‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 130 sur 182 · Cf. article LX · texte numérisé non relu

Cf. article LX

191. M. Antoine Thomas a publié une curieuse lettre de rémission, datée de juin 1457, S"^ <^^s signes {Le Signe royal et le secret de Jeanne d'Arc, Nogent-le- Rotrou, 1910, in-8). Elle met en scène un vieux paysan auvergnat, Jean Batiffol, qui s'écrie après boire : « Le roy est roy, mais il ne lui appartenoit pas que fusse roy, car il n'est pas du lieu ; car quant le roy nasquit, il n'apporta pas enseigne de roy, et n'avoit pas la fleur de lys comme vray roy. »

L'historiographe bourguignon Georges Chastellain a rapporté d'autre part que le père de Charles VII l'aurait « désavoué comme bastard «.

Un texte de Jouvenel des Ursins, tiré de la « Remonstrance pour la réformacion du rovaume », est bien intéressant à cet égard, puisque l'auteur faisait en 1430 partie du conseil. Il s'adresse dans ces termes au roi :' « En quel péril fustes vous à Paris quant vos ennemis, à proprement parler par une manière vulpineuse et soubs umbre de paix, y entrèrent, qui eschapastes, qui fust et est la salvation du royaume et empeschement qui ne vint à estrange main, qui estiez seul fils unique et héritier du roy et du royaume, comme depuis on a veu évidemment, sans plus declairer la manière. En quel péril fustes vous à Monstereau sur le pont ! Car, comme aucuns dient, on avoit intention de faire de vostre personne tellement que vostre père fust mort, et sans hoirs masles descendans de son corps. Et qu'il en est, je ne scay. Mais ce sont les parolles et langai^es qui couroient » (Bibl. nat., ms

fr. 16259, p. S59). Ce texte donne tout son sens à la lettre aux Anglais, qui est vraiment comme le cri de Jeanne, quand elle nous parle de Charles le « vrai héritier », qu'elle annonce qu'elle est venue pour réclamer le sang royal.

192. Sainte-Catherine-de-Fierbois, Indre-et-Loire, arr. de Chinon, cant.de Sainte-Maure. Voir plus haut, note 38.

193. On sait qu'aux belles épées, Jeanne préférait les armes simples, propres à donner de bons coups, bien qu'elle n'en ait jamais fait un usage sanglant. Quand elle fut prise devant Compiègne Jeanne portait l'épée d'un Bourguignon en manière de trophée. On a fait, depuis longtemps, justice de la prétendue armure de la Pucelle conservée au Musée d'Artillerie à Paris et qui remonte à l'année 1515. (Cf. Eude, Arifiures et chevaux de Jeanne d'Arc, Paris, 1893, in-40 • l'appendice G. Demay, armes et vêtements militaires, dans H. Wallon, /mw/Zd' d'Arc, p. 391-402 ; H. Martin, Images historiques. La guerre au XV^ siècle, Paris, 1916.)

Page 1