‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 37 sur 182 · Voir note · texte numérisé non relu

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Procès de Jeanne d"Arc. — II. <>

Mais il est bien évident que rien de tout cela n'était prémédité chez Jeanne. Ces forces spirituelles agissaient en elle, non pas comme des images, mais comme des puissances inconscientes : Jeanne eut des instants de divination, de clairvoyance et d'extase comme de grandes intelligences, les plus normales et les plus droites, les plus affinées et les plus simples, en ont connu. Elle ne nomma 'd'ailleurs ses voix qu'après que ses saintes se furent nommées à elle.

Cette question des voix et de l'inspiration a beaucoup préoccupé, et de bonne heure, les théologiens qui fixèrent les dogmes pour les siècles des siècles, et que les saints et les voyants embarrassèrent si souvent. Car il y a des régies pour discerner les vraies et les fausses apparitions, pour apprécier les divers degrés de certitude et de révélation.

Il nous faut connaître ces régies, si nous voulons entrer complètement dans l'esprit des juges de Jeanne. Et le mieux, dans toutes ces questions, est de suivre, pas à pas, un traité de Gerson.

Il ne s'agit pas ici d'un suspect, puisque nous avons affaire à l'homme le plus instruit de son temps, au chancelier de Paris qui a dû fuir cette ville lorsqu'elle est devenue bourguignonne; à l'homme enfin qui a consacré sa dernière activité à écrire un mémoire extrêmement favorable à la Pucelle(i4 mai 1429).

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