‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 49 sur 139 · I5T0— ISTI · texte numérisé non relu

I5T0— ISTI

Deax pièces dont les originaux , l’un en parchemin , l’autre en papier, font partie du manuscrit n" 411 de la bibliothèque d’Orléans. La première a été imprimée, mais d’une manière trèsincomplète , dans les Recherches historiques sur Orléans , de M. Lottin (première partie, t. I, p. 480).

Le peu qu’cm sait sur Torigine du monument a été dît dans notre quatrième volume (p, 449). Il s’agit ici de la forme nouvelle qu’il reçut après avoir été presque entièrement détruit , à la seconde occupation d’Orléans par les calvinistes, en 1567. De grands changements furent faits à la disposition primitive. Tandis qu’au* trefois le groupe principal consistait en un Christ sur la croix avec une Mater do lorosa placée debout devant lui, depuis la restauration , le Christ fut étendu mort sur les genoux de sa mère et celle-ci assise au pied de la croix contre un rocher figurant le Calvaire. Les statues agenouillées de Charles VIT et de la Pucelle qui, dès l’origine, avaient été mises à droite et à gauche du groupe, y furent maintenues ; mais il fallut refaire d’imagination la seconde, dont les iconoclastes n’avaient laissé subsister que les jambes et les bras.

L’état ancien du monument est constaté par un tableau du musée d’Orléans représentant une vue du pont et de la ville vers l'an 1560. On peut se faire une idée de ce qu’il fut depuis 1571, tant par les jetons frappés à la fin du seizième siècle pour la maison commune d'Orléans, que par deux gravures de Gaultier exécutées l’une pour le livre de Jean Hordal , l’autre pour le Recueil d’inscriptions à la gloire de Jeanne d’Arc, qui parut en 1628. La Fontaine le visita en 1633; il s’en ouvre ainsi à sa femme dans la seconde lettre de son voyage à Limoges : « En allant sur le pont, U je vis la Pucelle; mais, ma foi, ce fut sans plaisir. Je ne lui « trouvai ni l’air, ni la taille, ni le visage d’une amazone. L’infante « Gradafillée en vaut dix comme elle ; et si ce n’est que M. Chau pelain est son chroniqueur, je ne sais si j’en ferais mention. Je « la regardai pour l’amour de lui , plus longtemps que je n’aurais H fait. Elle est à genoux devant une croix, cl le roi Charles en « même posture vis-à-vis d’elle ; le tout fort chétif et de petite ap- « parence. C’est un monument qui se sent de la pauvreté de son U siècle. M

Voir ci-après les inscriptions mises sur le piédestal refait en 1771.

Travaux de foute.

Par devant Girard Dubois, notaire du ro^ nostre sire en son Ghastellet d’Orléans, est comparu Hector Les-

cot, fondeur, demourant à Orléans parroisse de Saint- Pierre-Pullier, dist Jaqueminot, lequel a confessé qu’il avoit entreprisl et entreprent des maire et eschevins qui luyont baillé etbaillentà faire ce qui s’ensuist:

En ce qui convient refondre et ressoulder les elHgyes Nostre-Dame de Pitié et la Pucelle, qui soulloient estre d’ancienneté sur les ponts de ceste ville : premièrement, fault ressouder tout le corps de ladicte Pucelle réservé les jambes, brats et mains; plus ressonider de neuf une lance avec le guidon tournant au bout de ladicte lance, son armet avec ung panache, une espée et des espérons, une croix, ung pellican , trois doux, ung chapeault d’espines audessus de la croix, une aultre lance de l’aultre cousté de la croix et une esponge; plus reffondre ung brats au crucifix, et mectre une grande pièce à l’estommact; faire une ençdlecture au col et plusieurs aultres pièces qu’il condent faire et ressouldre ; et encores réparer plusieurs coups de harquebuzes au corps et à la teste du roy,.ot luy refiaire une couronne qui se mist sur ses armoyrys ; et généralement de faire tout ce quy conviendra de faire, et accomoder et asseoir ladicte Pueetie,;et en pareille façon qu’elle soulloit estre.

Pourquoy faire, lesdicts maire et eschevinsfournifdutçloetiÿ^ÿe ou potin , fer, plomb ét aultres macttife^lîdioe ncfoessaires. Et ^ant aulc moulles, ledict ptèttenr.lesferti iaire à ses consts et despens. Et ladicte Pucelle et tout le contenu cy dessus, ycelluy preneur rendra reparré, faict et parfaict, assi sur les ponts où yalle a accoustumé d’esii'e assise , le tout bien duement, comme il appartient, dedans le sixiesme jour de janvier prochain, moyennant la somme de syx

vingt Jix livres tournoys que lesdictz maire et eschevins ont promis payer et faire payer par le recepveur des deniers commungs de ladicte ville : assavoir, par advance , cincquante livres tournois, et le seurplus montant à quatre vings livres tournois, incontinent les dessusdictz euvres receues bien et dnement faictes et peifectes , délivrées ausdiclz maire et eschevins par ledict preneur, coustz obligent et renonçans. Présents Robert Charpentier et Jean Comu, demourant ou dict Orléans, tesmoyns, le ix octobre |i ccccc Lxx. Signé Duboys.

Et le quatorziesme dudict moys d’octobre, ledict Lescot a confessé avoir eu et receu de honnorable homme , Jacques Âlleaume, recepveur des deniers communs de la ville d’Orléans, la somme de cinquante livres tournoys d’advance sur les oeuvres dessusdictes ; dont quittance ès presence de Joseph Morcheron et Jacques Sayntonge dudict Orléans, tesmoings.

Signé Doboys.

Travaux de maçonnerie.

Le vingt deuxiesme jour de mars, l’an mil cinq cens et soixante unze.

Les maire et eschevins de la ville d’Orléans, en nombre suffisant assemblez en l’hostel commung de ladicte ville, en la présence de Girard Dubois, notaire du roy nostre sire en son Chastellet d’Orléans, greffier dudict hoslel commung, ont advisé et délibéré que par honnorable et prudent homme Jacques Âleaume , receveur des deniers commungs de la ville d’Orléans, payera et baillera à maistre Piene Guillaumect , mais-

ti’e masson et tailleur de pierre de ceste ville d’Orlëans, la somme de quarente cinq livres tournoys à laquelle lesdicts maire et eschevins ont cy devant faict marché verbal avec ledict Guillaumect, de faire la massonnerye qu’il a faicte, tant de taille que aultre, qn’tl convenoit faire au lieu et endroict où l’elBgie de Nostre Dame, du roy et de la Pucelle, ont esté puis uaguères mis et assis sur ledict pont de ceste dicte ville; et à ce faire fourny par ledict Guillaumect de pierre d’Âpremont, chau, sable et cyment, qu’il y avoit convenu. £t en rapportant les présentes par lediçt receveur avec quictance dudict Guillaumect, ladicte somme, de xlv s. t. luy sera allouée en son eompte. Faict et arresté oudict Hostel de ville, les an et jofù; dessusdictz. Signé, Duboys.

Jjiesan et jour que dessus, ledict Guillaumect, dessus Mwamé, confesse avoir receu dudict Aleaume, reoe- * veqr susdict, ladicte sonune de quarente cinq livres toiamoispour les causes susdictes, si comme, etc.; dont ett ^ûetonce. Tesmoings, Jacques Sainctonge et Jacques Golas, clercs trésoriers. Signé, Duboys.

PERMISSION A LA BRANCHE CADETTE DE LA FAMILLE DU LYS DE REPRENDRE LES ARMOIRIES DE LA PUCELLE.

25 septembre i612.

Lettres patentes dont une ampliation existe à la section judiciaire des Archives du royaume (Cour des aides, liasse de 1611 à 1614). Elles ont été imprimées pour la première fois à part, en un petit cahier de format in-l2, sans date ni nom d’imprimeur.

Godefroj les reproduisit p. 899 de THistoire de Charies VII. On les trouve encore dans le Recueil général des anciennes lois françaises (t. XYl, p. 33) y et dans la Collection des chroniques nationales de M. Buchou , t. IX de Monstrelet, ainsi que dans le Panthéon littéraire.

Louys, par la grâce de Dieu , roy de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut.

Nos amez et féaux M. Charles Dulis, uostre conseiller et advocat général en nostre Cour des Aydes, à Paris, et Luc Dulis, escuyer, sieur de Reisnemoulin, aussi conseiller, notaire et secrétaire de nostre maison et couronne de France, et audiencier en nostre chancellerie de Paris , frères ; nous ont fait humblement remonstrer que, comme durant les guerres et divisions qui furent en ce royaume , sous les roys Charles Vl et Charles VU d’heureuse mémoire, nos prédécesseurs, les Ânglois ayans par un long espace de temps usurpé nostre ville de Paris et une grande partie des autres meilleures villes et provinces de nostre royaume, il eust pieu à Dieu, vray proteçteur de nostredit royaume, de susciter des frontières d’icelny cette magnanime et vertueuse fille, nommée Jeanne d’Ârc, depuis vulgairement appelée la Pucelle d’Orléans ; laquelle , contre l’opinion d’un chacun et contre toute apparence humaine, fit miraculeusement en fort peu de temps, et comme par la main de Dieu, lever le siège que les Ânglois tenoient devant nostre ville d’Orléans, et sacrer ledit seigneur roy Charles VU, en nostre ville de Rhcims, avec tant de prospérité, que de là en avant les Anglois furent entièrement débellez et expulsez de nostre royaume : en recognoissance desquels grands et signalez services rendus à

TEstat et couronne de France, elle fut non seulement annoblie a^ec ses père, mère, frères, et toute leur postérité, tant en ligne masculine que féminine, mais par un privilège spécial dudit seigneur roy Charles Vil, lui fut permis, ensemble a sesdits frères et a leur postérité, de porter le lis, tant en leurs noms qu’en leurs armoiries, qui leur dès lors furent octroyées et blasonnées d’un escu d’azur, h deux Heurs de lis d’or, et une espée d’argent à la garde dorée, la pointe en haut , férue en une couronne d’or ; desquels frères de ladite Pucelle, l’aisné, Jean d’Arc, dit Dulis, prévost de Vaucouleur, et les descendants d’icelui, auroient continué de porter lesdits noms et armes Dulis jusques à ce jourd’huy; et le puisné Pierre d’Arc, aussi dès lors surnommé Dulis, suivant la profession des armes, après estre parvenu a l’ordre et degré de chevalerie , par lettres patentes du duc d’Orléans, données à Orléans, le viiigt-huictiesme de juillet mil quatre cent quarante-trois, auroit esté recognu et rescom pensé, sous le nom Dulis, et en qualité de frère germain de ladite Pucelle, des signalez services par luy rendus, en faict d’armes, avecsadite sœur, et après le déceds d’icelle, tant audit seigneur roy Charles Vil, qu’audit duc d’Orléans, depuis l’heureuse deslivrance qu’il eut de sa longue prison , sous les auspices de ladite Pucelle , comme il en appert amplement par plusieurs exlraicts de nostre Chambre des comptes, et autres titres attachez sous le contreseel des présentes (1); mesmes que dudit Pierre Dulis, chevalier, frère puisné de ladite Pucelle , seroient issus et descendus en droite ligne

(i) Yojez ci'dessas, p. 213.

lesdits exposant, frères, enians de Michel Dolis, leur père, fils de Jean Dulis, leur ayeul , qui fut fils d’antre Jean Dulis le jeune : lequel estoit aussi fils puisné dudit Pierre Dulis , chevalier, frère encore puisné de ladite Pucelle : lequel Jean Dulis le jeune, bisayeul desdits exposans, fat nommé et envoyé pour estre l’un des eschevins en la ville d’Arras, par le roy Louys XI , fils et successeur dudit seigneur roy Charles yil , lorsqu’il la voulut faire restablir et repeupler, par ses lettres patentes données à Chartres, au mois de juillet mil quatre cent quatre-vingt-un (1), vérifiées en nostre Cour des Aydes , le dixiésme septembre ensuivant, et y demeura jusques en l’année mil quatre cent quatre-vingt-onze, que s’estant ladite ville soustraite de l’obéissance de la couronne de France par l’entremise de l’archiduc Maximilian, les bons et vrays François qui y avoient esté establis par ledit sieur roy Louys XI , lurent tous pillez et chassez de ladite ville, notamment ledit Jean Dulis, lequel fut contraint de se retirer à Lihoms en Santerre, sans néantmoins discontinuer la profession des arm»; et se voyant le puisné des puisnés des frères de ladite Pucelle d’Orléans, il se seroit contenté de porter le nom Dulis, retenant les armes du nom et de leur ancienne famille d’Arc, qui sont d’azm' à l’arc d’or misen fesce, chargé de trois flèches entrecroisées, les pointes en haut férues , deux d’or, ferrées et phunetées d’ai^t, et une d’argent , ferrée et plumetee d or, et le chef d’argent au lion passant de gueule; et.d’antont que

(1) VoTM en effet l’article 1 1 de celle ordonnance dana le KeeueU de* Ord. I. XVlll , p. 6*3.

lesdits noms Duliset armes d’Ârc^ se trouvent estre passez de père en fils jusques àusdits exposants, et qu’iceux sont recognus aujourd’huy seuls reprcsentans ledit Pierre Dulis, leur trisayeul, frère germain de ladite Pucelle, au moyen de ce que Jean Dulis le vieil, de son vivant tousjours surnommé la Pucelle, fils aisné dudit Pierre Dulis, chevalier, frère de ladite Pucelle, seroit décédé sans hoirs (1), désireroient reprendre les armes Üulis, octroyées a ladite Pucelle et ses frères, avec celles d’Arc, que ledit Jean Dulis le jeune, leur bisayeul et ses descendans se trouvent avoir retenues et gardées jusques a présent; et qu’il leur fust permis les porter toutes deux ensemble, escartelées en mesme escusson , et timbrées de telle façon qu’il nous plaira leur ordonner, pour marque des actes valeureux de ladite Pucelle et de leurs ancestres, mesmcs y employer la bannière qu’elle portoit à la guerre, laquelle estoit de toile blanche semée de fleurs de lis d’or, avec la figure d’un ange qui présentoit un lis à Dieu, porté par la Vierge sa mère; ce qu’ils doutent pouvoir faire, sans avoir sur ce nos lettres convenables et nécessaires, humblement requérant icelles : pour ce est-il que nous, recognoissans les grands, mystérieux et signalez services faits à l’Estat et couronne de France par ladite Jeanne d’Arc, dite la Pucelle d’Orléans, et désirans continuer la reconnoissance et gratification qui en a esté faite à elle et a s*es frères, et leur postérité, et d’ailleurs , bien et favorablement traiter lesdits exposans, tant en contemplation de leur dite extraction , dont il nous est

(1) U laissa une fille qui mourut sans poslcrité.

suffisamment apparu par les titres et extraits attachez sous Dostredit contreseel, que de plusieurs bons et agréables services qu’il nous ont rendus, et an défunt roy Henry le Grand, nostre très honoré seigneur et père, d’henrçuse mémoire, non seulement en l’exercice de leurs offices, mais en plusieurs autres charges, commissions et négociations où ils ont esté employez, et s’en sont dignement acquittez : A ces causes et autres grandes considérations à ce nousmouvans, de l’advis de la reyne régente, nostre très honorée dame et mère, et de nostre conseil, avons, de nostre certaine science , pleine puissance et autorité royale , par ces présentes signées de nostre main, permis et permettons susdits exposans, d’adjouster les armes Dulis à celles d’Ârc, dont ilsavoieut acconstumé d’user; et icelles porter à l’advenir eux et leur postérité, escartelées au quartier droict de celles Dulis, qui furent accordées à ladite Pucelle d’Orléans et ses frères, ainsi que les ont retenues et les portent à présent ceux qui sont reconnus issus et descendus du frère aisné de ladite Pucelle, Jean Dulis, qui futprévost à Vaucouleur, et au second et troisiesme quartier de celles d’Arc, que lesdits exposans ont retenues, et gardées de père en fils, dudit Jean Dulis le jeune, leur bisayeul, qui fut nommé, comme dit est, pour eschevin en la ville d’Arras, par ledit sieur roy Louis XI, ainsi qu’elles sont cy-dessus blasonnées, et représentées sous le contreseel des présentes; comme aussi voulons et permettons que lesdits exposans puissent porter leur heaume comblé du bourrelet de chevalerie et noblesse , des couleurs armoriales , et timbré , sçavoir est ledit Charles et les siens, d’une figure de ladite

Pucelle , Testue de blanc , portant en sa main droite une couronne d’or soustenue sur la pointe de son

espée, et à la gauche, sa bannière blanche, figurée et représentée comme de son vivant elle la portoit; et ledit Luc Dulis, puisné, et les siens, d’une fleur de lys d’or naissante entre deux pennarts de mesme blazon que la bannière de ladite Pucelle; et que le cri dudit Charles et des siens soit La Pucelle! et celui dudit Luc, sieur de Reisnemoulin , soit Les Lys! sans qu’ils en puissent estre troublez, molestez ny inquiétez en façon quelconque, ny que ledit changement ou escartelure et addition leur puisse nuire, ny estre imputé au préjudice de nos ordonnances. Si donnons en mandement a nos amez et féaux conseillers les gens tenant nos cours de Parlement et des Aydes a Paris, et h tous autres justiciers et officiers qu’il appartiendra, que ces présentes ils fassent registrer, et du contenu en icelles jouyr et user lesdits exposans et leur postérité,, sans leur estre sur ce fait aucun trouble ni empeschement; et si aucun leur estoit fait ou donné, ils le fassent lever et oster, nonobstant toutes ordonnances, défenses, et quelconques lettres à ce contraire : car tel est nostre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable a toujours, nous avons fait mettre nostre seel à cesdites présentes. Données a Paris, le vingtcinquiesme jour d’octobre, l’an de grâce mil six cent douze, et de nostre règne le troisiesme. Signé^ Loüys. Et sur le leply. Par le roy, la reine régente, sa mère, présente, Brulard , et scellée de cire verte. Et à costé est escrit : Visa. Et sur ledit repli est encore escrit : Registrëes, ouy le Procureur général du roy, pour jouyr par les impétrans du contenu en icelles, selon leur

forme et teneur. Fait en Parlement, le dix-buitiesme de décembre mil six cent douze. Signé, Du Tillbt. Et sur le rnesme repU est escrit : Registrées en la Cour des Aydes, ouy le Procureur général du roy, ponr jouir par les impétrans du contenu en icelles, suivant Tarrest de ladite cour du joui'd’huy. Fait à Paris, le trente-uniesme jour de décembre, mil six cent douze. Signé, Du PüY.

Extrait des registres du Parlement. — Veu par la Cour les lettres patentes du 25 octobre dernier, signées Louys, et sur le reply, Par leroy, la reyne régente, sa mère, présente, Brulard; par lesquelles inclinans à la supplication de MM. Charles Dulis, advocat du roy en la Cour des Aydes, et Luc Dulis, secrétaire et audiencier en la chancellerie, descendus de Jeanne d’Arc, dite la Pucelle d’Orléans, leur est permis aux armes d’Arc adjouster celles du Lis, octroyées à ladite Pucelle et aux siens, ainsi qu’au long contiennent lesdites lettres; la requeste par eux présentées la Couratin d’enlliérinement; conclusions du Procureur général du roy ; tout considéré : ladite Cour a ordonné et ordonne que lesdites lettres seront registrées en icelle, ouy le Procureur général du roy , pour jouyr par les impétrans du contenu en icelles. Fait en Parlement, le dix-huitiesme jour de décembre, mil six cent douze. Signé, Voisin.

Extrait des registres de la Cour des Aydes. — Veu par la Cour les lettres patentes du roy, données à Paris le vingt-cinquiesme jour d’octobre dernier, signées Louys, et sur le reply. Par le roy, la reyne régente, sa mère, présente, Brulard, à costé visa, et seellées de

cire verte sur lacs de soye rouge et verte, portans permission à messire Charles Dulis, son conseiller et advocat général eii ladite Cour, et Luc Dulis, escuyer, sieur de Resnemoulin , aussi conseiller, notaire et secrétaire de Sa Majesté , maison et couronne de France, et audiencier en la chancellerie de Paris , d’adjouster les armes Dulis à celles d’Ârc, et icelles porter à l’advenir, et leur postérité, comme esta ns descendus d’un des frères de Jeanne d’Arc, dite la Pncelle d’Orléans, ainsi que plus au long le contiennent lesdites lettres; requeste des impétrans à fin de vérification d’icelles; conclusions du Procureur général du roy, et tout considéré : la Cour a ordonné et ordonne que lesdites lettres seront registrées au greffe d’icelle, pour jouir par les impétrans du contenu en icelles. P/t>noncé le trente-uniesme jour de décembre, mil six cent douze. Signé, Do Poy.

RÉDUCTION DU PRIVILÈGE DE NOBLESSE POUR LES Qi^CENDANTS DE LA FAMILLE D’ARC.

Juio 1614.

Celle disposîlîon est portée par l’article 10 de l’édit de 1614, pour la réduction des privilèges en matière de tailles. Elle est énoncée une seconde fois dans l’édit du mois de janvier 1634 sur la même matière. J’en emprunte le texte au Recueil général des antennes lois françaises de MM. isambert et Taillandier, t. XVI, p. 48 et 398.

Les descendans des frères de la Pucelle d’OrIrans qui vivent h présent noblement, jouiront à l’avenir des privilèges de noblesse, et leur postérité, de masle en masle vivant noblement, mesme ceux qui pour cet

effet ont obtenu nos lettres patentes et arrestz de nos cours souveraines. Mais ceux qni n'ont vescn et ne vivent à présent noblement, ne jouiront plus à l’avenir d’aucuns privilèges. Les filles et femmes aussi descendues des frères de ladite Pucelle d’Orléans, n’anno— bliront plus leurs maris à l’avenir.

DONATION Dü CHAPEAU DE JEANNE D’ARC AUX ORATORIENS D’ORLÉANS,

32 avril 1631.

Certificat imprimé par Lenglet Dufresnoy dans son Histoire de Jeanne d’Arc, partie 111, p. 278. Lenglet vit ce chapean qui existait encore de son temps. Il était de satin bleu , dit-il , avec quatre rebras brodés d’or, et enfermé dans un étui dé maroquin ronge A fleurs de lys d’or. Aujourd’hui il n’est personne à Orléans qui sache dire ce que cette reUque est devenue.

Jésus Maria.

R^nant le très chrestien roy Louis le Juste, XIII* de ce nom, j’ai , Paul Metezeau, prestre de k| congrégation de l'Oratoire de Jésus, donné à nostre maison de l’Oratoire en cette ville d’Orléans, ce chapean que je certifie estre le véritable de l’héroïque et fameuse fille Jeanne d’Ârcq, communément appellée la Pucelle d’Orléans, en l’ordre et succession qu’il m’est ainsi échu de damoiselle Marguerite de Therouanne, femme de Jean de Metezeau mon frère, secrétaire du roy, et fille unique de Monsieur de Therouanne, conseiller en la cour de Parlement à Paris, et de damoiselle Marguerite de Bongars, native d’Orléans, à laquelle damoiselle de Bongars ce chapeau estoit demeuré par an-

cienne succession héréditaire et toujours descendante jusqu’à elle, par alliance de la famille et maison en laquelle fut receue et logée ladite Fucelle lorsqu’elle arriva à Orléans pour en chasser de devant la ville et hors du royaume de France les Anglois; et ainsi soigneusement gardé l’espace de deux cens ans , et laissé par hérédité de parens aux enfants sous ce nom, pour tib« mémorable de l’antiquité de leur maison, jusqu’à ce qu’enfin il m’a esté donné et mis entre les mains par celle qui dans ce rang de succession l’a possédé, pour estre, par providence divine, rapporté en laditte ville et donné par moy à nostre maison de l’Oratoire avec cetestuy, pour y estre dignement conservé à l’avenir, le sauver des cendres et le recommander à la postérité, suivant la piété, valeur, mérite et sainteté de cette fille et vieige héroïque en laquelle a paru le bras de Dieu, et qu’elle estoit esleue de luy pour le salut et la liberté de la France. En lesmoignage de quoy et du don que ie fais, je signe cet escrit fait de main, oe22avriH631.

Signé t Paul Mstezbau, prestre de l’Oratoire de Jésus , avec paraphe.

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