LETTRE DE LA PUCELLE AUX HABITANTS DE REIMS
S août 1499.
Imprimée pour la première fois en 1844, par M. Varin, dans les Archives administratives de Reims (t. I , p* 596). L’original était conservé à l’hotel de ville de Reims au commencement du dix-septième siècle ; il n’en existe plus qu’une copie du même temps qui se trouve intercalée dans le manuscrit de Rogier, à la Bibliothèque rojale (Supplément français, n** 1515-2)^ c’est de là que M. Varin l’a exhumée.
Mes chiers et bons amis les bons et loyaux François de la cité de Bains, Jehanne la Pucelle vous faict à
(I) Le nom du secrétaire n’a pu être déchiffi^ par Tauteur de la copie qu’a imprimée M. Jollois ; mais ce oom est donné, avec l’analyse de la pièce, dans le Traité sommaire du nom et des armes de la Pucelle , p. 4. On lit dans le même ouvrage, au même lieu : « Par autres patentes données à Ghinon le 6 février 1459, se void comme les habitans desditz villages de Creux et Dompremj estant troublez en ladite exemption , est mandé par le roy de les y conserver et maintenir suivant lesdites premières patentes Tan 1429, en ces mots : En faveur de ladite Pucelle native <t icelle paroiiee et en laquelle sont ses parent ; lesdites secondes patentes vériliées et exécutées par sentence des éleus de Langres du premier avril , audit an 1459 avant Pasques. »
savoir de ses nouvelles, et vous prie et vous requiert que vous ne (aicte nul doubte en la bonne querelle que elle mayne pour le sang royal; et je vous promet et certiSy que je ne vous abandoneray poinct tant que je vivray. Et est vray que le roy a faict trêves an duc de Bourgoigne quinze jour durant, par ainsi qu’il ly doibt rendre la cité de Paris paisiblement an chieÆ de quinze jour. Cependant ne vous donnés nnle merveille se je ne y entre si brieSvement, combiep'que des trêves qui ainsi sont faictes je ne soy point contente et ne sçay si je les tendroy ; mais si je les tiens, ce sera seulement pour garder l’honneur du roy; combien aussy que ilz ne rabuseront point le sang royal, car je tiendray et maintiendray ensemble l’armée du roy pour estre toute preste au chief desdictz quinze jours, s’ils ne font la paix. Pour ce, mes très chiers et parfaicts amis, je vous prie que vous ne vous en donnés malaise tant comme je vivray ; mez vous requiers que vous faictes bon guet et gardez la bonne cité du roy; et me faictes savoir sdl y a nuis triteurs qui vous veullent grever, et an plus brief que je pourray, je les en osteray ; et me faictes sçavoir de vos nouvelles. A Dieu vous commande qui soit garde de vous.
Escript ce vendredy, cinquiesme jour d’aoust, emprès un logis sur champ on chemin de Paris.
Sur Vadresse ; Aux loyaux Francxois habitans en la ville de Bains.
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