee que j'ai entendu dire au cqmte deMercy, et ses paroles présentent une nouvelle preuve du désaccord qui régnait entre les membres du même cabinet, et de là &usseté des vues qui le formaient.
Dans le cours de la retraite |, le ciomte de
Mercy traversa la ville deMaëstricbtj il me fît appeler, ainsi que Rivarol. Celui-ci, qti'une inaltérable gaieté n'abandonna jamais, plaisanta le comte de Mjercy sur son accoutrement militaire, et sur la branche de laurier qu'il portait à son chapeau, comme fi)nt tou9 les militaires autrichiens en temps de guerre. .Le comte se défendit comme il put sur ces lauriers tardifs éclos au milieu d'une retraite. II ajouta, elle ne sera pas éterndOie, nous reviendrons dans peu avec deux cent mille -hommes; je vais en Angleterre^ et vous ver- ^ tel,. En effet, quelques jours après il partit ' pour Londres , où ce ministre mounit bien- ' tôt après, succombant sous le poids corn-" biné de l'âge, de la fatigue, et des chagrins reïiouveléspar une succession 4e débites dont chaque jour aggravait l'accablant tribut. Ja- Wais Job né reçut à la fois plus de couriers porteurs de sinistres nouvelles. La terrible machine que la Convention avait construite ^ pendant l'année 1793 jouait avec une activité redoublée; son épouvantable détonation vomissait sur l'Europe ces armées innombrables, insensibles aux souffrances, pour ainsi 4ix'e hors de l'iimnanité, et cimentées avec
du fer, comme le pouvoir qu'elles iJerVaient, et qu'elles ftisaient triompher, saûs lui der mander compte pas plus de âes; jxiBdtles que de son principe -d'existenGô ét'd^autoritê. d'est un des phénomènes les plus singiiliers qa? présente l'Histoire , ainsi que l'existeçce même <]e celte assemblée horriblement . fameuse. Presque tous ceux qui ont écrit sur cette époque , et on ne peut les en blâmer, ne l'ont atteint que du coté qui, «n excitant l'horreur , justifiait et appelait les reproches 4e l'indignation; mais de plus, 4 sémit ;à désirer queks hommes ptéséns^à cet éfrange spectacle, et capables de . l'apprécier , poùt l'instruction liistomque et mot*ale^' fissent con^ naître à la fois comment les uû^ ont pu obéir ^ ardemnlent et si longtemps aux autres qui commandaient si cruellement. Il &ut avoir hàbiié la" France de ce tenlps pour poû* voir remplir -cette tachie. '
Ainsi, todt en évacuant la Belgique, eu se retirant au loin ,. il reslaifc dans une partie des conseils dé l'Autriche des arrière-pensées sur un retour dans cette cont|-ée. Cest à ce rêve que l'on sacrifiait (punze xaMle iiotaimes abandonnés à la mort, on pourrait dire au
cœur de la France. Us ne tardèrent pas à être assiégés et forcés de se rendre. Les arrangemens étaient si mal pris, qu'il y avait dans une ville des soldats sans approvisicmnemens, et dans l'autre des ap{H*ovisionnemens sans soldats. \
La froide politique s'était permis là un de ces calculs dont l'bumanité se trouve tout-àfait bannie. C'était le temps où le décret de ànort contre les prisonniers de guerre était encore en vigueur. Heureusement Robespierre n'éxistaitpbis. Ses successeurs revenant , quoi- -qu'à j^as bien lents^ vers les principes de l'humanité, ne pressaient pas l'exécution de <x& ordres détestables, comme l'aurait &it cet hoiiame impitoyable. Les malheureuses vic-times abandonnées dans des placés, hors de l'attente d'aucun secours , eurent à subir toutes les horreurs de celle de leur sort. On n'osa pas se souiUer d'un pareil crime. L'Histoire aimera à rappeler le dévouement héroïque du commandant aubîchien , le générsil Kinmayer, qui, prenant sur lui la plus terrible responsabilité, ne craignit pas d'appeler sur sa tête toute la colère • de la Convention , en déclarant qu'il était seul responsable, pour
avoir &it et laissé ignorer à ses garnisons le décret de la Convention. Tant de vertu reçut sa récompense, la seule digne d'elle , la vie de plusieurs miltiers d'hoinmes. Quelques temps auparavant , car le récit de pareils traits délassje des tristes tableaux que la vérité his^ torique vient de me commander , le duc d'Yorck avait répondu à la proclamation de la Convention par une invitation à ses troupes de ne se porter à aucun excès contre les captiÊ que les hasards de la guerre feraient tomber entre leurs mains. Admirable manière de répondre à des ennemis qui peuvent . cesser de se rappeler qu'ils sont des hommes, et que leurs ennemis politiques le sont aussi. La Belgique était évacuée de fiiit et d'intention y et cependant les Autrichiens consentaient encore à y livrer de grandes batailles. Celle de Fleurus venait d'avoir lieu : elle était perdue. Le lendemain au matin , le comte de Mercy revint en hâte à Bruxelles. Jetx)urus chez lui; il me pressa de quitter cette ville et de passer la Meuse, où il ne tarderait pas à suivre. U répondit aux questions que je me permis de lui adresser sur la cause et le résultat de la bataille de Fleurus /que son
objet était la délivrance de Charleroi; que dans le conseil tenu la veille du combat, a Braîne-lc^Comte , conseil auquel il assistait, le priuce de Waldek sur l'observation que , de- ^ puis vingt-quatre heures, le cation avait ce$sé de se faire entendre du côté de Charleroi , avait répondu : que cela était convenu pour ménager les munitions; qu'au milieu du combat on avait appris , de la manière la' plus positive, que cette ville était rendue depuis trentesix, heures., et que, des ce moment, on n'avait' plus songé qu'à mettre fin au combat. Ainsi ^ les généraux autrichiens s'exposaient à p«-dre de grandes batailles pour soutenir des villes .déjà prises, et cela non loin d'eux, et dans de$ terres étrangères, mais situées à quatre pas d'eux, et sous leur domination. Il n'y avait aucune provision dans Charleroi, Tous les .jours les convois de pain partaient de Bruxelles pour cette place. On n'a jamais vu un pareil ; désordre. C'est à ce dé&ut d'informations que &isait allusion Rivarol quelque» jours avant la bataille de Fleurus, lorsqu'il disait au . comte de Mercy : Eh bien ! dès que les espions vous paraissent trop cheis, ayez donc des ballons. On eût dit que les Français écou-
tàfent ttVLK pertes; car, a quelques jours de là, ]>e^ant la bataille' de Fleurus, ils montrèrent aux yeux des Autrichiens étonnés ces nouveaux'observatèlif es suspendus sur leurs têtes, plàtiaxit att-desstts de leurs positions , et paf des signaux convenus cotntne en'pleine mer, indiquant tous leurs' montemens à leurs entïèmis. Cette apparition produisit parmi les Autrichiens un effet semblable à celui que les chevaux opérèrent sur les Mexicains, lorsqu'ils eurent, pour la première fois, à soutenir le choc de ces animaux inconnus parmi eux. ^
Achevons le tableau de ces déplorables erreurs , par un trait qui les surpasse toutes , et <juî seul sufiit j)ôur donner une idée de la disposition de l'esprit dés hommes qui alors étaient en possession de diriger. C'est' comme témoin, et témoin très attentif que je parle : plus la clîose est singulière , plus elle a di\ rester gravée dans ma mémoire...
Dans le coiirant du mois de juin 1 794 , parut à Bruxelles lé comte de Motitgaillard. A cette époque, tout homme arrivant de France , faisait événement ; on croyait voir un échappé des sombres bords. On imagine donc quelle rumetir dut produire l'apparition d^un homme
sortant du foyer de la révolution 5, ne cachant aucune de ses relations avec les clie& dé la Convention et des comités dominateurs, eu parlant comme de la chose du monde la plus simple , ne se refusant à aucun aveu , qu'un autre eut r^rdé cpmme une indiscrétion dangereuse , doué d'une mémoire qui lui rendait tous les noms &miliers, les intérêts de chacun présens, qui, dans un cercle de quarante personnes, connaissant tout le monde, ainsi que leurs relations au dedans et au dehors, ne gardait aucun ménagement ni sur les hommes ni sur les choses, parlant sluol uns de la mort de leurs parens, aux autres de la dîla* pidation de leur fortune , avec une justesse imperturhahie, une vérité ine&orahle et une indifférence qui rappelait celle avec laquelle tous ces malheurs étaient semés sur la France. 11 s'énonçait sur les puissances comme on avait Fhahitude de le faire à la trihune même de la G)nvention , prédisant leur avenir , comme s'il avait lu au livre du De^n, ou comme s'il avait reçu du ciel la mission de leur révéler leur sort à venir.
Jamais rien de pareil n'avait apparu sur cet horizon j c'était à qui le verrait et à qui l'en-
tendrait. Le prince Auguste voulut avoir son tour» 11 en parla au comte de Mercjr, qui témoigna le désir de s'entretenir avec lui, comme avec un homme capable de l'éclairer sur l'état réel de la France... Rien n'était plus plaisant que le contraste qu'ofiraieut ces deux interlocuteurs.... L'un, le plus cérémonieux des hommes , l'autre , le plus affranchi des formes obséquieuses, et tout plein d'une franchise poussée jusqu'à Isf rudesse. Admirez la force du naturel !.. La première question du comte de Mercy concerna son hôtel de Paris et sou mobilier. M. de Montgaillard lui en rendit compte avec la même aisance qu'il avait mise à dire à chacun ce qu'étaient devenus sa famille et ses biens. La conversation prit ensuite le ton de gravité qu'elle devait avoir... Elle sèvsoutenait ainsi, quand les battans des portes du cabinet venant à s'ouvrir , donnèrent passage à M, le comte , depuis prince de Trautsmans* dorff.... Voici M. le comte de Montgaillard, dit le comte de Mercy... J'ai entendu parler de monsieur, répondit M. de TrautsmansdôrfF, mais je ne le connais pa«... J'ai aussi entendit parler de vous , monsieur, mais je ne vous ^ connais pas davantage, répli(|ua M. de Mont^
gaillard..» M. le comte de MoDtgaillard est tout-à-fait de m0n avis, M. le comte, reprit M. de Mercy , qu'on ne peut pas faire là paix avec Robespierre.*. Et moi, M. le comte, reprit M. de Trautsmansdorfi'j je suis con-* vaincu que le temps de traiter est arrivé. Le gouvernement de Robesjpierre est assez bien établi j ce sera lui qui fermera là révolution..: En ce cas, monsieur, je vous conseille de vous dépêcher , répartit aussitôt M; de Montgail'^ lard, car il sera guillotiné dans six semaines.. « Guillotiné dans six senVaines , s^écria M. de Trautsmansdorff, où avez-vous donc pris cela , monsieur ? De quelqu'un qui le sait bien , monsieur, répondit M. de Montgaillai^ ; de Barrère, qui m'a dit il y a quinze jours à souper chez lui , que cela ne pouvait pas durer, et qu'il n'y en avait pas pour plus de six se* maines à battre monnaie sur la place de la Révolution... Barrère dira ce qu'il voudra, je ne le crois point , et je ne soupe pas chez hii^ répondit avec vivacité JML de Trautsmansdorff. Tant pis , monsieur , lui dit M. de Mont^ gaillard; on ne sait pas la révolution et.on ne peut pas la combattre , qu^nd on ne soupe pas chez Barrère... On ne pouvait pas jouer plus
8ei*ré... Après quelques minutes d'entretien, on se sépara , et M. de Montgaillard m'arrêtant entre les deux portes du cabinet musqué du comte de Mercy, me dit : Savez-vous pourquoi l'Europe est perdue? c'est parce qu'elle est gouvernée par les deux hommes qui sont là dedans... Mot plein de justesse, et qui fait pendant à cet autre du même auteur : Les cabinets ont regret à leur science; ils ne veulent rien apprendre, et ils n'ont plus qu'Hun moment pour tout oublier... Tacite n'eût pas mieux dit... Est-ce seulement pour l'an d'erreur 1 794 que cela a pu être dit?
FIN
RÉCIT
HISTORIQUE
SUR LA RESTAURATION