DONATION DE L’ILE AUX BOEUFS AU MÊME PIERRE DU LYS
28 jaillel 1443.
Cet acte, enregistré jadis à la Chambre des comptes de Paris, ne se retrouve plus aujourd’hui. Ë.stiennc Pasqiiîer, dans ses Recherches sur la France (1. VI, ch. 6) , en signala le premier l’existence et en fit connaître les considérants. Il y en a un extrait plus étendu (et c’est celui que nous rapportons ici) dans le Traité sommaire du nom et des armes de la Pucelle, revu en 1628 (p. 27). La donation faite par le duc d’Orléans portait sur lin grand banc de sable qui est encore aujourd’hui dans le lit de Loire, à une lieue au-dessus d’Orléans. Les historiens d’Orléans, et en dernier lien M. Jollois, ont cru que l’Ile aux Bœufs était l’ile Saint-Loup* mais c’est une erreur, puisqu’aux termes du fragment ci-après, rile aux Bœufs était située à la hauteur de Chécj. C’était un lieu de pâturage dont le revenu ne pouvait constituer un riche cadeau , ni digne des services rendus au duc d’Orléans par la famille d’Ârc. En 1481, l’ile aux Bœufs ne rapportait que huit écus d’or de location au fils de Pierre du Ljs ; il est vrai qu’on exceptait du bail une certaine étendue de praines et de terres labourables^ mais il faut tenir compte de trente-huit années de possession, peitdant lesquelles les du Lys n’avaient pas été sans améliorer ce domaine (1).
(1) Extrait do bail passé le 15 octobre 1481, par-devant Conrtin , noUire au Chastelet d’Orléans ; rapporté à la p. 31 du Traité sommaire du nom et des armes de la Pucelle. « Noble homme Jean du Us, dit la Pncelle, escuier, sieur
ET AUTRES PIÈCES DÉTACHÉES. 2l3
L’Ile aux Bœufs sortit de la famille du Lys en 1524 et fut réuuie au domaine peu d’années après.
Voici ce qui nous a été conservé des termes de la donation :
Ouye la supplicaclon de messire Pierre du Lis, chevalier, contenant que pour acquiter sa loyaulté envers le roy nostre sire et nous , il se parlist de son pays pour venir au service du roy nostre dit seigneur et de nous, en compaignie de Jelianne la Pucelle, sa sœur; ^ ^
avecque la quelle , jusques à son abseiitement, et de- J . ^ , .
puisjusques à présent, il a exposé son corps et ses ^ ^
biens audit service et ou fait des guerres du roy, tant { »
à la résistance des anciens ennemis du royaulme qui*- / ^
tindrent le siège devant nostre ville d’Orlians , comme j
à plusieurs voyaiges faictz et entreprins pour le roy (
Dostredit seigneur et ses chiefz de guerre, et autrement, en plusieurs et divers lieux ; et par fortune des dictes guerres a esté prisonnier desdits ennemis et contraint vendre les héritages de sa femme pour payer sa rançon ; requérant qu’il nous pleust luy donner, etc.
Pour quoy nous, en considération des choses dessus dictes, avons donné et donnons audit messire Pierre du Lis, chevalier, de grâce espéciale, en faveur et contemplation de ladite Pucelle , sa sœur germaine , et des grands et notables services qu’elle et ledit messiœ
« de Villers en la paroisse d’Ardon , confesse avoir baillé i ferme et pension, « de la Toussaincts prochaine jusques à six ans, à Estienne Mignon, marchand « boucher du grand bourg d’Orléans , Tlsle aux Bœufs , en ce qui est enclos « en eau , non coroprins les prez nj les terres qui sont à présent en labour, que • le bailleur retient à soy, moyennant et pour la somme de dix escus d’or de ■ ferme et de pension par chascun an. »
M. Lottin , dans sm Recherches sur Orléans ( partie 1'*, t. 1 , p. 31 1 ) , cite un compte de 1477 qui constate que 1 15 sous de forestage furent payés cette année au même Jeandu Lys, pour 2,300 fagots de saule, pris sur l’Ile-aux^Bœufs.
Pierre, son frère, ont fait au roy nostre dit seigneur et à nous, les fruicls, profits, usufruicts, revenus et émolumens d’une isie appelée l’isie aux Boeufs, size en la rivière de Loire près la Salle, au droit de Chécy, comme elle se comporte; pour en jouyrsa vie durant et de Jehan du Lis, son ainsné fils, chacun d’eux tant que le survivant d’eux deux vivra et aura vie en corps, etc.
AUMONE Dü DUC D’ORLÉANS A L’ÜN DES FRÈRES DE LA PÜCELLE.
31 juillet 14S0.
On ne peut qualifier autrement , et à cause de sa modicité, et à cause des termes dans lesquels il est fait, le cadeau constaté par le document qui suit. L’original en parchemin est conservé à la bibliothèque particulière du Roi au Louvre. Il a fait partie des archives de Joursanvault, et est inscrit au catalogue de cette collection souS le n” 155.
Je, Remon Fricon, chevalier et premier maistre d’ostel de monseigneur le duc d’Orléans, certifiie à tous qu’il appartiendra que Jehan Chardon , trésorier et receveur général des finances de mon dit seigneur, a paié la somme de cinquante cinq sols tournois pour don par monseigneur fait : c’est assavoir xxvii s. vi d. au muet qui demeure à Orléans, qui autresfois a esté galopin ; et au frère de la feue Pucelle (1 ) xxvii s. vi d. ;
(1) ProbablemeDt Pierre, qui n’avait certainement pat de quoi vivre avec rile-aux-Bœufs. Le catalogue des livres et documents historiques du cabinet de M. de Courcellés, imprimé en 1834, mentionne une autre cédule émanée de la trésorerie du même duc d’Orléans , laquelle constatait le don d’une tomme de dix livres tournois fait en 1463 à roessire Pierre Dulis , chevalier, frère de feue Jehanpe la IHicello.
pour eulx aidier à avoir leurs nécessite/; dont ils se sont tenu/ pour contens. Tesmoing mon seing manuel cy -mis, le dernier jour de juillet l’an mil cccc cinquante.
Signé Fr ICON.