‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 53 sur 139 · DESTRUCTION DU MONUMENT DE LA PUCELLE A ORLÉANS · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DU MONUMENT DE LA PUCELLE A ORLÉANS

Août 1793. — JmlletlTSS.

Extraib «livcrs des regUtres du Conseil général de la commune d’Orléans et de ceux de l’Administration du département du Loiret,

Échevins.

» Conseillers.

LETTRES, ACTES imprimés dans les Recherches historiques sur Orléans, de M. Lotlin, deuxième partie, t. I , p. 340, 344 et 417 ; Ibidem, t. IT, p. 62 et 164.

Gooseil général de la commune , séance du 23 août 1792.

Lecture est donnée de la pétition suivante, soumise aux membres du Conseil généi'al de la commune :

Pétition des membres de la section de Saint-Victor à

MM. les Administrateurs composant le conseil

permanent du département du Loiret.

« Administrateurs, ayant justifié la confiance de la section permanente de Saint-Victor, par le zèle que vous avez apporté n faire droit aux pétitions présentées par vos concitoyens, elle s’adresse à vous pour un objet important qu’ils soumettent à votre discussion.

H L’Assemblée nationale a rendu un décret pour armer de piques tous les citoyens qui ne peuvent payer des fusils; ces citoyens ainsi armés seront de peu de défense s’ils ne sont appuyés par une artillerie imposante.

K La ville d’Orléans, formant sept bataillons, ne possède que deux pièces de canon de campagne, les deux autres canons ne lui appartenant pas, et ne pouvant servir que de pièces de rempart. Il serait donc essentiel de trouver des moyens d’augmenter notre artillerie. Pour y painrenir, la section de Saint- Victor vous propose de faire démolir le monument de Charles Vil, monument qui insulte à la liberté du peuple français, et qui n’est propi'e qu’à irriter des hommes qui ont trop longtemps gémi sous la servitude des rois. Ci bronzes que l’on retirera donneront, d’après les

artistes , deux ou trois pièces de quatre livres de balles. Ce sont là maintenant les seuls monuments qui doivent exister chez une nation libre, pour faire trembler les tyrans. »

Le Conseil général de la commune d’Orléans, sur la pétition des citoyens de la seconde section de cette ville, estime que le monument de la Pucelle, loin de pouvoir être regardé comme un signe de féodalité insultant à la liberté du peuple français, n’annonce au contraire qu’un acte de reconnaissance envers l’Etre suprême , et un témoignage glorieux de la valeur de nos ancêtres qui ont délivré la nation française du joug que les Anglais voulaient lui imposer. Au surplus, le Conseil général de la commune, reconnaissant la nécessité d’une artillerie imposante, arrête de se retirer sans délai par une députation auprès des corps administratifs pour la lui faire procurer.

Fait et arrêté en la maison commune.

Administration da département du Loiret. Séance du 28 août 1792.

Un membre a rendu compte au Comité des rapports, des observations et de l’opinion de ce Comité sur la pétition présentée à l’Administration par les citoyens composant la section de Saint-Victor de la ville d’Orléans, tendant à ce que le monument en bronze de Charles VII, placé sur la rue Royale de cette ville, fût converti en canons pour augmenter l’artillerie de la garde nationale.

L’assemblée , après avoir entendu le rapport de son Comité de rapports et le Procureur général syndic ,

Considérant que le monument élevé sur la rue

Royale de la ville d’Orléans ne représente pas les ser>

viees de l’héroïne dont il est destiné h perpétaer le

sOttTenir;

Considérant que les citoyens de la ville nepenvent retrouver dans ce monument aucun signe, aucmi caractère qui puisse leur rappeler la haine que leurs aïeux portaient aux Anglais :

A arrêté que le monument de Charles Vil, élevé sur la rue Royale de la ville d’Orléans, ainsi que les in> scripiions existant sui' les faces de son piédestal, seront, à la diligence du Procureur de la commune, enlevés sur-le-champ et déposés dans un lieu sûr pour être examinés par un artiste nommé par la municipalité, sur le rapport duqüel il sera statué pour la conversion et l’emploi du métal ce qu’il appartiendra

Conseil général de la commune. Séance du soir du septembre 1792.

Il a été représenté que le municipalité ayant fait enlever les différentes figures en bronze dont la réunion formait le monument dit de la Pttcelle, ét ce monument ne pouvant être remplacé qu’à grands frais, il serait à propos d’en employer la matière, dont le poids s'élèveà 1,700 livres, pour la fabrication des quatre canons projetés.

Le Conseil général de la commune, considérant que la loi du 14 août 1792 ordonne Ta conversion en bouches à feu de tous les monuments et inscriptions en bronze, a unanimement arrêté que les figures en bronze, fomant le monument de la Pucelle, seraient

. 1 ) Cot arrête fut notifié à la commune et exécuté le jour même. Ce jour aussi la rut; tioyalc perdit son nom et fut transformée en rue de ttgaHié,

employëes à la fabrication des canons, et que pour conserver la mémoire da monnment de la Pncelle, un des canons porterait 4e nom de Jeanne dArc, sur-^ nommée la PuceUe d Orléans.

Gonteil géoérsl d€ U commune. Séance du 6 arril 1793.

Un meqibre demande la .suppi^ion des grilles qui entourent le piédestal où était ci-devant le monument de la PuceUe, pour être converties en piques. On pro> posait d’abattre aussi le piédestal ; mais la proposition a été combattue.

Conseil général de la commune. Séance du 36 juillet 1793.

Le Conseil général adopte la proposition du Comité qui propose de faire disparaître les restes du piédestal du monument de la ci-devanl PuceUe d’Orléans.

LXU.

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