‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 46 sur 139 · CARDINAL D’ESTOUTEVILLE INFORMAIT A ROUEN · texte numérisé non relu

CARDINAL D’ESTOUTEVILLE INFORMAIT A ROUEN

4 mai 1452.

Extrait de l’un des registres capitulaires de la cathédrale de Rouen , aujourd'hui aux archives départementales de la Seine- Inférieure. Communiqué par M. Floquet.

Audita requesta magistri Guillelmi du Desert (1) pro se et magistro Johanne de Gonnys (2) deputatis per dominum archiepiscopum in materia Gdel in causa tangente materiam Pueilæ : concluserunt quod expectetur finis materiæ.

NOTICE SUR LE MÉMOIRE DE PIERRE LHERMITE , SOÜS-DOYEN DE SAINT-MARTIN DE TOURS, RELATIF AUX IRRÉGULARITÉS DU PROCÈS DE JEANNE.

M. de l’Averdy, p. 618 de son Mémoire sur Jeanne d’Arc, a donné en cinq lignes l’analyse sommaire de cet ouvrage qu’il ne

(1) Ce chanoine déposa comme témoin de riirégularité dn premier procès , le 8 mai I45f. Voyez t. Il , p. 337.

(2) Je me rends à Tautorité de M. Chémel , professeur d’histoire au collège royal de Rouen , en corrigeant de la sorte un nom que j'ai souvent imprimé dans les volumes précédents sous la forme Gouys et Gouvis.

LETfRES, ACTES connaissait que par une traduction française contenue dans le manuscrit de Soubise. Je le placerais volontiers au nombre des pièces perdues, malgré Texisience du manuscrit 144 {^Jurisprudence française) de l’Arsenal qui passe pour être la copie de celui de Soubise. Dans ce volume, il est vrai, je trouve bien une consultation , non pas théologique, comme dit M. de l’Averdj, mais tonte judiciaire, sous le nom de Pierre Lhermite; je puis même reconnaître que cette consultation est une réponse à dix-sept des articles proposés par Paul Pontanus, en dehors des questions de dogme (voy. le tome 11 , p. 64). Mais outre que la transcription est faite avec très peu de soin, la traduction est si fautive, elle accuse tellement l’ignorance de son auteur en matière de droit , qu’on ne peut véritablement pas attribuer la valeur d’un document à un morceau si défiguré.

Qu’il suffise de rapporter ici le premier et le dernier paragraphe de celte traduction , pour la commodité de ceux qui feront des recherches sur le même objet.

lacipit

Ensuit ropimon de messire Pierre Lhermite sousdoyen de l'église de Saint-Martin de Tours.

Il me semble, sous correction, qu’aux questions et demandes faites au procès de defuncte Jeanne la Pucelle, on peut dire et respondre en cette manièi'e à ce qu’est demandé à un article, c’est asçavoir si le procès et la sentence esloient valables et raisonna* blés, etc. :

Puisque ladicte defuncte n’ofiensa point au territoire de l’évesque de Beauvais et qu’autrement elle n’estoit point sa sujette, je dis qu’il ne pouvoit et devoit avoir la connaissance de son cas, ne avoir puissance de la retenir en sa juridiction. Car elle n’estoit pas sa sujette pour avoir passé seulement par dessus sa terre ou pour avoir esté prinse dedans son territoire; car, ainsi que dit une loy, il seroit moult dur

à pèlerin ou à un nautonnier de se delfendre par tous les lieux où il passe, s’il y estoit accusé ou appréhendé d’aucun maléfice; et par conséquent je veux dire que tout ce que ledit évesque a fait et prononcé contre elle, est injuste, dértiisonnable et de nulle valeur, ainsi qu’il est escrit au chapitre Ac si clerici, où il est parlé de l’Office des Juges.

Explicit.

An 1 7* article et dernier , je prouve quelle est incoulpable : 1” à cause qu’un vray et juste juge doit tousjours avoir devant les yeux de sa conscience la vérité et équité, sans tendre rets, corde ny filets à quelqu’un pour le décevoir et tromper, par le chapiti'e De vidais; 2” à cause qu’il doit toujours tendre à sauver et délivrer de mort un pauvre prisonnier ou prisonnière. Mais pour ce que cet évesque a fait tout à l’opposite, c’est à sçavoir qu’à la simple, rustique et innocente Pucelle, laquelle ne congnoissoit rien en procès , il a proposé et demandé questions difficiles , subtiles et captieuses pour la prendre et condemner par ses paroles, mettre à confusion et fraudulente diception : je dis et conclus que faussement et iniquement.

En l’honneur et révérence de la saincte, sacrée et inséparable Trinitédu Père, du Fils etdu Saint-Esprit. Amen.

Page 1