LETTRE DE LA PUCELLE AUX HABITANTS DE REIMS
16 mars 1430.
Copie du XVII* siècle intercalée dans le manuscrit de Rogier (Suppl, fr., n® 1515-2, à la Bibliothèque royale), et ini-
priméé par M. Varîo, dans les Archives législatives de la vilU
de Reims, deuxième partie, 1. 1, p. 596.
L’original , conservé autrefois à Thotel de ville de Reims, était signé de la main de Jeanne comme la lettre ci-dessus, p. 147, et scellé d’un sceau en cire rouge tout à fait brisé.
Très chiers et bien amés et bien desiriés à Tenir , Jehanne la Pucelle ay reçue tous letres faisent maiicion que tous tous doptiès d’aToir le sciege. Yeilhés saToir que tous n’arés point, si je les puis rencontrer ; et si ainsi fut que je ne les rencontrasse, ne eux Tenissent deTant tous, si tous fermés tous pourtes, car je serey bien brief Ters tous ; et sy eux y sont , je les fei'ey chausser leurs espérons si à aste qu’il ne sauront por ho les prendre, et leur seil (1) y est si brief que ce sera bientost. Autre chouse que (2) ne tous escry pour le présent, mès que soyez loutjours bons et loyàls. Je pt^ à Dieu que tous yait en sa guarde. Escrit à Sully, le xTi* jour de mars.
Je TOUS mandesse anquores augunes nouTelles de quoy TOUS sériés bien joyeux ; mais je doubte que les letres ne fussent prises en chemin et que l’on ne Tit les dittes nouTelles.
Signé : Jehannb.
Sur V adresse : A mes très chiers et bons aimés, gens d’^lise , bourgois et autres habitans de la TÜle de Rains.
(1) $ie. Quoique U copie de Rogier ait été faite avec soin , collationnée et corrigée par quelqu'un d'exercé à la lecture des vieux titres , il est impoeaible qu*il n'j ait pas quelque faute en cet endroit. On pourrait conjecturer scü an lieu de $eü, comme on aurait dit en meilleur français , et leur essü eu ai tref, autrement, « leur destruction est si prochaine , » etc.
(S) Lises je au lieu de que, ou suppléez ce après que.