‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 23 sur 139 · DÉLIBÉRATION DU CONSEIL DE LA VILLE DE REIMS · texte numérisé non relu

DÉLIBÉRATION DU CONSEIL DE LA VILLE DE REIMS

5 septembre 1429.

Imprimée d’après ce qui reste des registres de l’bôtel de ville de Reims, par M. Varin ; même ouvrage et même volume que la pièce précédente, p. 743.

Lundi V* de septembre mccccxxix, par Anthoine deHellande, cappitaine, et prësens monseigneur de Saint Denis, maistre N. Syrene, maistre C. Duguet; J. Caillart, C. Hurtaut, eschevins; G. Hodierne, G. Lescot, maistre P. Chardon , maistre J. Cabert, maistre P. de Montfaulcon, maistre H. La Barbe, et pluseurs eslenz et autres jusques au nombre de iiij ” personnes ,

A esté délibéré de paier les despens du père de la Pucelie (1) et de lui bailler un cheval pour s’en aller.

Item d’escripre aù roy et à monseigneur de Reins, sur les appatis que font les gens de Poton estant à Chastel- Thierry et autres garnisons, et qu’il leur plaise y pourveoir ; et pareillement à la Pucelie, et que on y pourvoye.

(1) Voir rartiele des comptes de la ville qui constate le payement de cette dépense , ci-après au chapitre des Extraiu empruntit aux livres des comptes, titre du voyage et séjour de la Pucelie à Reims.

OUTRAGE PUBLIC FAIT A LA MAGISTRATURE D’AB- BEVILLE A PROPOS DE LA PUCELLE.

Ven le 15 septembre 1429.

Rémission dn Trésor des chartes, publiée ici pour la première fois, d’après le registre J, 175 (pièce 125) des Archives du rojaume. Les Bénédictins l’ont citée au mot Persina de leur supplément au Glossaire de Du Cange, à cause de la locution sentir la persinée qui j est employée deux fois.

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d’Angleterre, savoir faisons à tous présens et advenir nous avoir esté humblement exposé de la partie de Colin Gouye, dit le Sourt, et Jehannin Daix, dit Petit, natifs de la ville d’Abbeville, prisonniers en noz prisons d’Amiens :

Comme de tout leur temps ilz se soient maintenez et gouvernez soubz nostre obéissance et de leurs povoirs emplaiez en nostre service; lesquelz, tantost après que noz ennemis et adversaires, estant en leur compaignie la femme vulgaument nommée la Pucelle, furent venez en nostre royaume et paiis de France et par especial devant nostre ville de Paris, en un certain jour lesditz supplians estans en la compaignie d’un nommé Colin Broyart devant et assez près de l’ostel d’un mareschal nommé Guillaume Dupont, en nostre ville d’Abbeville, entendirent que aucuns parloient des faiz et abusions de ladicte nommée vulgaument la Pucelle, et par especial un hérault; auquel Hérault ledit Petit enst dit : « Bran , bran , m et

que chose qae dist ne hst icele femme, n’estoit que abusion ; et pareillement le dirent ledit Colin et autres dessusditz; et que à icele femme l’en ne devoit adjouster foy; et que ceulx qui en icele avoient créance es* toient folz et sentoient la persinée,ou paroles semblables en substance; et oultre que il en y avoiten ladicte ville plusieurs autres qui sentoient la persinée; non pensant donner charge à aucuns des bous boui^ois et manans et habitans de nostredicte ville ;

Pour lequel cas et autres paroles dont ilz estoient sonspeçonnez par les maire et eschevinsde nostredicte ville d’Abbeville, lesditz supplians et ledit Colin Broyart furent faiz prisonniers par lesditz maire et eschevins et longuement tenuz en estroictes et dures prisons et depuis mis en noz prisons à Abbeville, où ilz iiutent certaine espace de temps à grant rigueur du lez desditz maire et eschevins. Et eulx estans ès dictes prisons, eurent congnoissance que nous et nostre très chier et très amé oncle et cousin le duc de Bourgoigne, faisions assemblée de gens d’armes et de trait pour résister à l’entreprise de noz ennemis et adversaires : pour quoy, lesditz supplians et ledit Broyart ensemble furent meuz de eulx partir. Et de fait se partirent desdictes prisons par un trou qu’ilz firent entre deux coulombes et alèrent jusques à la forteresce par laquelle ilz se dévalèrent par une corde ès fossez, passèrent oultre et alèrent en nostre sei'vice tant au siège de Compieigne comme ailleurs ; là où ilz ont tousjours çbhtînué jusques à certain temps qu’ilz estoient retournez en nostredicte ville, nous estant en nostre ville de Rouen, en enteucion d’aler vers nous pour estre pourveu sur ledit cas.

El eulx estai» ylec, eurent congnoissance que un nommé Jelian Laudée, bourgoiset manant en nostredicte ville d’Abbeville, pourchassoit moult fort de eulx donner empeschement : par quoy se conclurent et envaïrent environ le soir ledit Jehan Laudée et sur lui tirèrent leurs espées, sans ce que ledit Laudée feust aucunement blecié ne navré; et doublant la puissance dudit Jean Laudée qui faisoit grant assemblée de peuple pour trouver et porter danger ausditz supplians de leurs corps, passèrent par dessus les murs de ladicte ville et oultre lesditz fossez secrètement.

Pour lesquelz cas lesditz supplians ont esté appelez à noz droiz et bannis de nostre royaume de France à tousjours. Et néantmoins ont continué en plusieurs lieux en nostre service et telement que derrenierement, ainsi qu’ilz s’en aloient en la compaignie du seigneur d’Omont en entencion d’aler au siège de Laigny, ont esté prinz par noz gens et officiers de Monstereul et menez vers nostre bailli d’Amiens, où ilz sont prisonniers, en voie de finir leurs jours misérablement se, sur ce, ne leur est impartie nostre grâce et miséricorde, si corne ilz dient, etc.

Pourquoy noos, ces choses considérées, voulans miserieorde estre préférée à rigueur de justice, ausditz supplians et à chacun d’eulx oudit cas, avons quicté, remis et pardonné, remectons, quictons et pardonnons de nostre grâce especial, pleine puissance et auctorité royal, les faiz et choses dessusdictes, etc.

Donné aux champs devant Laigny-snr-Mame, le VI* jour de juillet l’an de grâce mil cccc xxxii et de nostre règne le dixiesme.

Ainsi signé : Par le roy à la relacion de monsei-

gnenr le gouvernant et regent de France, duc de Bedford. J. DE Rivel.

xvm.

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