‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 123 sur 182 · C'était là une façon de proverbe · texte numérisé non relu

C'était là une façon de proverbe

55 . Il y a deux personnages de ce nom que Ton trouve connue notaires dans un acte de 1438 (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 3668).

Robert Guérould, mentionné comme' notaire dès 1420 (Arch. de la Seine- Inférieure, G. 21 52), rédigea depuis 1424 les registre? capiiulaires(Arch. de la Seine- Inférieure, G. 2124) et les tint jusqu'en 1 441 (/Wii., G. 21 30). II est dit secrétaire du promoteur de l'archevêché en 1447 (Arch. de la Seine-Inféreure, G. 162). 11 signe son compte, en 1450, avec Gilles Deschamps et Raoul Roussel {Ibid., G. 166). On le trouve clerc d'office de la Cour archiépiscopale de Rouen, entre 1455 et 1456 {Ibid., G. 260-262). Il vivait encore en 1460 {Ibid., G. 2136). On voit qu'il avait toute la confiance de Raoul Roussel, dont il fut le secrétaire et l'exécuteur testamentaire en 1452 {Ibid., G. 3415). — Un Robert Guerroult est dit sergent à cheval au Châtelet de Paris en 1435 (Bibl. nat., P. Orig. 1431).

56. Jean Rubé, chanoine de Rouen, mentionné dans un compte de 1426-1427 comme payeur du chapitre (Arch.'^ée la Seine-Inférieure, G. 2488) : il déléguait Jean Volet, prêtre, comme receveur de la vicairiedePontoise, en 142(^-1 4^0 {Ibid., G. 316). L'année suivante, il signait le compte de fabrique de la cathédrale de Rouen {Ibid., G. 2489); de même, en 1431-32 {Ibid., 2490).

Pierre Cauchon demeura dans sa maison, près de Saint-Nicolas-le-Painteur, durant le procès (Déposition de G. Manchon). — Sur l'aspect de ce quartier, cf. A. Sarrazin, P. Cauchon juge de Jeanne d'Arc, p. 124-125.

57. E. de Rosières, signataire des lettres de Pierre Cauchon. 38. Le reste comme dans l'acte précédent.

59. Cf. Nicolas Eymeric, Directoiiuiii iiiquisitùruvi, Rome, 1585, p. 466.

60. Suivant G. Manchon, c'était la maison de Rubé, le chanoine, « où demeure à présent maistre Jean Bidault, prés Saint-Nicolas-le-Painteur « (Voir note 56). Mais comme évêque de Lisieux, Pierre Cauchon demeurera dans le bel hôtel Saint-Cande, dont les restes sont connus aujourd'hui sous le nom d'hôtel de Lisieux. Ce curieux manoir, auquel on adossa plus tard la célèbre fontaine, était une vaste résidence, avec cour ecclésiastique, officiai, promoteur et chapitre; l'église de Saint-Cande était elle-même comme une petite cathédrale qui avait ses démêlés avec la grande (A. Sarrazin, Pierre Cauchon juge de Jeanne d'Arc, p. 175).

61. William Haiton, mieux orthographié Heton, Anglais, bachelier en théologie, secrétaire des commandements du roi. Il était venu à la cour de France en 1419, comme ambassadeur de Henri V, pour traiter du mariage de ce roi avec Catherine, fiUe de Charles VI. 11 faisait partie du conseil anglais en 1431, mais il fut destitué, le le"" mars 143 3, de son office de secrétaire (Ch. de Beaurepaire, Notes, p. iiS). Il est mentionné en 1445 {Calendar oj patent roJJs .. . Henry VI, vol. IV, p. 330).

William Heton opina comme Gilles de Duremort, abbé de Fécamp, son collègue au conseil du roi.

62. On sait que ces informations ne se trouvent pas dans le procès et qu'elles

n'ont pas été communiquées aux assesseurs qui s'adjoignirent par la suite au tribunal.

63 . Suivant la procédure inquisitoriale, les dépositions des témoins devaient être communiquées à l'inculpé, sans indication de nom et de provenance. Le plus souvent, ces dépositions sont résumées dans les titnli sur lesquels on veut obtenir des aveux. Nous avons donc toujours affaire à des textes abrégés, quand ils ne sont pas arrangés. Le procès de Jeanne d'Arc rentre, on le verra, dans la série des autres procès d'inquisition; à cet égard, il n'est ni meilleur ni pire.

64. Jean Beaupère, Pukhripatris, né dans le diocèse de Nevers, maître es arts vers 1397, après avoir étudié la théologie, lisait son premier cours sur la Bible en 1407 ; on le voit cité comme bachelier formé en théologie en 1419, licencié à la fin de la même année. C'était un homme considérable, qui avait été recteur de l'Université en 141 2 et 141 3 ; il avait rempli les fonctions de chancelier en l'absence de Gerson. En 141 5, on le trouve à Constance, avec Pierre Cauchon, parmi les ambassadeurs bourguignons, alors que Jean XXIII mettait son espoir en Jean sans Peur pour seconder son projet de s'évader en France (N. Valois, La France et le grand Schisme d'Occident, t. IV, p. 302n.). Le 30 juillet 1420, par faveur apostolique, Jean Beaupère est nommé chanoine de Notre-Dame de Paris à la place de Jean Charreton : ses confrères protestèrent d'abord contre son intrusion au chœur (Arch. nat., LL. 241). Le 27 juin 1420, il prend à Beauvais possession du canonicat d'Eustache de Laître, tombé en régale (Reg. des délibérations du chapitre) ; en 1419, il est député à Troyes, avec Pierre Cauchon, pour conseiller Charles VI ; en 1422, il part en ambassade vers la reine d'Angleterre et Gloucester afin d'obtenir confirmation des privilèges universitaires. En 1423, entre Paris et Beauvais, il fut attaqué par des brigands qui le détroussèrent et le laissèrent pour mort : il était du moins mutilé à la main droite et ne devait plus occuper ses bénéfices. En fait, Jean Beaupère obtint une dispense de Martin V pour ses canonicats de Besançon, de Sens, de Paris, de Beauvais et l'archidiaconé de Salins (mars 1424). Nommé, le 6 septembre 1430, chanoine de Rouen par Henri VI, le 2 avril 143 1 il recevait une gratification du gouvernement anglais de 30 l.,en plus des 20 s. t. des journées de vacations au procès de la Pucelle (Bibl. nat., n. acq. fr. 7627, fol. 297); on voit qu'en 1432 il était cellerier de Sens, chanoine de Besançon, Paris, Laon et Rouen, chapelain de Brie ; et il plaidait encore pour devenir chanoine d'Autun, curé de Saint-Jean-en-Grève, chevecierde Saint-Merry à Paris, chanoine de Lisieux, etc. ! Il avait quitté Rouen, le 28 mai 143 1, pour se rendre au concile de Bâle où il arriva le 2 novembre 143 1 (en 1424, il avait déjà été envoyé au concile de Sienne). Il y joua un rôle très important, puisqu'il fut chargé de démontrer au pape la nécessité de se rendre à Bâle : ce qu'il fit avec véhémence. Les Pères de Bâle l'adressèrent comme ambassadeur vers Philippe le Bon en 1432; en 1435, on voit qu'il recevait un nouveau témoignage de la gratitude des Anglais {Calendar oj patent roHs, Henry VI, II, 461). Ayant pris parti très vivement contre le pape, Jean Beaupère, qui avait été désavoué par le chapitre de Rouen, en 1438 (cette année-là, en compagnie de Jean de Raguse, il donnait une leçon d'histoire ecclésiastique au nouvel empereur Albert ; il appliquait à Eugène IV la parole de Zacharie, xi, 17), dut toutefois protester de son orthodoxie, en 1444, pour conserver son canonicat à Rouen; et quand la ville rentra sous la domination française.

en 1450, il invoqua son titre de bon Français. Jean Reaiipcre résidait en effet à Besançon, dans un pays qui n'était pas contraire au roi. Il dut mourir, entre 1462 et 1463, à Besançon, dont le chapitre hérita de ses Antiquités judaïques et des Miracles de saint Grégoire (Denifle et Châtelain, Le Procès de Jeanne d'Arc, p. 17- 18; Ch. de Beaurepairc, Notes, p. 27-30; Noël Valois, Le Pape et le Concile, I, p. 119, 230; II, 132, 137, 241).

Beaupère, très assidu au procès, homme d'autorité et souple en même temps. Joua un rôle considérable dans cette affaire. C'est lui qui fut chargé d'aller à Paris chercher l'avis de l'Université. Il déposa, en 1452, lors des préliminaires de la réhabilitation, et il maintint son opinion sur les causes naturelles dos apparitions de Jeanne, développant la théorie de la malice inhérente à la nature féminine.

65. J.\cauES deTouraine ou Le Teissier, Textoris, Mineur, licencié en théologie en 1422, puis maître régent. Dans une minute, écrite entre 1432 et 1433, l'Université célèbre l'étendue de sa science, la pureté de ses mœurs (Denifle et Châtelain, Le Procès de Jeanne d'Arc, p. 18).

Mandé de Paris pour le procès de Jeanne, Jacques de Touraine fut un juge très assidu et partial. C'est lui qui porta à l'Université, de la part de P. Cauchon, les pièces du procès et rédigea le brouillon des questions à poser aux assistants. Il fut à Paris le collègue de Pierre Maurice, de Guillaume Erart, de Giovanni da Fano, autres juges de la Pucelle. Il vivait encore en 1436 (Chart . Univ. Paris., t. IV, p. 580).

66. Nicolas Midi, licencié en théologie en 1424, fut nommé par Henri VI, le 21 avril 1431, chanoine de Rouen où il fut installéonze jours avant le supplice de Jeanne. Le 11 juin, comme ils le firent pour J. Beaupère, les chanoines lui accordèrent remise du droit d'annates « par grâce spéciale, attendu les services qu'il avoit rendus à l'église ». N. Midi haranguait, comme délégué de l'Université, le roi Henri VI à Paris, lors de son entrée au mois de décembre 143 1 (Chartularium Univers. Paris., t. IV, .p. 532-535). Recteur de l'Université de Louvain en 1433, on le trouve déjà député au concile de Bâle en 1432 (N. Valois, Le Pape et le Concile, t. I, p. 317 n.). Vers 1434, il contracta la lèpre et dut résigner toutes ses fonctions et son canonicat : mais il en conserva les revenus. Nicolas Midi vivait encore le 8 novembre 1438 (Denifle et Châtelain, Le Procès de Jeanne d'Arc, p. 18 ; Ch. de Beaurepaire, Notes, p. 38-41).

Bourguignon convaincu (en 1416 il avait délibéré en faveur des propositions de Jean Petit avec la Nation de Normandie), universitaire fanatique (depuis 1418 il était recteur de l'Université de Paris), la triste maladie que N. Midi contracta a été interprétée de bonne heure, et d'une façon tout à fait légendaire, comme le signe de la punition divine méritée par son rôle dans le procès : car il est l'auteur des fameux douze articles résumant tendancieusement la doctrine de •Jeanne, et il fut l'un des hommes de confiance de Bedford. (Le 12 mai 1432, par égard pour le régent, le chapitre de Rouen décide que Nicolas Midi, mandé au concile de Bâle, recevra les distributions capitulaires comme s'il était présent. Si Pierre Maurice ne voulait pas accepter la charge de se rendre au concile, Nicolas Midi était prié de le remplacer. — Arch. de la Seine-Inférieure, G. 2126.)

67. Pierre Maurice, Mauricii, reçu le premier à la licence théologique en janvier 1429. et le premier àla maîtrise, le 23 mai de la même année ^Denifle etCha-

telain, Le Procès de Jeanne d'Arc, p. 19). Le 11 janvier 1430, par lettres de Henri VI, il fut nommé à un canonicat en l'église dé Rouen que résigna en sa faveur un Anglais nommé Heton.

Cet insigne et jeune théologien était déjà rallié au gouvernement anglais puisqu'il avait obtenu de Henri V la cure de Saint-Sébastien de Préaux, au diocèse de Lisieux. Curé d'YerviUe, il permuta ce bénéfice pour la chapelle Saint-Pierre en la cathédrale de Rouen ; curé de Paluel, il était aussi chapelain de la chapelle Saiut- Mathuriq de la cathédrale. Le 5 juin 1430, il fut désigné par les chanoines pour porter la parole en leur nom lors de l'entrée de Henri VI dans leur église. Il intervenait, en leur nom, auprès du cardinal d'Angleterre pour faire appuyer la postulation de Louis de Luxembourg au siège archiépiscopal vacant (3 décembre). Désigné en 143 1 pour accompagner Pasquier de Vaux, l'ambassadeur du roi à Rome, il se rendit en 1434 à Bâle comme ambassadeur de Henri VI et, l'année suivante, il passait en Angleterre par ordre du conseil. Nommé vicaire général le 5 décembre 1436, il mourut presque aussitôt : les trente-deux précieux manuscrits qu'il possédait furent légués à la librairie du chapitre de Rouen (Ch. de Beaurepaire, Notes, p. 86-88). On y remarque un Térence, un Virgile, un Végèce, un beau Bréviaire qu'acheta Louis de Luxembourg.

Ce théologien lettré fut fort assidu au procès et il montra envers Jeanne un zèle à l'éclairer qui ne paraît guère sincère. Pierre Maurice était fort affectionné pour le chapitre de Rouen qu'il dota dans son testament (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 2090). Mais les rentes dont il disposa étant assises dans le pays de Caux qui « pour la greigneur partie s'estoit soustrait à l'obéissance du roi d'Angleterre», ses exécuteurs durent les prendre sur des maisons de Rouen (Ihid., G. 5574).

68. Gérard Feuillet, FcH/t'/f (fg 5fl/mî5, Fm/é"//, frère Mineur, bachelier à Paris en 1425, licencié en théologie en décembre 1429, reçu maître le 30 mars 1430 (Denifle et Châtelain, Chartiilarhini Univ. Paris., IV, p. 444, 488).

Ce professeur en théologie fut l'un des maîtres qui travaillèrent à la rédaction des articles d'accusation du procès et qui allèrent à Paris porter les conclusions au duc de Bedford et à l'Université.

69. Thomas de Courcelles, né à Amiens en 1393, insigne universitaire, recteur de la Faculté de Décret en 1426, bachelier en théologie de l'Université de Paris, licencié en 1435, professa la théologie à Paris pendant de longues années ; il mourut en 1469, doyen du chapitre de Notre-Dame.

Recteur de l'Université en 1430, il allait porter le rôle en cour de Rome, à la fin de l'année 1431 ; député à Arras, où il parla pour la paix en 1435, il « proposa tant de belles et solemnelles parolles que... sembloit qu'on ouyst parler un ange de Dieu ; parquoy des assistans plusieurs furent esmeus à larmes ». Ce clerc, « moult solemnel et excellent », développa ce passage des Proverbes : « Ceux qui suivent les conseils de paix, la joie les suivra » (XII, 20). Il fit l'éloge des deux cardinaux, allégua la prééminence du royaume de France, dont plusieurs rois (et il les nomma), protégèrent les papes contre leurs adversaires ; et il demanda encore la paix au nom de la ville de Paris, si misérable, réduite à une telle nécessité qu'il fiiUait que la plupart de ses habitants la quittassent {Chart. Univ. Paris., t. IV, p. 571). Son ancien maître, celui-là qui l'avait reçu premier à la licence, Guillaume Erart, répliqua sèchement pour les Anglais que « mieux valait une terre dévastée que perdue ».

Au concile de Bàle, Thomas de Courcelles brilla comme une des kimiércs de l'Église de France (143 3-1458). On le voit défendre contre Pierre do Versailles les décrets de Constance, les décrets de l'Université de Paris affirmant la supériorité du concile sur le pape, alléguant l'autorité de Gerson (N. Valois, Le Pape et le Concile, II, p. 142 n.). En 1438, en dépit de la peste de Râle, il demeura à son poste (//'/(/. , p. 177), Il est délégué par le concile pour contribuera l'élection du futur pape (//'/rf., p. 181). Il fut de ceux qui déclarèrent, en juillet 1459, ^^ pape relaps; on le voit délégué par les Pérès à la diète de Mayence pour l'élection d'un nouveau pape ; au mois de décembre, à Thonon, Thomas de Courcelles prononça une harangue devant l'anti-pape Félix V (N. Valois, Le Pape et le Concile, t. II, p. 191) qui le comprendra, en 1444, dans une promotion de cardinaux (Ibiâ., p. 192 n.). En 1440, il exposa éloquemment, à Bourges, devant Charles VII la doctrine de l'Église gallicane (Preuves des Liberté:;^, I, p. 19-28). Le 18 juillet 1442, à Saint-Magloire, il prononça devant le peuple le sermon solennel qui mettait finaux troubles universitaires, annonçant que le roi c liberallemcnt avoit reconferrnez et rebaillez à nostre dite mère l'Université tous ses privilèges » {jounial de Jean Maupoint, éd. Fagniez, Mém. Soc. de Vhistoire de Paris, t. IV, p. 28). Le 1 7 juillet 1447, il prend place au chapitre de Notre-Dame de Paris où il sera reçu chanoine le 1 1 septembre (Arch. nat., LL. 241). Il y avait déjà dans ce chapitre un Guillaume de Courcelles, nommé chancelier en 1425 à la place de Gerson, et Jean de Courcelles dit docteur en décret et archidiacre de Josas par faveur du roi, chanoine depuis le 25 juillet 1446, le frère de notre Thomas. Au mois d'août 1447, on trouve Thomas de Courcelles à Lyon, parmi les ambassadeurs qui devaient négocier la renonciation d'Amédée duc de Savoie (N. Valois, Le Pape et le Concile, t. II, p. 331). Dans une lettre du 8 avril 1448, on voit que Gérard Machet, confesseur de Charles VII, le chargeait de commissions verbales pour le pape. Il se rend à Rome près dû Nicolas V et il prend le titre de sous-diacre du pontife. Le 19 mai 1451, Thomas de Courcelles demandait à être reçu pénitencier à la place de Robert Cybole, ce qui arriva le 21 mai, sur la recommandation de l'évèque. En 1458, il est dit doyen de Notre-Dame (Ibid.). En 1450, on le voit parler contre la fondation d'une Université à Caen. Thomas cumulait alors de nombreux hénéûcss (Charftilarium Univ. Paris., IV, p. 705 n.).

^neas Sjdvius, l'un des meilleurs observateurs de son temps, a parlé avec adniira.tion de sa modestie et de sa capacité. « Thomas de Courcelles, insigne parmi les docteurs en théologie, qui plus que personne inspira les décrets du saint concile ; homme admirable et aimable quant à la science, modeste en même temps et plein de retenue, regardant toujours à terre et semblable à qui voudrait se cacher. » (Commentarti de gestis Basil, concilii, dans les Opéra omnia, Bâle, 15 51, p. 7.) C'est Thomas de Courcelles qui prononça l'éloge funèbre de Charles VII à Saint-Denis (Chartier, éd. Vallet de Viriville, III, p. 120). L'inscription sur sa pierre tombale, jadis à Notre-Dame de Paris, le dit homme de science éminente et de grande éloquence. Il y est figuré avec son frère, docteur en décret, chanoine de Notre-Dame, archidiacre de Josas, conseiller du roi au Parlement, désigné en 1459 pour recevoir les arnendes de l'Echiquier de Normandie (Bibl. nat., P. Orig. 883), qui mourut en 1481, à l'âge de 90 ans (Denifle et Châtelain, Le Procès de Jeanne d^Arc, p. 23 ; Chartularium Univers. Paris., IV, p. '448, 531, 564, 571, 62J, 705; Ch. de Beaurepaire, Notes, p. 30-32; Quicherat, Aperçus nouveaux, p. 105-106; Koél Valois, Le Pape et le Concile, II. p. 231-233, 540-342).

Oa sait le rôle que Thomas de Courcelles joua au procès de condamnation où il opina pour la torture. Ce jeune maître, rempli d'avenir, ce clerc « moult solemnel et excellent », Jouissait de la pleine confiance de P. Cauchon qui le chargea de traduire en latin le procès. Interrogé en 1456, lors de la réhabilitation, ce remarquable docteur, dont l'éloquence est vantée par les contemporains et célébrée par son épitaphe, perdit la mémoire. Thomas de Courcelles était sans doute assez embarrassé par le procès, et depuis longtemps, puisque dans la rédaction définitive de ce document, il avait supprimé son nom là où il figurait dans la minute fi-ançaise. Il prit le parti de donner à entendre qu'il avait pris peu de part à cette affaire, ce qui était faux. Mais il fut infiniment moins fanatique que P. Cauchon et G. Erart.

70. Martin Lavenu, ou Ladvenu, Dominicain, du couvent des Jacobins de Rouen, qui chercha à éclairer Jeanne, la confessa et l'administra.

Ce personnage est à peu près inconnu : on voit qu'il se rendit à Paris lors du procès en matière de foi commencé contre Gilles Deschamps, l'un des juges de Jeanne (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 39, compte de 1437-1438); il prêcha l'année suivante à Neufchâtel une sorcière suspecte en matière de foi, Jeanne Vaneril (Jhid., G. 4). Il est dit en 1452, lors des préliminaires de la réhabilitation, frère du couvent des Jacobins de Rouen, « especial confesseur et conducteur de ladicte Jehanne en ses derniers jours ».

71. La chapelle rovale du château de Rouen qui se trouvait au milieu de la cour du château (F. Bouquet, /i?c/;n;(; cVArc au château de Rouev, Rouen, 1865, p. 35).

72. Jean de Chatillon, de Castellioue, de Castilh'ono, de Chasteiîlon, et mieux Jean Hulot de Chatillon (il est ainsi nommé dans sa détermination sur Jeanne), archidiacre d'Evreux, puis chanoine, qu'il ne faut pas confondre avec l'italien Jean de Castiglione qui devint évêque de Coutances en 1444.

Il était déjà ancien dans l'Université : en 1403, il est dit maître es arts, bachelier en théologie, et avait pu être à Paris le camarade de Pierre Cauchon et de Jean Beaupère (Denifle et Châtelain, Chart. Univ. Paris., t. IV, p. 84). En 1418, il prend part au conseil qui arrêta la charte des libertés de l'Eglise gallicane . Il enseignait à Paris, à la Faculté de Théologie, en 1428, en même temps que Pierre de Dyerré, Guillaume Erart, Guillaume AdeHe. Docteur en théologie (Denifle et Châtelain, Le Procès de Jeanne cFJrc, p. 17), il résidait déjà à Rouen avant le procès et jouissait d'une certaine influence auprès des membres du gouvernement anglais. En 1435, '^ é'^^it reçu au canonicat de la cathédrale, vacant par le décès de Couppequesne, en vertu de lettres du roi. En 1437, il obtenait de même l'archidiaconé du Vexin-Normand (Ch. de Beaurepaire, Notes, p. 114-116» I 37). Je ne sais quel rapport pouvait avoir avec Guillaume, seigneur de Chatillon, qui est dit avoir conquis Château-Thierry pour le roi anglais au mois d'août 1426 (Bibl. nat., fr. 26048, p. 4)i).

C'est peu probable qu'il ait été menacé par P. Cauchon et évincé des audiences, comme le rapporta au procès de réhabilitation Jean Massieu. Très assidu au procès de condamnation, il se contenta de désapprouver certaines questions captieuses posées à l'accusée. Et c'est lui qui, le 2 mai, fut chargé d'admonester la Pucelle.

73. Jean de Nibat, frère Mineur, licencié en théologie en 1424, maître régent'â

NOTKS

HS

Paris depuis 1426 (Denifle et Châtelain, Le Procès de Jeanne (J'Air. p. 19; Okirtularium Univers. Paris., W, p. 457).

Juge assidu au procès de condamnation, il admit, avec les docteurs de Paris, le bien fondé des douze articles.

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