Triquillot, notaire pontifical
47. Le couvent des Mathurins, au coin de l'ancienne rue des Mathurins et de la rue Saint- Jacques, aboutissant à l'hôtel de Cluny (place aujourd'hui marquée par l'encoignure de la rue du Sommerard). La chapelle était le siège des assises du recteur de l'Université : le conservateur y abritait ses privilèges.
48. Le recteur de l'Université, le 21 novembre 1430, était Thomas deCourcellet (Denifle et Châtelain, Chartularium Univers. Paris., t. IV, p. xxviii).
49. Cette petite phrase est capitale. Le procès demeurera la chose des Anglais. L'évêque n'exercera jamais qu'une commission.
Procès de Jeanne d'Arc. — II. 22
^^H PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D'aËC
50. Le (( sceau ordonné » en l'absence du grand sceau, qui suivait toujours le roi. Son usage était si fréquent, en ces temps troublés, qu'il y avait à la chancellerie de France un secrétaire du sceau ordonné.
31. Jean de Rinel (Quicherat a imprimé Rivel, qui se lit très nettement ainsi dans A), neveu par alliance de Pierre Cauchon.
Notaire du grand conseil et secrétaire du roi, Jean de Rinel assiste, en 141 3, à un dîner oftert par le chapitre de Rouen (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 26). • Il signe un mandement de Bedford en 1424 (Stevenson, I,£'/^^r5 and pape rs, vol. II, part I, p. 37) et un autre en 1428 (Ibid., p. 84). Jean de Rinel fut reçu à une prébende, par son procureur Jean d'Estivet, chanoine de Beauvais, le 25 mai 1437 (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 2133). Le 3 septembre 1454, il est dit secrétaire du roi Henri VI et il recevait 4 livres par jour pour ses gages ordinaires au cours d'un voyage qu'il allait faire, deVire à Savigny, devers Richard Venables et autres hommes d'armes et de trait étant à l'abbaye de Savigny (Bibl. nat., ms. fr. 26058, p. 2347). Jean de Rinel accompagna son oncle P. Cauchon en 1439, lorsque celui-ci passa en Angleterre (A. Sarrazin, P. Cauchon juge de Jeanne d'Arc, p. 204). En 1443, il est dit au service du roi depuis vingt-quatre ans et il obtenait l'amortissement de 10 nobles d'or à consacrer à des oeuvres pies (Ibid., G. 9195). On voit que sa veuve, le 30 septembre 1444, obtint du chapitre de Notre-Dame de Rouen de lui élever un tombeau de pierre, bien et décemment orné, dans la chapelle du Saint-Esprit, contre le mur(/^/(/., G. 2130).
L'épouse de Jean de Rinel était Jeanne Bidault, soeur de Jean Bidault, archidiacre d'Auge en l'église de Lisieux, chanoine de Rouen, neveu de l'évêque de Lisieux qui fit une fondation en mémoire de Pierre Cauchon (Ibid., G. 4841).
La grande maison des Rinel était située rue de la Chaîne à Rouen, aujourd'hui place des Carmes (A. Sarrazin, op. cit., p. 224,250). — Un autre Jean de Rinel était notaire et secrétaire du roi en 1446 (Ibid., G. 4841).
52. Rouen, la bastille de l'Angleterre en Normandie, avec son pont fortifié, les deux forteresses du Mont Sainte-Catherine et du Bouvreuil, venait d'être récemment approvisionné (au mois de septembre 1428, « visite sur l'heure des aprovisionsetadvitaillemens estans ou chastel et pont de Rouen ». Bibl. nat.,fr. 26051, n" 956). Le connétable du château, le 10 novembre 143 1, était Nicolas Basset (Bibl. nat., 26.055, "° 1683).
Toutefois, la garnison qui tenait Rouen paraît n'avoir été qu'une simple garde de police (En 1436, la garnison comprenait, 2 honmies d'armes à cheval, 12 hommes d'armes à pied et 38 archers sur le commandement de John Talbot (Bibl. nat., fr. 26061, p. 2897) ; la garnison de l'autre capitale normande, Caen, était un peu plus forte et comprenait, en 1437, 3 hommes d'armes achevai, 27 à pied, 90 archers (Bibl. nat., fr. 26062, p. 3086).
Dans la nuit du 3 février 1432 la place de Rouen faillit être enlevée.
Enfin, il y a lieu de rappeler la grande misère des villes, qui vivaient d'expédients et de prêts incessants (Bibl. nat., fr. 26061, p. 2968).
Sur les fortifications de Henri V, cf. A. Chéruel, Histoire de Rouen sous la domination anglaise, 1840, p. i8, 69.
53. L'hérétique diffamé comparait devant le tribunal soit comme prévenu libre, soit comme détenu. C'est la gravité du crime, l'intérêt qu'il y a à s'assurer de sa
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persoiine, qui déterminent ces deux situations (Voir Nicolas Eynieric, Direclorhnn iiiqiiisitorum, Romœ, 1585, p. 635).