‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 55 sur 139 · Acte de vente · texte numérisé non relu

Acte de vente

Du vingt juin mil huit cent dix-huit, à Domremyla-Pucelie, trois heutes de relevée; devant Claude Edme, notaire, a la résidence et pour l’arrondissement de Neufchâteàu ,

Fut présent Nicolas Gérardin, dragon au service de France, retraité pour cause de blessures reçues à la défense du territoire français, de présent, vigneron, domicilié audit Domremy-la -Pucelle, son pays natal;

Lequel, déterminé par le désir de faire, en faveur des habitants du département des Vosges, une concession qui leur soit agréable, et plus encore, par l’amour de sa patrie et du roi , son bieii-aimé souverain, a bien volontairement et de son plein gré, déclaré céder et transporter eu toute propriété, avec

promesse de garantir ainsi qu’il est exprimé par la loi :

Au département des Vosges, dont le village de Domrémy fait partie, agissant par M. Boula de Colombiers, maître des requêtes, chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur, préfet dudit département, et par MM. les membres du Conseil général, acceptant au cas présent par M. Florentin Muel, propriétaire de forges, domicilié à celle de Sionne, l’uu des membres dudit Conseil général, aussi comparaissant en personne;

La maison qu’il habite en ce lieu de Domrémy, à lui provenant d’ancien, comme seul enfant et unique héritier d’Albert Gérardin son père décédé, et appartenant originairement à Jacques d’Arc et à Isabelle Bornée, à Jeanne d’Arc, leur fille, surnommée la Pucelle d’Orléans, qui l’a habitée, et où elle est née, au plus tard en l’an 1412, au surplus ainsi, qu’il est de toute notoriété et de tradition certaine;

Comme ladite maison se contient actuellement de haut en bas et de fond en comble avec tous ses bâtiments, son jardin potager au derrière, le buste de ladite Jeanne d'Arc, placé à l’extérieur, au-dessus de la couverte de l’entrée principale, ses terrains et accints, tant extérieurs qu’intérieurs, ses aisances et dépendances, au-devant, au derrière et de chaque côté, sans en rien réserver; la totalité située près l’église dudit Domrémy, en la rue du Moulin, entre Toussaint- Humblot,au nord; Élophe Liétai-d, au midi; ayant ses jours et entrées principaux sur ladite rue au levant; confinée au couchant par les filles Boudin et ledit Élophe Liétard ;

tso LETTRES , ACTES

Aiosi trammise, franche de tons cens , charges, servitudes et redevances financières, pour par le départemént en faire et disposer eti toute propriété et jouissance, h compter de ce jour, néanmoins sous les réserves ci-après :

Cette cession ainsi faite et consentie par ledit Gérardin, à la condition que, quelle que soità l’avenir la disposition du local, son objet principal, et quels que soient les changements qu’il doive éprouver, il en sera le gardien tant qu’il vivra; an surplus, tant que par sa conduite il méritera d’étre chargé de ce gardiennat; garde qu’il demande, au reste, comme faveur spéciale, et pour le maintenir, lui et sa famille dans le souvenir d’une habitation à laquelle il tenait , à raison des vertus et de l’héroRane de Jeanne d’Arc.

Moyennant, en outre, la somme de denx mille cinq cents francs en principal , à compte de laquelle il reconnaît avoir reçu à l’instant, par les mains et des deniers de mondit sieur Muel, celle de six centsfrancs, dont d’autant quittance; quant à la somme de mille neuf cents francs restant, M. Mocl s’engage d’en faire le payement entre les mains dudit Gérardin , au plus tard dans un an , date de ce jour , et sans intérêts jusque-là; obligation que len^meMuel a, en tant que de besoin, déclaré contracter personnellement et directement envers leditGérardin, qu’il autorise au surplus à en exiger de lui l’exécution, sans égard à la qualité sons laquelle il contracte ièi au nom du département des Vosges; clause que M. Muel a fait insérer ici expressément en témoignage de la bonne volonté que le même Gérardin a mise à lui feii'e celte canoessiou, se

recoannaiKlaiU (tu reste ledit vendeur à la bienveillance des autorités du départeogient, et au:; bontés de Sa Majesté dont il n’a rien de plus à cœur que de se rendre digne, à la considération de la noqabreuse iàmille dont il est chargé, et de l’état de pauvreté dans lequel il se trouve.

Dont acte lu aux parties, fait et {»ssé en la oiaison vendue, en présence de MM. Jean-Baptiste-Laurent Humblot, maire de la commune, et Claude- Joseph Boucirot, prêtre desservant la succursale de Maxey-sur-Meuse,domiciliésauditD.omremyla-Pucelle, témoins connus, requis et soussignés avec les comparans et le notaire, les an et jour avant dits.

Enregistré à Neufchâteau, le 29 juin 1818 , vol. L^X, fol. 58, vers. 6, pag. 1 et suivantes; reçu provisoirement un franc dix centimes, d’après l’ordre de M. Boiteux, directeur, suivant va lettre du vingt juin.

Signé PONTARLIBB.

Pour copie conforme délivrée d’office sous cette forme, à la réquisition de M. lePnéfet du département des Vosges, par le notaire instrumentaire soussigné Edhe.

OrdoDnaoce royale.

Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre ;

Sur le rapport de notre ministre secrétaire d’Élat au département de l’intérieur;

Notre conseil d’État entendu.

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art. 1 **’. L’acquisition faite de la maison de Jeanne

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d’Arc, commune de Domrémy, département des Vosges, pour le prix fixé à deux mille cinq cents francs, être payé sur les fonds du département, conformément au voeu du Conseil général, et à l’avis du préfet, est et demeure approuvée aux clauses et conditions portées dans l’acte passé à cet égard , devant notuire , le 20 jutu 1818, et pour l’enregistrement duquel il ne sera payé qu’un franc.

Art 2. Notre ministre secrétaire d’État au départe* ment de l’intérieur est chargé de l’exécution de la présente ordonnanre.

Donné en notre château des Tuileries, le 5 août de l’an de grâce 1818, et de notre règne le vingt-quatrième. Signé Louis.

Par le roi , le ministre secrétaii'e d’État au département de l’intérieur. Signé Laine.

PIÈCES signalées par DIVERS AUTEURS MODERNES ET QUI N’ONT PU ÊTRE RETROUVÉES.

Nicolas Rommée, dit de Vouthon , religieux proies en l’abbaye de Cheminon, oi*dre de Citeaux, diocèse de Châlons , reçoit dispense de son abbé , à la requête de la Pucelle, et par commandement du roi, de suivre ladite Pucelle aux armées pour lui servir de chapelain et aumônier, comme étant son cousin germain.

Cette pièce est oinsi rapportée dans le Traité tommain du nom

et des armes de la Pucelle, rcru en 1628 ; opuscule compose par Tun des membres de la famille Duljrs.

Même année.

Lettre de la Pucelle au roi de NavarPe.

Indication consignée dans la table des archives du Parlement de Le Nain, volumineux inventaire manuscrit que possède la Bibliothèque royale. On renvoie au registre 70, folio 67 ; mais ce chiffre se rapporte à un classement qüi n*existe plus depoia longtemps , et tontes les recherches pour retrouver la pièce en question, à la section judiciaire des archives du royaume, ont été infructueuses.

Même année (?)

Requête présentée par Bonne Vicomtesse de Milan, a la Pucelle pour être remise dans le duché de Milan.

Par vicomtesse entendez ViscontL C’est l’bistorien Orléanais Lemaire qui cite ainsi cette pièce (Histoire et antîquitez de la * ville et dnché d’Orléans, p. 197). ,11 en tia*e la preuve que Jeanne était regardée de son vivant comme envoyée du ciel, à cause delà snscription qui était ainsi conçue : « A très honorée et très dévote Pucelle , Jeanne , envoyée du roy des cieux pour la réparation et extirpation des Anglois tyrannisans la France, m

Pièce constatant qu’il y eut deuil public à Tours, à la nouvelle de la prise de Jeanne d’Arc.

Carreau, auteur 4’une histoire inédite de Touraine dont le mauusetit est à la Bibliothèque royale (t. XXVIII de la collection de D. Housseau}, résume dans les termes suivants ce document, dont il n’indique pas 1% nature : « On ordonna des prières publiques pour demander a Dieu sa délivrance (de la Pucelle). On fit une procession générale le mercredi suivant , h laquelle assistèrent les

chinoines de Tégüsc cathédrale, le clergé séculier et régulier de la

ville, tous marchant nuds pieds. »

Sermon de Guillaume Érard, prononcé au cimetière de Saint-Guen de Rouen le 24 mai , jour tle Tabjuration de la Pucelle. .

Edmond Richer le cite au nombre des documents originaux qu’il consulta pour composer son Histoire de Jeanne d’Arc, dont le manuscrit est entré à la Bibliothèque avec le fonds de Fontanieu ( vol. coté Pm 285).

Louis XI tire le procès de la Pucelle de la Chambi'e des comptes, où il avait été déposé, pour le faire passer dans le Trésor des chartes.

ludication donnée par les anciens inventaires de la Chambre des comptes , qui renvoient au folio 91 dn Registre mémorial cotéO. Ce registre a péri dans l’incendie du Palais, en 1723, et la pièce ne paraît pas avoir été copiée antérieurement : du moins elle ne se trouve pas dans les collections connues.

II est à noter que le dépôt du procès au Trésor des chartes avait été demande parles ayants cause de la Pucelle, en 1455. Voir le dernier article de leur requête, p. 261 du tome II.

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