LETTRE DE LA PDCELLE AUX HUSSITES DE BOHÊME
3 mirt 1430.
Traduetioii aUctnande d’aoe lettre qu’on reconnaît facilement avoir été écrite primitivement en latin. Elle a été mise en lumière par M. de Honnajr, dans le TaschenLuck fUr vaterlaendische Geschichte de 1834. Quoique l’éditeur se taise sur la provenance de cette pièce, elle ne laisse pas que d’être d’une incontestable authenticité. Composée par un clerc, elle respire la recherche d’un esprit formé aux exercices littéraires , et ne peut être comparée par conséquent à aucune des autres lettres de la Pucelle.
Nous renvoyons le lecteur à notre tome quatrième (p. 503) , pour prendre connaissance du témoignage que le dominicain Jean Nider a porté sur cette lettre.
Jésus Maria.
Schon lange lam es durch das unbestaendige Gernecht, kuerzlich aber neuerdings durah die bestaen-
Jésus Maeia.
Déjà depuis longtemps l’inconstante renommée, mais depuis peu la voix certaine du peuple comme la voix de
(1) Voir parmi dos ExtraUt du Uvret de comptes , le pajernent de U somme votée pour ce cadeau.
dige Stimine des Volkes als Gottesstimme zn meinen Ohren zu meiuer, des Maedchens Johanna, Kenntnisz, dasz ihr aus Christen , Ketzer dasz ihr blinde Heiden imd Sarazenen geworden seyd , dasz ihr den aechten Glauben und ailes Erbauliche desGottesdienstes aufgehoben habt^ dafuer aber einein empoerenden Aberglauben froehnet, dasz ihr ihn durch diese Mittel des Schreckens und der Schmach gewaltsam fortzupflanzenerJaubt, heilige Bllder zerstoert, heilige Gebaende in Scknttund Truemmer legt! Seyd ihr denn voellig rasend? Welche sinnlose Wuth ist in each losgelassen? Ibr meint, den erhabenen Glauben zu verfolgen, zu untei^paben , ja auszurotten , den der allmaechtige GoU, der Sohn und der heilige Geist erweckt, eingewtst, erboeht , durch den erhabensten Opfertod si«gelt, durch Tausende von Wundern bekraeftigel
Dieu, ODt porté à mes oreilles, à moi la Pucelte Jeanne , la connaissance de ceci : que dliërétiques chrétiens, vous êtes Revenus des païens aveugles et des Sarrasins; que vous avez aboli la vraie croyance et toute édification du serviteur de Dieu; que vous travaillez à une révoltante superstition ; que vous la défendez par le sang et la flamme ; que par le moyen de la crainte et de Toutrage, vous lui permettez de se répandre puissamment ; que vous renversez les saintes images, que vous mettez les saints édifices en ruines et en décombres! Êtes-vous donc tout à fait enragés! Quelle fui^ur insensée vous possède? Vous voulez persécuter la sublime croyance, la détruire, Textirper, celle que le Dieu tout-puissant, le Fils et le Saint Esprit ont créée, instituée, élevée, quHls ont scellée par le plus sublime sacrifice, qu’ils ont fortifiée par des milliers de
haben. Die des Gesichts und des Augenlichtes entbehren, sind heilsehend gegen euch, îhr Erste der Blindcn. Meinet ihr etwa, straflos auszagehen? Wisset ibr iiicht, dasz Gott euere Ruchlosigkeit vorwaerts schreiten, euere Irrthuemer -wacbsen, euere Finsternisz wuchern, euere moerderischen Schiverter obsiegen laeszt, um euch» wenn ihr den Gibel der Gottlosigkeit erstiegen habt» urploelzlich in den Âbgrund zu stuerzen.
Ich» das Maedchen Johanna» haette Ëuch» um wahr von dem Wahren zu reden » laengst mit strafenden Arm heimgesucht» wenn der Krieg mit den Englaendern mich nicht noch immer hier festhielte. Aber hoere ich nicht baid von Euerer Besserung» von Ëuerer Rueckkehr in den Schoosz der Kirche » so lasse ich vielleicht von den Engiaendern und kehre mich gegen Euch^ um den empoerenden Aberglauben mit des Eisens Schaerfe auszutilgen und Euch entwe*
miracles. Ceux qui sont privés de la vue et de la lumière des yeux sont clairvoyants auprès de vous , les premiers cL « aveugles. Pensez-vous que quelque chose d'impuni se commette? Ne savez-vous pas que Dieu laisse votre scélératesse augmenter , vos erreurs se répandre , vos ténèbres fructifier , vos glaives meurtriers l’emporter, afin , quand vous aurez atteint le comble de l’impiété, de vous lancer tout d’un coup dans le précipice ?
Moi, la pucelle Jeanne, pour vous dire vraiment la vérité, je vous aurais depuis longtemps visité avec mon bras vengeur, si la guerre avec les Anglais ne m’avait toujours retenue ici. Mais si je n’apprends bientôt votre amendement, votre rentrée au sein de l’Eglise , je laisserai peut-être les Anglais et me tournerai contre vous pour extirper l’affreuse
der die Ketzerei oder das Leben zu nehmen. Kehrt ihr jedoch zum vorigen Lichte, kebrt ihr in den Schoosz des kaüiolischen Bekeiintnisses zurucck, so sendet Euere Gesandleti zu mir. Ich werde ihnen sageu, *was Ihr zu thun habt. Verstockt Ihr aber in Enei'er Widerspeutigkeit, so inoege die Grauengestait des Schadensi den Ihr angerichtet, der Laster, womit Ihr Euch befleckt habt^ Euern Muth erschuettern. Erwariet mich mit der staerksten menschiichen und goeltlichen üdacht um Euch Gieiches mit Gleichem za ^ergellen.
Gegeben zu Sully, am 3 Maerz.
superstition avec le tranchant du fer et vous arracher on l'hérésie ou la vie. Si vous revenez vers la lumière qui luit maintenant, si vous rentrez dans le sein de la croyance catholique , adressez*moi vos envoyés. Je vous dirai ce que vous avez à faire. Mais si vous vous endurcissez dans votre résistance, puissent la noirceur du mal que vous avez fait, les crimes dont vous vous êtes souillés, ébranler votre obstination. Attendez-moi avec la plus forte puissance humaine et divine pour vous payer en vous rendant la pareille.
Donné à Sully , le 3 mars.