Bibl. nat., ms. fr. 16259, P
2. Cf. Aug. Digot, Essai sur rhistoire de li commune de Neufchdteau . Nancy, 1847, i"-8.
XC PROCÈS £>E CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC
fortune et la parure, n'aspirent qu'après la justice et la paix. On rêve de ce grand justicier de jadis, le roi de France, de la cour de justice du roi. Comme ailleurs les exactions des gens d'armes sont cruellement ressenties, les guerres privées, les « apatis » de villages, le payement des sauvegardes, la capture des notables, l'enlèvement du bétail, et ce fléau des guerres, l'incendie. Car la chose en était venue à ce point qu'il était défendu aux paysans de tenir du feu allumé dans la crainte de fournir aux gens d'armes un moyen d'incendier leurs chaumières. Le paysan fait le guet, au lieu d'aller à son labour; et je ne sais guère de document plus éloquent que les quelques lignes d'un compte du mois de novembre 1428 imposant 20 s. d'amende à Jean Bauldet, le vieil, qui pendant une faction qu'il devait prendre aux portes de Foug « alla veoir sa charue ans champs... »*.
Plus que des discussions des légistes, de cette misère, de cette oppression naquirent la fidélité au roi protecteur et justicier, image de la patrie.
Le mot seul fit défaut. Mais le vocable de « pays » n'était-il pas aussi beau, aussi riche de sens ?