‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 55 sur 182 · Débat des hérauts d'armes, passim · texte numérisé non relu

Débat des hérauts d'armes, passim

2. On lit dans le Discours sur Voffice de chancelier par Jouvenel des Ursins cette anecdote bien curieuse, et pour l'histoire de Jeanne d'Arc et pour la connaissance de la pensée du roi :

« Et, en vérité, je veis à Poitiers ou le roy estoit, le siège estant à Orléans, ung compaignon vint raporter en ma présence à ung qui avoit lors plus grant puissance près du roy, et lequel me appella, et luy dict une manière de destruire les Anglois, qui estoit vraye, se il eust mis à exécution ce que il disoit. Mais ledict seigneur et moy ne fusmes mie d'opinion que il ne fist riens ; car la manière estoit chose non accoustumée et très deshonneste. Et si crois que il ne l'eust peu faire... » (Bibl. nat., nis. fr. 16259, p. 625.)

3. Publié par Ellies Dupin, au milieu des œuvres de Gcrson, IV, coi. 744.

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chevaliers, l'un Anglais, l'autre Français, débattant les griefs de leurs pays.

L^un demande à l'autre d'où il vient. Réponse : « Je suis Français. — Moi, je suis Anglais. — Donc, ajoute le Français, ennemis. — Mais, réplique l'Anglais, nous sommes tous deux également chevaliers, et, comme pèlerin, j'ai déposé mes armes. »

« F. Que cherchez-vous ? — A. Le salut de mon âme. — F. Le temps nous en avertit. — A. Combien d'années ? — F. Des années je n'en ai pas; mais la mort m'épargna depuis cinquante ans. — A. Je suis le plus âgé. — F. Où allez-vous ? — A. En pèlerinage. — F. Tous nous sommes pèlerins et étrangers; nous n'avons point de cité ou demeurer, mais nous tendons en quelque sorte vers la cité future. — A. Que vous semble de notre pèlerinage? — F. Je crains bien que nous ayons parcouru la vallée de larmes et que nous n'ayons gagné que l'indignation de Dieu ! »

Et le Français d'expliquer qu'ils sont venus au monde pleins de dégoûts, sans savoir ce qu'ils devaient désirer. Ils ont combattu ; maintenant, voici l'heure de la cène : il faut penser au salut de l'âme, qui semble douteux.

Et l'Anglais de répliquer : « Bien certain, au contraire. — F. Pourquoi? — A. Car, suivant le commandement de Dieu, nous avons obéi à notre prince qui nous contraignit à la guerre; et, si nous mourons par obéissance, nous mourrons suivant le commandement de Dieu. — F. Cette guerre est injuste, car elle est fondée sur le désir de domination et le plaisir tyrannique d'acquérir des richesses au détriment des chrétiens; or qui pèche sciemment ne recherche que la géhenne! — A. Comment n'obéirais-je pas à mon roi? N'est-il pas écrit que celui qui désobéit à son prince sera condamné à mort? En désobéissant, je serais un infâme, un méchant, un pusillanime, réputé déserteur de son armée, bien plus, suspect de trahison, et un ennemi de la chose publique. — F. Il convient d'obéir aux choses justes et non à l'injustice. — A. J'estime juste ce que mon roi ordonne dans son conseil, avec ses pontifes et ses satrapes. — F. A

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